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TOMASINI René

Ancien sénateur de l'Eure

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 28 septembre 1980
  • Fin de mandat le 5 mai 1983 (décédé)

Fonctions antérieures

  • Secrétaire d'État
  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation
  • Membre du Groupe du Rassemblement pour la République

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

TOMASINI (René, François)

Né le 14 avril 1919 à Petreto-Bicchisano (Corse)

Décédé le 5 mai 1983 à Tosny (Eure)

Député de l'Eure de 1958 à 1974 et de 1978 à 1980

Secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement du 8 juin 1974 au 25 août 1976

Sénateur de l'Eure de 1980 à 1983

René Tomasini se destine très tôt à la carrière préfectorale, que son père Hyacinthe avait déjà embrassée. Ses études secondaires ont pour cadres les lycées Buffon à Paris et Jacques Amyot à Melun. Il gagne ensuite la faculté de droit de Paris, y obtient sa licence, puis réussit le concours de chef de cabinet de préfet. René Tomasini prend son poste de chef-adjoint du cabinet du préfet de la Seine-et-Marne en novembre 1938 : il n'a alors que 19 ans. Après la défaite française, il s'efforce de concilier l'exercice de ses fonctions officielles et un engagement précoce dans la Résistance. Chef de cabinet du préfet de la Corrèze en 1943, il est arrêté par la Gestapo l'année suivante et torturé. A la Libération, Michel Debré, commissaire de la République à Angers, le prend comme directeur de cabinet. René Tomasini le suit ensuite au cabinet du général de Gaulle, où il entre comme chargé de mission en mai 1945. Sous-préfet de première classe, il passe au cabinet d'André Le Troquer, ministre de l'Intérieur, au lendemain de la démission du général de Gaulle, le 20 janvier 1946, puis est nommé sous-préfet des Andelys. En juin 1950, il gagne l'Algérie en qualité de sous-préfet de Contantine puis revient en métropole en mars 1953, après sa nomination comme sous-préfet de Riom. Conseiller technique auprès du Résident général au Maroc en octobre 1954, il est choisi pour diriger le Centre d'orientation des Français rapatriés du Maroc et de Tunisie en 1957.

Il se présente aux élections législatives de novembre 1958 avec l'étiquette de l'Union pour la nouvelle République (UNR) dans la 4e circonscription de l'Eure : la ville des Andelys, où il fut sous-préfet, y est située. Elu à une large majorité (74,9%) au second tour, il siégera dix-huit ans à l'Assemblée. Il s'y montre notamment attentif aux droits des rapatriés d'Afrique du Nord, au fonctionnement des entreprises publiques et aux problèmes de l'Information. René Tomasini est très présent au sein des différentes formations qui se réclament du gaullisme politique sous la Ve République. Secrétaire général-adjoint de l'UNR de 1961 à 1967, il lui revient d'en organiser les réunions du Conseil national et les assises. Vice-président du groupe de l'UNR-UDT (Union pour la nouvelle République-Union démocratique du travail) sous la deuxième législature de la Ve République (1962-1967), il s'implante très solidement dans l'Eure en devenant maire de Corny en 1959, puis des Andelys en 1965. Il est en outre élu conseiller général du canton des Andelys en mars 1968.

Homme de réseaux, parlementaire chevronné et organisateur-né, René Tomasini devient secrétaire général de l'Union des démocrates pour la République (UDR) en janvier 1971. Dans la lutte d'influence qui oppose Jacques Chaban-Delmas à Georges Pompidou, le maire des Andelys soutient sans ambiguïté le chef de l'Etat. L'UDR et le groupe parlementaire gaulliste sont en effet deux des terrains où se dispute cette querelle feutrée. Une déclaration malheureuse dans laquelle il accusait les magistrats de « lâcheté » (février 1971) et un scandale lié à l'usage des fichiers de l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) par des entreprises privées hâtent le départ de René Tomasini du secrétariat général de l'UDR en septembre 1972. Réélu député de l'Eure en 1973, il figure au nombre de ces 43 parlementaires gaullistes qui appellent à voter dès le premier tour de l'élection présidentielle de mai 1974 en faveur de Valéry Giscard d'Estaing. Proche de Jacques Chirac, il entre au Gouvernement en qualité de secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement quand celui-ci est nommé Premier ministre. De juin 1974 à août 1976, il s'efforce d'établir l'emprise de Jacques Chirac sur l'UDR, contre les « barons » - Michel Debré, Jacques Chaban-Delmas, Olivier Guichard - qui y résistent. Il ne retrouve pas ses fonctions dans le gouvernement Barre mais participe activement à la création du Rassemblement pour la République (RPR) en décembre 1976. Il est réélu député de l'Eure moins de deux ans plus tard, en mars 1978.

