Question de M. GROSPERRIN Jacques (Doubs - Les Républicains) publiée le 16/11/2023

Question posée en séance publique le 15/11/2023

M. le président. La parole est à M. Jacques Grosperrin, pour le groupe Les Républicains.

M. Jacques Grosperrin. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'éducation nationale. Qu'il me soit permis d'y associer notre excellent collègue Stéphane Piednoir.

Monsieur le ministre, lundi dernier ont été publiés les résultats de l'évaluation nationale réalisée sur les élèves de quatrième en mathématiques et en français. Vous avez réagi à cette annonce en trouvant ces résultats inquiétants. Vous avez même affirmé que le collège était en situation de difficulté et qu'il risquait d'être en panne. Non seulement le collège est « en panne », mais il est aussi véritablement en recul !

Consultation après consultation, évaluation après évaluation, on se rend compte depuis plusieurs années que les jeunes Français sont en situation difficile et que les résultats baissent.

Pour mémoire, en 2000, la France se situait dans le premier tiers de l'évaluation du programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) des pays de l'OCDE. En 2022, la France est tombée dans le deuxième tiers alors que, concomitamment, le budget de l'éducation nationale a augmenté.

En 2018, lorsque vous étiez secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, le budget de l'éducation nationale était de 51 milliards d'euros, contre 63 milliards d'euros en 2024, soit 12 milliards d'euros supplémentaires. C'est le budget de la justice et trois fois le budget de la culture, alors que le système éducatif compte 404 000 élèves de moins.

Monsieur le ministre, quelles réformes structurantes et puissantes allez-vous proposer pour répondre, non pas à une crise, mais plutôt à un échec majeur de notre système éducatif ? (Très bien ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

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Réponse du Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse publiée le 16/11/2023

Réponse apportée en séance publique le 15/11/2023

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

M. Gabriel Attal, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Monsieur le sénateur Jacques Grosperrin, j'ai eu l'occasion de le dire dès ma nomination au ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse, mon objectif est l'élévation du niveau général de nos élèves. (M. Michel Savin s'exclame.) Tous les chantiers que j'ai ouverts doivent y concourir.

Quand on travaille pour restaurer l'attractivité du métier d'enseignant, on agit pour élever le niveau de nos élèves. Quand on travaille pour restaurer l'autorité du maître à l'école, on agit pour l'élévation du niveau des élèves.

Quand on réforme le lycée professionnel, Carole Grandjean et moi-même le faisons, on agit pour l'élévation du niveau des élèves.

Quand on agit pour faire respecter les règles, les valeurs de la République et la laïcité à l'école, on agit pour l'élévation du niveau des élèves.

Même quand on lutte contre le harcèlement scolaire, outre que l'on agit pour la dignité des personnes, on agit pour l'élévation du niveau des élèves, parce qu'un enfant qui est malheureux à l'école, c'est un enfant qui ne peut plus apprendre.

Les évaluations qui ont été publiées disent tout d'abord que nous sommes en train de changer positivement la donne à l'école primaire.

La génération 2017 - celle qui est entrée au CP quand le Président de la République a été élu pour la première fois et dont nous avons massivement réinvesti la scolarité à l'école primaire - s'en sort mieux que les générations précédentes. (M. Rachid Temal ironise.) Bien évidemment, il est trop tôt pour faire le bilan, mais force est de constater que cette génération, qui est entrée en sixième cette année, s'en sort mieux en lecture, en écriture et en calcul. Il faut continuer.

Ces évaluations disent aussi que le collège - vous l'avez dit - est un véritable sujet de préoccupation. Songez qu'un élève sur quatre, à l'entrée en quatrième, n'a pas le niveau de lecture attendu en fin de CM2 !

M. Christian Cambon. Eh oui !

M. Gabriel Attal, ministre. Je présenterai, au début du mois de décembre, des mesures fortes pour l'élévation du niveau général à l'école et au collège. Je le dis : je n'ai aucun tabou.

J'ai d'ores et déjà avancé un certain nombre de pistes : sur les manuels scolaires, sur l'organisation en cycles, sur les groupes de niveau...

J'assume cette dernière proposition. De fait, les enseignants m'expliquent qu'il est difficile de faire progresser une classe qui réunit des élèves qui ne savent pas lire et des élèves qui lisent très bien et qu'une telle situation finit par tirer tout le monde vers le bas. Cette proposition fait débat, mais je l'assume.

Je présenterai, au début du mois prochain, des mesures fortes pour que nous puissions avancer. C'est un enjeu non seulement pour nos élèves et pour notre école, mais aussi pour l'avenir de notre pays. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées des groupes INDEP et UC.)

Mme Françoise Gatel. Très bien !

M. le président. La parole est à M. Jacques Grosperrin, pour la réplique.

M. Jacques Grosperrin. Monsieur le ministre, j'attendais que vous nous parliez de la réforme du collège unique, qui existe depuis 1975.

Vous nous avez parlé des groupes de niveau. Vous avez raison : ce n'est pas tabou. Je crois même qu'il faut aller plus loin. Si l'on veut passer d'un collège de la résilience à un collège de la réussite, il faudra certainement passer par des réformes structurelles.

Si vous le souhaitez, vous trouverez, au Sénat, avec la proposition de loi de mon collègue Max Brisson, dont j'ai été le rapporteur, des pistes efficaces. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

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