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Perspectives à venir de l'opération Barkhane

15e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 2014G de M. Olivier Cigolotti (Haute-Loire - UC)

publiée dans le JO Sénat du 30/09/2021

M. le président. La parole est à M. Olivier Cigolotti, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées du groupe INDEP.)

M. Olivier Cigolotti. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, le groupe Union Centriste s'associe également à la douleur de la famille du caporal-chef Blasco. Nos pensées vont aussi à ses proches, à ses frères d'armes et à tous ceux qui luttent contre le terrorisme depuis 2013. Cela a été rappelé, un hommage national bien légitime sera rendu cet après-midi au sergent Blasco.

Dans le même temps, à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre du gouvernement de transition malien n'hésite pas à accuser la France d'abandonner le Mali parce qu'elle envisage de réduire le format de la force Barkhane.

Il n'hésite pas non plus à exprimer sa volonté de chercher de nouveaux partenariats parmi des sociétés privées paramilitaires russes, sans citer toutefois les milices Wagner.

Treize pays européens, impliqués pour certains dans la coalition des forces spéciales Takuba, ont jugé de telles déclarations inacceptables.

La France, l'Allemagne ou l'Estonie sont allées plus loin en avertissant qu'elles réexamineraient leur présence au Mali si un accord en ce sens était conclu en vue de sécuriser les régions en proie aux groupes armés terroristes de Tessalit, de Kidal ou de Tombouctou.

Certes, le format de l'opération extérieure Barkhane devrait être revu.

Mais la France, engagée depuis 2013 au Sahel, a d'ores et déjà perdu cinquante-deux de ses soldats et doit réorganiser sa présence par le biais d'un dispositif plus resserré autour de frappes ciblées contre les chefs djihadistes, et fondé sur l'accompagnement des armées locales.

Madame la ministre, alors que la France a fermement rejeté les accusations « inacceptables » et « indécentes » d'« abandon » du Mali, quelle suite entendez-vous donner à cette nouvelle provocation de l'État malien ? (Applaudissements sur les travées du groupe UC. – M. Daniel Chasseing applaudit également.)



Réponse du Ministère des armées

publiée dans le JO Sénat du 30/09/2021 - page 8565

M. le président. La parole est à Mme la ministre des armées.

Mme Florence Parly, ministre des armées. Monsieur le sénateur, vous avez évoqué les propos tenus par le Premier ministre du gouvernement de transition malien devant les Nations unies.

Je voudrais tout d'abord balayer une contre-vérité : non, la France ne se désengage pas du Mali, je le redis clairement !

Nous avons aujourd'hui des milliers de soldats sur place, nous multiplions les opérations de contre-terrorisme, avec des succès tactiques notables – je pense, en particulier, à la neutralisation récente du numéro un de Daech au Sahel –, et nous venons de déployer nos nouveaux blindés Griffon au Sahel dans le cadre de Barkhane ; vous conviendrez avec moi que nous n'avons pas l'attitude d'un pays qui s'en va !

Oui, il est tout à fait scandaleux de faire croire au monde entier que la France s'en va. Prétendre qu'il serait normal d'appeler au chevet du Mali un groupe de mercenaires sous prétexte que nous rendons aux Maliens trois bases militaires dans le nord du pays, c'est de la mauvaise foi !

Je rappelle devant vous que la France et la communauté internationale restent pleinement mobilisées aux côtés du Mali. Je rappelle aussi que les engagements pris par le gouvernement de transition malien devant la communauté internationale, eux, ne sont pas pleinement tenus !

Je redis – pardonnez-moi, mais la question qui m'est posée m'y invite – combien les propos du Premier ministre malien sont choquants dans le contexte que vous avez rappelé, monsieur le sénateur. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)