Question de M. SOL Jean (Pyrénées-Orientales - Les Républicains) publiée le 21/07/2022

M. Jean Sol attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur le sujet de la sauvegarde de l'enseignement des langues régionales.
La préservation et la transmission des diverses formes du patrimoine linguistique et culturel des régions françaises passent nécessairement par l'enseignement des langues régionales.
Or, les moyens consacrés à l'enseignement public des langues régionales semblent être répartis de façon inégale sur l'ensemble du territoire comme le soulignent certaines associations d'enseignants qui réclament une égalité des chances en matière de moyens alloués à leurs enseignements.
Aussi, les fédérations d'enseignants de langues régionales s'inquiètent de la disparition progressive des offres publiques d'apprentissage de ce patrimoine linguistique et se positionnent en faveur de la création d'une option aux concours de recrutements des maîtres d'écoles et de l'ouverture de classes bilingues plus nombreuses.
Ainsi, il lui demande ce que le Gouvernement compte mettre en œuvre en matière de politique de sauvegarde des langues régionales.

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Réponse du Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse publiée le 05/01/2023

Le ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse (MENJ) est attaché à la préservation et à la transmission des diverses formes du patrimoine linguistique et culturel des régions françaises, et la situation de l'enseignement des langues régionales (LVR) fait l'objet de la plus grande attention dans les académies et territoires concernés. Une offre d'enseignement est donc proposée dans toutes les académies suivantes, qui sont concernées par les LVR : Rennes, Nantes, Limoges, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Aix-Marseille, Nice, Corse, Grenoble, Clermont-Ferrand, Strasbourg, Nancy-Metz, Lille, Amiens, Mayotte, Guyane, Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Polynésie, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna. Dans ces académies, l'offre d'enseignement pour les LVR s'inscrit dans le cadre des horaires dédiés de la discipline des langues vivantes étrangères et régionales : elle est donc proposée de l'école au lycée en LVB et LVC. Il existe également des dispositifs de renforcement comme la pédagogie bilingue dans le premier degré, qui se poursuivent dans le second degré dans le cadre des sections de langue régionale. La réforme du baccalauréat a, par ailleurs, inscrit les LVR au titre des enseignements de spécialité (4 heures par semaine en classe de première, 6 heures en terminale) crédités d'un coefficient 16 à l'examen (spécialité "Langues, littératures et cultures régionales"). Il n'y a pas de dotation spécifique à l'enseignement des LVR, qui s'inscrit dans le cadre de la dotation globale horaire allouée à chaque établissement. Certaines académies proposent des dispositifs de formation complémentaires pour permettre de consolider le vivier des professeurs qui interviennent en langue régionale (comme le dispositif « Ensenhar » dans l'académie de Bordeaux). La question de l'offre des enseignements linguistiques en académie relève de la compétence académique, notamment dans le cadre de l'établissement de la carte des langues, en lien avec le conseil académique des langues régionales. Ce conseil veille à maintenir un équilibre territorial de l'offre et à préserver une continuité des parcours d'élèves (école, collège, lycée). Par ailleurs, des dispositifs linguistiques portés par le MENJ permettent de compléter cette offre. Dans le premier degré, avec le lancement récent de l'appel à manifestation d'intérêt « accueil langues » pour l'initiation aux langues dans le cadre du Plan mercredi, le ministère permet le renforcement de l'apprentissage et la sensibilisation aux langues régionales. L'objectif est d'encourager les collectivités territoriales à proposer des activités culturelles, artistiques et sportives en langues régionales dans le cadre des accueils collectifs de mineurs en leur proposant une labellisation et un accompagnement pédagogique. L'offre d'enseignement à distance en LVR a été également développée. Depuis la rentrée scolaire 2021, le CNED propose des parcours d'enseignement à distance pour un enseignement optionnel de lycée au titre de la LVC dans quatre langues régionales : basque, breton, corse et occitan. L'ambition est de faciliter l'accès à l'enseignement de ces langues sur l'ensemble du territoire national, de garantir la continuité de parcours pour tous les élèves et de répondre à une demande potentiellement dispersée. En outre, il s'agit de permettre aux élèves de présenter ces langues au baccalauréat lorsqu'elles ne sont pas disponibles en présence. Cette offre complémentaire ne remet cependant pas en cause l'ancrage présentiel, en académie, de l'enseignement des langues régionales.

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