Question de M. CHEVROLLIER Guillaume (Mayenne - Les Républicains) publiée le 11/06/2020

M. Guillaume Chevrollier attire l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur la situation des retraités agricoles.

Les agriculteurs ont été en première ligne pendant la crise sanitaire pour nourrir le pays et aujourd'hui ils se demandent s'il y aura bien une revalorisation des petites pensions.
En décembre 2019, le Gouvernement avait annoncé la mise en place d'un minimum retraite de 1 000 euros mensuels pour une carrière complète dès 2022, puis de 85 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) en 2025. Les agriculteurs déjà à la retraite sont à ce stade exclus du bénéfice de la future loi.

De nombreux retraités des exploitants agricoles atteignent péniblement 730 euros pour une carrière complète. Les associations et syndicats agricoles dénoncent régulièrement cette différence de traitement entre les bénéficiaires d'autant qu'il y a une faiblesse du niveau des pensions.

Il souhaiterait connaître le calendrier de la réforme et les dispositions mises en œuvre en direction des plus modestes des retraités agricoles actuels et si ce minimum de 1 000 euros sera bien mis en place comme annoncé. Il voudrait également savoir comment la réforme de retraites va prendre en compte la situation des conjoints des retraités agricoles ayant travaillé mais pas cotisé pendant un certain nombre d'années.

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Transmise au Secrétariat d'État auprès de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, chargé des retraites et de la santé au travail


Réponse du Secrétariat d'État auprès de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, chargé des retraites et de la santé au travail publiée le 11/03/2021

Le Gouvernement est sensible à la situation des agriculteurs retraités, notamment ceux percevant les niveaux les plus faibles de retraite. C'est la raison pour laquelle le Gouvernement a proposé d'instaurer une garantie de retraite minimale à 85 % du SMIC pour une carrière complète, dans le cadre du projet de loi instituant un système universel de retraite. Cette réforme étant suspendue dans le contexte sanitaire, le Gouvernement a apporté son soutien à l'initiative du Président André Chassaigne, traduite par la loi n° 2020-839 du 3 juillet 2020 visant à assurer la revalorisation des pensions de retraite agricoles en France continentale et dans les outre-mer. Les exploitants agricoles qui sont déjà à la retraite bénéficieront pleinement de cette revalorisation, au même titre que les futurs retraités. En outre-mer, des conditions d'application spécifiques permettront également d'accroître le nombre d'exploitants agricoles bénéficiaires, afin de prendre en compte la particularité de l'activité économique dans ces territoires. La mise en œuvre prochaine de cette mesure vient s'ajouter à d'autres dispositions, notamment celles prévues dans la loi du 20 janvier 2014 garantissant l'avenir et la justice du système de retraites qui avaient déjà permis d'améliorer la retraite des non-salariés agricoles, en particulier : la création du complément différentiel de points de retraite complémentaire obligatoire ; l'amélioration des droits à retraite des conjoints collaborateurs ; la suppression de la condition de 17,5 ans d'assurance dans le régime des non-salariés agricoles pour bénéficier de la pension majorée de référence (PMR) ; l'attribution de points gratuits de retraite proportionnelle aux exploitants agricoles pour cause de longue maladie ou d'invalidité. Ce plan d'ensemble en faveur des retraites agricoles a particulièrement bénéficié aux femmes et aux retraités modestes. L'entrée en vigueur prochaine de la garantie de retraite minimale à 85 % du SMIC pour les exploitants agricoles à carrière complète répondra de manière encore plus directe à votre préoccupation partagée.

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