Question de M. MARSEILLE Hervé (Hauts-de-Seine - UC) publiée le 12/10/2023

Question posée en séance publique le 11/10/2023

M. le président. La parole est à M. Hervé Marseille, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées du groupe Les Républicains.)

M. Hervé Marseille. À mon tour, et au nom du groupe auquel j'appartiens, je veux m'associer aux propos qu'a tenus le président Larcher. Nous nous tenons bien sûr aux côtés d'Israël durant l'épreuve qu'il traverse.

Depuis des siècles, notre vieux continent a connu bien des guerres, des massacres, des pogroms, des charniers, des horreurs de toutes sortes. Nous pensions avoir été au bout de ces horreurs. Or un degré supplémentaire a été franchi le 7 octobre dernier par l'incursion en Israël des tueurs du Hamas.

Des hommes, des femmes, des vieillards, des bébés ont été décapités. Nous n'avions jamais vu cela. C'est un avilissement de la civilisation et de l'humanité, comme l'a souligné le président Kanner.

C'est insupportable. On ne trouve plus les mots, et j'ai cherché en vain ceux que je pouvais employer.

Certains voudraient nous faire croire que ces tueurs sont des résistants. Mais nous n'avons jamais vu des résistants tuer des enfants ou de jeunes hommes et de jeunes femmes dans une rave-party, ou encore décapiter des bébés ! Ce sont tout simplement des tueurs.

Or ces tueurs ne sortent pas de nulle part ; ils ont été accompagnés, aidés, entraînés et financés, et nous savons par quels pays.

Il s'agit d'abord du Qatar, puisque le chef des tueurs, M. Haniyeh, y est hébergé. Le même État finance le club de football Paris Saint-Germain (PSG) ou d'autres grandes entreprises... (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées des groupes Les Républicains, SER, GEST et CRCE-K.)

Il s'agit ensuite de l'Iran, à l'égard duquel nous avons été très conciliants, en particulier dans le cadre du dossier nucléaire. En effet, nous pensions que c'était important pour la paix dans le monde et pour la région.

Madame la Première ministre, ma question est simple : quelles conséquences le Gouvernement tire-t-il de cette attaque sur les relations de la France avec ces deux pays ? Et quelles mesures entend-il prendre afin de mettre un terme à leur implication dans ces meurtres barbares ? (Applaudissements sur les travées des groupes UC, Les Républicains, INDEP, RDPI, RDSE, SER et GEST, ainsi que sur des travées du groupe CRCE-K.)

- page 6966


Réponse du Première ministre publiée le 12/10/2023

Réponse apportée en séance publique le 11/10/2023

M. le président. La parole est à Mme la Première ministre.

Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Monsieur le président Marseille, l'attaque terroriste commise par le Hamas contre Israël est odieuse et - vous l'avez dit - inqualifiable.

Un groupe terroriste s'en est pris à des civils, provoquant un déluge de roquettes et de violences, se livrant à une multiplication ignoble d'actes de barbarie. Des femmes et des hommes, des personnes âgées, des jeunes et des enfants, parfois même des bébés, ont été pris pour cibles. Comme toutes les démocraties, nous sommes aux côtés d'Israël dans ces moments terribles.

Vous m'interrogez sur le rôle de certains États dans cette action.

Tout d'abord, avec l'ensemble de la communauté internationale, nous appelons tous les États à condamner ces actes terroristes. Aucun gouvernement ne peut rester insensible face à de telles images.

S'agissant de l'Iran en particulier, le Président de la République a eu l'occasion de s'exprimer hier.

Nous n'avons pas de preuves formelles de l'implication de l'Iran. (Marques de scepticisme sur les travées du groupe Les Républicains.) Nous consolidons nos analyses avec nos partenaires. Ce qui est clair, c'est le caractère inacceptable des images triomphalistes ou de certains propos des autorités iraniennes.

Il n'y a aucune ambiguïté possible. Je condamne comme vous avec la plus grande fermeté les pays qui se sont félicités de cette attaque terroriste monstrueuse.

Face à la gravité de la situation, nous agissons et nous agirons en responsabilité. Nous soutenons le droit d'Israël à se défendre contre le terrorisme. Sous l'égide du Président de la République, notre diplomatie est à l'oeuvre pour éviter l'embrasement et l'escalade dans la région. Nous sommes en contact étroit avec nos partenaires pour que la communauté internationale fasse la lumière sur ces événements et sur le rôle des uns et des autres.

Nous rappelons que les civils doivent être protégés et le droit international respecté.

Nous soutenons toujours une solution politique au conflit israélo-palestinien : notre position n'a pas changé.

Nous agissons également avec nos partenaires européens. La coordination entre les États membres doit être entière ; hier s'est tenue, à ce titre, une réunion informelle des vingt-sept ministres des affaires étrangères de l'Union européenne.

Monsieur le président Marseille, nous sommes aux côtés du peuple israélien et, avec nos partenaires, nous travaillons à identifier toutes les responsabilités dans cette attaque inacceptable. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées du groupe GEST. - Mme Véronique Guillotin applaudit également.)

- page 6966

Page mise à jour le