Question de M. ANGLARS Jean-Claude (Aveyron - Les Républicains-A) publiée le 29/06/2023

Question posée en séance publique le 28/06/2023

M. le président. La parole est à M. Jean-Claude Anglars, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Jean-Claude Anglars. Monsieur le ministre, le 8 novembre 2022, lors de sa présentation du plan France 2030, le Président de la République déclarait son ambition de faire de la France le leader de l'hydrogène décarboné et fixait l'objectif d'un renforcement de la stratégie nationale hydrogène dans les six mois... Nous y sommes !

Or le 23 juin dernier, la direction de Bosch en Allemagne s'est exprimée et a annoncé sa décision de suspendre le projet FresH2 d'ici à la fin 2023, et cela pour plusieurs années, jusqu'à ce que le marché de l'hydrogène soit durablement établi.

Je le rappelle, le projet FresH2 vise à développer la pile combustible à hydrogène destinée à remplacer le moteur diesel utilisé dans le transport. C'est le projet de reconversion industrielle du site Bosch d'Onet-le-Château, usine historique de fabrication des injecteurs et des bougies de moteur diesel, condamnée en 2020 par l'abandon précipité du diesel.

La déclaration de l'industriel est un coup de tonnerre dans le ciel aveyronnais. Ce choix, sans explication et sans information préalables, apparaît comme une remise en cause des engagements pris auprès des syndicats, des élus locaux et de l'État. En effet, l'équipementier s'est engagé à maintenir 250 emplois reconvertis dans les technologies à hydrogène en 2028, en contrepartie de la transformation industrielle.

L'annonce de Bosch est une condamnation des 250 derniers emplois. Or, monsieur le ministre, depuis cette annonce la semaine dernière, vous n'avez fait aucune déclaration !

Alors que la stratégie nationale hydrogène que vous défendez vise à développer les véhicules lourds propres et à construire en France une filière industrielle créatrice de 50 000 à 150 000 emplois, que fait le Gouvernement pour le développement du projet de reconversion de l'usine Bosch d'Onet-le-Château ?

Que faites-vous pour les 250 emplois aveyronnais à convertir et à pérenniser ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

- page 5893


Réponse du Ministère auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l'industrie publiée le 29/06/2023

Réponse apportée en séance publique le 28/06/2023

M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé de l'industrie.

M. Roland Lescure, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l'industrie. Monsieur le sénateur, votre question me permet de m'exprimer officiellement et publiquement sur ce sujet.

Vous le savez, la sortie programmée du véhicule thermique représente un vent de face extrêmement fort pour l'industrie automobile traditionnelle. Nous avons le temps, car elle est prévue d'ici à 2035, mais nous devons adapter l'appareil de production à ce nouveau défi.

Bosch est un grand groupe européen très présent en France, puisqu'il compte plus de 6 000 emplois, dont 1 200 en Aveyron, à Rodez.

La décision, annoncée la semaine dernière et indiquant que le projet de diversification dans l'hydrogène, que vous avez très bien décrit, n'était plus suffisamment rentable à court terme pour être envisagé d'ici à 2028 ne doit en aucun cas - je veux être très clair - changer les engagements du groupe Bosch pris en décembre 2021 dans le cadre d'un accord, courageux, entre les salariés et les organisations syndicales.

J'ai échangé avec tous les élus : aujourd'hui avec vous, hier avec les députés à l'Assemblée nationale, mais aussi avec Mme la présidente de région, M. le président du département et M. le maire de Rodez. Nous sommes tous alignés ; nous devons nous assurer que Bosch tiendra ses engagements.

Mon équipe est déjà en relation avec les organisations syndicales, mais aussi avec la direction de Bosch en France.

Toutefois, vous le savez, cette décision sera prise en Allemagne. Je suis déjà entré en contact avec la direction allemande, avec laquelle j'échangerai de manière formelle dans les jours à venir.

Mon message sera clair : les engagements doivent être tenus, pour ce qui concerne l'hydrogène ou autre chose, sur la revitalisation du site et le maintien des emplois : 250 dans le domaine de l'hydrogène, vous l'avez dit, et 500 au total.

Le groupe emploie aujourd'hui 1 200 personnes en Aveyron. Nous devons nous assurer que, en 2028, quelque 500 employés travailleront bien sur ce site, que ce soit sur l'hydrogène ou sur autre chose.

Je m'y engage devant vous. Et évidemment, j'informerai tous les élus du département et de la région de l'avancée de ces discussions. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)

M. le président. La parole est à M. Jean-Claude Anglars, pour la réplique.

M. Jean-Claude Anglars. Monsieur le ministre, je vous remercie de ces réponses.

Je vous invite à venir en Aveyron avec votre collègue M. Dupond-Moretti, qui s'y rend vendredi prochain, pour expliquer tout cela aux élus et aux syndicats.

M. Antoine Lefèvre. En covoiturage ! Il faut faire un BlaBlaCar ! (Sourires.)

- page 5893

Page mise à jour le