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OOPA TETUAAPUA Pouvanaa

Ancien sénateur de la Polynésie française

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 septembre 1971
  • Fin de mandat le 10 janvier 1977 (décédé)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires culturelles
  • Membre du Groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

OOPA TETUAAPUA (Pouvanaa)

Né le 10 mai 1895 à Fare, île d'Huahine (Etablissements français de l'Océanie)

Décédé le 10 janvier 1977 à Papeete (Polynésie française)

Député des Etablissements français de l'Océanie puis de Polynésie française de 1949 à 1960

Sénateur de Polynésie française de 1971 à 1977

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome V, pp. 556-557)

La victoire du « oui » au référendum constitutionnel du 28 septembre 1958 est une défaite politique pour le « Metua », surnom reçu depuis 1949 par le député de Polynésie française et qui veut dire « le Père ». Le 8 octobre suivant, le Conseil de gouvernement est suspendu. La tension avec la métropole monte d'un cran. Le 11 octobre 1958, au lendemain d'un discours que Pouvanna Oopa prononce à Papeete devant deux cents personnes, une partie de la capitale polynésienne s'enflamme. Le parlementaire est aussitôt arrêté. A-t-il donné l'ordre d'incendier Papeete ? S'est-il laissé déborder par ses partisans ? L'arrêt de la Cour criminelle de Polynésie conclut son procès par une condamnation sévère : huit ans de réclusion, 36 000 francs métropolitains d'amende, quinze ans d'interdiction de séjour pour complicité de tentative de destruction d'édifices appartenant à autrui et détention, sans autorisation, d'armes et de munitions (21 octobre 1959). Le 11 février 1960, la Cour de cassation rejette son pourvoi ce qui entraîne, au regard de l'article 1er de la loi du 30 mars 1955, son inéligibilité. Cette décision ne sera pas modifiée. Le 18 novembre 1993, la commission de révision de la Cour de cassation rejette la requête de ses descendants. Le 12 mai 1960, le Conseil constitutionnel prononce sa déchéance en sa qualité de membre de l'Assemblée nationale à compter du 12 février précédent.

Commence alors une longue période d'exil en métropole. Après un séjour d'un an à la prison des Baumettes à Marseille (avril 1960-juin 1961), l'ancien vice-président du Conseil de gouvernement est assigné à résidence, le plus souvent dans des maisons de retraite protestantes, près de Compiègne en 1961, dans les Cévennes en 1963 puis dans les Deux-Sèvres. Sa conduite y est exemplaire. C'est au cours d'un séjour de transfert à Fresnes, à l'été 1961, que Pouvanaa Oopa apprend la mort à l'hôpital Tenon à Paris de son fils, Marcel, ancien combattant dans le Corps expéditionnaire du Pacifique pendant la Seconde guerre mondiale, qui lui a succédé en tant que député de Polynésie française. Le 23 février 1966, un décret présidentiel lui rend la liberté mais il ne peut pas encore regagner son territoire. Il se fixe alors dans la capitale. Il bénéficie, à la fin de 1968, d'un décret de grâce présidentielle portant remise de l'interdiction de séjour au titre de son statut d'ancien de la Grande guerre, de plus titulaire de la Croix du combattant. Le 30 novembre 1968, Tahiti lui réserve un accueil triomphal. En juillet 1969, une nouvelle amnistie présidentielle lui permet de retrouver ses droits civiques : il est de nouveau éligible.

Pouvanaa Oopa se fixe à Hamuta, dans la commune de Pirae et il entame une nouvelle phase dans la vie politique locale. Il s'engage dans le Here Âi'a te nuna'a ia ora (« Que vive le peuple dans son amour du Pays »), largement autonomiste, qui succède au parti qu'il avait fondé en octobre 1947, le Rassemblement démocratique des populations tahitiennes (RDPT). Il est tout naturellement présenté aux élections sénatoriales du 26 septembre 1971. Dans la suite logique des précédents scrutins, l'ancien charpentier-maçon passe au premier tour avec 74 voix contre 37 à son concurrent UT-UDR (gaulliste), Emile Le Caill.

