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COUVE DE MURVILLE Maurice

Ancien sénateur de Paris

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

  • Ancien Premier ministre

Election

  • Elu le 28 septembre 1986
  • Fin de mandat le 1er octobre 1995 (ne se représente pas)

Fonctions antérieures

  • Ministre
  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation
  • Membre du Groupe du Rassemblement pour la République

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

COUVE de MURVILLE (Maurice, Jacques)

Né le 24 janvier 1907 à Reims (Marne) Décédé le 24 décembre 1999 à Paris

Commissaire aux Finances (Comité français de la Libération nationale) du 7 juin au 9 novembre 1943

Ministre des Affaires étrangères du 1er juin 1958 au 31 mai 1968

Ministre de l'Economie et des Finances du 31 mai au 10 juillet 1968

Premier ministre du 10 juillet 1968 au 20 juin 1969

Député de Paris en 1968 et de 1973 à 1986

Sénateur de Paris de 1986 à 1995

Maurice Couve de Murville a connu, en politique, un parcours inverse de celui du cursus honorum classique en République, qui conduit du mandat local au mandat national, puis aux fonctions ministérielles. Il ne siégea en effet au Parlement qu'à 66 ans révolus, alors que tout espoir de retour au Gouvernement lui était presque fermé.

C'est au hasard d'une affectation de son père magistrat que Maurice Couve de Murville doit de naître à Reims, quelques années avant la Première Guerre mondiale. Il est élevé dans le protestantisme. Dès 1910, sa famille s'installe à Paris. C'est dans la capitale que Maurice Couve de Murville effectue ses études. Brillantes, elles le conduisent aux facultés de lettres et de droit, ainsi qu'à Ecole libre des Sciences politiques. Docteur en droit, il est reçu premier au concours de l'Inspection des finances, la même année qu'Hervé Alphand et Ludovic Tron. Attaché financier près l'ambassade de France à Bruxelles en 1936-1937, il rejoint ensuite le ministère des Finances et le « mouvement général des fonds », ancêtre de la direction du Trésor. Il en est le directeur adjoint au moment où la France entre en guerre contre l'Allemagne. Un an plus tard, en septembre 1940, il est même nommé directeur des finances extérieures et des changes. Il participe à ce titre aux négociations menées par la commission d'armistice basée à Wiesbaden, en Allemagne.

Prise après l'invasion de la zone libre par les forces d'occupation en novembre 1942, la décision de gagner l'Afrique du Nord marque un véritable tournant dans sa vie. Maurice Couve de Murville arrive à Alger le

25 mars 1943, après avoir transité par l'Espagne et le Portugal. Son ralliement à la France Libre lui vaut d'être révoqué et déchu de sa nationalité française par Vichy.

A Alger, Maurice Couve de Murville travaille d'abord auprès du général Giraud, comme secrétaire général du Commandement civil et militaire d'Alger. Lorsque ce dernier fusionne avec le Comité national français de Londres pour former le Comité français de la Libération nationale, Maurice Couve de Murville hérite des fonctions quasi ministérielles de commissaire aux Finances. C'est ensuite une seconde carrière qui commence pour Maurice Couve de Murville lorsqu'il est nommé à Naples au début 1944, comme délégué français au Comité consultatif des affaires italiennes, puis auprès de la Commission méditerranéenne. Il devient le représentant officiel du Gouvernement français à Rome en février 1945.

Maurice Couve de Murville occupe le poste clef de directeur des Affaires politiques au ministère des Affaires étrangères de novembre 1945 à février 1950. Il participe à ce titre à de nombreuses rencontres internationales et notamment à la Conférence de la paix de Paris, en 1946. Il conserve sa fidélité au général de Gaulle tout en servant la IVe République jusqu'en 1958. Il est nommé ambassadeur en Egypte en 1950, puis chef de la délégation française à l'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord (OTAN) à Paris, en septembre 1954.

Mais dès novembre 1954, Maurice Couve de Murville change d'affectation et remplace Henri Bonnet en qualité d'Ambassadeur de France à Washington. En juillet 1957, c'est à Bonn qu'il est envoyé pour y représenter la France.

