Question de M. SAURY Hugues (Loiret - Les Républicains) publiée le 20/07/2023

M. Hugues Saury attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur et des outre-mer sur la situation préoccupante du risque d'incendie en France et sur la nécessité de mobiliser les moyens adéquats pour y faire face. À l'instar des incendies dévastateurs qui ont ravagé les Landes à l'été 2022, est constatée une augmentation significative de cette menace sur l'ensemble du territoire national. Ce phénomène se manifeste principalement par une intensification du risque dans la région méditerranéenne, où la fréquence et la violence des incendies sont en hausse. Par ailleurs, est observée une double expansion du risque, à la fois dans le temps, comme l'a souligné le président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France en affirmant que la saison des feux dure toute l'année, et dans l'espace, touchant progressivement le centre et le nord de la France. C'est notamment le cas de la Sologne, où le risque d'ici à quinze ans sera comparable à celui de la Nouvelle-Aquitaine aujourd'hui. Le réchauffement climatique joue un rôle prépondérant dans cette recrudescence, imposant d'agir de manière urgente. Les territoires doivent être prêts à faire face à ces incendies et à leur propagation, et doivent disposer de moyens à la hauteur pour ce faire. C'est pour éviter tout nouveau drame qu'il lui demande de bien vouloir clarifier la stratégie du Gouvernement en matière de mobilisation des moyens, tant humains que matériels, pour la lutte réactive et préventive face au risque incendie croissant dans notre pays.

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Transmise au Ministère de l'intérieur et des outre-mer


Réponse du Ministère de l'intérieur et des outre-mer publiée le 28/03/2024

Parmi les conséquences du dérèglement climatique, l'allongement de la période propice aux incendies et la généralisation de ce risque à l'ensemble du territoire accompagnent une augmentation de la puissance et de la cinétique des feux de forêts et d'espaces naturels. Conscient de cette évolution défavorable, le ministère de l'Intérieur et des Outre-mer a engagé depuis deux ans des travaux visant à adapter la réponse de la sécurité civile face changement climatiques. Eprouvée, la stratégie nationale repose sur 4 objectifs principaux : empêcher les feux par la prévention active et la mobilisation des collectivités locales et des préfets ; attaquer les feux naissants par une détection précoce et l'attaque rapide d'un dispositif préventif aéroterrestre ; limiter les développements catastrophiques et éviter la perte de la maitrise des feux par l'engagement massif de moyens, la mise en place de confinements ou de mises en sécurité au regard de la défendabilité des secteurs ; réhabiliter les espaces incendiés en réduisant leur vulnérabilité. Les études menées conjointement avec les principaux partenaires du ministère de l'Intérieur et des Outre-mer ont permis d'affiner les outils de prévision du risque afin de pouvoir anticiper et dimensionner les réponses opérationnelles des échelons départementaux, zonaux et nationaux. A l'instar de l'expertise spécifique du danger météorologique d'incendie développée par Météo France ou de la sensibilité de la végétation réalisée par l'ONF, ces avancées bénéficient depuis 2023 à l'ensemble des acteurs de la lutte et sur tout le territoire. Les services d'incendie et de secours sont par ailleurs systématiquement associés aux développements afin que les spécificités locales soient prises en compte et intégrées dans la conduite nationale des opérations. D'autre part, le ministère de l'Intérieur et des Outre-mer participe activement à l'augmentation quantitative et qualitative des moyens de renforts terrestres dans le cadre de la lutte contre les feux de forêt et d'espaces naturels. Sous coordination de la DGSCGC, qui assure le financement de leurs engagements, le nombre de colonnes de renfort a sensiblement augmenté au cours des dernières années et s'établit à 51 en 2023, soit près de 4 000 sapeurs-pompiers déployables sur tout le territoire. Ensuite, les pactes capacitaires, d'un montant de 150 millions d'euros, sont un outil supplémentaire mis à la disposition des collectivités pour augmenter sensiblement leur niveau de réponse opérationnelle. Ensuite, depuis plusieurs années, la DGSCGC renforce sa flotte de bombardiers d'eau pour faire face aux feux de forêts et d'espaces naturels. En 3 ans, le nombre de moyens aériens nationaux n'a cessé d'augmenter, passant de 16 avions bombardiers d'eau en 2020 à 25 avions et 10 hélicoptères bombardiers d'eau en 2023 susceptibles d'intervenir sur tout le territoire, à l'instar de ce qui a été réalisé en 2022. Dans le même temps, le nombre d'aires d'avitaillement en produit retardant nécessaire à l'engagement des avions a été augmenté et couvre désormais l'ensemble du territoire national. L'engagement de la sécurité civile est donc permanent et le nombre de moyens opérationnels associés aux conséquences du dérèglement climatique correspond aux attentes et aux besoins de renforcement des services d'incendie et de secours, non plus seulement dans les départements méditerranéens mais également sur l'ensemble du territoire. Les moyens nationaux n'interviennent pas en substitution mais dans le cadre du renforcement de moyens locaux eux-mêmes organisés pour répondre aux exigences d'un schéma départemental d'analyse et de couverture des risques.

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