Allez au contenu, Allez à la navigation

GRAVIER Robert

Ancien sénateur de la Meurthe-et-Moselle

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 26 septembre 1965
  • Fin de mandat le 1er octobre 1974 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Questeur du Sénat

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Membre du Groupe des Républicains et Indépendants

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

GRAVIER (Robert)

Né le 5 septembre 1905 à Haudonville (Meurthe-et-Moselle)

Conseiller de la République, puis Sénateur de Meurthe-et-Moselle de 1946 à 1958

Robert Gravier voit le jour dans une famille d'agriculteurs dont il aimait à rappeler que son arrivée à Haudonville était mentionnée dans les archives municipales de 1615.

Lui-même se consacre à la gestion du domaine agricole familial après son mariage, en 1930, et accède à la mairie de son village natal en 1935, puis au conseil général de Meurthe-et-Moselle en 1937, pour y représenter le canton de Gerbeviller.

Très actif dans le milieu professionnel agricole, il siège au conseil d'administration de l'Union lorraine à partir de 1929, puis préside le syndicat apicole car il s'est spécialisé dans cette production dès 1932.

Sa notoriété lui vaut d'accéder, en 1935, aux fonctions de juge de paix suppléant.

Lorsque éclate le second conflit mondial, il fait preuve d'un patriotisme sans faille, et protège des réfractaires au STO, tout en facilitant le ravitaillement des maquis lorrains.

Il est successivement arrêté par la Gestapo, puis par la Milice.

A la Libération, il est confirmé dans ses mandats à la mairie et au conseil général, et figure en troisième place sur la liste d'Action républicaine lorraine, présentée en Meurthe-et-Moselle à l'Assemblée nationale constituante le 21 octobre 1945.

Cette liste ne remporte alors qu'un des six sièges à pourvoir.

Il est ensuite candidat au Conseil de la République, en deuxième position sur la liste d'Entente républicaine d'action sociale, présentée en Meurthe-et-Moselle au scrutin du 8 décembre 1946. Avec 620 voix sur 1 046 suffrages exprimés, cette liste remporte les deux sièges à pourvoir.

Lors du renouvellement du Conseil, le 7 novembre 1948, c'est à Robert Gravier de conduire la liste Républicaine d'union et de salut public, qui remporte, au second tour, les trois sièges à pourvoir ; lui-même recueille alors 838 voix sur 1 428 suffrages exprimés. Entre-temps, son implantation locale s'est encore accrue, avec les présidences de l'Office agricole départemental, et du Comice agricole de Lunéville.

Au Conseil de la République, il rejoint le groupe des Républicains Indépendants puis, à partir de 1948, préside le groupe du Centre Républicain d'Action Rurale et Sociale, rattaché administrativement au groupe précédent.

Il accède également aux fonctions de secrétaire de cette assemblée, puis, à partir de novembre 1948, à celles de Questeur, et y sera reconduit sans interruption tout au long de la IVe République. Il siège également à la Commission de l'agriculture puis, à partir de 1955, à celle de l'intérieur.

Ses principales interventions portent sur les différents aspects de la question agricole : prélèvement exceptionnel de lutte contre l'inflation (1947), réorganisation de la propriété foncière dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle, stabilisation du prix des baux à ferme (1948), élection des conseils d'administration des organismes de la mutualité agricole, et politique agricole du Gouvernement (1949), budget de l'agriculture (1950).

En 1951, il est élu vice-président de la Commission de l'agriculture et accède, lors des cantonales du 17 octobre, à la présidence du conseil général de Meurthe-et-Moselle.

Sa notoriété est telle qu'il est réélu, dès le premier tour, lors du renouvellement partiel du 18 mai 1952 du Conseil de la République, en tête de la liste d'Union des Indépendants Paysans et Républicains Nationaux ; il recueille alors 800 voix sur 1 445 suffrages exprimés, et ses deux co-listiers sont élus au second tour.