Le retour au pouvoir du général de Gaulle, le 1er juin 1958, vaut à Maurice Couve de Murville d'entrer au

Gouvernement. Il est alors, avec Hervé Alphand, le « plus ancien dans le grade le plus élevé » au ministère des Affaires étrangères. Or, le général de Gaulle souhaite « incarner » le changement de régime en nommant quelques ministres « techniciens » : Emile Pelletier à l'Intérieur, Pierre Sudreau à la Construction, Bernard Chenot à la Santé Publique... Maurice Couve de Murville sera le plus durable de ces grands commis passés sans transition à des responsabilités politiques. Il doit sa longévité à la qualité de ses relations avec le général de Gaulle. En matière internationale, leur identité de vues est parfaite. Maurice Couve de Murville reste discret sur ses réticences, notamment quant à la force de frappe autonome. Ses relations avec le Premier ministre, Michel Debré, sont bonnes ; en revanche, la méfiance, puis l'hostilité caractérisent celles qu'il entretient avec son successeur Georges Pompidou, du printemps 1962 à l'été 1968.

C'est que le général de Gaulle songe à Maurice Couve de Murville comme un Premier ministre « de rechange ». L'échec de l'intéressé aux élections législatives de mars 1967 à Paris repousse la perspective d'une entrée à Matignon. Mais si Charles de Gaulle lui propose de quitter le Quai d'Orsay pour le Ministère des Finances dans le dernier cabinet Pompidou, au lendemain des événements de mai 1968, c'est afin de permettre à Maurice Couve de Murville de se « former » sur la scène politique intérieure et de s'y faire connaître des Français. Aux législatives de juin 1968, Maurice Couve de Murville est enfin élu député par une circonscription très bourgeoise, à Paris. Les hésitations de Georges Pompidou conduisent finalement le général de Gaulle à lui donner un successeur en la personne de Maurice Couve de Murville, en juillet 1968.

L'ancien diplomate prend alors la tête d'un gouvernement où les « gaullistes de progrès » ou « gaullistes de gauche » sont bien représentés. La loi « Faure » sur l'enseignement supérieur, la relance de projets ambitieux sur la participation et la réforme régionale donnent à penser que le second septennat gaullien est entré dans une nouvelle phase. Quant au Premier ministre, il ne réussit guère à s'imposer dans l'opinion et est surtout perçu comme l'exécutant scrupuleux d'une politique décidée à l'Elysée. L'échec du référendum du 27 avril 1969 puis la démission du général de Gaulle le contraignent à régler les détails de l'intérim présidentiel avec Alain Poher. L'élection de Georges Pompidou éloigne définitivement Maurice Couve de Murville de l'exécutif.

Son suppléant, l'ambassadeur Raymond Bousquet, refusant de démissionner pour provoquer une élection législative partielle, Maurice Couve de Murville croit trouver l'occasion de siéger au Parlement en se présentant dans la 4e circonscription des Yvelines, à l'automne 1969. Las ! Il y est défait par l'ancien candidat du Parti socialiste unifié (PSU) à l'élection présidentielle, Michel Rocard. Maurice Couve de Murville s'efforce ensuite de préparer les élections législatives de mars 1973 en s'assurant l'investiture de l'Union des démocrates pour la République (UDR) pour la circonscription dans laquelle il avait été élu en juin 1968. Admis à la retraite de l'Inspection générale des finances en janvier 1973, il retrouve son siège de député de Paris deux mois plus tard et est immédiatement porté à la présidence de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Les électeurs lui ayant renouvelé leur confiance en mars 1978, l'ancien Premier ministre conserve la présidence de cette prestigieuse commission permanente jusqu'en 1981.

Après la victoire de la gauche aux élections présidentielles, la « vague rose » n'affecte guère la circonscription de Maurice Couve de Murville. L'ancien Premier ministre continue de siéger au Palais-Bourbon sous la 7e législature de la Ve République et s'oppose au nouveau pouvoir socialiste. Il s'abstient volontairement

lors du scrutin sur l'abolition de la peine de mort (18 septembre 1981). Conseiller de Paris depuis 1977, il appartient également au Conseil régional d'Île-de-France depuis 1976. C'est avec parcimonie que Maurice Couve de Murville intervient à cette époque dans les journaux, souvent pour défendre l'héritage du général de Gaulle.

