Question de Mme LASSARADE Florence (Gironde - Les Républicains) publiée le 14/07/2022

Mme Florence Lassarade appelle l'attention de M. le ministre de la santé et de la prévention sur la situation de la pédiatrie. Un rapport de l'inspection générale des affaires sociales (IGAS) dresse un constat inquiétant des différentes composantes de la médecine de l'enfant, notamment du fait de leur démographie. En effet, 44 % des pédiatres libéraux ont plus de 60 ans. De plus, leur répartition sur le territoire est inégale. Ce rapport souligne que 8 départements comptent même moins d'un pédiatre pour 100 000 habitants. Dans ce contexte, les médecins généralistes sont appelés à jouer un rôle croissant, mais ils demeurent inégalement formés à la médecine de l'enfant. Les compétences des professionnels paramédicaux, tels que les infirmières puéricultrices ou les auxiliaires de puériculture, ne sont pas suffisamment valorisées. L'accès aux pédiatres en premier recours dans le parcours de soins ambulatoires pour tous les enfants doit être maintenu. Ce rapport constate à nouveau que la pédopsychiatrie manque cruellement de moyens et que la coopération avec la pédiatrie devrait être renforcée. De plus, la tarification des actes mériterait d'être fortement revalorisée pour tous les modes d'exercices (hospitalier comme libéral). Enfin, les pédiatres doivent être systématiquement partie prenante de l'organisation régionale de l'accès aux soins en milieu hospitalier, sanitaire et médico-social. Elle souhaiterait savoir quelles mesures le Gouvernement entend mettre en œuvre à la suite de ce rapport pour préserver et valoriser le secteur de la pédiatrie et de la pédopsychiatrie.

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Réponse du Ministère de la santé et de la prévention publiée le 08/12/2022

Les services de pédiatrie rencontrent actuellement de fortes tensions pour faire face à l'épidémie de bronchiolite. Face à cette situation, la mobilisation des professionnels, médicaux et non médicaux, en ville comme à l'hôpital, ainsi que la coopération entre la médecine de ville et l'hôpital, sont soutenues par le Gouvernement, avec le déblocage d'une enveloppe de 400 millions d'euros récemment annoncée. Elle servira à répondre rapidement aux problématiques spécifiques de certains secteurs, dont la pédiatrie fait partie. C'est un plan d'action immédiat qui est lancé pour soulager notre système de santé et permettre une bonne prise en charge de tous les enfants. Cette situation peut être vue comme le reflet de la crise de l'hôpital que nous traversons et qui démontre la nécessité de transformer en profondeur notre système de santé : c'est la volonté du Gouvernement dans le cadre du conseil national de la refondation. S'agissant de traiter les difficultés plus structurelles qui affectent notre système de prise en charge des enfants tant à l'hôpital qu'en ville, dans la continuité du rapport de l'inspection générale des affaires sociales (IGAS), toutes les parties prenantes sont dès à présent invitées à faire part de leurs propositions pour co-construire les réponses nouvelles aux difficultés du secteur, en perspective des assises de la pédiatrie et de la santé de l'enfant qui seront organisées au printemps 2023. Plusieurs grandes thématiques seront discutées, notamment la formation initiale et continue des professionnels, la démographie des professions du champ de la pédiatrie, la pédopsychiatrie, la place de la santé des enfants dans le maillage territorial, les liens avec la médecine scolaire, la protection maternelle et infantile ou encore, la prévention et promotion de la santé dès le plus jeune âge et tout au long de la vie du jeune.

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