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ANDRIEUX Antoine

Ancien sénateur des Bouches-du-Rhône

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Devenu Sénateur le 1er janvier 1974 (en remplacement de M. Roger DELAGNES)
  • Elu le 28 septembre 1980
  • Fin de mandat le 10 mai 1983 (décédé)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-Président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Membre du Groupe Socialiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

ANDRIEUX (Antoine)

Né le 30 août 1916 à Bastia

Décédé le 10 mai 1983 à Marseille

Sénateur des Bouches-du-Rhône de 1974 à 1983

L'itinéraire professionnel et politique d'Antoine Andrieux est inextricablement lié à sa ville d'adoption, Marseille. Le sénateur appartient à cette génération de socialistes méridionaux qui ont exercé une influence notoire dans la vie parlementaire des IVe et Ve République, à l'Assemblée nationale comme au Sénat. A l'image de ses collègues plus renommés, Irma Rapuzzi, Francis Leenhardt, Alex Roubert et, surtout, Gaston Defferre, à qui il restera fidèle tout au long de sa carrière politique, le sénateur Andrieux fourbit ses premières armes politiques dans les années 1930. Fier de ses origines corses - « que l'on soit sénateur de Paris ou que l'on devienne sénateur de Marseille comme moi, on ne peut pas oublier le petit lait maternel que nous avons bu dans cette île », déclare-t-il un jour à la tribune -, ce fils d'un ouvrier électricien a gardé de cette enfance, modeste mais heureuse, un profond attachement aux valeurs humaines. C'est tout naturellement qu'il opte à l'adolescence pour le parti de Léon Blum, choix d'autant plus aisé que les Bouches-du-Rhône constituent déjà un très puissant bastion de la Section française de l'internationale ouvrière (SFIO). En 1934, il adhère aux Jeunesses socialistes et prend rapidement la direction d'une section locale, point de départ d'une carrière qui le conduira au Palais du Luxembourg. Résistant, il oeuvre, dans l'ombre, à la reconstruction du parti socialiste dans sa chère Provence aux côtés de Gaston Defferre et Francis Leenhardt.

Militant actif et dévoué, la carrière politique de celui qui, à la Libération, exerce la profession de chauffeur de taxi, commence véritablement dans les années 1950. Elu conseiller municipal en 1953 sur la liste defferriste, il se voit confier par l'inamovible maire de la cité provençale la responsabilité des bâtiments communaux et des constructions scolaires de la commune, charge qu'il occupe jusqu'en 1981. Parallèlement à ses fonctions municipales, Antoine Andrieux accède à d'importantes fonctions économiques régionales devenant, en 1965, administrateur du port autonome de Marseille. Un poste qui lui permet d'acquérir une compétence remarquable sur l'ensemble des problématiques économiques, sociales et environnementales liées à la mer.

Candidat malheureux aux élections sénatoriales de 1971, il se retrouve premier suppléant sur la liste conduite par Irma Rapuzzi. Trois ans plus tard, il récupère le siège laissé vacant par le maire des Saintes-Maries-de-la-Mer, Roger Delagnes, qui renonçait alors à la plupart de ses mandats électoraux. Nommé à la commission des affaires économiques et du plan, il s'y montre d'emblée particulièrement actif. Ses interventions précises sur des sujets qu'il maîtrise à l'échelle locale lui valent les applaudissements de l'hémicyle. Sa première prise de parole porte ainsi sur l'une de ses préoccupations principales de longue date : l'interdiction des pavillons de complaisance dans le transport maritime, source d'injustice économique et danger environnemental majeur puisque ces navires ne sont pas soumis aux règlementations érigées par la convention d'Oslo de 1972. Sa nomination en 1976 à la commission des affaires étrangères et de la défense n'altère en rien son engagement pour la préservation du milieu marin, comme en témoigne son élection à la vice-présidence du groupe sénatorial de la mer la même année.

