SÉANCE DU 23 OCTOBRE 1997
M. le président.
Par amendement n° 12, le Gouvernement propose d'insérer, après l'article 11,
un article additionnel ainsi rédigé :
« Il est inséré, après l'article L. 334-1 du code électoral, un article ainsi
rédigé :
«
Art. L.O. ... - Les dispositions organiques du titre IV du livre Ier
du présent code sont applicables à l'élection des conseillers municipaux des
communes de la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon. »
La parole est à M. le ministre.
M. Jean-Pierre Chevènement,
ministre de l'intérieur. L'article L. 334-1 du code électoral prévoit que
l'élection des conseillers municipaux à Saint-Pierre-et-Miquelon a lieu selon
les dispositions du droit commun telles qu'elles sont retracées dans le titre
IV du livre Ier du code électoral.
Toutefois, cet article est de nature simplement législative. Pour assurer la
participation des citoyens de l'Union européenne autres que les Français aux
élections municipales à Saint-Pierre-et-Miquelon, il convient d'étendre par une
disposition organique l'application à la collectivité territoriale des mesures
organiques nouvelles introduites dans le code électoral, à l'instar de ce qui
est fait pour l'élection des conseillers d'arrondissement de Paris, Marseille
et Lyon.
En revanche, il n'est pas nécessaire de prévoir de disposition organique
particulière s'agissant des règles propres à l'élection des sénateurs.
Celles-ci sont étendues de plein droit à Saint-Pierre-et-Miquelon par le jeu du
renvoi figurant à l'article L.O. 334-2 du code électoral.
L'amendement n° 12 apporte donc une précision qui ne concernera que peu de
ressortissants communautaires - je ne pense pas, en effet qu'ils soient très
nombreux à Saint-Pierre-et-Miquelon ! - mais qui n'en est pas moins nécessaire
si l'on veut que notre droit reste, contrairement à ce qu'a dit tout à l'heure
M. Fauchon, un droit républicain.
(M. le rapporteur sourit.)
M. le président.
Quel est l'avis de la commission ?
M. Pierre Fauchon,
rapporteur. Cet amendement, en effet, est fondé. Je rappelle que
Saint-Pierre-et-Miquelon, après avoir été un département, est maintenant une
communauté
sui generis.
Je ne sais comment la République intègre les communautés
sui generis.
Voici encore un bel exercice juridique, car je croyais qu'elle ne connaissait
que les départements ! Mais il semble qu'elle admette un certain pluralisme,
notamment en l'honneur de Saint-Pierre-et-Miquelon, archipel riche en
poissons.
M. Jean-Pierre Chevènement,
ministre de l'intérieur. Il y en a de moins en moins !
M. Pierre Fauchon,
rapporteur. Quoi qu'il en soit, la commission a émis un avis favorable
sur cet amendement, après avoir consulté M. Reux, notre collègue qui représente
Saint-Pierre-et-Miquelon et pour qui cette disposition ne présente que des
avantages.
M. le président.
Je vais mettre aux voix l'amendement n° 12.
M. Daniel Millaud.
Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président.
La parole est à M. Millaud.
M. Daniel Millaud.
Notre collègue a en effet dit que l'amendement n° 12 ne présentait que des
avantages, et c'est pourquoi je crois opportun qu'un texte spécial concernant
Saint-Pierre-et-Miquelon soit voté ultérieurement, après consultation de
l'Assemblée.
En effet, mes chers collègues, je vous rappelle que Saint-Pierre-et-Miquelon
est un territoire associé à l'Union européenne et non un Etat membre.
En revanche, je ne dis rien au sujet de Mayotte car sa départementalisation
devrait intervenir incessamment et Mayotte sera alors complètement intégrée à
l'Union européenne.
M. le président.
Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 12, accepté par la commission.
(L'amendement est adopté.)
M. le président.
En conséquence, un article additionnel ainsi rédigé est inséré dans le projet
de loi organique, après l'article 11.
Article 12