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Séance du 24 juin 1999





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M. le président. La parole est à M. Estier.
M. Claude Estier. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'intérieur.
Monsieur le ministre, vous venez d'effectuer une visite à Alger, et, en ma qualité de président du groupe d'amitié France-Algérie du Sénat, je me réjouis de cette reprise de contact à un haut niveau.
En effet, la situation en Algérie et les tensions qu'elle a engendrées n'ont guère été propices, ces dernières années, aux bonnes relations souhaitables entre nos deux pays, relations qui, en raison même de tout ce qui nous lie à l'Algérie, devraient être, à mes yeux, un des fondements de notre politique internationale.
La récente élection présidentielle en Algérie, dont on a pu contester le déroulement et les résultats, n'en a pas moins ouvert une nouvelle période, sur laquelle vous avez sans doute pu tirer quelques indications, monsieur le ministre, lors de votre long entretien avec le président Bouteflika. Celui-ci ayant été jusqu'ici plutôt avare de paroles publiques, je suis certain que nos collègues seraient intéressés par ce que vous pourrez leur dire à ce sujet.
Je vous demanderai également des précisions sur deux autres questions.
La première concerne l'augmentation du nombre des visas délivrés à des Algériens désireux de se rendre en France pour des raisons familiales ou professionnelles. C'est un élément important de l'amélioration des relations entre nos deux pays, élément lui-même lié, je le sais, à la réouverture de nos représentations consulaires, qui ont dû être fermées, en leur temps, pour des raisons de sécurité.
La seconde question est celle de la reprise des vols de la compagnie Air France vers l'Algérie, supprimés voilà plusieurs années à la suite d'événements graves dont chacun a gardé la mémoire. Cette reprise serait, beaucoup plus qu'un symbole, le signe du rétablissement d'une relation concrète, souhaitée, je crois, par les deux parties.
En exprimant l'espoir que votre visite à Alger aura des suites positives, je vous remercie, monsieur le ministre, de toutes les informations que vous voudrez bien nous donner sur l'ensemble de ces sujets. (Applaudissements sur les travées socialistes, sur celles du groupe communiste républicain et citoyen et ainsi que sur certaines travées du RDSE.)
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, je me suis rendu à Alger pour la cinquième conférence des ministres de l'intérieur des pays de la Méditerranée occidentale. A cette occasion, des rapports fructueux ont été noués avec mon collègue algérien. Des résolutions claires ont été adoptées sur des sujets de première importance : le terrorisme, la criminalité organisée, l'immigration clandestine, ainsi que sur la coopération administrative, les collectivités locales et la sécurité civile.
J'ai profité de ce déplacement pour rencontrer les autorités au plus haut niveau, le Premier ministre, Smaïl Hamdani, et, surtout, le président Bouteflika, qui m'a accordé une longue audience.
Ce dernier est engagé dans une entreprise, à coup sûr difficile, de réconciliation nationale - c'est ce qu'il déclare lui-même - à laquelle semblent avoir répondu certains chefs des mouvements islamistes, comme Mezrag Madani et Abassi Madani. D'autres, évidemment, sont davantage en arrière de la main. On note que, dans la mouvance démocratique, des hommes comme Redha Malek ou Saïd Sadi ont également donné des signes d'intérêt pour cette démarche soutenue par plusieurs partis.
Un nouveau gouvernement sera formé au lendemain du sommet de l'Organisation de l'unité africaine, l'OUA, qui se tiendra entre le 12 et le 14 juillet.
Le président Bouteflika m'a fait part de sa vision des rapports franco-algériens et m'a affirmé sa disponibilité pour regarder vers l'avenir et nouer des rapports de confiance dès lors, naturellement, que certaines difficultés seront levées.
J'ai transmis au Président de la République algérienne le souhait que le ministre des affaires étrangères de son pays puisse se rendre en France.
S'agissant des visas, sujet que vous avez abordé, des dispositions ont été prises. Nous sommes d'ores et déjà sur une pente très nettement ascendante ; en effet, nous en délivrerons vraisemblablement 150 000 cette année, contre moins de 50 000 en 1997. Je rappelle qu'au début de la décennie 1990 ce sont plus de 800 000 visas qui étaient délivrés par an.
Le consulat général d'Alger, que j'ai pu visiter, a été entièrement réaménagé. D'autres consulats seront rouverts, d'abord à Annaba, ensuite à Oran. Des missions techniques se rendront à Alger à la fin du mois pour examiner les conditions dans lesquelles certains échanges immobiliers, qui conditionnent le problème de la sécurité, pourraient avoir lieu.
Le problème de la sécurité est primordial aussi pour Air France, qui a le désir de reprendre ses relations aériennes vers l'Algérie. Une mission technique doit se rendre sur place.
Tous ces problèmes seront résolus les uns après les autres. D'après les déclarations que m'a faites M. Bouteflika, il existe des perspectives sérieuses sur les plans tant économique que culturel. Naturellement, cela signifie un travail méthodique et un investissement personnel de chacun des responsables, en France comme en Algérie. (Applaudissements sur les travées socialistes et sur celles du groupe communiste républicain et citoyen, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)

AVENIR DE LA DIRECTION
DES CONSTRUCTIONS NAVALES




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