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BLONDELLE René

Ancien sénateur de l'Aisne

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 23 septembre 1962
  • Fin de mandat le 25 février 1971 (décédé)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Secrétaire de la commission des affaires économiques

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires économiques
  • Membre du Groupe du Centre Républicain d'Action Rurale et Sociale

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

BLONDELLE (René)

Né le 13 juin 1907 à Pouilly-sur-Serre (Aisne)

Décédé le 25 février 1971 à Bruxelles (Belgique)

Sénateur de l'Aisne de 1955 à 1958

René Blondelle est pupille de la Nation après la mort de son père, tué en 1916 à Verdun.

Il entre en 1924 à l'Ecole nationale des arts et métiers de Lille. Parmi les plus jeunes de sa promotion, il en sort en 1927, au troisième rang sur une centaine d'étudiants. Il entre alors à l'Ecole d'artillerie de Poitiers et, promu sous-lieutenant en 1928, achève son service militaire au 101e régiment d'artillerie à Laon.

Il décide alors, en dépit de sa formation d'ingénieur, de poursuivre le métier d'agriculteur de son père, et de reprendre dans son village natal une petite exploitation d'une vingtaine d'hectares.

Cette expérience étant concluante, il acquiert alors une exploitation plus vaste, de 175 hectares, à Barenton-Bugny. Il ressent bientôt la nécessité d'organiser le monde agricole pour lui permettre de mieux se défendre dans une période économiquement difficile, et fonde le premier syndicat betteravier de l'Aisne, dans le canton de Crécy-sur-Serre. Puis il est nommé secrétaire du syndicat betteravier de la région de Laon, et accède à la présidence de l'Union des syndicats agricoles de l'Aisne en mars 1938 ; l'année suivante, il devient vice-président de la Chambre d'agriculture de ce département.

Mobilisé en août 1939 à la tête d'une batterie, il peut regagner son foyer en juillet 1940, avec le grade de capitaine de réserve.

Il est nommé en 1941 au Conseil national pour y représenter le monde agricole.

Réélu président de l'Union des syndicats agricoles en mai 1945, il accède aux responsabilités nationales en mars 1946 avec son élection au secrétariat général de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles ; puis, lors du congrès de la Fédération en 1950, à sa présidence.

Par ailleurs l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture le porte à sa présidence en avril 1952, ce qui renforce encore l'autorité exceptionnelle dont il jouit dans le monde agricole.

L'Assemblée permanente le désigne en mars 1954 pour siéger au Conseil économique, qu'il abandonne en juin 1955, après son élection au Conseil de la République ; il se présente dans son département natal, comme candidat isolé, et est élu au 2e tour, par 815 voix sur 1 513 suffrages exprimés.

Membre des Commissions des affaires économiques, et du suffrage universel, il s'inscrit au groupe du Centre Républicain d'Action Rurale et Sociale. La plupart de ses interventions portent naturellement sur les questions agricoles : ainsi prend-il part aux débats sur la politique agricole du Gouvernement, à la formation professionnelle et à la vulgarisation agricoles, et sur le budget de l'agriculture pour 1957. Il dépose également quatre propositions de résolution sur le taux de blutage du blé, l'accession à la propriété rurale, le 3e plan de modernisation, et également sur une réforme constitutionnelle visant à assurer la stabilité gouvernementale.

Il est aussi l'auteur de plusieurs propositions de loi tendant à modifier le code rural, précisant les attributions de la Caisse nationale des marchés de l'Etat, sur l'expropriation pour cause d'utilité publique, et les conditions d'établissement du prix du blé à retenir pour le paiement des fermages.

Les 2 et 3 juin 1958, il vote pour les pleins pouvoirs et pour la révision constitutionnelle.

En 1954, il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur, et commandeur de l'Economie nationale.

