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de MERODE Werner

Ancien sénateur du Doubs

  • IIIème République

    Ancien sénateur de la
    IIIe République

Election

  • Elu le 19 novembre 1876
  • Fin de mandat le 24 janvier 1885 ( Non réélu )

Extraits de la table nominative :

1876 , 1877 , 1878 , 1879 , 1880 , 1881 , 1882

Biographie

avant 1889  (Extrait du «Robert et Cougny»)
1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)

avant 1889

Biographie mise à jour le 20 novembre 2020.

La notice biographique tirée du dictionnaire « Robert et Cougny » figure infra.

WERNER DE MÉRODE

Né le 13 janvier 1816 au château familial de Villersexel (Franche-Comté), Charles Werner Marie Ghislain, comte de Mérode, est issu d'une ancienne famille descendant de Raymond-Béranger, comte de Barcelone, installée en Rhénanie au XIIe siècle puis dans la future Belgique au XVIIIe siècle. Werner de Mérode est le fils aîné de Félix de Mérode (1791-1857, figure de l'indépendance belge ayant refusé la couronne au profit de Léopold de Saxe-Cobourg, qui fut membre du gouvernement provisoire de la jeune Belgique, ministre de la Guerre puis des Affaires étrangères. Belge par son père, Werner de Mérode qui est franc-Comtois par sa mère, Rosalie de Grammont, issue de l'une des plus grandes familles de Franche-Comté, obtient la nationalité française en 1839. Il effectue une licence de droit et de lettres à la Sorbonne et, en mai 1843, épouse sa cousine Thérèse de Mérode (1823-1901) qui lui apporte un vaste patrimoine foncier essentiellement situé dans le Nord. Il en aura quatre enfants dont trois mourront en bas-âge : Richard-Hermann (1844-1852), Françoise (1849-1853), Hermann (1853-1924) et Philippine, morte en bas âge. Beau-frère de Charles de Montalembert (1810-1870) qui a épousé sa soeur Anna, il partage avec ce dernier des opinions monarchiques libérales. Il est d'ailleurs le frère de François-Xavier de Mérode (1820-1874), archevêque de Mélitène, camérier secret du pape Pie IX et ministre des armées pontificales.

Entamant, sous la monarchie de Juillet, une carrière parlementaire, il est élu député du Doubs en 1846 au sein du collège électoral de Montbéliard, et siège dans les rangs des conservateurs ministériels. Membre du conseil général du Doubs à la suite des élections cantonales de 1848, il est également élu maire de Maîche la même année. La révolution de février et la proclamation de la IIe République ayant interrompu son mandat de député, il se représente sans succès en avril 1848 dans le département du Nord. Aux élections à l'Assemblée législative de mai 1849, il est élu député (représentant du Peuple) de ce département. Siégeant dans les rangs du parti de l'Ordre, il est très proche de Montalembert et de l'orléaniste Albert de Broglie qui écrit à son sujet : « Il ne prenait pas la parole dans les assemblées ou il siégeait mais avait l'art de résumer d'une façon vive et amusante les caractères et les situations. [...] Par ce côté, il exerçait une véritable influence, ses bons mots et ses saillies étaient bien connues » (1). Suivant la majorité conservatrice de l'Assemblée, il vote pour l'expédition romaine de 1849, pour le projet de loi sur la liberté de l'enseignement d'Alfred de Falloux et pour que la loi du 31 mai 1850 restreignant le suffrage universel.

À l'instar de ses beaux-frères et proches amis, également députés, Charles de Montalembert et Léonel de Moustier, il se tient à distance de la querelle qui oppose la majorité de l'Assemblée au Président Louis-Napoléon Bonaparte. Il se retrouve ainsi, au lendemain du Coup d'État du 2 décembre 1851, nommé d'office, avec quatre-vingt autres députés parmi les moins hostiles à l'Élysée, dans la Commission consultative. Cet organe, créé par un décret du 2 décembre, à mi-chemin entre le Conseil d'État et la chambre législative, est destiné à faire la transition avec les nouvelles institutions. De fait, quoiqu'hostile aux violences commises envers les députés de l'ex-Assemblée, Mérode voit le coup d'État comme un moindre mal face au péril rouge.

Le décret de spoliation des biens de la famille d'Orléans par Napoléon III (23 janvier 1852) lui fournit l'occasion de démissionner de la Commission consultative. Se présentant dans le Nord aux élections législatives de février 1852, il est élu aisément en refusant l'investiture officielle que le Gouvernement lui a pourtant proposée (2). Il démissionne de son mandat peu après le rétablissement de l'Empire le 2 décembre 1852. Dès lors, Werner de Mérode se tient, jusqu'en 1871, dans une « opposition courtoise » au régime de Napoléon III, se vouant à la gestion et au développement de ses grands domaines fonciers de Franche-Comté et du Nord. Le château de Trélon lui doit notamment sa « monumentalisation ».

