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2 - DES RELATIONS COMMERCIALES CONTRASTÉES

L'évolution du commerce entre les deux pays est favorable. Cependant, la délégation du Sénat n'a pu que constater que l'engagement des entreprises françaises, en particulier des PME-PMI, n'était pas à la hauteur des opportunités offertes par le marché émirien.

a/ Les échanges franco-émiriens : une évolution favorable



On constate en premier lieu que le flux total des échanges tend à s'accroître même s'il enregistre d'importantes variations d'une année sur l'autre.

Deuxième constat : notre pays bénéficie d'un excédent structurel fortement croissant : + 5,7 milliards de francs en 1997.

Ces résultats doivent être tempérés par le fait que les compagnies pétrolières françaises, et en particulier Total, très présente aux Emirats, interviennent dans le négoce pétrolier. Dès lors, si notre balance commerciale est excédentaire, il n'en va plus de même pour notre balance des paiements comme le montre le tableau suivant :

Les échanges commerciaux entre la France et l'Etat des Emirats Arabes Unis

Echanges commerciaux bilatéraux, de 1987 à 1997, en millions FF


Echanges

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997*

Exportations**

5525

3459

3604

4809

9615

7379

6902

8544

4757

Importations

2175

1691

3013

2441

1349

776

904

996

976

Solde commercial

+ 3350

+ 1768

+ 591

+ 2368

+ 8266

+ 6606

+ 5998

+ 7548

+ 3781

Solde de négoce

- 9980

- 13164

- 13826

- 12059

- 9507

- 8573

- 8001

- 8951

- 7982

Solde des échanges

6530

- 11396

- 13235

- 9691

- 1241

- 1970

- 2003

+ 526

- 4201

(* 9 mois)

(** Le poste des exportations est établi sur la base FAB-FAB et inclut les ventes de matériel militaire)

Source : Banque de France - Balance des Paiements

b/ Les exportations françaises, une insuffisance notable

Les Emirats sont le quatrième client de notre pays dans la région après l'Egypte, l'Arabie saoudite et Israël. Cependant, avec 6 milliards d'exportations civiles en 1997 et une part de marché évoluant entre 4 et 5 %, la France n'est que le huitième fournisseur de la Fédération, loin derrière le Japon (14 % de part de marché), les Etats-Unis (9 %), le Royaume-Uni (8 %), l'Italie et l'Allemagne (7,5 %) et la Corée du Sud (5 %).

Le tableau ci-après présente la structure de ces exportations :


Exportations

1995

1996

1997

Variations 96/97

1. Agro-alimentaire

423

512

628

+ 22,6 %

2. Produits énergétiques

34

37

76

+ 104,2 %

3. Métaux et produits de l'emballage

552

575

413

- 28,1 %

4. Produits chimiques

526

632

748

+ 18,2 %

5. Biens d'équipements professionnels

3 648

2 330

2 500

+ 7,2 %

6. Matériels électriques et électroniques

123

145

149

+ 3,0 %

7. Voitures particulières, cycles, etc...

40

43

63

+ 45,2 %

8. Pièces détachées et véhicules utilitaires

54

83

163

+ 96,8 %

9. Biens de consommation

1 002

1 086

1 318

+ 21,4 %

TOTAL

6 410

5 447

6062

+ 11,2 %

Source : DREE/Douanes françaises

Ces chiffres témoignent de l'insuffisante présence de nos entreprises. Si 180 sociétés françaises disposent d'une implantation permanente aux Emirats, nos échanges sont en effet concentrés sur quelques postes.

Les biens d'équipements professionnels représentent 42 % du total avec 2,5 milliards de francs en 1997. Cette part tend à diminuer en raison du ralentissement de la conclusion de grands contrats civils depuis 1995. On relèvera la part importante constituée par le matériel électrique (302 millions de francs), le matériel électronique (285 millions), les propulseurs d'aéronefs (181 millions), le matériel thermique et frigorifique (176 millions), les instruments d'optique et de précision (167 millions). Le tableau suivant donne le détail de nos exportations de biens professionnels.

Exportations françaises de biens d'équipements professionnels aux Emirats Arabes Unis

(en millions FRF)


Equipements professionnels

1995

1996

1997

Variations 96/97

1. Robinetterie

83

87

85

- 2,3 %

2. Matériel thermique et frigorifique

148

170

176

+ 3,0 %

3. Pompes et compresseurs

57

81

77

- 4,3 %

4. Turbines

186

112

103

- 7,9 %

5. Produits de chaudronnerie

19

24

19

- 22,0 %

6. Machines spécialisées

169

73

85

+ 16,2 %

7. Matériels de travaux publics

32

23

33

+ 41,2 %

8. Matériel de manutention

32

30

56

+ 86,7 %

9. Matériel de mine et de forage

19

19

21

+ 8,7 %

10. Matériel électrique

474

362

302

- 16,7 %

11. Matériel informatique

58

75

73

- 3,2 %

12. Matériel téléphonique et télégraphique

130

61

77

+ 26,7 %

13. Appareils de mesure électronique

48

39

37

- 4,1 %

14. Composants passifs

178

66

144

+ 118,4 %

15. Matériel électronique professionnel

168

167

285

+ 71,2 %

16. Aéronefs

878

86

96

+ 11,8 %

17. Propulseurs d'aéronefs

141

211

181

- 14,0 %

18. Equipements pour aéronefs

73

73

46

- 36,3 %

19. Horlogerie

34

41

47

+ 14,8 %

20. Matériel de photo-cinéma

114

116

63

- 45,3 %

21. Instrument d'optique et précision

490

180

167

- 7,4 %

TOTAL

3 648

2 330

2 500

+ 7,2 %

TOTAL (hors aéronautique)

2 556

1 961

2 165

+ 10,4 %

Source : DREE/Douanes françaises

Les biens de consommation représentent une part de 22 % du total des exportations. Il s'agit avant tout des parfums et cosmétiques qui ont totalisé plus de 700 millions de francs de vente en 1997.

