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PESCHAUD Hector

Ancien sénateur du Cantal

Election

  • Elu le 8 décembre 1946
  • Réélu le 7 novembre 1948
  • Réélu le 19 juin 1955
  • Fin de mandat le 26 avril 1959 (Elu(e) sénateur de la cinquième République)

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

PESCHAUD (Hector)

Né en 1895 à Murat (Cantal)

Décédé le 21 septembre 1968 à Barcelone (Espagne)

Conseiller de la République puis sénateur du Cantal de 1946 à 1958

Hector Peschaud naît en 1895 à Murat où il passe son enfance.

Il gagne la capitale après son baccalauréat pour y entamer des études en médecine suivant ainsi la voie tracée par son père et son grand-père mais, à 19 ans, il est mobilisé pour participer au premier conflit mondial.

Affecté dans un régiment d'infanterie, sa courageuse conduite lui vaut d'être décoré à Verdun de la croix de guerre et de la Légion d'honneur.

Démobilisé, il reprend ses études et obtient son doctorat en médecine à la faculté de Paris. C'est dans son pays natal que Hector Peschaud revient pour exercer sa profession.

Fils de Gabriel Peschaud qui fut député de 1898 à 1902 puis sénateur du Cantal de 1912 à 1921, il est appelé à lui succéder le 26 mai 1928 à la tête de la mairie de Murat. C'est dans ce même canton qu'il se présente, également avec succès, la même année, en octobre, au conseil général du Cantal ; il en devient président en 1951. Il est alors le plus jeune conseiller général du département dont, à l'époque, les ressources sont essentiellement la production agricole et animale et qui subit l'exode rural. Hector Peschaud s'applique alors à trouver des réalisations lui permettant de s'adapter aux conditions d'une économie moderne ; il a également à coeur de développer le tourisme en utilisant les richesses naturelles et artistiques du Cantal

Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, il est également mobilisé, mais c'est surtout au cours des années noires de l'occupation qu'il montre, en tant que maire, une dignité et une fermeté exemplaires. Ainsi, quand les troupes allemandes occupent la ville de Murat et sa région, après le débarquement de 1944, l'action des maquis provoque de sévères représailles. De nombreux notables de la ville, parmi lesquels Hector Peschaud sont retenus prisonniers et menacés de mort et de déportation. Tout ses administrés se souviendront que la dignité, le sens de ses responsabilités, le courage et le calme de leur maire parvinrent à leur éviter le pire.

Le docteur Peschaud, par ailleurs propriétaire exploitant du domaine familial au Meynial de Pierrefort, est également vice-président du conseil de l'Ordre des médecins, du syndicat médical et de la société du herd-book de la race salers.

Son enracinement local solidement établi, c'est comme candidat radical indépendant et de défense paysanne qu'il se présente avec succès aux élections au Conseil de la République, le 8 décembre 1946.

A la Haute Assemblée, il siège aux commissions des moyens de communication et des finances et s'inscrit au groupe paysan.

Mise à part sa proposition de loi qu'il dépose le 21 août 1947, suite à l'orage de grêle intervenu en Haute-Loire et dans le Cantal, pour indemniser les habitants de certaines communes dont les récoltes et les biens ont subi des dommages importants, il n'a recours à aucun instrument de l'initiative et du contrôle parlementaires.

Il concentre ses interventions publiques sur les questions intéressant alors la commission des finances. Il s'attache à défendre les deniers publics dans la mesure des possibilités que la Constitution a laissées à la Haute Assemblée, prône la restauration de la valeur du franc comme condition primordiale du rétablissement d'une stabilité économique et s'élève contre les mesures financières inefficaces prises par les gouvernements successifs. C'est ainsi qu'il dénonce le plan Mayer, le blocage des billets et les projets Queuille qu'il considère incapables d'assurer un véritable redressement économique et financier du pays.

Candidat au renouvellement de son mandat le 7 novembre 1948, il conduit devant Paul Piales la liste radicale indépendante de défense du monde rural et des classes moyennes qui obtient les deux sièges à pourvoir. Il est réélu au premier tour avec 310 voix sur 616 suffrages exprimés. Il sera également réélu en 1955, mais cette fois-ci derrière Paul Piales, sur la liste radicale indépendante du centre national des républicains indépendants et paysans qui remporte à nouveau les deux sièges à pourvoir dès le premier tour.

