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Précarité et difficultés du statut d'enseignant-chercheur contractuel

15e législature

Question écrite n° 13252 de Mme Françoise Laborde (Haute-Garonne - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 28/11/2019 - page 5877

Mme Françoise Laborde attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation sur la précarité et les difficultés du statut d'enseignant-chercheur contractuel.

Les maîtres de conférences sont payés autour de 2 000 euros nets en début de carrière pour un mi-temps d'enseignement et un mi-temps de recherche. Pour assurer le service d'enseignement en raison d'un nombre trop faible d'enseignants titulaires et déjà tous en sur-service, les universités, notamment dans les facultés de sciences sociales souvent sous-dotées, recrutent des contractuels. Si certaines instaurent une égalité de traitement en proposant des contrats d'enseignement et de recherche, d'autres ne proposent que des contrats d'enseignement. Ces derniers demeurent occupés par de jeunes docteurs n'ayant pas encore réussi à obtenir la qualification de maître de conférence. Ils constituent leur seule opportunité valable de rester dans le milieu universitaire.

Ces contrats ne prévoyant aucune activité de recherche, un temps plein d'enseignement correspond donc au double de la charge d'un maître de conférence, ce qui est déraisonnable et c'est pourquoi la plupart des facultés proposent des contrats d'enseignement à temps partiel, soit exactement la même charge qu'un maître de conférence.

Seul l'enseignement étant rémunéré, les activités de recherche, vitales aux jeunes docteurs en attente de qualification pour améliorer leur dossier, sont donc effectuées gratuitement. En résumé, pour un travail équivalent (voire supérieur, considérant la pression du dossier académique à parfaire), et après dix années d'études elles aussi précaires, les enseignants contractuels bénéficient d'un salaire deux fois moindre que les maîtres de conférence, la plupart du temps inférieur au salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC).

En conséquence, elle demande au Gouvernement s'il envisage, et comment, de faire évoluer cette situation dramatique pour de nombreux jeunes docteurs en début de carrière.



En attente de réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation.