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Compte rendu analytique officiel du 7 février 2012

Questions orales (Suite)

Avenir des IUT

M. Francis Grignon. - La loi du 10 août 2007 confère l'autonomie aux universités, dont les IUT sont des composantes. Les directeurs de ces établissements voulaient que les contrats d'objectifs et de moyens liant l'État à leurs tutelles leur fassent une place. Ce n'est pas le cas, si bien que ces contrats sont signés sans un regard pour les moyens des IUT. D'où la réforme demandée autour de trois axes : redéfinition des missions des IUT, création d'une structure fédérant les IUT au niveau régional, mise en place d'une structure publique nationale.

Dans une autre vie, j'ai apprécié la qualité des étudiants formés en IUT. Voilà pourquoi je porte la demande des directeurs d'IUT.

Mme Jeannette Bougrab, secrétaire d'État. - M. Wauquiez, retenu, est comme vous, conscient de l'importance des IUT dans notre paysage universitaire. L'autonomie, posée dans la loi du 10 août 2007, interdit de flécher un budget. Cela dit, le ministre a demandé aux recteurs de vérifier les conditions d'application des circulaires du 20 mars 2009 et du 19 octobre 2010. Quand des irrégularités ont été repérées, elles ont été corrigées. Enfin, le Gouvernement travaille à faire de la commission nationale consultative des IUT un véritable lieu d'échanges.

M. Francis Grignon. - Si le Gouvernement se saisit du dossier, c'est bien qu'il y a un problème. Espérons que ma question aidera à le résoudre.

Enseignement du chinois

M. Richard Yung. - La Chine est désormais le premier pays d'expatriation des Français avec plus de 30 000 de nos compatriotes en Chine, nombre en augmentation de 10 % par an. L'augmentation du nombre d'élèves en mandarin n'est pas liée à la population chinoise en France : presque 90 % des élèves ont pour langue maternelle le français. Quand seulement 38 % des enseignants de mandarin dans le secondaire sont titulaires, on ne comprend pas la suspension des concours de l'agrégation et du Capes externe pour 2011-2012. C'est d'autant moins compréhensible que fin novembre a été lancée l'année de la langue chinoise en France et que les Chinois développent l'enseignement du français.

Mme Jeannette Bougrab, secrétaire d'État. - M. Wauquiez, retenu, rappelle que l'ouverture des concours est fonction des besoins. Or l'analyse, cette année, fait apparaître, avec une baisse du nombre d'élèves constatée pour la première fois l'an dernier, que nos moyens sont satisfaisants. L'offre de onze postes au Capes interne suffira, d'autant que nombre de contractuels seront titularisés.

M. Richard Yung. - Onze postes pour 240 non titulaires ! Cela représente moins de 5 %. Cette situation ne s'explique que par la volonté du Gouvernement de faire contribuer l'enseignement du chinois à la politique de maîtrise de la dépense publique. Songez que, bientôt, un million de touristes chinois visiteront chaque année la France. Il faut former des gens pour les accueillir.