Allez au contenu, Allez à la navigation

Situation de l'hôpital de Saint-Martin

15e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 1078G de M. Guillaume Arnell (Saint-Martin - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 12/12/2019

M. Guillaume Arnell. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, ma question s'adresse à Mme la ministre des solidarités et de la santé.

Depuis mon arrivée au Sénat en 2014, je n'ai eu de cesse d'alerter les gouvernements successifs sur la situation du centre hospitalier Louis-Constant-Fleming de Saint-Martin.

Mes interpellations portaient soit sur la situation financière et budgétaire, soit sur les conditions d'exercice de la médecine et la qualité des soins.

Madame la ministre, je vous ai régulièrement tenue informée, au travers de questions d'actualité au Gouvernement ou par courrier, de situations qui ne peuvent me laisser insensible. Je tiens d'ailleurs à vous renouveler mes remerciements pour les réponses apportées aux difficultés des médecins urgentistes.

Récemment, un infirmier-anesthésiste a tenté de mettre fin à ses jours au sein même du bloc opératoire. Ce nouveau drame illustre, une fois encore, la tension exacerbée qui règne au sein du personnel médical du centre hospitalier.

L'agence régionale de santé (ARS) a été sensibilisée ; un changement de direction a été effectué et une administration provisoire a été mise en place. Pour autant, force est de constater que la situation est devenue insoutenable.

Aussi, madame la ministre, avec toutes les réserves et précautions d'usage, pouvez-vous rassurer la population saint-martinoise ? Que comptez-vous faire pour que la qualité des soins et la sécurité des patients soient garanties, et pour éviter que ne se reproduise une situation similaire à celle qui s'est produite, voilà quelques années, au CHU de Rouen ? (Mme Françoise Laborde applaudit.)



Réponse du Ministère des solidarités et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 12/12/2019 - page 21662

Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur Guillaume Arnell, je vous remercie de me poser cette question. Je comprends l'inquiétude dont vous vous faites le porte-parole aujourd'hui. Le drame dont vous vous faites l'écho ne peut que nous alerter et nous émouvoir.

Deux ans après le passage de l'ouragan Irma sur votre île, la reconstruction est toujours en cours, à l'hôpital comme pour d'autres structures. Vous l'avez rappelé, le centre hospitalier Louis-Constant-Fleming a été placé sous administration provisoire depuis le mois d'avril dernier. Cette décision a été prise face à la situation extrêmement dégradée de l'établissement en matière de trésorerie et de recouvrements. Il y avait aussi des conflits récurrents en interne. Mes services ont pu prendre connaissance des premières conclusions de l'administration provisoire voilà quelques semaines. Un certain nombre de dysfonctionnements ont été identifiés et confirmés. Il nous faut maintenant apporter des solutions.

Je pense, par exemple, à la rédaction d'un projet médical, qui n'existe pas pour l'île de Saint-Martin. Le centre hospitalier dispose d'atouts très importants en matière de compétences médicales et chirurgicales. J'avais eu l'occasion de rencontrer les personnels dans la semaine qui a suivi Irma, et j'ai pu me rendre compte de leur engagement, alors qu'il y avait des pillages et que l'hôpital était partiellement détruit.

Je le rappelle, il s'agit du principal établissement sur l'île. Je sais qu'un grand nombre de professionnels de cet établissement y sont attachés et qu'ils sont capables de faire des efforts afin d'assurer sa pérennité. Le ministère et l'ARS vont continuer à accompagner la mise en œuvre de toutes les préconisations de l'administration provisoire. Vous pouvez compter sur ma vigilance. Il est primordial que les Saint-Martinois retrouvent la confiance dont ils ont besoin. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)

M. le président. La parole est à M. Guillaume Arnell, pour la réplique.

M. Guillaume Arnell. Madame la ministre, vous avez souvent été à l'écoute de mes préoccupations, mais je voulais que vous rassuriez de nouveau cette population, qui vit dans l'angoisse. Aujourd'hui, des professionnels se télescopent pour des raisons autres que médicales. Je compte sur votre vigilance et vous remercie de votre réponse. (M. Jean-Claude Requier applaudit.)