A la Haute Assemblée, Hector Peschaud, par ailleurs membre jusqu'en 1949 de l'intergroupe du Rassemblement du peuple français, retrouve le groupe du Centre républicain d'action rurale et sociale ; il en devient président en 1950. Il siège jusqu'en 1958 à la commission des finances et, après un passage éclair à la commission des affaires économiques, des douanes et des conventions commerciales, il rejoint en 1953 la commission des pensions. Il est par ailleurs membre suppléant de deux commissions : en 1953, celle du suffrage universel qu'il quitte en 1956 avec le statut de membre titulaire puis celle la comptabilité à partir de 1955.

N'intervenant que très rarement en séance publique, Hector Peschaud concentre son activité parlementaire sur les questions d'économie et de finances. Ainsi, deux des trois propositions de résolution qu'il dépose en décembre 1948 ont trait à la situation financière du pays. L'une vise à instituer une majoration de deux décimes sur l'impôt des bénéfices industriels et commerciaux. L'autre invite le gouvernement à prendre d'urgence les mesures et sanctions qu'imposent les conclusions du récent rapport de la Cour des comptes et à établir un système permanent de contrôle parlementaire des dépenses publiques permettant de mettre à temps en jeu les responsabilités administratives et politiques qu'elles peuvent comporter. En novembre 1950, Hector Peschaud, préoccupé par la concurrence des produits laitiers et de fromages, demande au secrétaire d'Etat aux affaires économiques quelles sont les mesures qu'il compte prendre pour éviter que ces importations ne viennent écraser le marché français au point de paralyser l'écoulement de la production française et d'occasionner ainsi une mévente qui pèse sur l'économie agricole. Par ailleurs, il intervient dans la discussion du budget du ministère de l'industrie et du commerce en 1954 et dans celle du projet de loi de de finances comme rapporteur spécial de la commission des finances en 1956.

Les 2 et 3 juin 1958, il vote pour les pleins pouvoirs et pour la révision constitutionnelle.

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Ve République

PESCHAUD (Pierre, Antoine, Hector)

Né le 7 décembre 1895 à Murat (Cantal)

Décédé le 19 septembre 1968 à Barcelone (Espagne) Sénateur du Cantal de 1946 à 1968

Hector Peschaud, qui préside le Conseil général du Cantal depuis avril 1951, conduit une liste se réclamant du « Centre républicain d'Action rurale et sociale » à l'occasion des élections sénatoriales du

26 avril 1959. Alors que son colistier, le sortant Paul Piales, maire d'Aurillac, est confirmé dès le premier tour par 340 voix sur 575, Hector Peschaud doit attendre un second vote pour retrouver son siège, avec le soutien de

288 grands électeurs sur 568. Germain Guibert, conseiller général socialiste de Montsalvy et ancien député, lui a en effet opposé une concurrence efficace, et obtenu 153 suffrages au second tour. La défaite de Camille Laurens aux élections législatives de novembre 1958 et cette victoire étroite d'Hector Peschaud aux sénatoriales traduisent le déclin d'une génération d'élus et l'obsolescence relative de leurs réseaux notabiliaires.

Fidèle aux groupes qui se réclament des Indépendants jusqu'en 1968, Hector Peschaud siège à la commission des finances jusqu'au 5 octobre 1962. Rapporteur de la loi de programme relative à l'équipement sanitaire et social en juillet 1959, ce médecin continue de s'affirmer comme un spécialiste des problèmes de santé publique à la Haute assemblée. C'est à ce titre qu'il est choisi comme rapporteur spécial du budget de la Santé publique en décembre 1959, puis en novembre 1960 et 1961. Ses interventions en séance publique se caractérisent par le refus de toute polémique inutile, un souci de technicité et la recherche d'une forme de consensus. Le 4 décembre 1959, il insiste sur les aspects humains des dossiers de santé publique et regrette en particulier que la réglementation en vigueur exerce un effet désincitatif sur les aveugles et grands infirmes qui veulent travailler. Il souhaite en outre que « des progrès soient réalisés dans la prophylaxie des maladies mentales », dont il explique en partie la prévalence par l'alcoolisme et « l'agitation de la vie moderne ». A l'instar de beaucoup de ses collègues, Hector Peschaud entend son rôle de sénateur comme celui d'un représentant des collectivités locales, et dénonce les excès d'une centralisation pluriséculaire. Lors de la même séance, il s'oppose ainsi, au nom de la commission des finances, au projet de regroupement des services du laboratoire national d'hygiène dans la région parisienne. Il juge en effet qu'« il est temps que la déconcentration dont on parle se traduise autrement que par des intentions ».

