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France - Israël : des liens en renouveau

 

F. ENTRETIEN AVEC M. VICTOR BATARSEH, MAIRE DE BETHLÉEM

Né à Bethléem en 1934, Dr. Victor Hanna Batarseh est diplômé en otorhinolaryngologie de l'université du Caire et en chirurgie auriculaire de l'université de Londres. Il a été élu maire de Bethléem le 20 mai 2005, succédant à Hanna Nasser.

Les membres de la délégation entourant M. Victor Batarseh

M. Victor Batarseh a souligné, tout d'abord, que la ville de Bethléem avait une dimension symbolique pour le monde entier : berceau de la chrétienté, elle doit transmettre un message de paix et d'amour. Il a souhaité qu'un plus grand nombre de touristes et de pèlerins s'y rendent tout au long de l'année.

Puis il a indiqué que le conseil municipal de Bethléem, le premier élu depuis 29 ans, comprenait quinze membres, dont huit chrétiens et sept musulmans. Aux termes d'un décret du président de l'Autorité palestinienne, alors Yasser Arafat, le maire de Bethléem et son adjoint doivent être chrétiens ; cette règle concerne également huit autres villes palestiniennes.

Chrétiens et musulmans vivent en paix, mais il existe un mouvement général d'émigration des chrétiens, qui est plus prononcé à Bethléem ; on compte aujourd'hui près de 35 % de chrétiens dans « le grand Bethléem », plus de 50 % à Beit Jala ; il y a trois camps de réfugiés à Bethléem.

M. Victor Batarseh a estimé que le mur de séparation avait transformé Bethléem en une grande prison et qu'il avait contribué à faire chuter ses principales sources de revenus :

- 35 % des terres ont été confisquées lors de sa construction ; l'activité agricole s'en est donc trouvé fortement réduite ;

- le nombre de pèlerins a chuté à 15 % de sa valeur normale ;

- il en est de même du nombre de personnes travaillant en Israël.

Il a ajouté que le boycott du Gouvernement palestinien avait contribué à la dégradation de la situation de la population : le taux de chômage est de 65 % ; 70 % de palestiniens vivent sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 2 dollars par jour ; plus de 50 % souffrent de malnutrition, du fait de l'embargo.

En outre, les impayés de taxes municipales placent la ville dans une situation très difficile : celle-ci a dû souscrire des emprunts, depuis onze mois, pour payer les salaires de ses employés ; impayés depuis décembre, ces derniers ont engagé un mouvement de grève.

Puis, remerciant la France pour son soutien à la cause palestinienne, M. Victor Batarseh a indiqué que les Palestiniens étaient désormais prêts à accepter une solution de paix condamnant la violence des deux côtés, basée sur deux États et les frontières de 1967. Il a souligné qu'il devrait s'agir d'une reconnaissance mutuelle des deux États, et non seulement d'une reconnaissance unilatérale d'Israël par les Palestiniens, et que cet État palestinien devrait être laïc : en effet, il a indiqué que 70 % des Palestiniens ne souhaitaient pas un d'État fondé sur la religion.

Enfin, il a précisé que le Hamas n'avait pas été élu sur la base d'un programme religieux, mais en séduisant les plus pauvres, par l'ouverture de clubs ou d'écoles gratuites. Il a profité, ensuite, de la dénonciation de la corruption à l'oeuvre sous le Fatah : la population avait soif de changement.