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Ve République

BLONDELLE (René)

Né le 13 juin 1907 à Pouilly-sur-Serre (Aisne)

Décédé le 25 février 1971 à Bruxelles (Belgique)

Sénateur de l'Aisne de 1955 à 1971

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome II, p. 406-407)

René Blondelle conduit une liste d'union des modérés aux élections sénatoriales du 26 avril 1959. Le sortant Mouvement républicain populaire (MRP) Jean Deguise y figure en seconde position, devant le gaulliste Louis Roy, maire de Soissons. 897 grands électeurs sur 1 548 renouvellent leur confiance à René Blondelle au second tour. Il obtient le plus grand nombre de suffrages, devant ses colistiers Jean Deguise (859) et Louis Roy (827), qui sont également élus. En septembre 1962, les trois sénateurs sortants de l'Aisne seront réélus au premier tour.

Membre du groupe du Centre républicain d'action rurale et sociale (CRARS) auquel il reste fidèle jusqu'en 1971, René Blondelle siège à la commission des affaires économiques et du Plan sous la Ve République. Il en est le secrétaire d'octobre 1960 à l'automne 1964. Il appartient à l'Assemblée parlementaire européenne - appelée Parlement européen à partir de 1962 - dès juillet 1959 et pendant douze années consécutives.

Président de l'Assemblée permanente des Chambres d'agriculture jusqu'à sa mort, René Blondelle consacre l'essentiel de son activité législative aux dossiers agricoles. Il s'impose comme un des principaux adversaires de la politique de réforme des structures conduite notamment par le ministre de l'Agriculture Edgard Pisani entre août 1961 et janvier 1966. Le sénateur de l'Aisne considère que la priorité est alors de soutenir les prix et s'oppose à une démarche qu'il juge technocratique. Dès juillet 1959, alors que le portefeuille de l'Agriculture est encore détenu par Henri Rochereau, René Blondelle fait connaître son hostilité au projet de loi de programme relatif à l'équipement agricole. Il prend la parole à ce propos le 8 juillet 1959 et note tout d'abord que les plans de développement économique et social n'ont pas permis « une expansion agricole » adaptée à l'« expansion industrielle ». Il reproche au Commissariat général au Plan d'avoir négligé autrefois les questions agricoles dans ses objectifs, comme si le secteur primaire était synonyme d'archaïsme économique. L'indexation des prix agricoles ayant été supprimée sans que l'exécutif tienne ses promesses en matière de compensation, il constate que « le pouvoir d'achat du monde agricole sera diminué de 5,5% en 1959 ». Ce conservateur se « refuse à être de ceux qui se croient obligés d'approuver ou de repousser un projet suivant l'horizon politique dont il émane » et invite « tous ceux qui ont le souci de sauver l'agriculture française » à rejeter le projet de loi. Quelques mois plus tard, il observe que « le monde agricole [...] ne croit plus à l'efficacité » des débats parlementaires et expose les raisons de cette incrédulité. Selon lui, « le monde agricole est sceptique parce que depuis quinze ans qu'on lui parle de formation professionnelle », celle-ci n'est toujours « pas assurée ». Il ajoute que « le monde rural n'a plus confiance aujourd'hui dans ce qu'on envisage pour son équipement ». Il estime que « le vrai problème n'est pas abordé » dans les lois récentes concernant l'agriculture : il s'agit « des prix agricoles ». La détérioration du pouvoir d'achat des exploitants agricoles les rend par exemple plus vulnérables aux aléas climatiques comme la sécheresse de l'été 1959 (séance du 12 novembre 1959).

Rapporteur pour avis du budget de l'agriculture pour 1960, René Blondelle se fait l'écho de la gêne ressentie lors de son examen par la commission des affaires économiques, qui « a été bien en peine de se prononcer pour ou contre ». Son propos s'apparente plus à un réquisitoire qu'à un plaidoyer, lorsqu'il juge que « dans ce budget de 1960, on ne trouve rien ou presque qui contribue à préparer l'agriculture française à son entrée dans la Communauté économique européenne » (séance du 10 décembre 1959). Le 18 juillet 1961, il fait à nouveau entendre ses critiques de la politique agricole ; le mécontentement des agriculteurs s'est alors manifesté dans des opérations spectaculaires comme des barrages routiers en 1960 ou l'occupation de la sous-préfecture de Morlaix en juin 1961. Comme beaucoup de ses collègues, René Blondelle établit un lien entre ces troubles et le défaut de concertation qui caractérise l'action du Gouvernement.

