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JAGER René

Ancien sénateur de la Moselle

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 26 septembre 1965
  • Réélu le 22 septembre 1974
  • Fin de mandat le 28 juillet 1983 (décédé)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Questeur du Sénat

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires économiques
  • Membre du Groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

JAGER (René)

Né le 8 mars 1909 à Richeling (Moselle)

Décédé le 28 juillet 1983 à Cagnes-sur-Mer (Alpes maritimes)

Sénateur de la Moselle de 1959 à 1983

Les premières années de René Jager ont pour cadre une Moselle qui fait partie du Reich allemand. Fils d'instituteur, l'éducation qu'il reçoit est inspirée par un catholicisme à la fois « ouvert » et traditionnel. Après le retour de l'Alsace-Moselle à la France, il envisage un temps de suivre la voie de la prêtrise, puis opte pour le journalisme. Capacitaire en droit, René Jager entre à l'Ecole supérieure de journalisme de Lille et rejoint dans les années 1930 le Courrier de Metz, un quotidien bilingue et catholique. Il en devient le directeur politique puis le rédacteur en chef. René Jager est mobilisé en septembre 1939 comme sergent affecté au service des télégrammes et transmissions. Démobilisé à l'été 1940, il gagne l'Ain, en zone libre, et y retrouve nombre de Mosellans. Il prend alors l'initiative de créer une Association des expulsés d'Alsace-Moselle et cache l'ancien ministre Robert Schuman, que la Gestapo recherche.

A la Libération, René Jager retrouve la Moselle et s'installe à Metz. Il prend en charge la coordination des OEuvres d'entraide en faveur de ceux dont les biens ont été détruits pendant le conflit. Il est élu conseiller général MRP du canton de Fénétrange en septembre 1945 et siégera à l'Assemblée départementale pendant 31 années consécutives. Il figure en second sur la liste qu'emmène Bertrand Maud'huy, ancien candidat MRP aux législatives de novembre 1946, pour les sénatoriales du 18 mai 1952. René Jager rassemble à cette occasion 652 voix sur 1 832 et n'est pas élu.

En mars 1959, il complète son implantation politique locale en devenant maire de Fénétrange. Quelques semaines plus tard, le président du Conseil général, Paul Driant, l'accueille sur sa liste pour les élections sénatoriales. Le département de la Moselle a obtenu un siège de plus au Palais du Luxembourg à la faveur du passage à la Ve République. Le 26 avril 1959, l'élu de Fénétrange et ses trois colistiers sont élus sénateurs de la Moselle au premier tour.

René Jager siège parmi les différents groupes centristes du Sénat jusqu'à 1983. Il rejoint la commission des affaires économiques et du Plan et se distingue comme un parlementaire très actif. Peu après son élection, le 23 juin 1959, il dépose une question orale sur les modalités du rattachement économique de la Sarre à l'Allemagne. Il est choisi comme rapporteur pour avis de la loi de finances pour 1960 s'agissant des questions sahariennes et exerce également cette responsabilité en 1960 et 1961. Lors de sa première intervention au Sénat le 12 décembre 1959, il déclare éprouver « une sensation comparable à celle d'un touriste qui, pour la première fois, foule les sables brûlants » et expose sa vision de l'usage qui doit être fait du produit de l'énergie saharienne. Il convient selon lui d'assurer la promotion sociale et économique des populations d'Algérie et plus largement des pays de la Communauté situés dans l'espace sahélien. En février 1960, René Jager accorde les pouvoirs spéciaux au Gouvernement pour rétablir l'ordre en Algérie au lendemain de la semaine des barricades. Il effectue une mission d'information au Sahara en 1961, puis en Nouvelle-Calédonie en 1962. René Jager est choisi comme rapporteur pour l'industrie, le commerce et l'artisanat du IVe plan en 1962.

Il est réélu sénateur de la Moselle sur une liste d' « Entente démocratique » emmenée par son collègue Paul Driant, le 26 septembre 1965, et obtient 1 227 suffrages sur 2 401 au premier tour de scrutin.

Rapporteur pour avis des questions industrielles dans les projets de lois de finances de 1965 à 1970, il s'intéresse en particulier au dossier de l'énergie. Le 23 novembre 1967, l'élu lorrain invite le Gouvernement à assortir les incitations aux fusions et concentrations d'entreprises d'exigences accrues s'agissant de leur mode de gestion. Comme beaucoup de ses collègues centristes, René Jager déplore que le Sénat soit « boudé » par le gouvernement de Georges Pompidou. Il adopte pourtant la loi de réforme des régimes matrimoniaux (mai 1965), autorise la pilule contraceptive (décembre 1967) et approuve la création des régions (juin 1972). René Jager - qui maîtrise parfaitement l'allemand - préside pendant de nombreuses années le groupe d'amitié France-RFA du Sénat. Il est élu pour trois ans questeur du Sénat le 5 octobre 1971.

René Jager s'associe aux sénateurs Francis Palmero et Louis Jung pour déposer, le 21 novembre 1972, une proposition de loi organique. L'objectif en est d'élever à 2 000 le nombre de signatures nécessaires pour être candidat à la présidence de la République, contre 100 seulement à l'époque. Ce texte, que les intéressés redéposeront quelques années plus tard, sera examiné par le Sénat en 1976.

L'ancien séminariste sollicite le renouvellement de son mandat sénatorial le 22 septembre 1974. Il emmène une liste d' « Union centriste des démocrates de Progrès » qui s'oppose à celle des Indépendants au premier tour de scrutin. Le Président du Conseil général de la Moselle, Paul Driant, tient rigueur au maire de Fénétrange de lui avoir succédé à la questure du Sénat. René Jager est toutefois réélu sénateur par 952 voix sur 2 397 au second tour de scrutin.

Il siège à la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées de 1974 à 1977 et est chargé de plusieurs rapports sur des conventions conclues entre la France et ses anciennes colonies en 1975, alors que le centriste Pierre Abelin occupe le ministère de la Coopération. René Jager continue d'intervenir au Sénat sur des sujets qu'il connaît bien, comme la défense des consommateurs et leur représentation au Conseil économique et social (septembre 1976), ou la situation des industries sidérurgique et textile (juin 1977). Nommé à la commission des finances en octobre 1977, il est rapporteur spécial pour les DOM-TOM des lois de finances pour 1978, 1979, 1980 et 1981. Partisan passionné du rapprochement franco-allemand, René Jager siège comme titulaire à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe de 1977 à 1982. Ce catholique convaincu, qui critique les projets de réforme de l'enseignement du gouvernement Mauroy dès juin 1982, avait voté contre la loi sur l'interruption volontaire de grossesse en décembre 1974, et s'était abstenu sur le texte créant le divorce par consentement mutuel en juin 1975. Il se prononce contre l'abolition de la peine de mort le 30 septembre 1981.

René Jager, qui ne s'était représenté ni aux cantonales de 1976, ni aux municipales de 1977, souhaite « passer la main » à l'occasion des élections sénatoriales de septembre 1983, et en informe la presse lorraine. L'élu mosellan n'a pas l'heur de connaître le nom de son successeur, puisqu'il s'éteint en pleine période estivale dans sa maison de Cagnes-sur-Mer.

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Photo de M. René JAGER, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès
Etat-civil
Né le 8 mars 1909
Décédé le 28 juillet 1983
Profession
Journaliste
Département
Moselle