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II. LES INITIATIVES FRANÇAISES [16].

Les entreprises françaises ont répondu de manière très active à la politique de privatisation hongroise. A l'instar de l'ensemble des investisseurs internationaux, elles ont en effet plébiscité la Hongrie, où elles ont investi près de la moitié du total transféré depuis 1990 dans l'ensemble de l'Europe centrale et orientale.

A. LA POLITIQUE HONGROISE DE PRIVATISATION.

La Hongrie a choisi, dès 1990, de concevoir la privatisation au premier chef comme un moyen de moderniser son économie au travers de l'injection de capitaux, d'équipements et de savoir-faire. Cette privatisation s'est donc faite, pour l'essentiel, à destination d'investisseurs étrangers qui sont à la fois les propriétaires de la majorité ou de la totalité du capital, et les opérateurs des entreprises qu'ils contrôlent financièrement.

Les investissements étrangers ont connu un certain ralentissement en 1994 (1,3 milliards de dollars contre 2,5 milliards de dollars en 1993), mais la Hongrie a relancé vigoureusement le processus de privatisation au cours du deuxième semestre de l'année 1995, en particulier dans les secteurs électrique et gazier. Elle maintient ainsi incontestablement sa position de premier pays d'accueil des investissements étrangers dans les pays d'Europe centrale et orientale avec près de la moitié du total investi dans ces pays. Le total de ces investissements réalisés en 1995 aura atteint 4,5 milliards de dollars (dont plus de 3 milliards de dollars au titre des privatisations), portant ainsi le stock à 12-13 milliards de dollars.

La tendance s'est poursuivie en 1996, les investissements directs étrangers représentant 1,1 milliards de dollars entre janvier et septembre.

La Hongrie est, avec la Grande-Bretagne, le pays européen qui est allé le plus loin dans la politique de privatisation.

Outre l'industrie (à l'exception pour le moment de grandes industries lourdes héritées du COMECON) et les services marchands, de nombreux services publics sont aujourd'hui gérés par des filiales d'entreprises étrangères : toute la distribution gazière, l'essentiel de la distribution d'électricité, la majeure partie de la production conventionnelle d'électricité, les services téléphoniques.

Environ 70 % du PIB hongrois sont aujourd'hui générés par le secteur privé.

Les exportations du pays sont réalisées aux trois quarts par des entreprises à capitaux étrangers.

B. LA PRESENCE DES ENTREPRISES FRANÇAISES DANS L'INVESTISSEMENT ETRANGER EN HONGRIE.

1. Les ordres de grandeur.

Les quelques 200 filiales d'entreprises françaises (auxquelles doivent être ajoutés près de cinquante bureaux de représentation) représentent un stock d'investissement estimé à environ 1,5 milliards de dollars.

D'après un recensement réalisé au milieu de l'année 1995, les filiales françaises employaient plus de 28.000 salariés et réalisaient un chiffre d'affaires de 187 milliards de forints, soit environ 1,8 milliards de dollars (supérieur donc aux exportations françaises directes). Le chiffre d'affaires n'était que de 87 milliard de forints deux ans plus tôt, soit environ 1,1 milliards de dollars).

Avec 650 millions de dollars investis jusqu'à mi-95, la France représentait près de 7-8 % du total des investissements directs en Hongrie (8 milliards de dollars de stocks de capitaux à cette date auxquels s'ajoutent des apports en nature estimés à environ 1 milliard de dollars).

Dans les derniers mois de l'année 1995, la France a sans doute presque doublé son stock, avec les achats de deux sociétés de distribution de gaz par GDF, de deux sociétés de distribution d'électricité par EDF, de 25 % supplémentaires du capital de Chinoin par Sanofi et de 51 % du capital d'Egis par les laboratoires Servier. En 1996, sont intervenus des mouvements sur le capital de plusieurs sociétés filiales (dont Chinoin pour Sanofi), ainsi que le rachat de Taurus par Michelin.

Ainsi, la France représente à l'automne 1996 une part supérieure à 10 % des investissements directs étrangers en Hongrie, ce qui lui permet de se situer à la troisième place, légèrement devant l'Autriche, même si elle se trouve loin derrière l'Allemagne (entre 3,5 et 4 milliards de dollars) et les Etats-Unis d'Amérique (entre 3 et 3,5 milliards de dollars). La France se trouvait au niveau de l'Autriche en 1995.

