Séance du 19 octobre 1999
M. le président.
Par amendement n° 54, M. Hyest propose, après l'article 8, d'insérer un
article additionnel ainsi rédigé :
« Tout parlementaire européen qui se trouve dans l'un des cas
d'incompatibilité institué par la présente loi doit faire cesser cette
incompatibilité au plus tard trente jours après le prochain renouvellement du
Parlement européen. »
La parole est à M. Hyest.
M. Jean-Jacques Hyest.
Dans le projet de loi organique, il était prévu, pour les députés et pour les
sénateurs - mais M. le rapporteur, avec sa perspicacité habituelle, nous l'a
fait corriger - que le texte ne s'appliquerait qu'à partir du prochain
renouvellement de l'Assemblée nationale, c'est-à-dire,
a priori, en 2002
et, pour le Sénat, à partir des renouvellements de 2001 et 2004.
Je ne vois pas pourquoi on ferait un sort différent aux parlementaires
européens.
Si nous allons vers une limitation du cumul des mandats, même si ce n'est pas
celle qui est exigée par le Gouvernement, il faut un délai, comme les lois
précédentes l'ont prévu. Une application progressive est souhaitable, ne
serait-ce que pour permettre à ceux qui sont touchés par cette loi - je n'irai
pas jusqu'à dire qu'ils en sont les victimes ! - de mieux l'accepter.
M. le président.
Quel est l'avis de la commission ?
M. Jacques Larché,
rapporteur. Notre collègue Jean-Jacques Hyest a si bien exposé cet
amendement en commisision que celle-ci n'a pu que donner son accord.
M. le président.
Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne,
secrétaire d'Etat. Le Gouvernement est défavorable à cet amendement dans
la mesure où les dispositions transitoires du projet de loi avaient été votées
en première lecture dans les mêmes termes par les deux assemblées. En effet,
l'article 15 du projet de loi prévoit que quiconque se trouve, à la date de la
publication, dans l'un des cas d'incompatibilité qu'il institue peut continuer
d'exercer les mandats et fonctions qu'il détient jusqu'au terme de celui
d'entre eux qui, pour quelque cause que ce soit, prend fin le premier.
M. Jean-Jacques Hyest.
Ce n'est pas la même chose !
M. Jean-Jack Queyranne,
secrétaire d'Etat. Il paraît donc peu opportun au Gouvernement de revenir
sur les dispositions déjà votées.
M. le président.
Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 54, accepté par la commission et repoussé par
le Gouvernement.
(L'amendement est adopté.)
M. le président.
En conséquence, un article additionnel ainsi rédigé est inséré dans le projet
de loi, après l'article 8.
Article 9