Au Sénat, Pouvanaa Oopa s'inscrit au groupe de l'Union centriste et des démocrates de progrès (UCDP) alors en lisière de la majorité qui gouverne la France (4 octobre 1971). L'appartenance à cet ensemble charnière explique son travail de sénateur mais aussi ses votes mus par sa conviction rigoureusement chrétienne, les tendances profondes de la société polynésienne et l'émancipation de la tutelle française de son territoire. Il est successivement membre de la commission des affaires sociales (6 octobre 1971-22 janvier 1974), des affaires économiques et du plan (22 janvier-4 octobre 1974) puis des affaires culturelles. La dégradation de l'état de santé du sénateur de Polynésie française, opéré de la nuque en Nouvelle-Zélande en 1969, de nouveau opéré pour des kystes aux pieds en octobre 1971 à l'hôpital américain de Neuilly, explique une activité parlementaire ralentie. Il éprouve de réelles difficultés pour se déplacer et les photographies des dernières années de sa vie le montrent assis ou sur un fauteuil roulant. De 1971 à la fin de 1974, il assiste aux sessions d'automne du Sénat. Sa présence sera plus épisodique ensuite ainsi que l'atteste l'absence de travaux parlementaires jusqu'à son décès. Son activité législative consiste à conduire son pays natal à l'autonomie. Il dépose par trois fois une proposition de loi tendant à doter le territoire de la Polynésie française d'un nouveau statut (4 novembre 1971, 10 mai 1973 et 29 juillet 1974). Le 20 décembre 1972 et le 20 décembre 1974, il dépose la même proposition de loi tendant à organiser l'enseignement des cultures et langues vernaculaires dans les territoires d'outre-mer. Le sénateur du Nord André Diligent prononce en son nom l'intervention qu'il devait lire à l'occasion du débat sur la question orale posée par Jacques Duclos relative aux essais nucléaires du Pacifique (29 mai 1973). Le texte, très court, exhale une opposition irréductible à ces expériences aériennes : « nous ne pouvons plus supporter que notre territoire soit le champ clos des expériences nucléaires. » Cette déclaration s'accompagne d'une lettre ouverte au président de la République, cosignée avec le député du territoire Francis Sanford. Les deux parlementaires menacent de porter leur revendication devant l'ONU et devant le Parlement afin d'organiser un référendum sur l'indépendance de la Polynésie française.

Pouvanaa Oopa prend part à plusieurs votes importants. Il se prononce contre le texte de la loi portant création et organisation des régions, proposé par la commission mixte paritaire le 29 juin 1972, alors qu'il s'était abstenu lors des précédentes lectures. Il rejette la loi relative à l'interruption volontaire de grossesse le 20 décembre 1974 présentée, dans ses discours polynésiens, comme représentative de la civilisation occidentale et, par là même, incompatible avec la tradition chrétienne qu'il représente. En revanche, il approuve la loi d'orientation du commerce et de l'artisanat le 21 novembre 1973, la loi fixant à dix-huit ans l'âge de la majorité le 18 juin 1974 et la loi portant réforme du divorce le 18 juin de l'année suivante.

A partir de 1972, l'influence du « Metua » sur la vie politique de son territoire décline. Les listes du Here Âi'a sont défaites aux élections municipales de juillet 1972 et aux élections territoriales de septembre suivant. Pouvanaa Oopa ne peut conquérir Huahine et au terme du scrutin territorial il n'est plus que le doyen d'âge. Lors du discours inaugural de la nouvelle assemblée, il prend à partie le gouverneur Pierre Angeli en lui demandant la reconnaissance de sa langue. En 1976, sa santé se détériore et il s'enferme dans le silence. Le 10 janvier 1977, vers dix heures du matin, au terme d'une crise d'urée, Pouvanaa (le « pilier sage ») décède dans une clinique de Papeete. Sa dépouille est aussitôt transférée à la mairie pour y être exposée. Le lendemain, à l'occasion de ses obsèques célébrées au temple de Pa'ofa'i de Papeete, un hommage unanime lui est rendu. Le 5 avril 1977, le Sénat debout écoute son éloge funèbre lu par le président Alain Poher. Il parle d'un « enfant du peuple » et d'« un homme simple à l'instruction modeste ». Les qualités de l'ancien parlementaire sont mises en valeur : son patriotisme au cours des deux conflits mondiaux, sa participation aux travaux des commissions sénatoriales, son « profond amour de la France », le « porte-parole de ces populations qu'il connaît si bien et dont il partage les aspirations », « sa grande connaissance de la Bible [qui] lui tenait lieu de diplôme universitaire et s'il comprenait et écrivait le français avec quelque difficulté, il possédait une extrême maîtrise de la langue tahitienne. » Le secrétaire d'Etat aux anciens combattants André Bord associe le Gouvernement à cet éloge. Il souligne « un exemple de persévérance et de générosité mises au service du peuple. » La séance est suspendue dix minutes en signe de deuil. Son suppléant Daniel Millaud lui succède.

Pouvanaa Oopa dit « Metua » est bien le père du nationalisme ma'ohi. Il lisait l'histoire de son peuple à travers les pérégrinations d'Israël, peuple captif, élu de Dieu et promis à la libération. Premier député et premier sénateur ma'ohi à sièger au Parlement de la République, il fait l'objet, depuis son décès, d'un consensus polynésien autour de son action et de sa mémoire. Dès juillet 1977, un nouveau statut dote de l'autonomie administrative le Territoire de la Polynésie française lequel est, depuis 2003, une collectivité d'outre-mer. Le 10 mai 1982, place Tarahoi à Papeete, face à l'Assemblée territoriale, un buste posé sur une stèle blanche est inauguré en présence d'une foule nombreuse. Lui-même d'ailleurs avait justifié son action dans un journal autobiographique. On y lit que son caractère foncièrement français ne pouvait se détacher d'une identité intégralement tahitienne.

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Photo de M. Pouvanaa OOPA TETUAAPUA, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès
Etat-civil
Né le 10 mai 1895
Décédé le 10 janvier 1977
Profession
Entrepreneur dans le bâtiment
Département
Polynésie française