L'action d'Antoine Andrieux ne se limite cependant pas aux questions maritimes. Les séances plénières du Sénat lui permettent de faire valoir ses vues dans des domaines qui lui sont chers, au premier chef l'éducation. Il profite du débat suscité par son collègue socialiste du Puy-de-Dôme Roger Quilliot sur les collèges d'enseignement secondaire (CES) pour interpeller vivement le ministre René Haby sur la baisse des subventions étatiques dans le financement des constructions d'écoles primaires qui a pour conséquence de grever les budgets communaux. Le sénateur marseillais s'implique également avec ferveur pour la défense des « véritables professionnels du taxi ». Il s'insurge ainsi contre la concurrence déloyale exercée par les voitures dite « de petite remise ». Sous ce vocable sont désignés les taxis exerçant le métier de manière officieuse sans être soumis aux règles de la profession. Son plaidoyer vigoureux en faveur d'un durcissement de la législation, visant notamment à interdire l'utilisation du radio-émetteur pour les « taxis noirs » des grandes villes, reçoit le soutien de l'ensemble de ses collègues ainsi que de l'exécutif. Les réflexions d'Antoine Andrieux sont intégrées à la rédaction du projet de loi.

Le principal fait d'arme du sénateur au cours de ses deux mandats réside dans ses prises de position contre la pollution marine. En 1977, il est par exemple membre de la délégation française à la troisième conférence des Nations-Unies sur le droit de la mer au titre de conseiller parlementaire. Plus généralement, Antoine Andrieux met toute son expertise et son éloquence provençale au service de sa cause. Il fait ainsi preuve d'une ténacité parfois étonnante dans le milieu feutré de l'hémicycle pour convaincre de la justesse de ses positions. Cette combativité s'exprime particulièrement à la suite de la catastrophe de l'Amoco-Cadiz, ce pétrolier naviguant sous pavillon libérien en provenance du Golfe persique qui s'échoue le 16 mars 1978 au large d'Ouessant, déversant 227 000 tonnes de pétrole brut sur la côte bretonne. Dès le 8 avril, Antoine Andrieux dépose une question orale au Premier ministre Raymond Barre, lui enjoignant de proposer, au nom de la France, une nouvelle convention internationale garantissant effectivement la protection des mers contre les pétroliers. L'inquiétude du sénateur quant au destin de « sa » Méditerranée, mer fermée sur laquelle une marée noire aurait des conséquences encore plus dramatiques qu'en Bretagne, transparaît tout au long de son intervention. Preuve de son implication, il est nommé vice-président de la commission d'enquête sénatoriale désignée pour déterminer les causes du naufrage et joue, au côté de son président, l'ancien ministre de la Marine marchande André Colin, un rôle déterminant dans la rédaction du rapport.

Aisément réélu le 28 septembre 1980 sur la liste socialiste des Bouches-du-Rhône toujours conduite par Irma Rapuzzi, le sénateur mène son dernier combat dans l'hémicycle au nom de cette mer qui lui est si chère. La commission des affaires étrangères le charge en effet de présenter le rapport justifiant la ratification de la convention de 1973 relative à la prévention de la pollution par les navires. Il s'acquitte de la tâche avec intelligence et conviction, sans toutefois omettre de déplorer l'absence persistante de réglementation du système des pavillons de complaisance. Il s'agit bien pour lui, par-delà tout clivage politique, d'éviter que les désastres écologiques causés par les naufrages des pétroliers - du Torrey Canyon en 1967 au Tanio en 1980 en passant bien sûr par l'Amoco-Cadiz - ne se reproduisent. Convaincu par la pertinence mais aussi la chaleur de l'argumentation, le Sénat accepte de ratifier la convention.

Cette brillante intervention est aussi la dernière du sénateur Andrieux. Suite à une délicate opération au cerveau à l'été 1981, sa présence dans l'hémicyle se fait extrêmement rare. Demeuré fidèle jusqu'au bout au socialisme, véritable marqueur identitaire bien qu'il n'ait jamais brigué de responsabilités partisanes nationales, il décède le 10 mai 1983 des suites de sa maladie. Clin d'oeil de l'histoire, son successeur au Palais du Luxembourg, Bastien Leccia, présente un profil qui n'est pas sans rappeler celui du sénateur : defferriste fidèle et corse comme lui.

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Photo de M. Antoine ANDRIEUX, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Socialiste
Etat-civil
Né le 30 août 1916
Décédé le 10 mai 1983
Profession
Chef d'entreprise
Département
Bouches-du-Rhône