En 1871, après l'effondrement de l'Empire, il se présente victorieusement aux élections législatives dans ces deux départements, choisissant de représenter le Nord. Siégeant dans les rangs des orléanistes, il est membre des commissions de l'armée et du budget et participe à ce titre, aux préliminaires de paix avec l'Allemagne. Soutenant le ministère Broglie - son ami depuis 1848 - Mérode vote en 1875 contre l'amendement Wallon qui pérennise le système républicain en instaurant l'élection au suffrage universel du Président de la République, éloignant, de ce fait, la perspective d'une restauration monarchique. Il se résout néanmoins à suivre la majorité orléaniste qui vote en faveur des lois constitutionnelles des 24 et 25 février et 16 juillet 1875. Candidat dans le Doubs aux élections sénatoriales de janvier 1876, W. de Mérode est devancé de peu par le républicain modéré Monnot-Arbilleur et le républicain de gauche Gustave Oudet, maire de Besançon (ce dernier ne le devance que de treize voix de délégués sénatoriaux). La mort, quelques mois plus tard, de Monnot-Arbilleur, lui permet d'emporter le 19 novembre 1876, l'élection partielle contre le candidat républicain Fermer.

Siégeant de nouveau dans les rangs du centre droit, Mérode soutient, au palais du Luxembourg, le troisième gouvernement Albert de Broglie (Gouvernement du Seize-Mai), s'opposant notamment aux lois Ferry sur l'école primaire. Déposant au Sénat de nombreuses pétitions de ses électeurs franc-comtois, il est, en 1878, élu président de la commission chargée d'examiner une convention conclue le 20 avril 1878 entre la France et la Norvège pour l'échange des mandats de poste. Il est en outre un membre actif, en 1881, de la commission surveillant la construction du chemin de fer entre Maubeuge et Fourmies par la Compagnie du Nord-Est dont il connaît bien la région (3).

Lors du renouvellement sénatorial de janvier 1885, Mérode et son collègue Nicolas Koechlin, candidats conservateurs dans le Doubs, sont sévèrement battus par les républicains Alexandre Oudet et Félix Gaudy. Malgré la popularité qu'il conserve dans les milieux ruraux, Mérode échoue également aux élections législatives du mois d'octobre suivant (4). S'il reste vice-président du conseil général du Doubs, sa carrière politique nationale est terminée. Il meurt à Trélon (Nord) le 30 octobre 1905 (5).

Il était chevalier de la Légion d'honneur et Grand-croix de l'ordre pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand.

Les Archives du Sénat ne gardent aucune trace marquante de l'activité sénatoriale de Werner de Mérode. Pour plus d'informations sur celle-ci, se référer aux comptes rendus des séances conservés par la Bibliothèque du Sénat.

Bibliographie

Éric Anceau, Les députés du Second Empire, Genève, Honoré Champion, 2000.

Claude-Isabelle Brelot, La noblesse réinventée, nobles de Franche-Comté de 1814 à 1870, 2 tomes, Les Belles Lettres, Paris, 1992.

Albert de Broglie, Mémoires du duc de Broglie (1825-1870), 2 tomes, Calmann Lévy, Paris, 1938,

Xavier Lacroix, Le marquis de Moustier : de Paris à Berlin, mémoire de Master soutenu à Sorbonne université, 2019.

Louis MAIRRY, Le département du Doubs sous la IIIe République, Éditions du Cêtre, Besançon, 1992.

Adolphe Robert, Edgar Bourloton, Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Paris, Bourloton, 1891.

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(1) Mémoires du duc de Broglie (1825-1870), 2 tomes, Calmann Lévy, Paris, 1938, p. 229.

(2) Éric Anceau, Dictionnaire des députés du Second Empire, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 1999, p. 427

(3) Annales du Sénat et du Corps législatif, années 1876 à 1882, Bibliothèque du Sénat.

(4) Louis Mairry, Le département du Doubs sous la IIIe République, Éditions du Cêtre, Besançon, 1992, p. 68.

(5) Éric Anceau, Les députés du Second Empire, Genève, Honoré Champion, 2000, p. 121.

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Biographie extraite du dictionnaire « Robert et Cougny » :