2. Les caractéristiques de l'investissement français.

Cet investissement est concentré (avec environ 10 % de capitaux investis les sociétés françaises représentent moins de 1 % des 25.000 sociétés à capitaux étrangers), et de s'être surtout effectué dans le cadre des privatisations. Les États-Unis, au contraire, ont surtout opéré par création de nouvelles sociétés.

Initialement, l'investissement français était surtout industriel et agro-alimentaire, avec une forte majorité d'investissements de production (les filiales d'importations étant minoritaires). On peut ainsi relever une forte présence dans l'industrie pharmaceutique, le sucre, les huiles alimentaires.

Il s'est progressivement diversifié vers le secteur financier (les trois principales banques françaises sont présentes sous des formes variées) et les services avec l'arrivée d'ACCOR, de SODEXHO, de la Compagnie générale des eaux (branche télécommunications notamment), de la Lyonnaise des eaux et maintenant d'EDF et de GDF.

Par région, la majorité des investissements s'est réalisée à Budapest et dans ses environs, mais deux autres pôles forts doivent être mentionnés : Szeged et le Comitat de Csongrad, où le gaz, le téléphone, l'eau et l'électricité sont exploités par des sociétés à capitaux français. On y trouve également des investissements dans le matériel électrique (Legrand), la porcelaine (Table de France) et, très prochainement, l'utilisation industrielle des rafles de maïs.

C. LES PRINCIPAUX INVESTISSEMENTS FRANÇAIS EN HONGRIE.

Investissements industriels (hors agro-alimentaire) :

- SANOFI (Chinoin)

- MERLIN GERIN (Merin-Gerin Vertesz)

- SCHLUMBERGER (Ganz-Meter)

- TOTAL (Trilak-Hearing)

- SNPE (Borsodchem)

- TABLE DE FRANCE (Alföld Porcelain)

- LEGRAND (Kontavill)

- WEIL (Tulipan)

- SECURIDEV (Elzett Sopron)

- PANOL (Hungaropanol)

- FONDERIES ET ATELIERS DU BELIER (Le Belier Magyarorszàg Formaöntönde Rt)

- LEROY SOMER (IMI Kft)

- CHANTELLE (Pasha Kft)

- KERLANE (Motim-Kerlane)

- COMASEC INTERNATIONAL (Comasec Respirator)

- CARNAUD METAL BOX (boites métalliques) (CMB Magyarorszàg Kft)

- SERVIER (Egis).

Investissements agro-alimentaires :

- BEGHIN-SAY (CEREOL-Huiles)

- BEGHIN-SAY (sucreries de Szolnok, Szerencs, Màtravidék)

- SANOFI (Phylaxia)

- Groupe DANONE (Budapest Tejipari Vàllalat)

- BONGRAIN (Veszprem Tejipari Vàllalat et Coopérative de Repcselak)

- GENERALE SUCRIERE (Sucrerie de KABA)

- BONDUELLE (conserverie de Nagykörös)

- RHONE-POULENC - AGRO-CHIMIE (Argo-Borsod)

- TESSEIRE (Szobi-Szörp)

- UCAAB - Rhône-Poulenc - Nutrition Animale (Vitafort)

- GMF (Tokaj Hétszölö)

- GAN (Tokaj Megyer et Pajzos)

- CANA (Tokaj Messzelàto)

- AXA (Tokaj Disznokö).

Infrastructures :

- TRANSROUTE / CDC / BNP et autres investisseurs financiers (ELMKA - Autoroute M1)

- CG SAT (Télécommunications, concessions régionales de Szeged, Szentes et Vac/Gödöllö)

- BOUYGUES CDC (immeuble Ràkoczi)

- SUEZ-DUMEZ (West End)

- COLAS (Eszakkö)

- COLAS (Alterra)

- GTM (Hidepitö)

- ALCATEL (Télécommunications, concessions régionales de Veszprém, Szigetszentmiklos, Dunaujvàros, Esztergom)

- EDF (Démasz, Edasz)

- GDF (Egaz, Dégaz).