Exportations françaises de biens de consommation aux Emirats Arabes Unis

(en millions FRF)


Biens de consommation

1995

1996

1997

Variations 96/97

1. Produits pharmaceutiques

51

54

76

+ 39,9 %

2. Parfumerie/cosmétiques

526

578

724

+ 25,3 %

3. Autres produits de la parachimie

45

62

55

- 11,5 %

4. Tissus, dentelles, tapis

71

77

72

- 6,9 %

5. Produits de la bonneterie

31

20

22

+ 12,0 %

6. Articles d'habillement

78

91

135

+ 47,5 %

7. Maroquinerie

14

16

19

+ 17,6 %

8. Chaussures

23

28

34

+ 18,2 %

9. Livres, imprimés

32

25

9

- 64,1 %

10. Disques, cassettes

4

5

9

+ 93,5 %

11. Meubles et produits en bois

36

42

51

+ 21,2 %

12. Bijouterie, joaillerie

30

22

25

+ 13,3 %

13. Articles de bureau

28

32

40

+ 26,0 %

TOTAL

1 002

1 086

1 318

+ 21,4 %

Source : DREE/Douanes françaises

Les produits intermédiaires représentent 19 % des exportations françaises, avec au premier rang les produits de verrerie (244 millions de francs), les tubes d'acier (125 millions), les matières plastiques.

Exportations françaises de produits intermédiaires

(en millions FRF)


Produits intermédiaires

1995

1996

1997

Variations 96/97

1. Produits sidérurgiques

18

21

26

+ 20,1 %

2. Tubes d'acier

83

127

125

- 1,8 %

3. Produits de fonderie

305

286

69

- 75,9 %

4. Articles en métaux

36

38

33

- 14,3 %

5. Menuiserie métallique

39

10

23

+ 133,2 %

6. Outillage quincaillerie

36

37

52

+ 39,3 %

7. Produits chimiques de base/Pharmacie

22

25

20

- 18,6 %

8. Prod. chimiques organiques/usage industriel

41

47

59

+ 24,1 %

9. Matériaux construction céramiques

46

50

43

- 14,6 %

10. Produits verrerie

144

197

244

+ 23,7 %

11. Matières plastiques

82

102

98

- 4,0 %

12. Produits de consommation plastiques

16

17

15

- 8,2 %

13. Huiles essentielles et aromatiques

29

32

39

+ 20,8 %

14. Papier carton

27

30

32

+ 5,3 %

15. Pneumatiques

14

21

65

+ 206,5 %

16. Produits en caoutchouc

17

22

14

- 39,4 %

TOTAL

1 078

1 209

1 163

- 3,7 %

Source : DREE/Douanes françaises

Les produits agro-alimentaires représentent près de 10 % des exportations et connaissent une croissance significative grâce au développement des ventes de volailles et de gibiers. Cependant, les performances de ce secteur apparaissent singulièrement décevantes eu égard aux potentialités du marché émirien très friand de produits traditionnellement associés à la cuisine française. Un obstacle à sa progression réside sans doute dans l'importance des entreprises britanniques dans la distribution de produits alimentaires. Cela étant, la frilosité des entreprises françaises, en particulier des P.M.E. exportant des produits de grande qualité, à l'égard du marché émirien, est incontestable.

D'une manière générale, le dynamisme de nos entreprises n'est pas à la hauteur des enjeux de ce marché. Sans doute craignent-elles la très forte concurrence qui y prévaut. Sans doute aussi le système du partenariat((*)1) rebute-t-il certaines d'entre elles. De surcroît, nous souffrons de carences non négligeables comme l'absence de bureaux d'études et de consultants, qui sont principalement britanniques et américains, ou encore la faiblesse de notre présence dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Cela n'explique cependant pas que notre part de marché soit très inférieure à celle du Japon, de l'Allemagne, de l'Italie.

Les Emiriens sont d'ailleurs conscients de cette frilosité. Ils la regrettent compte tenu du savoir-faire de nos firmes et de leur volonté de diversifier leurs fournisseurs. C'est ainsi, par exemple, que la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Abou Dabi a annoncé son intention d'organiser une semaine française des PME au début de 1999. C'est ainsi que son président, Cheikh Al Masaoud, s'est rendu en France le 26 mai dernier pour y rencontrer des PME françaises et a été reçu par le groupe sénatorial à cette occasion. C'est ainsi que les responsables des Chambres de Commerce et d'Industrie des Emirats participeront au colloque organisé, le 4 novembre prochain, par notre groupe sénatorial au Palais du Luxembourg.

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