MÉRODE (CHARLES-WERNER-MARIE-GHISLAIN), COMTE DE, député de 1846 à 1848, représentant en 1849, député au Corps législatif ou 1852, représentant en 1871, sénateur de 1876 à 1885, né au château de Villersexel (Haute-Saône) le 13 janvier 1816, petit-fils du suivant et fils de Philippe-Félix-Dalthasar-Othon-Ghislain,comte de Mérode, marquis de Trelon, célèbre homme d'Etat de la Belgique, et de Rosalie de Grammont, entra dans la diplomatie sous le gouvernement de Louis-Philippe, comme secrétaire d'ambassade. Le 1er août 1846, il fut élu député du 4e collège du Doubs (Montbéliard, par 135 voix (255 votants, 271 inscrits), contre 116 à M. Saivres. Il prit place dans les rangs de la majorité conservatrice, avec laquelle il vota jusqu'à la révolution de février 1848. Il ne fit point partie de l'Assemblée constituante ; mais les conservateurs-monarchistes du Nord, où il a de grandes propriétés, firent triompher, le 13 mai 1849, sa candidature à la Législative, le 10e sur 24, par 91,960 voix (183,521 votants, 290,196 inscrits). Très dévoué aux intérêts catholiques, M. de Mérode appuya de son vote l'expédition romaine, la loi Falloux-Parieu sur l'enseignement, la loi restrictive du suffrage universel, et suivit d'inspiration de son beau-frère, M. de Montalembert. Comme lui, il fut appelé, après le coup d'Etat, à siéger dans la Commission consultative ; puis, le 29 février 1852, il fut élu, avec l'appui officiel du gouvernement, député de la 8e circonscription du Nord au Corps législatif, par 20,481 voix (20,925 votants, 38,231 inscrits). Mais il refusa son approbation (1853) aux décrets de confiscation des biens de la maison d'Orléans, et donna sa démission de député ; il fut remplacé, le 4 septembre 1853, par M. Godard-Desmarets, et se tint à l'écart pendant la durée de l'Empire. Le 8 février 1871, il fut élu représentant à l'Assemblée nationale par deux départements : le Doubs, qui le nomma, le 3e sur 6, par 30,794 voix (53,134 votants, 81,915 inscrits), et le Nord, où il obtint, le 21e sur 28, 202,544 voix (262,927 votants, 326,440 inscrits). Il opta pour le Nord et fut remplacé dans le Doubs, le 2 juillet suivant, par le colonel Denfert-Rochereau. Il fut un des quinze membres de l'Assemblée chargés d'assister Thiers et Jules Favre lors de la discussion des préliminaires de paix. Avec le centre droit, dont il faisait partie, il vota : pour la paix, pour les prières publiques, pour l'abrogation des lois d'exil, pour la chute de Thiers au 24 mai, pour le septennat, pour l'état de siège, pour la loi des maires, pour le ministère de Broglie, contre l'amendement Wallon, mais il se rallia à l'ensemble des lois constitutionnelles. M. de Mérode avait pris, comme membre des commissions du budget et de l'armée, une part active aux travaux de la législature. Il se présenta comme candidat monarchiste au Sénat, le 30 janvier 1876, dans le Doubs ; il échoua, cette fois, avec 345 voix sur 706 votants. Mais à la faveur d'une élection partielle, motivée par le décès de M. Monnot-Arbilleur, il devint sénateur de ce département, le 19 novembre suivant, par 395 voix (697 votants), contre 392 à M. Fermer, républicain. Il suivit au Sénat la même ligne politique qu'à la Chambre, siégea dans les rangs de la droite, opina pour la dissolution de la Chambre des députés en juin 1877, soutint le gouvernement du Seize-Mai, combattit les cabinets ré publicains qui suivirent, se prononça contre l'article 7 et les lois Ferry, contre la réforme du personnel de la magistrature, contre le divorce, contre les crédits du Tonkin, etc., et échoua au renouvellement du 6 janvier 1885, avec 374 voix (889 votants). Vice-président du conseil général du Doubs, on il représente le canton de Maiche.

MERODE (CHARLES, Werner, MARIE, GHISLAIN, comte de), né le 13 janvier 1816 à Villersexel (Haute-Saône), mort le 30 octobre 1905 à Trélon (Nord).

Député du Doubs de 1846 à 1848.

Représentant du Nord à l'Assemblée législative de 1849.

Député du Nord au Corps législatif de 1852 à 1853.

Représentant du Nord en 1871.

Sénateur du Doubs de 1876 à 1885.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. IV, p. 353.)

Après son échec de janvier 1885 au renouvellement triennal du Sénat, le comte de Mérode se présenta sur la liste conservatrice du Doubs au renouvellement législatif du 4 octobre 1885 et ne fut pas non plus élu. Il avait obtenu 27.593 voix sur 64.794 votants. Ce double échec mit fin à sa carrière politique.

Il mourut le 30 octobre 1905 au château de Trélon, à l'âge de 89 ans.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Robert et Cougny (1889)

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1889-1940

MERODE (CHARLES, Werner, MARIE, GHISLAIN, comte de), né le 13 janvier 1816 à Villersexel (Haute-Saône), mort le 30 octobre 1905 à Trélon (Nord).

Député du Doubs de 1846 à 1848.

Représentant du Nord à l'Assemblée législative de 1849.

Député du Nord au Corps législatif de 1852 à 1853.

Représentant du Nord en 1871.

Sénateur du Doubs de 1876 à 1885.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. IV, p. 353.)

Après son échec de janvier 1885 au renouvellement triennal du Sénat, le comte de Mérode se présenta sur la liste conservatrice du Doubs au renouvellement législatif du 4 octobre 1885 et ne fut pas non plus élu. Il avait obtenu 27.593 voix sur 64.794 votants. Ce double échec mit fin à sa carrière politique.

Il mourut le 30 octobre 1905 au château de Trélon, à l'âge de 89 ans.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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Photo de M. Werner de MERODE, ancien sénateur
Etat-civil
Né le 13 janvier 1816
Décédé le 30 octobre 1905
Département
Doubs
  • Mis à jour le 18 avril 2021