L'expansion démographique de l'Eure a justifié que lui soit attribué un troisième siège de sénateur dans les années 1970. Dans le même temps, le département a connu une poussée de la gauche : les mairies de Vernon et d'Evreux ont basculé en faveur des communistes en 1977, et les modérés ont perdu la présidence du Conseil général au profit des radicaux de gauche en 1979. C'est dans ce contexte que René Tomasini choisit de se porter candidat aux élections sénatoriales du 28 septembre 1980. La liste d'« Union pour la défense des intérêts du département et des communes », qu'il forme avec les sortants Gustave Héon et Modeste Legouez, emporte les trois sièges en jeu. Gustave Héon et René Tomasini sont élus dès le premier tour avec respectivement 751 et 740 voix sur 1 317, alors que Modeste Legouez doit attendre un second scrutin pour être confirmé dans ses fonctions.

René Tomasini, qui abandonne son siège de député pour siéger au Sénat, s'y inscrit au groupe RPR et appartient à la commission des finances. Rapporteur spécial du budget des Anciens combattants pour 1981, 1982 et 1983, René Tomasini en déplore la stagnation après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, en mai 1981. Il assume également les fonctions de rapporteur spécial du budget de l'Industrie pour 1982 et critique très vigoureusement la politique de nationalisation initiée par la gauche depuis son arrivée au pouvoir. Le 22 octobre 1981, il prend la parole en séance publique en qualité de rapporteur lors de la discussion de la loi de finances rectificative présentée par le gouvernement Mauroy. Il juge alors « hâtif » le projet du gouvernement pour la sidérurgie, appelle de ses voeux un plan industriel d'ensemble pour ce secteur et conclut son propos en s'en remettant à la sagesse du Sénat. Un mois plus tard, il fait entendre son opposition au projet de loi de nationalisation. Il s'exprime au nom du groupe RPR du Sénat et remarque que les partenaires économiques de la France privatisent au contraire des entreprises publiques au début des années 1980. Craignant que la capacité à conquérir des marchés à l'exportation soit affectée par le passage au public de pans entiers de l'économie française, il dénonce en outre « l'étatisation de la société » et estime que cette évolution menace les libertés fondamentales (séance publique du 20 novembre 1981).

Les critiques de René Tomasini portent aussi sur le maintien de l'ordre public depuis mai 1981 : il avait approuvé la loi sécurité et liberté (19 décembre 1980) mais s'oppose à l'abolition de la peine de mort (30 septembre 1981). Rapporteur de la commission d'enquête sénatoriale sur la sécurité des Français, il conclut à une augmentation de la délinquance avec violence et observe que la petite délinquance s'exerce pour une large part en toute impunité (novembre 1982). Le sénateur de l'Eure consacre sa dernière intervention au Palais du Luxembourg à la réforme des caisses d'épargne et de prévoyance. Il dénonce à cette occasion une « véritable entreprise de démolition des caisses d'épargne » et une nationalisation déguisée (séance du 13 avril 1983).

René Tomasini meurt des suites d'une longue maladie, au printemps 1983. Le 9 juin 1983, le président du Sénat Alain Poher prononce l'éloge funèbre de l'ancien secrétaire d'Etat, qu'il qualifie d'« homme de fidélité à la pensée gaulliste ». L'engagement de René Tomasini contre l'Occupant lui avait valu d'être décoré de la médaille de la Résistance, de la Croix de guerre 1939-1945 et de la Légion d'honneur.

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Photo de M. René TOMASINI, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe du Rassemblement pour la République
Etat-civil
Né le 14 avril 1919
Décédé le 5 mai 1983
Profession
Retraité du corps préfectoral
Département
Eure