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Nocivité de la lumière bleue

15e législature

Question écrite n° 13043 de M. Jean-Noël Guérini (Bouches-du-Rhône - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 14/11/2019 - page 5701

M. Jean-Noël Guérini appelle l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur les risques sanitaires que pourrait faire courir une exposition prolongée à la lumière bleue des écrans.
En effet, s'il était déjà attesté que la lumière bleue affecte les yeux et le sommeil, il semblerait qu'elle endommage également les cellules nerveuses et réduit l'espérance de vie.
C'est ce que démontre une étude menée sur des mouches drosophiles par des chercheurs de l'Oregon State University, publiée le 23 octobre 2019 par la revue Nature. La drosophile est un animal dont la structure cellulaire et les mécanismes de développement sont proches de ceux des humains.
Or, chez les mouches exposées à la lumière bleue, les scientifiques ont constaté un vieillissement accéléré, des lésions rétiniennes (même pour celles ne possédant pas d'yeux), des difficultés de locomotion et de la neurodégénérescence.
En conséquence, il lui demande si elle compte diligenter des études, afin d'évaluer la dangerosité de la lumière bleue pour l'homme et de généraliser les solutions pour s'en prémunir au mieux (lunettes ou écrans adaptés).



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 23/01/2020 - page 424

L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a été saisie, le 16 décembre 2014, afin de mettre à jour son avis publié en 2010 sur les effets sanitaires des systèmes d'éclairage utilisant des diodes électroluminescentes (LED) suite aux évolutions technologiques et à la publication de nouveaux travaux scientifiques sur les effets sanitaires liés à l'exposition à la lumière émise par les LED. L'agence a réactualisé le travail d'expertise réalisé en 2010 et a rendu, en mai 2019, son avis « Effets sur la santé humaine et sur l'environnement (faune et flore) des LED ». L'expertise réalisée en 2010 avait souligné la toxicité pour la rétine de la lumière bleue présente dans les éclairages à LED. Des populations sont particulièrement sensibles à la lumière bleue émise par les LED : enfants, aphakes, pseudophakes, patients atteints de certaines maladies oculaires et cutanées, patients consommant des substances photo-sensibilisantes. Les données scientifiques récentes, prises en compte dans le cadre de la nouvelle expertise, permettent d'établir que l'effet phototoxique sur la rétine d'une exposition aiguë (inférieure à 8 heures) à une lumière riche en bleu est avéré et que l'effet de l'exposition chronique de la rétine (plusieurs années) à la lumière riche en bleu sur la contribution à la survenue d'une dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est avéré. La nouvelle expertise met également en évidence que la perturbation des rythmes circadiens induite par l'exposition en soirée ou la nuit à une lumière LED riche en bleu est avérée. Dans son avis, l'Anses formule un ensemble de recommandations : informer le public sur les bons comportements à adopter notamment envers les enfants (limiter la lumière bleue avant le coucher et pendant la nuit, limiter l'exposition à la lumière directe des objets à LED pouvant présenter un risque pour la rétine), restreindre la mise à disposition des objets à LED auprès du grand public à ceux ne présentant pas de risque photobiologique, faire évoluer les valeurs limites d'exposition et harmoniser les réglementations européennes. Suite à la publication de l'avis de l'agence, le Gouvernement s'est engagé dans la mise en œuvre de ces recommandations, notamment en termes d'amélioration de l'information du public. Ces recommandations nécessitent également une action à l'échelle européenne pour aboutir à une évolution du corpus normatif.