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de MENDITTE Jacques

Ancien sénateur des Basses-Pyrénées

  • IVème République

    Ancien sénateur de la
    IVe République

Election

  • Elu le 8 décembre 1946
  • Réélu le 7 novembre 1948
  • Réélu le 18 mai 1952
  • Réélu le 8 juin 1958
  • Fin de mandat le 26 avril 1959 (Ne se représente pas)

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

MENDITTE (Jacques de)

Né le 29 décembre 1906 à Lanuéjouls (Aveyron)

Décédé le 23 mai 1995 à Nice (Alpes-Maritimes)

Conseiller de la République puis sénateur des Basses-Pyrénées de 1946 à 1958

Originaire de la Soule par son père, de la Basse-Navarre par sa mère, Jacques de Menditte a tout de l'homme du sud-ouest profondément attaché à son pays - tout sauf le lieu de sa naissance, en Aveyron, dû au hasard des mutations de son père percepteur. Il effectue ses études supérieures à la faculté de droit de Bordeaux, et obtient son diplôme sans difficulté. Son service militaire accompli à Oran, dans l'artillerie, il gagne ensuite Paris où, rapidement, il est remarqué par d'importantes personnalités du milieu politique. Henri de Kerillis, député et directeur politique de L'Echo de Paris, du Centre des républicains nationaux, en fait, de 1931 à 1939, son collaborateur et le délégué à la propagande du Centre. Franklin-Bouillon, ancien ministre, se l'attache ensuite comme directeur de son secrétariat politique. Il le spécialise notamment dans l'étude des questions allemandes à l'époque où Hitler réarme l'Allemagne et où « le pacifisme à tout crin » inspire largement la politique étrangère de la France et des démocraties européennes. Franklin-Bouillon est alors un des rares hommes politiques français à exhorter ses compatriotes à s'unir et s'armer contre le danger nazi. Après la conférence de Munich, en 1938, Jacques de Menditte participe à de nombreuses réunions publiques à travers le pays, pour alerter les Français face à la menace croissante de guerre. C'est au cours d'une de ces réunions, à Bidache (Basses-Pyrénées), où il est envoyé par le groupement pour porter la contradiction, qu'il croise un jeune homme, Pierre de Chevigné, venu pour défendre la même cause, dont la rencontre jouera un rôle important dans la suite de sa carrière.

Parallèlement, de 1930 à 1945, Jacques de Menditte est employé à la compagnie d'assurances « l'Union vie », où il remplit successivement les fonctions de sous-chef du personnel, secrétaire de la direction, puis enfin chef de service de la branche populaire pour la zone sud.

En septembre 1939, Jacques de Menditte participe à la guerre comme observateur en première ligne, chargé de surveiller les positions ennemies et d'observer le combat. Fait prisonnier en juin 1940, il tente de s'évader en février 1941, mais est repris quand il tente de s'approcher de la frontière germano-hollandaise. Six mois plus tard, il recommence avec succès. Dès son retour en France, il s'emploie à faciliter l'évasion de ses camarades restés en Allemagne, par l'envoi de renseignement, de faux papiers, de cartes et de boussoles. Ces actions lui valent d'être décoré de la médaille des évadés et de la croix de guerre 1939-1945. Il participe en outre au comité directeur national de l'union nationale des évadés de guerre, dont il démissionnera lors de son élection au Conseil de la République.

Au lendemain de la victoire, Jacques de Menditte adhère au Mouvement républicain populaire (MRP) et se consacre à la politique. Ce faisant, il reprend à son compte une tradition familiale bien ancrée. Son père, quoique fonctionnaire des Finances, et, à ce titre, tenu à un devoir de réserve, ne manquait en effet pas une occasion de monter sur une chaise au marché d'Orthez pour haranguer la population, tandis que son oncle, Célestin de Menditte, directeur de la caisse d'épargne de Saint-Palais dans les Basses-Pyrénées puis de celle de Mauléon-Li-charre, devenu maire de Menditte, rivalisait d'éloquence avec son autre oncle Auguste de Menditte, prêtre fameux pour ses discours politiques.

Socle indispensable de sa vie et de sa carrière politique, c'est la commune de Menditte ainsi que la région de la Soule qui permettent à Jacques de Menditte de garder le contact avec les hommes les femmes, les collectivités et les problèmes du monde rural. En octobre 1947, Jacques de Menditte est le 8e du même nom à prendre en charge la commune de Menditte. Il occupera le siège de maire jusqu'en 1965, réalisant entre autres, l'installation de l'eau courante, le goudronnage de la route de Galharrague et l'électrification de ce quartier, ainsi que l'installation du téléphone. L'intérêt porté à l'administration municipale et le besoin de solidarité entre les responsables l'engagent en outre à créer l'association des maires du département, qu'il conduira jusqu'à son retrait de la vie politique en 1959.

La période d'après guerre est aussi l'occasion pour Jacques de Menditte de retrouver Pierre de Chevigné, devenu colonel et compagnon de la Libération en août 1945. Il intègre Jacques de Menditte à son équipe et lui confie une rubrique politique dans deux journaux qu'il possède, le quotidien Le pays et l'hebdomadaire Paysage dimanche. L'année suivante, Jacques de Menditte rejoint le cabinet de Robert Bichet au ministère de l'Information, en compagnie notamment de Jean Lecanuet.

Le 8 décembre 1946, il se présente à la première élection au Conseil de la République, et est brillamment élu parmi les plus jeunes.