Il est également reconduit à la mairie d'Haudonville aux élections municipales d'octobre 1953.

Après sa confirmation au poste de Questeur du Conseil de la République, la charge de ses différents mandats l'absorbe trop pour qu'il intervienne en séance publique.

Les 2 et 3 juin 1958, il vote pour les pleins pouvoirs, et pour la révision constitutionnelle.

Lors des dernières élections au Conseil de la République, le 8 juin 1958, la liste d'Union des Indépendants et Paysans d'action sociale, conduite par Robert Gravier, remporte les trois sièges à pourvoir dès le premier tour.

Afficher le texte

Ve République

GRAVIER (Robert)

Né le 5 septembre 1905 à Haudonville (Meurthe-et-Moselle)

Décédé le 15 juillet 2005 à Haudonville (Meurthe-et-Moselle)

Conseiller de la République puis sénateur de la Meuthe-et-Moselle de 1946 à 1974

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome IV, p. 236-237)

Président du Conseil général depuis 1951, Robert Gravier dispose d'une solide assise politique locale à la fin des années 1950. Il a été plébiscité à l'occasion des élections d'avril 1958 dans son canton rural de Gerbéviller : 76,9% des voix dès le premier tour de scrutin face à deux candidats de gauche. Réélu maire de son village natal quelques jours auparavant, Robert Gravier sollicite le renouvellement de son mandat de sénateur le 26 avril 1959. Il conduit une liste d'Union des indépendants et paysans d'Action sociale sur laquelle figure Raymond Pinchard, édile nancéen et président de l'Association des maires du département. Dans leur profession de foi, Robert Gravier et ses colistiers expriment leur préoccupation face au projet prêté au Premier ministre Michel Debré d'un redécoupage des départements, mais aussi leur satisfaction de voir les pouvoirs du Sénat renforcés par la Constitution. Les débuts de la Ve République laissent si peu augurer une dégradation des relations entre l'exécutif et la Chambre haute que le juriste et parlementaire Marcel Prélot parle du nouveau régime comme d'une « république sénatoriale ». Une majorité des grands électeurs de Meurthe-et-Moselle accorde ses suffrages à Robert Gravier dès le premier tour de scrutin, le 26 avril 1959 : il est le mieux élu des sénateurs du département avec 892 voix sur 1 630.

Le maire d'Haudonville siège au sein des différents groupes se réclamant des Indépendants entre 1959 et 1974. Confirmé par ses collègues dans les fonctions de Questeur du Sénat le 5 mai 1959, Robert Gravier est réélu à cette fonction le 4 octobre 1962. L'élu lorrain, absorbé par les responsabilités de gestion et d'organisation qui lui incombent ès qualités, ne prend pas la parole en séance publique avant le 29 juin 1965. C'est à cette date qu'est débattue une question orale qu'il a déposée pour protester contre le projet de déplacement de l'Ecole nationale des Eaux et forêts de Nancy en banlieue parisienne ; la politique de réforme du ministère de l'Agriculture Edgard Pisani implique en effet la fusion des corps du Génie rural et des Eaux et forêts. Comme beaucoup de ses amis modérés, Robert Gravier émet de sérieuses réserves à l'encontre de la politique agricole conduite dans les années 1960. S'il s'exprime peu dans l'hémicycle du Sénat au début de la Ve République, il figure au nombre de ces élus qui refusent de cautionner aveuglément les décisions du pouvoir gaulliste. Troublé par l'apparente volte-face du chef de l'Etat sur la question algérienne, il s'abstient comme l'ensemble des sénateurs meurthe-et-mosellans lors du vote sur les pouvoirs spéciaux réclamés par le gouvernement Debré pour ramener l'ordre en Algérie, au lendemain de la semaine des barricades (3 février 1960).

