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Usages dangereux du protoxyde d'azote

Dernière mise à jour le 4 décembre 2019
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Mercredi 11 décembre  2019 à 16h30, le Sénat examine la proposition de loi tendant à protéger les mineurs des usages dangereux du protoxyde d'azote, présentée par  Valérie LÉTARD et plusieurs de ses collègues, dans le cadre de l'ordre du jour réservé au groupe UC.

 

 

 

Suivre les étapes de la discussion

 

 Les étapes de la discussion

 

 Première lecture au Sénat (11 décembre 2019)

 

 

Mercredi 11 décembre  2019 à 16h30, le Sénat examine la proposition de loi tendant à protéger les mineurs des usages dangereux du protoxyde d'azote, présentée par  Valérie LÉTARD et plusieurs de ses collègues, dans le cadre de l'ordre du jour réservé au groupe UC.

 

 Examen en commission au Sénat (4 décembre 2019)

 

Mercredi 4 décembre  2019, la commission des affaires sociales  a examiné le rapport de Jocelyne GUIDEZ et établi son texte sur la proposition de loi tendant à protéger les mineurs des usages dangereux du protoxyde d'azote, présentée par  Valérie LÉTARD et plusieurs de ses collègues.

La commission des affaires sociales a adopté plusieurs amendements, destinés à :

  • déplacer la substance de la proposition de loi dans un nouveau livre du code de la santé publique consacré aux usages détournés dangereux de produits de consommation courante ;
  • aligner le quantum de peine sur celui prévu pour la provocation d'un mineur à la consommation excessive d'alcool ;
  • préciser l'obligation d'étiquetage spécifique de ce produit qui incombera aux industriels ;
  • élargir l'information dispensée dans les collèges et lycées aux addictions et à leurs risques ;
  • obliger les fournisseurs d'accès à internet et les hébergeurs à informer leurs abonnés des restrictions de vente aux mineurs qui frappent certains produits - tels le protoxyde d'azote.

 

Nomination d'un rapporteur (30 octobre 2019)

Mercredi 30 octobre 2019, la commission des affaires sociales a désigné Jocelyne GUIDEZ rapporteure de la proposition de loi tendant à protéger les mineurs des usages dangereux du protoxyde d'azote.

Dépôt du texte (5 avril 2019)

Vendredi 5 avril 2019, Valérie LÉTARD, Frédéric MARCHAND, Olivier HENNO, Marc-Philippe DAUBRESSE, Jean-Pierre DECOOL, Dany WATTEBLED, Éric BOCQUET, Brigitte LHERBIER et plusieurs de leurs collègues,ont déposé au Sénat la proposition de loi tendant à protéger les mineurs des usages dangereux du protoxyde d'azote.

 Comprendre les enjeux

 

Le protoxyde d’azote de plus en plus détourné de son usage originel à des fins toxicomanes…

Originellement utilisé comme gaz de pressurisation d'aérosol alimentaire, notamment d'usage courant pour les siphons culinaires à chantilly, ou bien en milieu hospitalier pour ses propriétés anesthésiques et analgésiques, le protoxyde d’azote (N2O), également dénommé "gaz hilarant", est aujourd’hui massivement utilisé comme drogue récréative par les jeunes.

Il ressort en effet du rapport de l'observatoire français des drogues et des toxicomanies (décembre 2018) que des "usages détournés de protoxyde d’azote sont observés de façon discontinue depuis 1999 (…) ; [qu’à] partir de 2015, on constate qu’il devient très disponible sur les scènes festives alternatives (…). [Et qu’en] 2017, la visibilité du protoxyde d’azote dans l’espace public s’accroît dans la métropole lilloise où les cartouches vides jonchent les trottoirs de certains quartiers, témoignant du caractère massif des consommations. Le site TREND de Lille a identifié différents profils de consommateurs : jeunes impliqués dans le trafic de stupéfiants, personnes prostituées, personnes précaires, mais aussi des collégiens et des lycéens".

… avec des conséquences sanitaires graves

Selon un communiqué de presse du Premier ministre et du ministère de la santé du 19 novembre 2019, l’"évolution des pratiques s'accompagne d'une augmentation du nombre de signalements d'effets sanitaires graves, avec atteintes du système nerveux central et de la moelle épinière, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) via le réseau d’addictovigilance (CEIP-A). La plupart des cas déclarés concernent des hommes âgés de 18 à 34 ans".

Une proposition de loi pour contenir le phénomène

Afin d’"apporter des réponses concrètes à cette réalité de terrain qui alerte de plus en plus les acteurs locaux, élus, agents de prévention, professionnels de la santé..." Valérie LÉTARD, Frédéric MARCHAND, Olivier HENNO, Marc-Philippe DAUBRESSE, Jean-Pierre DECOOL, Dany WATTEBLED, Éric BOCQUET, Brigitte LHERBIER, Martine FILLEUL, Patrick KANNER, sénateurs du Nord, de groupes politiques différents, et plusieurs de leurs collègues ont déposé une proposition de loi au Sénat le 5 avril 2019.

Ils proposent de modifier le code de la santé publique (articles 1 à 3), afin notamment :

  • d’interdire l'incitation ou la provocation à la consommation de N2O (entendue comme l'inhalation ou l'absorption, ce qui autorise donc l'achat de N2O contenu dans un siphon de chantilly), et prévoir une peine d’un an d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende pour ceux qui ne respecteraient pas cette interdiction (art 2, insérant un article L. 3531-1 dans le code de la santé publique) ;
  • d’interdire la vente ou l'offre aux mineurs (dans les commerces et lieux publics), mais une exception serait prévue en cas de prescription médicale (art 2, insérant un article L. 3531-2 dans le code de la santé publique), y compris par des sites de commerce en ligne (art 2, insérant un article L. 3531-3 dans le code de la santé publique) ;
  • de permettre des actions d’information et de prévention dans les établissements scolaires et l’armée (art 2, insérant un article L. 3532-1 dans le code de la santé publique) ;
  • de prévoir l’apposition d’un pictogramme indiquant l'interdiction de vente aux mineurs de moins de 18 ans sur chaque contenant incluant ce produit (art 2, insérant un article L. 3532-2 dans le code de la santé publique).

Une évaluation du dispositif

Un rapport d’évaluation de la présente proposition de loi devra être remis par le Gouvernement au Parlement. Il s’attachera à "développer une approche pluridisciplinaire sur la consommation du protoxyde d’azote par la population et ses conséquences sur les politiques publiques de santé et éducative" (article 4).

En savoir plus :

Photo © Wikimedia / Hansmuller