Question de M. BLANC Jean-Baptiste (Vaucluse - Les Républicains) publiée le 26/11/2020

M. Jean-Baptiste Blanc attire l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur les oubliés du Ségur. Mardi 17 novembre 2020, les 55 000 fonctionnaires hospitaliers exclus des « accords de Ségur » étaient en grève.

Ils sont éducateurs spécialisés, agents des services hospitaliers, infirmiers, aides-soignants, assistantes-sociales, psychologues, ergothérapeutes, psychomotriciens, entre autres, et ils n'ont, à ce jour, pas droit à la revalorisation salariale de 183 euros net par mois.

Ils accompagnent, ils soignent, ils éduquent souvent dans des conditions extrêmement difficiles mais ils le font, chaque jour, avec engagement, dévouement et professionnalisme au sein des établissements de santé publique tout comme leurs collègues du secteur sanitaire.

Ils sont 55 000 personnes exerçant dans les secteurs médico-sociaux et sociaux et se sentent aujourd'hui exclus. Des tensions de plus en plus nombreuses apparaissent au sein des établissements publics où ceux qui ont reçu l'augmentation côtoient ceux qui n'y ont pas droit.

Face à cette incohérence, il souhaite connaître les dispositions que le Gouvernement entend prendre afin de mettre un terme à cette injustice et ainsi revaloriser le salaire de ces 55 000 fonctionnaires hospitaliers.

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Transmise au Ministère des solidarités et de la santé


Réponse du Ministère des solidarités et de la santé publiée le 28/01/2021

L'accord signé par les partenaires sociaux le 13 juillet 2020 à la suite du Ségur de la santé vise explicitement les établissements de santé et les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) publics et a également vocation à s'appliquer dans les mêmes types d'établissements du secteur privé. C'est bien pour ces professionnels de santé qu'une action immédiate était requise, qui permet une revalorisation « socle » des rémunérations. Il s'agit d'attribuer un complément de traitement indiciaire, ou son équivalent pour les agents contractuels, pour les agents exerçant leurs fonctions dans les établissements publics de santé et les EHPAD, avec pour résultat à terme une augmentation des salaires de 183€ nets par mois. Cette mesure prend effet en deux étapes : un complément de traitement indiciaire de 24 points d'indice ou 90€ nets qui a été versé à compter du 1er septembre 2020, puis 25 points ou 93€ nets versés, de façon anticipée, en décembre. Concernant les autres types d'établissements ou de services, le Gouvernement n'ignore pas les situations que les professionnels vivent au quotidien. Si les partenaires du Ségur de la santé ont souhaité une mise en œuvre prioritaire pour les établissements de santé et les EHPAD, la question des établissements sociaux et médico-sociaux a été abordée. Un temps d'expertise complémentaire a été jugé nécessaire. En tout état de cause le souhait est d'éviter que des écarts de rémunération trop forts se creusent entre professionnels à la suite de cette revalorisation ambitieuse des agents et des salariés des établissements de santé et des EHPAD. C'est pourquoi, conformément à l'accord du 13 juillet 2020, qui mentionne qu'un « travail spécifique devra être conduit sur la situation particulière des agents et des salariés des établissements et services médico-sociaux », le ministre des solidarités et de la santé a demandé à ses services de faire un point complet de la situation au sein de ces établissements, pour initier ce travail au plus tôt, comme il s'y était engagé. Compte tenu de cet objectif d'aboutir dans les meilleurs délais, le Gouvernement a notamment demandé à Monsieur Michel Laforcade, chargé d'une mission sur l'attractivité des métiers de l'autonomie, de réaliser l'expertise nécessaire à une prise de décision éclairée pour avancer rapidement sur le sujet, avec une mise en œuvre pluriannuelle à compter de 2021. Par ailleurs, les salariés et agents des établissements sociaux et médico-sociaux bénéficieront, quel que soit l'établissement employeur, des revalorisations ciblées des grilles de rémunération de certains personnels soignants, des filières médicotechniques et de rééducation et de la reconnaissance de leurs spécificités, comme l'accord du 13 juillet le prévoit.

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