Question de Mme CONWAY-MOURET Hélène (Français établis hors de France - SER) publiée le 03/12/2020

Mme Hélène Conway-Mouret attire l'attention de M. le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé du tourisme, des Français de l'étranger et de la francophonie sur la situation financière des établissements de la mission laïque française. La situation politique, économique et sociale du Liban est critique, et s'est aggravée avec la pandémie et plus récemment après l'explosion catastrophique en août 2020 qui a dévasté le quartier du port de Beyrouth. Au vu des liens diplomatiques et amicaux que nos deux pays entretiennent, marqués par une histoire commune et un attachement fort à la langue française il n'est pas surprenant que la France envoie au Liban une aide humanitaire d'urgence avec plusieurs tonnes de matériel sanitaire. Elle a également apporté un soutien financier de 50 millions d'euros pour la santé, l'emploi, le logement, la culture, et l'éducation.

La France a enfin attribué environ 20 millions d'euros d'aides pour venir en aide au réseau des 50 écoles francophones dont 4,4 millions d'euros en faveur des cinq établissements de la mission laïque française. Elle ne peut que saluer ce soutien en faveur de l'enseignement français mais malheureusement il semblerait que ces crédits ne soient pas suffisants pour assurer la pérennité de celui-ci.

Les cinq lycées de la mission laïque française avec leurs 7 100 élèves sont particulièrement touchés par la crise sanitaire mondiale et par la crise économique locale. Le pire est sans doute à venir avec un déficit cumulé, estimé à 10 millions d'euros au moins, si rien n'est fait pour les aider à la fin de la présente année scolaire. La MLF ne pourra pas compenser, seule, ce déficit.

Elle souhaiterait savoir si les aides attribuées en 2020 seront reconduites l'année prochaine pour aider les établissements de la mission laïque française à traverser cette crise et éviter la fermeture de ses établissements.

- page 5647


Réponse du Secrétariat d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé des affaires européennes publiée le 20/01/2021

Réponse apportée en séance publique le 19/01/2021

Mme la présidente. La parole est à Mme Hélène Conway-Mouret, auteure de la question n° 1402, adressée à M. le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé du tourisme, des Français de l'étranger et de la francophonie.

Mme Hélène Conway-Mouret. Monsieur le secrétaire d'État, je souhaite alerter le Gouvernement sur la situation financière des établissements de la Mission laïque française (MLF) au Liban.

La situation politique, économique et sociale de ce pays est critique. Elle s'aggrave malheureusement avec la pandémie, et l'explosion en août 2020 qui a dévasté le quartier du port de Beyrouth nous a fait prendre conscience du soutien dont a besoin ce pays ami. Nous y avons répondu en envoyant au Liban une aide humanitaire d'urgence avec plusieurs tonnes de matériel sanitaire. Nous avons également apporté un soutien financier de quelque 50 millions d'euros pour la santé, l'emploi, le logement, la culture et l'éducation.

Enfin, nous avons attribué environ 20 millions d'euros pour venir en aide au réseau des cinquante écoles francophones, dont 4,4 millions d'euros en faveur des cinq établissements de la Mission laïque française. Je ne peux que saluer ce soutien en faveur de l'enseignement français dans ce pays francophone et francophile.

Malheureusement, il semblerait que ces crédits ne soient pas suffisants. En effet, les cinq lycées de la Mission laïque française, avec leurs 7 100 élèves, sont particulièrement touchés par la crise sanitaire et économique locale. Le pire est sans doute à venir, avec un déficit cumulé estimé à 10 millions d'euros au moins si rien n'est fait pour les aider. La MLF ne peut pas compenser seule ce déficit.

Je souhaiterais savoir si les aides attribuées en 2020 seront reconduites cette année pour aider ces cinq établissements à traverser la crise et éviter leur fermeture.

Mme la présidente. La parole est à M. le secrétaire d'État.

