Question de Mme PROCACCIA Catherine (Val-de-Marne - Les Républicains) publiée le 18/06/2020

Mme Catherine Procaccia attire l'attention de M. le ministre de l'économie et des finances sur la fermeture du site Renault à Choisy-le-Roi.

Suite à la décision d'un vaste plan d'économies dévoilé par le constructeur Renault, il a été annoncé que le site de Choisy-le-Roi fermera ses portes en France dans quelques années. Cette usine spécialisée dans l'économie circulaire a pour but le nettoyage, la réparation et le reconditionnement de pièces mécaniques et moteurs neufs ou anciens. En 2019, ce sont 40 000 boîtes de vitesse et 39 000 moteurs qui ont pu être remis dans le circuit qui comptait pour 20 % des ventes des pièces de rechange, représentant un montant de 120 millions d'euros.

Avec 263 salariés et 150 intérimaires et prestataires sur site, il est proposé une délocalisation à 70 kilomètres sur le site de Flins dans les années à venir. Pourtant, l'usine est dans une situation stable avec une bonne rentabilité et un bon climat social. Cette dernière s'était implantée durablement dans la ville et avait récemment embauché une quinzaine de jeunes en insertion afin d'aider l'emploi dans le secteur.

Deuxième employeur privé de Choisy-le-Roi, Renault a annoncé qu'il n'y aurait aucun licenciement sec et que serait favorisée la mobilité interne ou des départs volontaires. Alors que l'État avait averti être « intransigeant » sur une fermeture de sites en France, force est de constater que cela n'est plus le cas.

Plus qu'une simple délocalisation, c'est l'absence de vision claire qui inquiète salariés et prestataires. Cette usine et ses employés, pourtant élevés en exemple par le constructeur ces dernières années, doivent bénéficier de garanties quant à leur emploi sur le moyen et long terme.

En conséquence elle demande au Gouvernement quelles mesures de protection sociale spécifiques il compte prendre pour protéger et accompagner les salariés de l'usine de Choisy-le-Roi et particulièrement pour ceux qui ne pourront partir à Flins.

- page 2763

Transmise au Ministère de l'économie, des finances et de la relance


Réponse du Ministère de l'économie, des finances et de la relance publiée le 24/12/2020

Le projet de transfert des activités du site Renault de Choisy-le-Roi vers le site de Flins-sur-Seine, dans le cadre du plan d'économies de l'entreprise, ce projet s'inscrit dans le plan d'économies de Renault, dévoilé par l'entreprise le 29 mai, qui vise à réduire de 2 milliards d'euros les coûts fixes du groupe d'ici 2022. Ce plan a pour objet de restaurer la compétitivité de long terme de l'entreprise, indispensable à la préservation et au développement de son activité. Renault fait face à un problème de surcapacité majeur : en particulier son appareil de production et son ingénierie sont surdimensionnés par rapport aux ventes actuelles et aux perspectives des prochaines années. Ce constat a été fait par la direction de l'entreprise avant la crise liée au Covid-19, constatant l'échec de la stratégie précédente de course aux volumes. La crise actuelle ne fait qu'en renforcer la nécessité. Aujourd'hui, c'est la capacité de l'entreprise à rester compétitive et à relever les enjeux de transformation du secteur de l'automobile qui est en jeu. Cela est impératif pour que Renault maintienne et développe son leadership sur les véhicules électriques, qui sont la clé de son avenir, et sécurise sur le moyen terme en France le centre de la recherche et de développement du Groupe. Renault souhaite également développer les compétences uniques en matière d'économie circulaire qui ont été développées en son sein et qui sont à l'évidence amenées à croître au cours des prochaines années. L'État, en tant qu'actionnaire de référence de Renault, est particulièrement attentif aux conditions de mise en œuvre de ce plan d'économies, a fortiori sur les mesures de restructurations de sites qui sont envisagées par l'entreprise. A cet égard concernant le site de Choisy-le-Roi, Renault projette d'intégrer les activités sur le site de Flins en 2021-2022 afin d'en faire un centre unique spécifiquement dédié à l'économie circulaire. Renault a un rôle de pionnier sur cette thématique, en particulier grâce à la qualité et au savoir-faire des salariés du site de Choisy-le-Roi. L'ambition exposée par l'entreprise, à travers le rapatriement des effectifs de Choisy-le-Roi vers Flins, est de créer un centre unique par sa dimension, sur lequel seraient concentrées, au sein d'un centre d'excellence dédié, l'ensemble des activités de Renault concernant la remise en état et la rénovation des véhicules (moteurs, recyclage des batteries, etc.). Renault considère que ces activités, qui s'inscrivent pleinement dans le programme de développement durable du Groupe, permettraient de garantir des perspectives de long terme aux salariés concernés. L'État veillera attentivement à ce que les transformations de l'entreprise soient associées à un dialogue social exemplaire afin d'en limiter les conséquences sur les salariés du Groupe. Renault a déjà pris plusieurs engagements : les salariés de Choisy pourront continuer leur activité à Flins et des moyens de transport adaptés seront mis à disposition ; à défaut, les salariés pourront également être reconvertis dans d'autres sites plus proches en Ile-de-France (Lardy, Guyancourt) ; tous les départs qui pourraient être décidés seront accompagnés de mesures de Gestion prévisionnelle des emplois et des carrières (GPEC), de reconversions, ou départs volontaires en cours et en fin de carrière. Le dialogue social qui a débuté le 16 juin, comme s'y était engagé le Président de Renault Jean Dominique Senard, permettra de travailler sur ces projets de mobilité et de reconversion. En tout état de cause, l'entreprise s'est engagée à ne procéder à aucun licenciement en France dans le cadre de son plan d'économie. Renault doit trouver le chemin d'une compétitivité retrouvée et de l'excellence environnementale, dans le cadre d'un dialogue social exemplaire. C'est cet objectif qui guide l'action de l'État en tant qu'actionnaire de référence de cette grande entreprise industrielle française.

- page 6280

Page mise à jour le