Investissements communaux, services et divers :

- TOTAL (Compagnies régionales de distribution de gaz butane-propane)

- SARP-INDUSTRIE (Groupe Générale des eaux) usine de traitement de déchets de Dorog

- ACCOR (Pannonia)

- TOTAL (réseau de stations-services)

- ALCATEL

- BULL

- COMPAGNIE GENERALE DE CHAUFFE (Prometheus)

- RENAULT Hungaria

- PEUGEOT Hungaria

- COMPAGNIE GENERALE DES EAUX (services urbains, télécoms)

- LYONNAISE DES EAUX (services urbains)

- L'OREAL (Lorebel Kozmetikai Kft)

- GUY DAUPHIN ENVIRONNEMENT (Ereco-Meh Rt)

- SODEXHO (Pest Budai Gastro Lànc - restauration collective).

Finances :

- CREDIT LYONNAIS Magyarorszàg

- BNP (BKD)

- SOCIETE GENERALE (CIB)

- PARIBAS

- GAN (Europa-GAN)

- CERUS (Cofinec)

- UAP (COLONIA).

Entretien du Groupe sénatorial

France-Hongrie

Mardi 22 octobre 1996, 15 heures - Entretien au Poste d'expansion économique organisé par M. Paul HUNSIGER, Conseiller économique et commercial et Mme Gabriella KOVACS, Directrice de la Chambre de commerce et d'industrie franco-hongroise.

Les chefs d'entreprise présents étaient :

M. Jacques PEYRUSAUBES, Délégué général d'Electricité de France ;

M. Michel CANNY, Directeur général du Crédit lyonnais Hongrie, Président de la section Hongrie des conseillers du commerce extérieur de la France ;

M. Didier DAUPHIN, Directeur général adjoint de la BKD (filiale de la BNP) ;

M. Bernard FAIVRET, Délégué général de Gaz de France ;

M. Denis GIVOIS, Directeur général de Prometheus (pôle énergie de la Générale des eaux) ;

M. Gyula HARBULA, Directeur général de Pannonia (filiale d'ACCOR) ;

M. Alain HORTION, Directeur général de Mazars et Guérard Hongrie ;

M. Mehdi OUAZZANI, Directeur général de Budafoki Szesz-és Élesztõgyár (Groupe Lesaffre) ;

M. Arnaud SASSI, Directeur général adjoint du GAN Hongrie ;

M. Gérard THIERRY, Directeur général de Bouygues Hongrie.

M. Jacques PEYRUSAUBES (EDF) a indiqué qu'EDF détenait 48 % des parts de deux sociétés de districts et que trois appels d'offres devaient encore avoir lieu concernant les sociétés régionales d'exploitation.

A propos de la rénovation et de l'extension de la centrale nucléaire de PAKS, l'affaire demeure à suivre de même que celle de l'adjudication du réseau de transport.

Demeure l'inconnue de la fixation du prix de l'énergie toujours en attente même si une loi l'avait annoncée. Tout reste suspendu à cela, peut-être jusqu'en 1997.

M. Michel CANNY (Crédit lyonnais) a rappelé que le Crédit lyonnais s'était implanté en Hongrie en 1992 et y comptait maintenant 100 personnes qu'il y avait réalisé 100 millions de francs d'investissements et présentait un bilan de 1,2 milliard de francs. Banque commerciale, le Crédit lyonnais traite avec des moyennes et des grandes entreprises. Ses clients sont pour un tiers des Français, un tiers des Hongrois et le dernier tiers d'autres nationalités.

La première année, le résultat a été nul puis des bénéfices ont été dégagés. L'année 1995 fut très bonne, comme 1996.

Le Crédit lyonnais se réjouit d'avoir trouvé en Hongrie des collaborateurs de grande qualité dont l'éducation et la formation sont d'un niveau exceptionnel.

En revanche, les relations avec l'administration laissent à désirer en raison de la permanence de certaines habitudes chez des fonctionnaires formés sous l'ancien régime politique, ce qui pose des problèmes de communication.

Les principales difficultés concernent les crédits à moyen terme. Il serait souhaitable que le Gouvernement français puisse aider les crédits ou les joint ventures nécessaires.