Jacques de Menditte siège au Palais du Luxembourg jusqu'en 1959, assurant pendant les deux dernières années la présidence du groupe MRP qu'il a rejoint dès son arrivée à la Haute Assemblée. Durant ses mandats, il appartient à la commission de la presse, de la radio et du cinéma, à la commission des pensions, à la commission de l'intérieur, à la commission des moyens de communications et des transports (à quoi s'ajoute le tourisme à partir de 1951), à la commission du suffrage universel, du contrôle constitutionnel, du règlement et des pétitions, et à la commission des affaires économiques et du plan. En 1952, il est élu vice-président de la commission des transports, et de 1953 à 1957, il est vice-président de la commission des moyens de communication.

Durant toute la durée de ses mandats, Jacques de Menditte est un parlementaire extrêmement actif, intervenant sans cesse, et sur les sujets les plus divers : règlement du Conseil de la République, budget de la jeunesse, éducation nationale, politique du tourisme, police de la circulation routière... Il réalise également de nombreux rapports pour le compte des commissions auxquelles il appartient : sur une récompense éventuelle des passeurs français et étrangers de la seconde guerre mondiale, sur la ratification éventuelle de la convention belgo-franco-luxembourgeoise, relative à l'exploitation des chemins de fer luxembourgeois, sur l'élection des membres de l'Assemblée nationale etc... Son rapport le plus célèbre, qu'il présente en 1957 au congrès du MRP, à Biarritz, porte sur la politique étrangère de la France, et lui vaut de rencontrer, en tant que représentant du Conseil de la République, bon nombre de hautes personnalités étrangères, parmi lesquelles le pape Pie XII, le président Kennedy, ou le président Chamoun du Liban.

Enfin, Jacques de Menditte dépose de nombreuses propositions de résolution et propositions de loi. En 1952, sa proposition de résolution tend ainsi à inviter le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour apporter une aide rapide et efficace aux habitants et collectivités victimes des inondations qui ont ravagé les départements du sud-ouest, et d'une manière générale, aux victimes de toutes les calamités. La même année, le sénateur des Basses-Pyrénées dépose également une proposition de loi tendant à compléter un article sur l'allège-ment de certaines charges sociales. Ses collègues ont souvent l'occasion de souligner la pertinence de ses avis, sa compétence résultant certes de sa formation de juriste mais aussi de l'audience acquise par et dans l'exercice de son métier de journaliste. Il siègera d'ailleurs au Comité consultatit constitutionnel durant l'été 1958. Parallèlement, il se consacre au développement des relations franco-belges, Bruxelles lui ayant tenu lieu de refuge lors de son évasion d'Allemagne, fonde dès son arrivée au Palais du Luxembourg le groupe d'amitié France-Belgique, qu'il présidera jusqu'en 1959. La croix de commandeur de l'ordre de Léopold de Belgique témoigne de la considération du gouvernement belge pour l'effort de fraternisation réalisé.

Les 2 et 3 juin 1958, Jacques de Menditte vote pour le projet de loi relatif aux pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle. Le 8 juin, il est réélu.

Autant qu'un homme politique, Jacques de Menditte est un homme de culture. La maîtrise du verbe et de l'écriture, la précision des mots, le style vivant, la clarté du propos et cette pointe d'humour si familière aux soulétins sont ses atouts principaux. Pendant ses années au Palais du Luxembourg, il publie régulièrement des articles très documentés sur l'ancienne demeure de Marie de Médicis, qui seront ensuite réunis en un ouvrage intitulé Une Porte entrouverte sur le palais du Luxembourg. Ce livre lui vaut le prix littéraire de l'académie des lettres pyrénéennes, qui l'accueille en son sein, et le prix Daguerre, décerné par le jury du prix littéraire des Trois Couronnes. Plus tard, Le chant du retour, Péripétie d'une évasion allemande porte témoignage du courage des milliers de compatriotes qui, comme lui, cherchèrent, depuis l'Allemagne, à regagner leur pays pour reprendre le combat.

Ecrivain distingué et féru d'histoire, Jacques de Menditte possède le même éclat en tant qu'orateur, à tel point que le préfet des Basses-Pyrénées, lui-même écrivain, n'hésite pas à affirmer qu'il est le meilleur orateur du département.

Durant toute sa carrière parlementaire l'attachement de Jacques de Menditte à la Soule ne se dément jamais. Lors de ses fréquents séjours à Tardets et Menditte, et à la maison qu'il possède à Sauguis, le « gizon », le « gentilhomme » en basque, ne manque jamais une occasion de rendre visite au poète-paysan Etchahun de Trois-Villes, auteur de Agur Chuberoa, gardien des nobles traditions du terroir. Jacques de Menditte intervient même pour que le talent du poète soit officiellement reconnu et récompensé par des palmes académiques.

Sa fidélité à son petit coin de France le conduit en outre à accepter à Paris la présidence de l'Eskualduna, la plus ancienne association basque qu'il réunit à d'autres groupes de même origine, créant la fédération des principales associations basques de la capitale. Cette initiative le conduit à fonder une autre fédération plus vaste, rassemblant les sociétés originaires de province dans un but d'accueil et d'oeuvres sociales, spécialement d'organisation de colonies de vacances. Ce qui lui vaut la croix de chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur, remise par Maurice Schumann.

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Photo de M. Jacques de MENDITTE,
Appartenance politique
Groupe du Mouvement Républicain Populaire
Etat-civil
Né le 29 décembre 1906
Décédé le 23 mai 1995
Profession
journaliste
Département
Basses-Pyrénées