Les législatives de mars 1986 ont lieu au scrutin proportionnel. Maurice Couve de Murville ne figure pas sur les listes parisiennes, mais il conduit la liste d'Union de la majorité aux sénatoriales suivantes, le

28 septembre 1986. Les municipales de 1983 ayant permis une victoire très nette de Jacques Chirac à Paris, la liste emmenée par Maurice Couve de Murville rassemble logiquement le plus de suffrages à cette occasion. Avec

1189 voix sur 2351, elle obtient même une courte majorité absolue (50,6%) et rafle en conséquence 11 des

12 sièges de sénateurs de Paris.

D'aucuns insistent alors sur le paradoxe rétrospectif que constitue l'entrée de Maurice Couve de Murville au Palais du Luxembourg. Comme Premier ministre, il avait en effet soutenu le texte soumis à référendum le

27 avril 1969, qui prévoyait la fin de la Haute assemblée. Devenu sénateur de Paris, il s'inscrit au groupe du

Rassemblement pour la République (RPR) et siège à la commission des finances.

Ses interventions en séances publiques portent toutes sur des questions économiques et financières ou de politique étrangère. Rapporteur spécial du budget des services du Premier ministre de 1986 à 1994, il plaide avec constance pour une rationalisation des dépenses qui figurent sous ce titre, qu'il s'agisse du fonctionnement de l'Ecole nationale d'administration (ENA), du Secrétariat général du Gouvernement (SGG) ou des autorités administratives indépendantes, par exemple. Il ne cache pas son hostilité au transfert de l'ENA à Strasbourg, décidé par le Premier ministre, Edith Cresson, en 1991. La mesure lui semble très coûteuse, outre qu'elle méconnait, selon lui, la spécificité du recrutement des enseignants de l'ENA (séances du 1er décembre 1991). Le

26 novembre 1994, il parle même d'une « mesure absurde ». L'ancien Premier ministre se montre réticent

lorsqu'il s'agit plus généralement d'augmenter les charges financières de l'Etat. Il s'abstient ainsi sur le projet de loi créant le revenu minimum d'insertion (RMI) ; le texte sur lequel la Haute assemblée a à se prononcer le

27 novembre 1988 a pourtant été largement modifié par les sénateurs, au point que les élus de droite l'approuvent et que les socialistes préfèrent s'abstenir sur cette nouvelle version du projet du gouvernement de Michel Rocard (27 novembre 1988).

En matière de politique extérieure, Maurice Couve de Murville se montre un défenseur résolu de ce qu'il considère comme la doxa gaullienne et prône avant tout une politique d'indépendance nationale. Cela se traduit notamment par une opposition résolue aux projets qui lui semblent relever du fédéralisme européen, qu'il s'agisse de la création de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (séance du 27 novembre 1990) ou du projet d'Union économique et monétaire (séance du 5 décembre 1991). Il appelle ainsi à voter « non » au référendum sur le traité de Maastricht le 20 septembre 1992.

Maurice Couve de Murville reproche aussi au gouvernement français de s'aligner exagérément sur la politique américaine pendant la crise du Golfe (séance du 27 novembre 1990) et persiste dans son hostilité aux opérations militaires engagées en janvier-février 1991, même après que la victoire sur les troupes irakiennes a été remportée (séance du 19 mars 1991). Ces positions lui valent d'être critiqué, et à travers lui la politique étrangère du général de Gaulle, par Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand jusqu'en 1993.

L'âge avancé (88 ans révolus) de Maurice Couve de Murville lui vaut de n'être pas investi par le RPR

pour le renouvellement de son mandat sénatorial à l'automne 1995. L'ancien Premier ministre, qui avait soutenu

assez tôt Jacques Chirac contre Edouard Balladur pour l'élection présidentielle du printemps 1995, se retire ensuite de la vie publique.

Il meurt à la veille de Noël, en 1999. Le président de la République Jacques Chirac rend alors hommage à

ce « grand serviteur de la France ».

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Photo de M. Maurice COUVE DE MURVILLE, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe du Rassemblement pour la République
Etat-civil
Né le 24 janvier 1907
Décédé le 24 décembre 1999
Profession
Inspecteur général des finances en retraite
Département
Paris