René Blondelle ne pratique pas cependant l'opposition systématique. S'il vote contre les pleins pouvoirs au Gouvernement pour ramener l'ordre en Algérie au moment de la crise des barricades (3 février 1960), il approuve néanmoins le IVe Plan de développement économique et social (12 juillet 1962), la réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965) et la légalisation de la contraception médicamenteuse (5 décembre 1967). Il intervient longuement à l'occasion de l'examen de la nouvelle loi d'orientation agricole, le 27 juillet 1962, pour regretter que ce texte « ne touche qu'aux structures ». Il souhaite à cette occasion que les Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER), chargées d'acheter des terres, de les améliorer et de les revendre à bas prix aux paysans, « jouent un rôle d'aménagement foncier ». Il refuse en revanche d'y voir « un instrument de réforme agraire ». Le sénateur de l'Aisne se préoccupe en outre du sort des 9 000 exploitants agricoles français dont les terres ont été nationalisées par le Gouvernement algérien le 18 mars 1963, au mépris des accords d'Evian (séance du 19 novembre 1963).

Ses attaques à l'encontre de la politique agricole du Gouvernement se font particulièrement fréquentes au milieu des années 1960. Le 20 octobre 1964, en pleine grève du lait, il reproche à l'exécutif d'avoir « délibérément sacrifié » le monde agricole « à la fois dans le développement d'une politique d'expansion justifiée en soi et dans l'application du plan de stabilisation ». Dans ces conditions, il considère comme « une atteinte à la dignité » du Sénat que le ministre de l'Agriculture ne prenne pas la peine de s'y déplacer pour répondre à une question orale qui le concerne. Lors de la discussion du budget de l'agriculture pour 1966, il ne mâche pas ses mots pour condamner une politique qui « ignore délibérément » la loi d'orientation de 1960 et n'envisage les subventions, « assistance humiliante » pour la dignité des agriculteurs, que comme « alibi à une politique tendant à la régression des activités agricoles » en France (séance du 2 novembre 1965). Il parle même de « volonté d'écrasement de l'agriculture » lors de la séance du 23 décembre 1965.

Le combat de René Blondelle pour une politique des prix plus que de réforme des structures le conduit à s'opposer à plusieurs reprises aux Jeunes agriculteurs, qui soutiennent l'action du ministre de l'Agriculture Edgard Pisani. Lorsque que ce dernier est remplacé par Edgar Faure en janvier 1966, le sénateur de l'Aisne peut laisser entendre qu'il n'est pas étranger à cette substitution. Il semble modérer ses critiques dans les années suivantes, au point que certains journalistes lui prêtent des ambitions ministérielles. Il estime désormais que l'agriculture française a beaucoup gagné à la réalisation du Marché commun, y compris s'agissant des prix à la production. Il reconnaît aussi que l'effort d'orientation des productions et d'organisation des marchés conduit depuis le retour au pouvoir du général de Gaulle a produit des effets bénéfiques, mais c'est pour ajouter aussitôt que l'agriculture française a besoin « d'une planification humaine qui ne broie pas les hommes et qui tienne compte de la cruauté de certaines mutations que doivent subir les agriculteurs » (séance du 26 juin 1970).

En juillet 1970, René Blondelle est réélu président de l'Assemblée permanente des Chambres d'agriculture. Un article du journal Le Monde daté du 3 juillet 1970 le dépeint comme un conservateur, qui « fait corps avec la masse des agriculteurs âgés » et a pour nouvel « ennemi juré » le commissaire européen Sicco Mansholt, partisan d'une réforme des structures pour éviter les crises de surproduction. Le 19 février 1971, René Blondelle est pris d'un malaise à son arrivée à Bruxelles, où il vient participer aux travaux de commission du Parlement européen. Il décède quelques jours plus tard à l'âge de 63 ans. Le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas salue alors la mémoire d'« un des plus éminents porte-parole des agriculteurs français ».

Sources : Archives du Sénat. JORF (Débats du Sénat).

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Photo de M. René BLONDELLE, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe du Centre Républicain d'Action Rurale et Sociale
Etat-civil
Né le 13 juin 1907
Décédé le 25 février 1971
Profession
Agriculteur
Département
Aisne