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Précarité et détresse des étudiants

15e législature

Question écrite n° 13116 de Mme Laurence Cohen (Val-de-Marne - CRCE)

publiée dans le JO Sénat du 21/11/2019 - page 5778

Mme Laurence Cohen attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation sur la précarité accrue et la détresse des étudiantes et étudiants, particulièrement suite à l'acte désespéré d'un étudiant de 22 ans qui, vendredi 8 novembre 2019, s'est immolé devant le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) à Lyon et se trouve actuellement entre la vie et la mort.

La précarité tue les étudiantes et étudiants. Selon la présidente de la fédération des associations générales étudiantes (FAGE), « 20 % des étudiantes et étudiants vivent sous le seuil de pauvreté en France en 2019 ». Ce chiffre est scandaleux.

Les études coûtent de plus en plus cher, tout comme le logement ou la nourriture. En revanche, les bourses, elles, sont insuffisantes, inégalitaires, et ne permettent pas de vivre correctement. Certains et certaines en arrivent à manquer des repas. D'autres mettent une croix sur leurs loisirs. Cela les place dans une situation de détresse et d'angoisse intolérable. Aujourd'hui, près d'un étudiant sur deux doit travailler en parallèle de ses études. Cela a des conséquences directes sur leur fatigue, leur concentration et leur chances d'obtenir leur diplôme.

À cela s'ajoute l'angoisse de faire plusieurs années d'études sans aucune certitude de trouver un emploi par la suite, dans un pays où le chômage frappe les jeunes diplômés, ou sans aucune certitude de toucher une retraite, alors que l'âge de départ recule d'année en année.

Loin de résoudre cette situation dramatique, les dernières mesures du Gouvernement tendent à renforcer cette précarité : augmentation des frais d'inscription pour les étudiants et étudiantes hors Union européenne, diminution de 5 euros des aides personnalisées au logement (APL), etc.

La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche a fait part « de sa profonde émotion face à l'acte dramatique » du 8 novembre. Mais elle lui demande quelles actions concrètes elle compte mettre en place rapidement pour lutter contre la précarité et la détresse actuelle des étudiantes et étudiants et pour éviter qu'un tel évènement tragique se reproduise.



En attente de réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation.