Question de Mme LIENEMANN Marie-Noëlle (Paris - CRCE-R) publiée le 27/07/2023

Mme Marie-Noëlle Lienemann attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique sur la situation de l'usine Valeo d'Amiens.

Le mercredi 5 juillet 2023, la direction de l'usine Valeo a présenté un plan de sauvegarde de l'emploi aux représentants des salariés. Ce plan prévoit la suppression de 89 emplois sur le site d'Amiens et la délocalisation de l'activité de production des « embrayages pour boîtes manuelles simples » vers des sites en Espagne et en Turquie.

L'usine d'Amiens était pourtant présentée depuis 2021 comme un fleuron français spécialisé dans la production d'embrayages ; elle avait su négocier avec Mercedes un contrat de production pour les véhicules hybrides. Elle s'était alors érigée en modèle des usines françaises à la pointe du progrès. Pourtant, la production de ces embrayages n'a toujours pas débuté aujourd'hui et ne devrait être lancée qu'en 2025.

Cette usine a été mise en avant comme un exemple d'adaptabilité et s'inscrit toujours en tant qu'acteur stratégique et incontournable pour la transition écologique et la réindustrialisation du pays. Mais il faut s'en donner les moyens et la délocalisation d'une partie de l'activité serait un signal négatif au moment où l'accord avec Mercedes n'est pas encore entré dans sa phase concrète.

À l'heure de la réindustrialisation annoncée par le gouvernement, on ne perçoit pour l'instant que la continuité de la grande délocalisation qui ne cesse de toucher l'ensemble de nos secteurs d'activité depuis vingt ans.

Les représentants des salariés sont aujourd'hui inquiets, car ils perçoivent cette décision comme une fragilité qui pourrait à terme peser sur les 1100 emplois du site Valeo d'Amiens. Au-delà de cette usine, ils s'inquiètent que d'autres sites en France puissent dans l'avenir être la cible de nouvelles délocalisations. Or, si la maison mère a promis de pérenniser leurs investissements futurs, rien n'est concrètement mis en place pour s'en assurer !

L'État étant le premier actionnaire du groupe Valeo, sa position stratégique devrait permettre d'éviter de telles situations.

Elle lui demande donc quelles garanties il compte apporter aux salariés du groupe Valeo pour démontrer la pérennité des investissements annoncés et le maintien des emplois et des savoir-faire sur notre territoire national. Elle lui demande également ce que compte faire le Gouvernement pour s'assurer que les 89 salariés de l'usine soient réinsérés dans leur secteur d'activité ou au sein des autres installations du groupe Valeo en France.

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La question a été retirée pour cause de fin de mandat.

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