Question de M. PATRIAT François (Côte-d'Or - RDPI) publiée le 12/10/2023

Question posée en séance publique le 11/10/2023

M. le président. La parole est à M. François Patriat, pour le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)

M. François Patriat. Monsieur le président, madame la Première ministre, mes chers collègues, l'heure est à la gravité, au recueillement et à l'unité, alors que l'horreur n'a cessé de monter depuis samedi dernier et semble avoir atteint son comble.

Mes chers collègues, vous êtes plusieurs à avoir dit votre colère et votre émotion, que, bien entendu, nous éprouvons tous. Les témoignages qui nous parviennent de l'attaque terroriste perpétrée par le Hamas contre des civils non seulement israéliens, mais aussi étrangers, nous bouleversent et nous révoltent tous.

De véritables carnages ont été perpétrés. On a atteint des sommets dans l'horreur. Des femmes ont été violées, puis exécutées ; des hommes décapités ; des cadavres souillés et calcinés ; parmi les victimes innocentes de cette folie barbare, on trouve également des enfants.

Cette folie résonne durement pour nous qui avons connu le terrorisme islamiste. Elle nous rappelle Daech, Al-Qaïda et Boko Haram - vous l'avez dit, monsieur le président. Aussi, au peuple israélien, nous affirmons haut et fort notre solidarité sans faille.

Une fois encore, ce sont les civils qui payent le prix fort.

J'ai une pensée toute particulière pour nos compatriotes qui ont péri dans ce drame, pour les otages français, dont nous espérons le retour, et, bien sûr, pour leurs familles.

Je pense aussi à nos concitoyens établis sur place. À cet égard, nous remercions vivement notre personnel diplomatique et consulaire, qui est pleinement mobilisé dans cette crise.

Je pense également aux Palestiniens pris en otage par le Hamas. Ils lui servent de bouclier humain et payeront le prix du sang à la place des lâches qui tirent sur des femmes, des enfants et des hommes sans défense.

À ceux qui, soutenant le Hamas, pensent soutenir les Palestiniens, nous disons que cet aveuglement idéologique ne fait qu'ajouter au malheur de ces derniers.

Le monde s'embrase, les foyers de guerre se multiplient, et, alors que nos yeux sont tournés vers l'Ukraine et le Haut-Karabagh, voilà un douloureux rappel de l'instabilité du Proche-Orient.

Madame la Première ministre, trente ans après la signature des accords d'Oslo, le Hamas a décidé de réveiller les démons de la guerre, qu'en Europe aussi nous connaissons. Ils sont aveugles dans la violence et sourds aux appels à la paix.

Comment la France, pays ami et médiateur d'un dialogue pour la paix, peut-elle oeuvrer pour que l'espoir né des accords d'Abraham continue de vivre et pour empêcher la radicalisation des peuples face aux menaces ? (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées du groupe SER.)

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Réponse du Première ministre publiée le 12/10/2023

Réponse apportée en séance publique le 11/10/2023

M. le président. La parole est à Mme la Première ministre.

Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Monsieur le président François Patriat, après les attaques terroristes effroyables menées contre Israël par le Hamas et le Djihad islamique, la France a immédiatement exprimé sa compassion et sa solidarité au peuple israélien, en condamnant fermement ces agressions.

Nous l'avons dit et je le répète : face à une attaque terroriste aussi barbare, Israël a le droit de se défendre.

Dans cette situation, la France tient sa place, et nous sommes particulièrement actifs pour éviter que le conflit ne dégénère, avec un embrasement en Cisjordanie, au Liban ou ailleurs dans la région.

Le Président de la République s'est entretenu avec de nombreux homologues, parmi lesquels le président israélien Isaac Herzog, son Premier ministre Benyamin Netanyahou, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le président égyptien Sissi, le président du Conseil libanais Najib Mikati, le président émirien Mohammed ben Zayed, et le roi Abdallah de Jordanie. Il a également eu des échanges avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Nous allons poursuivre ces différents dialogues et nous travaillons à une réponse coordonnée avec nos alliés occidentaux.

Une réunion s'est tenue lundi dernier entre le Président de la République, le président des États-Unis, le Chancelier allemand, le Premier ministre britannique et la présidente du Conseil italien. La ministre des affaires étrangères, Catherine Colonna, a également poursuivi ces contacts et une réunion informelle des ministres des affaires étrangères de l'Union européenne s'est tenue hier.

J'ajoute que notre diplomatie est mobilisée jour et nuit. Il est essentiel de poursuivre ces échanges pour éviter tout risque d'embrasement, mobiliser tous nos partenaires, protéger les civils et veiller au respect du droit international.

Monsieur le président Patriat, la France sera toujours attachée à la paix, qu'elle continuera de défendre et de rechercher.

J'ai déjà eu l'occasion de le dire : malgré la barbarie, malgré ces attaques terribles, nous ne devons pas renoncer à trouver une solution de paix durable au Proche-Orient et une issue politique au conflit israélo-palestinien.

Nous aurons besoin d'une approche complète, et cela prendra du temps, mais nous ne perdons pas de vue cet objectif. C'est le seul chemin pour la sécurité et la stabilité dans la région. C'est aussi un chemin pour l'apaisement dans nos démocraties. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)

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