Question de Mme ROSSIGNOL Laurence (Oise - SER) publiée le 29/10/2020

Mme Laurence Rossignol appelle l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur les mesures de prévention du Covid-19 pendant l'accouchement et en particulier sur le port du masque par les futures mères.

Le collectif « stop aux violences obstétricales et gynécologiques » s'inquiète, plus particulièrement avec l'aggravation de la situation sanitaire dans notre pays, de l'obligation faite aux femmes de porter un masque pendant toute la durée de leur accouchement.

Le port du masque pendant l'accouchement entraîne pour les parturientes nausée, suffocations, sudation accrue. Il complique un processus déjà long, douloureux et anxiogène. Il nuit à la première rencontre de la mère et de son enfant.

Le port du masque par les parturientes n'est pourtant pas une nécessité incontournable : il suffirait que les obstétriciens, sages-femmes, soignants aient des protections suffisantes contre le Covid-19 pour dispenser les parturientes d'en porter.

En effet, les recommandations du collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), dans le cadre de leur protocole de gestion des cas contacts, possibles ou confirmés, indiquent que « le port du masque est recommandé en présence des soignants. Pendant les efforts expulsifs, le port du masque est souhaitable car il protège les soignants et la femme elle-même. Il ne peut être imposé. On peut proposer le recours à une visière adaptée au visage de façon à faciliter les efforts et la communication avec l'équipe soignante. Si la patiente n'a ni masque ni visière, le masque porté par le personnel doit être un masque FFP2 de manière à apporter une protection maximale au personnel de santé (plus des lunettes de protection) ».

Bien que le CNGOF indique que le port du masque ne peut être imposé, ce qui est protecteur pour les parturientes, la vulnérabilité des femmes pendant leur accouchement (contractions, douleurs, position gynécologique) ne leur permet pas nécessairement de faire entendre leurs points de vue et d'argumenter. Il conviendrait donc que les personnels de santé soient sensibilisés davantage à l'impossibilité d'imposer le port du masque pendant l'accouchement, et abordent cette question en amont, dans le cadre de la préparation à la naissance, afin que la future mère puisse indiquer clairement ses choix en la matière.

Elle l'interroge donc sur la possibilité de demander dans les meilleurs délais aux professionnels de la naissance de bien veiller à ne jamais imposer le port du masque pendant l'accouchement, via la préparation à la naissance et lors de l'accouchement.

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Réponse du Ministère des solidarités et de la santé publiée le 03/12/2020

La circulation active du virus sur le territoire national est associée à une augmentation du nombre de porteurs symptomatiques et asymptomatiques. Dans ce contexte, le Haut conseil de la santé Publique (HCSP) a émis des recommandations concernant les mesures de prévention de la transmission du SARS-CoV2 durant l'accouchement en période de forte circulation virale. Dans son avis du 12 novembre 2020, qui prend notamment en compte la position du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) ainsi qu'une synthèse des recommandations internationales, le HCSP a établi que lors de l'accouchement, et notamment lors de la phase d'expulsion, le risque d'émission d'aérosols n'est pas clairement tranché par la littérature scientifique et ne fait pas consensus. Il reste néanmoins possible. Aussi, en période de forte circulation virale, le HCSP considère, par précaution, que lors des efforts expulsifs avec hyperventilation, un double masquage avec le port d'un masque à usage médical (par le (s) professionnel (s) et la femme qui accouche, présentant ou non des symptômes du Covid-19) est recommandé. Cependant, sur la base des témoignages de femmes recueillis, il apparaît que le port du masque pendant l'accouchement peut être vécu différemment voire mal toléré par la femme enceinte. C'est pourquoi le HCSP recommande que le port du masque par la femme qui accouche ne doit pas être rendu obligatoire et doit tenir compte du souhait de la femme enceinte et de sa tolérance au port du masque. De plus, il n'est pas recommandé de porter un masque de type FFP2 pour une femme qui accouche. La réalisation d'un test par RT-PCR, RT-LAMP ou encore antigénique est vivement recommandé pour faciliter la connaissance du statut infectieux de la femme parturiente et permettre d'adapter les mesures de protection. Afin que ces recommandations soient mises en œuvre dans les établissements hospitaliers, une instruction ministérielle leur a été adressée dès la réception de cet avis, le 12 novembre 2020.

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