Son attention au sort des plus vulnérables trouve une nouvelle occasion de s'exprimer le

17 novembre 1960. Présentant le budget du ministère de la Santé publique, il met l'accent sur le problème de la prise en charge du vieillissement. La construction de nouvelles maisons de retraite doit en effet être combinée, selon lui, avec la remise en état des établissements existants, notamment en milieu rural. Un an plus tard, il renouvelle son souhait « que soit revu et dans la mesure du possible unifié le plafond des ressources imposé aux bénéficiaires des différentes formes d'aide sociale et que soit examinée avec compréhension la situation des aveugles et des grands infirmes » en particulier. Il plaide enfin pour une intensification des campagnes de vaccination contre la poliomyélite (16 novembre 1961). Ce modéré accorde les pouvoirs spéciaux au gouvernement de Michel Debré pour rétablir l'ordre en Algérie après la semaine des barricades (3 février 1960).

Confirmé à la tête de l'Assemblée départementale après les cantonales des 4 et 11 juin 1961, Hector

Peschaud sollicite le renouvellement de son mandat à l'occasion des élections sénatoriales du

23 septembre 1962. Quatre voix lui manquent pour être élu dès le premier tour, puisqu'il en obtient 283, alors

que la majorité absolue est fixée à 287, pour 572 suffrages exprimés. Son colistier Paul Piales connaît un succès plus confortable, dès le premier tour de scrutin, comme au printemps 1959. Lors du vote décisif, Hector Peschaud, qui est resté fidèle au Centre national des indépendants (CNI) de Camille Laurens, l'emporte cependant avec le soutien de 318 grands électeurs sur 564.

L'élu de Murat ne retrouve pas sa place au sein de la prestigieuse commission des finances du Sénat, mais rejoint la commission des affaires culturelles à l'automne 1962. Il se fait plus discret au Palais du Luxembourg dans les années 1960, alors que le pouvoir gaulliste et la majorité de la seconde Chambre s'affrontent autour de l'interprétation de la Constitution de la Ve République. S'il approuve la réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965), le médecin auvergnat rejette la loi Neuwirth, qui légalise la contraception médicamenteuse (5 décembre 1967). Les 34 sénateurs qui votent contre cette mesure libérale se réclament presque tous des Indépendants et des modérés, hors cinq gaullistes (dont Marcel Prélot), deux démocrates chrétiens et un non-

inscrit.

Une crise cardiaque emporte subitement Hector Peschaud alors qu'il se trouvait en voyage en Espagne, en septembre 1968. Le 1er octobre 1968, le président du Sénat Gaston Monnerville - à qui Alain Poher devait succéder quelques jours plus tard - prononce l'éloge funèbre de l'élu cantalien. Il le peint en homme doté d'« une distinction naturelle », d'« une affabilité et d'une gentillesse natives ». « Modéré, mais tenace », Hector Peschaud contribuait selon lui, « par sa finesse et son humour », « à assurer aux travaux nécessairement austères de la commission des finances un déroulement aisé et naturel ». Le Journal des Indépendants, publication du CNI, salue quant à lui un « homme de bien », d'« une magnifique droiture de caractère ».

Louis Thioleron, suppléant de Marcel Peschaud, lui succède et conduit ensuite son mandat parlementaire jusqu'à son terme, en 1971.

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Photo de M. Hector PESCHAUD,
Appartenance politique
Groupe des Républicains Indépendants
Etat-civil
Né le 7 décembre 1895
Décédé le 19 septembre 1968
Profession
Médecin
Département
Cantal