SEANCE DU 6 DECEMBRE 2002


La parole est à M. Charles Revet.
M. Charles Revet. Monsieur le secrétaire d'Etat, vous avez évoqué le transport aérien dans sa globalité. Vous avez justement insisté sur la nécessité de maintenir les liaisons avec l'outre-mer. Je voudrais attirer votre attention sur le problème du maintien des liaisons régionales.
La plupart des grandes lignes ont supprimé ces liaisons, en dehors des grandes métropoles françaises. C'est le cas d'Air France, mais aussi des compagnies qui en dépendent et qui ont agi de la même façon sur la quasi-totalité des lignes.
Les compagnies « bas coût », quant à elles, exploitent souvent ces liaisons durant quelques mois avant de les supprimer.
Par conséquent, de grandes villes françaises se trouvent privées de liaisons aériennes ; or chacun sait que l'aménagement du territoire et le développement économique des régions passent par la complémentarité des moyens de communication.
Monsieur le secrétaire d'Etat, le Gouvernement envisage-t-il de prendre des dispositions pour rétablir ces lignes qui sont indispensables au développement économique de nos régions ? Ne peut-on pas revoir les dispositifs en matière d'utilisation du FIATA, car, si certaines lignes sont obligatoirement déficitaires, elles n'en sont pas moins indispensables au développement et à l'aménagement du territoire ?
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'Etat.
M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat. Votre question, monsieur Revet, est très justifiée. Il est vrai que l'on peut craindre le désengagement sur les lignes régionales, en particulier sur celles du groupe Air France. Les élus de la Loire se souviennent des efforts financiers qu'ils ont consentis en faveur du hub de Saint-Etienne, pour la compagnie Proteus Airline, de son rachat par Air France qui a ensuite reporté son choix sur Clermont-Ferrand et Lyon, entraînant la quasi-disparition de cette plate-forme.
Les liaisons régionales sont donc fragiles. Nous pouvons l'observer dans toute l'Europe. D'ailleurs, en termes de construction aéronautique, le marché des avions régionaux est aujourd'hui très difficile, alors que celui des moyen-courriers et des long-courriers est meilleur, même en cette période de crise.
Cette question est donc délicate. Plusieurs possibilités s'offrent à nous, monsieur Revet. Il y a le rôle de l'Etat, vous l'avez rappelé, c'était le sens de votre question. Il est vrai que le FIATA doit être un véritable outil d'aménagement du territoire. Maintenant que les efforts en matière de sûreté sont achevés, nous devons redéployer les efforts du FIATA vers l'aide à des lignes d'aménagement du territoire.
Ensuite, il y a - je ne dis pas cela pour vous flatter - l'intervention des collectivités locales.
Je vous ai dit un jour que je me plaçais en victime, puisque je venais saluer le président du conseil général de Seine-Maritime qui venait d'acheter une compagnie aérienne dans mon département. Il est vrai que vous aviez déjà acheté une compagnie maritime, un port en Angleterre. Vous venez d'acquérir une très jolie compagnie aérienne basée en Charente-Maritime pour développer des liaisons à partir du Havre et de Rouen qui avaient disparu.
M. Paul Raoult. Ce n'est pas très néolibéral. Il y a deux discours !
M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat. Monsieur Raoult, à partir du moment où il n'y a pas d'initiative privée convenable, le fait qu'une collectivité, à savoir un département ou une région, veuille agir pour le développement et l'aménagement de son territoire ne nous choque pas.
M. Jean-François Le Grand, rapporteur pour avis. Très bien !
M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat. Dans le processus de décentralisation que le Gouvernement va engager, nous proposons aux régions et aux départements de devenir des autorités concédantes aéroportuaires et de remplacer l'Etat dans ce rôle.
M. Daniel Percheron. Incroyable !
M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat. D'ores et déjà, nombre de départements et de régions, y compris menés par vos amis, sont venus demander au Gouvernement d'être gestionnaires de plates-formes départementales ou régionales.
M. Daniel Percheron. Economie mixte !
M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat. Nous sommes dans un système qui vise à aménager le territoire.
M. Daniel Percheron. Economie mixte !
M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat. Lorsque les entreprises peuvent le faire, elles le font ; lorsqu'elles ont besoin que le territoire vienne les aider, par le biais du FIATA, l'Etat est au côté des entreprises.
Lorsque des collectivités comme la vôtre, monsieur Revet - je vous rends cet hommage -, veulent devenir entreprenantes parce qu'il existe une déficience de l'activité privée, le Gouvernement sera à leurs côtés pour les encourager.
M. le président. Le vote sur les crédits figurant au titre III est réservé.
« Titre IV : moins 1 540 476 515 euros. »