Question de M. CHATILLON Alain (Haute-Garonne - Les Républicains) publiée le 18/02/2021

Question posée en séance publique le 17/02/2021

M. le président. La parole est à M. Alain Chatillon, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Alain Chatillon. Madame la ministre de la transition écologique, l'une de vos prédécesseurs m'avait chargé, il y a dix ans, d'établir un rapport sur le devenir du canal du Midi, qui proposait des modifications de l'organisation et de la stratégie afin de préparer la réhabilitation et d'assurer la vie de ce grand site historique, patrimonial, paysager et très fortement touristique pour notre grande région.

L'arrivée du chancre coloré nous a obligés, dès 2010, à effectuer de nombreux abattages d'arbres et à lancer des investissements importants, mais la gestion globale de l'ouvrage nous inquiète aujourd'hui très fortement.

Votre ministère a en effet réduit de façon drastique, depuis plusieurs années, les crédits dédiés au fonctionnement général, à l'entretien des abords et à l'environnement. En outre, les responsables en charge changent très régulièrement. Heureusement, nous avons la chance d'avoir un préfet de région remarquable qui s'occupe de nos dossiers.

À ce jour, nous rencontrons de gros problèmes en raison de différences entre l'urbain et le rural : les nouvelles règles s'opposent aux plans locaux d'urbanisme (PLU), aux plans locaux d'urbanisme intercommunal (PLUi), aux schémas de cohérence territoriale (SCoT), mais aussi à la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) et à la direction départementale des territoires (DDT).

Il vous faut véritablement faire un effort important sur le plan tant financier qu'organisationnel pour que nous puissions assurer l'avenir du canal du Midi. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – M. Alain Richard applaudit également.)


Réponse du Premier ministre publiée le 18/02/2021

Réponse apportée en séance publique le 17/02/2021

M. le président. La parole est à M. le Premier ministre. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Roger Karoutchi. C'est le régional de l'étape !

M. Jean Castex, Premier ministre. Monsieur le sénateur Chatillon, je revendique de très bien connaître cet ouvrage magnifique qu'est le canal du Midi, qui est, je vous le rappelle, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Je connais également les travaux que vous avez conduits par le passé sur ce sujet et qui sont très importants pour la région Occitanie et pour la France, pour leur attractivité historique.

Par ma réponse, je voudrais simplement vous rassurer, si vous étiez inquiet, quant à l'implication très forte de l'État aux côtés des collectivités territoriales, non seulement pour la sauvegarde, mais aussi pour la restauration et le rayonnement de cet ouvrage historique construit, chacun le sait, au XVIIe siècle par Pierre-Paul Riquet.

Il est au cœur des priorités de l'État, notamment de la ministre de la transition écologique, qui aurait parfaitement pu vous répondre puisque sont concernés l'irrigation, le tourisme, les pistes cyclables ; nous allons également investir dans le numérique le long du canal latéral. Vous savez tout cela par cœur…

Je veux vous rassurer quant à la dotation de Voies navigables de France (VNF), notre opérateur : celle-ci a été augmentée d'un tiers depuis 2019 et 75 millions d'euros sont prévus globalement dans le plan de relance.

Pour ce qui concerne les investissements, j'ai signé avec la présidente de la région Occitanie il y a quelques semaines, à Tarbes, un accord de relance extrêmement ambitieux qui, s'agissant de l'État et dans le prolongement des efforts antérieurement consentis, prévoit un investissement additionnel de 25 millions d'euros sur les deux prochaines années pour la restauration des plantations et des berges, ainsi que pour la fibre optique.

Je voudrais également souligner la mobilisation des collectivités territoriales dans le cadre d'une entente que vous connaissez et qui démontre ce partenariat territorial auquel le Gouvernement et votre serviteur sont particulièrement attachés.

Oui, le canal du Midi a un avenir ; oui, il contribuera au développement économique, écologique et touristique de la région Occitanie ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)

M. le président. La parole est à M. Alain Chatillon, pour la réplique.

M. Alain Chatillon. Monsieur le Premier ministre, je ne peux que vous remercier. J'ajouterai toutefois deux éléments concrets.

Tout d'abord, il y avait vingt-cinq salariés entre le bassin naturel du canal du Midi, en haut de la Montagne noire, et le canal lui-même, sur soixante kilomètres ; il n'y en a plus que cinq aujourd'hui. On a transformé des cols bleus en cols blancs. Ensuite, sur le fond, je m'interroge à nouveau sur le problème d'iniquité entre le rural et l'urbain.

M. le président. Il faut conclure.

M. Alain Chatillon. On a zoné certaines terres agricoles jusqu'à 600 ou 800 mètres, sur lesquelles on ne peut même pas stocker certains produits agricoles, tandis que, dans les grandes villes, on laisse construire de très grands immeubles à proximité du canal.

Nous appelons de nos vœux un juste équilibre entre le rural et l'urbain. Merci de votre compréhension ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

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