SEANCE DU 10 MAI 2001


M. le président. « Art. 10 septies. - Le Gouvernement organisera, au cours de l'année suivant la promulgation de la présente loi, une concertation avec les organisations syndicales sur la question des élections à la sécurité sociale. »
Par amendement n° 52, M. Seillier, au nom de la commission des affaires sociales, propose de supprimer cet article.
La parole est à M. Seillier, rapporteur.
M. Bernard Seillier, rapporteur. L'article 10 septies résulte de l'adoption, par l'Assemblée nationale, d'un amendement du groupe communiste. Il dispose que « le Gouvernement organisera au cours de l'année suivant la promulgation de la présente loi une concertation avec les organisations syndicales sur la question des élections à la sécurité sociale ».
Votre commission avoue sa perplexité quant à la raison d'être d'un tel article, qui ne présente aucun caractère normatif. En effet, si le Gouvernement souhaite engager un débat sur ce sujet avec les partenaires sociaux, il peut le faire immédiatement, et sans avoir besoin d'une disposition législative particulière.
Quant à l'objet même de cette concertation, à savoir le rétablissement de l'élection des représentants des salariés au sein des organismes du régime général de sécurité sociale, il n'est pas certain que la majorité des organisations syndicales, notamment échaudées par l'expérience peu probante de 1983, y soient favorables.
Par ailleurs, le Sénat a adopté les dispositions de l'ordonnance du 24 avril 1996 selon lesquelles ces représentants sont désignés par les organisations professionnelles représentatives, et non plus élus.
C'est pourquoi la commission propose de supprimer l'article 10 septies.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
Mme Paulette Guinchard-Kunstler, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement s'est engagé à mener une concertation avec les organisations syndicales sur le rétablissement des élections dans les conseils d'administration des caisses. Cette concertation doit permettre à tous de s'exprimer sur ce sujet, qui est au coeur de la réflexion sur la démocratie sociale. Par conséquent, le Gouvernement n'entend pas remettre en question cet engagement.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 52.
M. Guy Fischer. Je demande la parole contre l'amendement.
M. le président. La parole est à M. Fischer.
M. Guy Fischer. Considérant qu'il convenait de renforcer les pratiques démocratiques, gage de développement d'une protection sociale de haut niveau, les députés communistes ont proposé, lors de l'examen du projet de loi de modernisation sociale, le rétablisseement du principe de l'élection des représentants des assurés sociaux dans les conseils d'administration des organismes de sécurité sociale.
Sans contester sur le fond la nécessité de telles élections, une réflexion devant être menée quant à la légitimité et à la représentativité actuelles des administrateurs désignés par les organisations professionnelles représentatives afin d'améliorer le fonctionnement des conseils d'administration, le Gouvernement a préféré un autre de nos amendements ayant le même objectif mais prévoyant, comme vous venez de le rappeler, madame le secrétaire d'Etat, une concertation préalable avec les organisations syndicales.
Arguant du fait que cet article serait « dépourvu de tout caractère normatif », la commission des affaires sociales qui, en 1986, a validé les dispositions contenues dans les ordonnances Juppé visant notamment à abandonner définitivement les élections à la sécurité sociale, leur préférant le mode de désignation actuel, envisage de supprimer ledit article.
Nous voterons résolument contre cet amendement.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 52, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, l'article 10 septies est supprimé.

Article 10 octies