Robert Gravier, qui emmène une liste d' « Union des indépendants », doit attendre le second tour de scrutin pour être certain de sa réélection comme sénateur le 26 septembre 1965. Les évolutions démographiques qu'a connues la Lorraine depuis la Libération se traduisent par l'excellent résultat du nouveau maire de Nancy, Marcel Martin, membre du Conseil d'Etat et proche du centre gauche, qui fait mieux que le sortant Robert Gravier en suffrages de grands électeurs (842 voix contre 839). Les sénateurs élus ou réélus dans la Meurthe-et-Moselle à l'automne 1965 n'obtiennent qu'une majorité relative.

Ses collègues renouvellent leur confiance à Robert Gravier en le choisissant comme Questeur le 5 octobre 1965, mais l'élu d'Haudonville se démet de ses fonctions le 21 décembre 1965. Il rejoint peu après la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Il y travaillera jusqu'en 1972 aux côtés de son compatriote lorrain Pierre de Chevigny, mais sans s'impliquer autant que ce dernier dans le travail législatif. L'ancien président de la Jeunesse agricole chrétienne qu'est Robert Gravier approuve certes la réforme des régimes matrimoniaux en mai 1965, mais choisit de ne pas prendre part au vote sur la loi Neuwirth autorisant la pilule contraceptive en décembre 1967.

Réélu dans son canton de Gerbéviller le 8 mars 1964, Robert Gravier préside l'Assemblée départementale de Meurthe-et-Moselle jusqu'au printemps 1970. C'est à ce titre qu'il est porté à la tête de la commission interdépartemental des Conseils généraux de Lorraine en janvier 1967, à un moment où la question de la régionalisation apparaît dans le débat public. Robert Gravier préside aux destinées de sa commune natale depuis plus de trente ans lorsqu'il est porté à la présidence de l'Association des maires de Meurthe-et-Moselle en 1969. Après de nombreuses années passées au service de la collectivité, il ressent toutefois la nécessité d'opérer un choix entre ses nombreux mandats électifs et décide alors de conserver les fonctions auxquelles il tient le plus : celles de magistrat municipal. Le sénateur de Meurthe-et-Moselle ne se représente pas aux élections cantonales des 8 et 15 mars 1970. En septembre 1974, il fait connaître son souhait de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat parlementaire : les grands électeurs font du reste le choix du changement, puisqu'ils élisent trois nouveaux sénateurs. Pierre de Chevigny, sénateur sortant, ne réussit pas à se faire réélire, pas plus que le maire de Nancy, Marcel Martin.

Robert Gravier est confirmé dans son mandat de maire d'Haudonville en 1977. Homme de devoir, très attaché à une terre où sa famille a ses racines depuis plusieurs siècles, l'ancien sénateur assume les responsabilités de premier magistrat depuis 49 années lorsqu'il décide de se retirer définitivement de la vie publique au printemps 1983. Roger Boileau, qui lui avait déjà succédé à la présidence du Conseil général de Meurthe-et-Moselle en 1970 et au Sénat en 1974, prend alors la tête de l'Association départementale des maires.

Sous le titre J'ai lié ma gerbe, l'ancien parlementaire se consacre à l'écriture de ses mémoires publiés en 1985. Il y rappelle combien les valeurs chrétiennes de service de l'autre, de bienveillance et d'honnêteté ont marqué son existence.

Robert Gravier s'éteint dans sa commune natale d'Haudonville à deux mois de son centième anniversaire. Il était officier dans l'Ordre national du Mérite et chevalier de la Légion d'honneur. Les journaux saluent à cette occasion la mémoire d'un élu qui incarnait « le paysan lorrain entré en politique », conservateur mais ennemi des excès et des exclusives.

Afficher le texte

Avertissement : les extraits de tables nominatives et biographies sont issus d'une reconnaissance automatisée des caractères ; merci de nous signaler toute erreur ou coquille.

Photo de M. Robert GRAVIER, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe des Républicains et Indépendants
Etat-civil
Né le 5 septembre 1905
Décédé le 15 juillet 2005
Profession
Agriculteur
Département
Meurthe-et-Moselle