M. Clément Beaune, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé des affaires européennes. Madame la sénatrice, je partage votre préoccupation sur la situation du Liban, qui connaît aujourd'hui une crise profonde, à la fois économique, sociale, politique et sanitaire. Cette préoccupation, vous le savez, est également celle du Président de la République, qui s'est rendu à deux reprises au Liban depuis l'explosion de cet été dans le port de Beyrouth.

Dans ce contexte difficile, nous portons une attention toute particulière à la situation des cinquante-cinq établissements d'enseignement français au Liban. C'est le premier réseau au monde en nombre d'élèves scolarisés, avec près de 60 000 élèves à la dernière rentrée, dont une majorité d'enfants libanais. Cinq de ces établissements sont gérés directement en pleine responsabilité par la Mission laïque française, et cinq autres y sont affiliés. Tous ont été affectés par la crise économique, par la crise sanitaire et par les destructions liées aux explosions du début du mois d'août dans le port de Beyrouth.

C'est pourquoi nous avons veillé à ce que ces difficultés particulières soient bien prises en compte dans le cadre du plan de soutien au réseau d'enseignement français à l'étranger préparé par le ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Les établissements d'enseignement français au Liban ont effectivement reçu un peu plus de 20 millions d'euros, dont 7 millions d'euros pour l'aide à la reconstruction, ce qui a fait du Liban le premier bénéficiaire de ce plan d'aide.

Pour les cinq établissements de la Mission laïque française, un effort important a été réalisé. Une aide budgétaire de 4,3 millions d'euros leur a été attribuée. Deux de ces établissements ont reçu plus de 800 000 euros chacun. Au total, ces cinq établissements ont bénéficié de 20 % des crédits de soutien destinés au réseau libanais.

Les établissements conventionnés de la MLF au Liban ont pu compter sur un soutien important de la part de l'État. Je le souligne, le déploiement de ces aides, engagé en 2020, se poursuivra sur le premier semestre 2021.

Au total, la Mission laïque française a reçu plus de 10 millions d'euros d'aides pour l'ensemble de son réseau d'établissements dans le monde. Là aussi, c'est environ 20 % du plan global débloqué pour notre réseau à l'étranger.

Madame la sénatrice, en 2021 comme en 2020, nous resterons mobilisés auprès des familles et des établissements scolaires au Liban, avec une aide significative, dont le versement se prolongera. Nous resterons évidemment vigilants pour, le cas échéant, adapter ou renforcer le soutien nécessaire. Nous ne laisserons pas tomber notre réseau en général, et ce réseau exceptionnel que nous avons au Liban en particulier.

Mme la présidente. La parole est à Mme Hélène Conway-Mouret, pour la réplique.

Mme Hélène Conway-Mouret. Monsieur le secrétaire d'État, vous avez très justement rappelé – je l'avais d'ailleurs fait moi-même – l'action que nous avons menée. Simplement, ce qui m'intéressait en vous interrogeant, c'était surtout de savoir ce que nous allions faire.

Allons-nous continuer à aider ces établissements scolaires ? Il faut rassurer non seulement les familles, qui font de gros efforts, de gros sacrifices, pour scolariser leurs enfants dans des établissements où les frais d'écolage sont tout de même élevés, mais également tous les personnels qui travaillent dans ces établissements.

La situation est vraiment très critique dans ce pays. Voilà quelques jours, le quotidien Al-Akhbar titrait : « C'est l'enfer ! »

Il me paraît donc primordial de regarder non pas ce qui a été fait pour s'en réjouir – et je crois qu'il y a de quoi s'en réjouir –, mais ce que nous allons faire.

J'aurais aimé savoir – peut-être aurai-je des précisions par écrit, puisque je ne les ai pas eues oralement ce matin – en quoi va consister le soutien dont vous parlez. C'est très bien de prolonger les crédits votés l'an dernier. Mais y aura-t-il des crédits supplémentaires ? Il y a un déficit de 10 millions d'euros. Il faut le combler. Je vous adresserai donc un courrier, afin d'avoir des réponses un peu plus précises.

- page 178

Page mise à jour le