Question de M. LEFÈVRE Antoine (Aisne - Les Républicains) publiée le 23/03/2023

Question posée en séance publique le 22/03/2023

M. le président. La parole est à M. Antoine Lefèvre, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Antoine Lefèvre. Ma question s'adresse à M. le ministre de la santé et de la prévention.

Monsieur le ministre, le 13 mars dernier, les 10 000 étudiants en sixième année de médecine étaient appelés à passer en centre d'examen des épreuves blanches en prévision du concours d'entrée à l'internat, prévu en juin prochain.

Organisées par le Centre national de gestion, qui dépend de la tutelle de votre ministère, les épreuves ont vite tourné au fiasco : bugs à répétition, impossibilité de valider les réponses, ralentissements, problèmes d'affichage, voire carrément déconnexion en cours d'épreuve.

À tout juste trois mois des véritables épreuves classantes nationales, décisives pour le choix de la spécialité et du lieu d'exercice, ce coup d'essai constituait pourtant une occasion privilégiée pour les étudiants de se situer par rapport au niveau national et de tester les conditions qui les attendent.

En outre, le concours répondait à de nouvelles règles d'organisation, suivant une méthodologie inédite. Les étudiants ne disposaient donc pas d'annales des examens précédents ni de supports pour s'entraîner.

Les réponses du Centre national de gestion sont tout aussi lunaires. Plutôt que d'assumer la responsabilité d'un dysfonctionnement du système informatique, le centre préfère minimiser le problème et invoque une « incompréhension sémantique », suggérant que les épreuves auraient été non pas un véritable concours blanc, mais bien un simple test pour vérifier la performance du logiciel. On croit rêver !

L'Association nationale des étudiants en médecine de France demande que de nouvelles épreuves blanches soient organisées dans les meilleurs délais, sur une plateforme fiable et opérationnelle.

À trois mois des épreuves de classement national, qui détermineront toute la carrière de nos futurs médecins, allez-vous enfin mener une politique ambitieuse d'investissement dans les moyens mis à disposition de nos étudiants ? Pouvez-vous garantir la totale fiabilité du support numérique des épreuves d'ici au mois de juin ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Cathy Apourceau-Poly applaudit également.)

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Réponse du Ministère de la santé et de la prévention publiée le 23/03/2023

Réponse apportée en séance publique le 22/03/2023

M. le président. La parole est à M. le ministre de la santé et de la prévention.

M. François Braun, ministre de la santé et de la prévention. Monsieur le sénateur Lefèvre, heureusement que cette panne a eu lieu le 13 mars dernier ! Comme vous l'avez dit, il s'agissait d'une épreuve blanche, à l'issue de laquelle les étudiants n'étaient de toute façon pas classés, leurs réponses n'étant pas évaluées. Cette épreuve blanche était bien destinée à tester la nouvelle plateforme informatique, qui répond aux évolutions du deuxième cycle des études médicales.

Cette épreuve a été interrompue. Elle a fonctionné pour 85 % des étudiants. Les autres n'ont pas réussi à valider leurs résultats. Des corrections ont donc été apportées et, le lendemain, 97 % des bugs étaient corrigés. Comme nous n'avions pas atteint les 100 % qui auraient permis de valider la plateforme de test, nous avons préféré reporter le deuxième passage de cette épreuve blanche. Je redis que les étudiants n'auraient de toute façon pas obtenu les résultats de cette épreuve, qui n'aurait pas donné lieu à un classement. Il ne s'agissait que d'un test technique.

La deuxième partie, qui devait se tenir le 15 mars, a été annulée. Bien entendu, le Centre national de gestion s'est attelé à la correction de l'ensemble des difficultés. Une nouvelle épreuve blanche se déroulera à la fin du mois d'avril ou au début du mois de mai, afin que tout fonctionne parfaitement au mois de juin.

Cette épreuve est en effet primordiale pour les étudiants en médecine, puisqu'elle préjuge de leur avenir professionnel et du choix de leur spécialité.

Comme lors de tous les tests, nous avons constaté des difficultés, qui sont corrigées. Un nouveau test aura lieu avant que cette plateforme ne soit totalement opérationnelle en juin.

M. le président. La parole est à M. Antoine Lefèvre, pour la réplique.

M. Antoine Lefèvre. Nos étudiants en médecine ont connu beaucoup de déconvenues : des confinements à répétition, des enseignements à distance et du stress. Ils méritent davantage de considération.

La France a un besoin urgent de nouveaux médecins, tout le monde le sait, particulièrement ici au Sénat. Nous devons donc tout faire pour mettre toutes les chances de réussite de leur côté. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Valérie Létard applaudit également.)

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