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MOREVE Roger

Ancien sénateur de l'Indre

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 23 septembre 1962
  • Fin de mandat le 1er octobre 1971 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Secrétaire du Sénat

Fonctions antérieures

  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Membre du Groupe de la Gauche Démocratique

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

MOREVE (Roger, Eugène, Ferdinand)

Né le 1er juin 1897 à Mézières-en-Brenne (Indre)

Décédé le 27 septembre 1983 à Tours (Indre-et-Loire)

Député de l'Indre de 1951 à 1958

Sénateur de l'Indre de 1959 à 1971

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome V, p. 480-481)

Député sortant, Roger Morève obtient 21% des suffrages exprimés au 1er tour des élections législatives dans la 3ème circonscription de l'Indre, le 23 novembre 1958. Il est devancé par le candidat du Centre national des indépendants (CNI) Jean Bénard-Mousseaux (27,8%) et le sortant communiste Georges Pirot (25,2%). Roger Morève n'arrive en tête que dans les cantons de Mézières-en-Brenne (44,8% des suffrages exprimés) et de Tournon-Saint-Martin (30,9%). Il ne maintient pas sa candidature au 2e tour et laisse Jean Bénard-Mousseaux l'emporter dans une triangulaire. Roger Morève est en revanche confirmé dans ses fonctions de maire de Mézières-en-Brenne en mars 1959. Il préside en outre le syndicat d'électrification du Buzançais. Il souhaite renouer avec une activité parlementaire et se présente aux sénatoriales du 26 avril 1959 dans l'Indre, en candidat de « Rassemblement républicain ». Dans sa profession de foi, l'ancien député prend position en faveur d'une amélioration des conditions de vie des exploitants agricoles. Cet objectif passe notamment, selon lui, par une politique d'« organisation des marchés » et de « généralisation des prix d'objectifs ». Il plaide également en faveur du « maintien de la présence française » en Algérie. D'autres anciens parlementaires sollicitent les suffrages des grands électeurs de l'Indre ce 26 avril 1959, comme Jules Castellani, élu de Madagascar jusqu'à l'année précédente, l'ancien député communiste Georges Pirot ou Anatole Ferrant, qui appartint à la Haute assemblée sous l'étiquette de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). Au premier tour de scrutin, le président du Conseil général Vincent Rotinat est réélu sénateur de l'Indre avec 387 voix sur 716. Il devance Roger Morève (237 suffrages) et le socialiste Anatole Ferrant (177 voix). Lors du scrutin décisif, l'appui de 304 grands électeurs sur 719 permet à Roger Morève de rejoindre la Haute assemblée. Ses deux concurrents du second tour, Anatole Ferrant et le candidat du Centre national des indépendants (CNI) Guy Rochette, recueillent respectivement 251 et 163 voix.

Roger Morève s'inscrit au groupe de la Gauche démocratique du Sénat. Au Palais du Luxembourg, il siège à la commission des affaires sociales de mai à octobre 1959, puis à la commission des affaires économiques et du Plan jusqu'à l'automne 1960. Il rejoint à cette date la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Il travaille au sein de cette commission permanente pendant onze années consécutives. Roger Morève est secrétaire du Sénat en 1960-1961.

Très attaché au parlementarisme, comme ses collègues du groupe de la Gauche démocratique, il s'étonne puis s'indigne de l'attitude du Gouvernement à l'égard de la Haute assemblée. Alors que Marcel Prélot avait cru pouvoir parler d'une « République sénatoriale » à propos des institutions de la Ve République, on observe en effet que, dès 1959, les membres du cabinet Debré ne sont plus systématiquement présents au Palais du Luxembourg lors de la discussion de projets de lois qui concernent leur département ministériel. Le 8 décembre 1959, Roger Morève s'étonne d'abord que le budget de l'Education nationale soit « voté sans ministre », avant d'intervenir dans le même sens lors du débat suivant, sur la subvention du ministère des Affaires étrangères à l'association « Le Monde bilingue ». Alors que le socialiste Gaston Defferre conteste l'opportunité du maintien de cette aide publique, Roger Morève s'adresse au président du Sénat Gaston Monnerville pour lui demander « si un article de la Constitution prévoit » que la séance doit être suspendue « lorsque, au moment de la discussion et du vote d'un budget, le ministre intéressé n'assiste pas aux débats ».

Le sénateur de l'Indre, qui est réélu dès le premier tour lors des élections sénatoriales du 23 septembre 1962, prend la parole à 10 reprises dans l'hémicycle du Sénat entre 1960 et 1971. Il n'y prononce le plus souvent que quelques phrases brèves afin d'attirer l'attention du Gouvernement sur les difficultés de son département, ou des collectivités locales en général. Le débat sur le budget des travaux publics et des transports pour 1963 lui donne ainsi l'occasion de dénoncer la suppression d'une ligne de chemin de fer qui reliait la région de la Brenne, où il est implanté, à la petite ville de Lapalisse dans l'Allier (séance publique du 10 novembre 1963). Très soucieux du respect des libertés locales, Roger Morève s'alarme de la dégradation des finances des mairies et des conseils généraux dans les années 1960 et en attribue la responsabilité à l'Etat. Le 28 avril 1964, il s'étonne ainsi que les Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) demandent des crédits aux conseils généraux. Cet exemple montre, selon lui, que les collectivités locales aussi « viennent en aide à l'Etat » (séance du 28 avril 1964). Le 16 novembre 1966, Roger Morève regrette que les collectivités locales se trouvent amenées à financer la construction des casernements. L'ancien résistant fait également entendre sa voix dans la discussion du budget des anciens combattants et victimes de guerre, le 17 novembre 1967.

Il accorde les pouvoirs spéciaux au gouvernement de Michel Debré pour ramener l'ordre en Algérie après la semaine des barricades (3 février 1960), approuve la réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965) comme la légalisation de la contraception médicamenteuse (5 décembre 1967).

Réélu conseiller général de Mézières-en-Brenne en septembre 1967, Roger Morève renonce en revanche à son mandat édilitaire en 1971. Il sollicite le renouvellement de son mandat sénatorial le 26 septembre 1971. Largement devancé dès le premier tour de scrutin, il ne rassemble que 60 voix sur 688 lors du scrutin décisif. Le maire de Buzançais Jean Bénard-Mousseaux et le maire de Chasseneuil René Touzet, remplacent Vincent Rotinat et Roger Morève au Sénat à partir de 1971. L'échec de l'ancien maire de Mézières-en-Brenne témoigne du déclin du radicalisme dans l'Indre, alors que le département avait figuré longtemps au nombre des zones de force de cette famille politique.

L'avocat inlassable de la Brenne et de son désenclavement quitte la vie publique en même temps que son siège au Conseil général de l'Indre, en 1973. Roger Morève meurt dix ans plus tard. Un quotidien de la presse régionale salue alors la mémoire d'un « défenseur inlassable de toutes les libertés ». Le même titre rappelle que l'ancien sénateur « souhaitait voir l'avènement d'un radicalisme indépendant des mouvements [...] de droite et de gauche pour constituer une troisième force ».

L'action de Roger Morève dans la Résistance lui avait valu d'être décoré de la Légion d'honneur.

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Photo de M. Roger MOREVE, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de la Gauche Démocratique
Etat-civil
Né le 7 juin 1897
Décédé le 27 septembre 1983
Profession
Commerçant et Agriculteur
Département
Indre