M. Arnaud SASSI (GAN) a expliqué que sa société se développait dans le secteur de l'assurance et dans la viticulture depuis 1990 tout en soulignant les obstacles à surmonter.

100 millions de francs ont été investis, ce qui est peu par rapport à d'autres compagnies d'assurances étrangères présentes en Hongrie où 95 % des assurances sont détenus par des sociétés étrangères.

400 personnes sont employées par le GAN qui gère 90.000 polices d'assurance dont 90 % relèvent du marché de l'assurance collective. Le marché est très porteur sans compter les possibilités offertes par les retraites et la maladie.

En ce qui concerne la viticulture, le GAN produit du "Tokay Aszu 5 puttoños" "Château Megnoni", c'est-à-dire un vin de grande qualité afin de contribuer à rendre toute sa noblesse au vin hongrois.

M. Gyula HARBULA (PANNONIA, détenu à 51 % par le groupe ACCOR).

Pannonia est en cours de développement dans neuf pays autour de la Hongrie avec trente-trois hôtels dont six en Autriche et dix en Allemagne et 2.500 personnes employées.

Le chiffre d'affaires est de 16 milliards de forints (• 500 millions de francs français) ; les bénéfices de 1997 devraient atteindre le niveau optimal souhaité lors de l'investissement. 1996 fut une bonne année touristique.

ACCOR a apporté certaines techniques à son partenaire hongrois.

M. Didier DAUPHIN, BKD (BNP) dont la firme est implantée depuis 1991 avec 140 personnes est satisfait de la progression constatée. Beaucoup d'efforts sont actuellement déployés vers les entreprises à 100 % hongroises, surtout vers les sociétés exportatrices.

M. Mehdi OUAZZANI (LESAFFRE) quatrième producteur mondial de levures pour le pain, avec vingt-cinq usines sur cinq continents, a racheté l'unique fabricant hongrois de ce produit et détient 95 % du marché de la levure et 35 % du marché de l'alcool brut et de l'alcool industriel.

Avec 171 millions de francs de chiffre d'affaire et 240 personnes employées dont seulement six Français, LESAFFRE considère le marché hongrois comme très prometteur, la Hongrie étant considérée davantage comme une base d'exportation que comme une fin en soi.

La visite du ministre de l'agriculture, M. Philippe VASSEUR, a bien aidé les entreprises françaises en Hongrie qui sont très désireuses de voir le Gouvernement français développer davantage sa communication dans ce pays.

LESAFFRE est le troisième investisseur français en Hongrie.

En matière d'environnement, la Hongrie a récemment adopté les règles les plus sévères de la Communauté européenne, ce qui crée des difficultés pour les entreprises car le respect de ces normes risque d'entraîner une augmentation de 40 % du prix de vente pour LESAFFRE.

M. Bernard FAIVRET, délégué général de Gaz de France, a indiqué que son entreprise employait 2.000 personnes en Hongrie dans deux entreprises distinctes notamment à Györ et à Szeged.

Actuellement, l'avenir est suspendu aux discussions tarifaires.

Par principe, les équipes hongroises sont maintenues en place sauf pour le contrôle de gestion et le développement qui sera réduit dès que possible à seulement quatre personnes à temps plein.

Il a loué les mérites du management hongrois qui est de très haut niveau et très ouvert.

M. Alain HORTION du cabinet Mazars et Guérard Hongrie (auditeurs et commissaires aux comptes). Etabli en Hongrie depuis 1991 pour y accompagner ses clients, ce cabinet a développé sur place une clientèle internationale et une clientèle hongroise.

Au début, le taux d'encadrement par des Français expatriés était très élevé car les contrôles de gestion, des comptes et financiers étaient des domaines jusqu'alors inconnus en Hongrie.

Le cadre juridique et fiscal en place posait de nombreux problèmes d'application.

En particulier, le fait que l'administration fiscale hongroise est plus favorable aux petits entrepreneurs.

Mme Gabriella KOVACS, directrice de la Chambre de commerce et d'industrie franco-hongroise de Budapest. Créée en 1991, celle-ci est la première chambre de commerce internationale avec 180 membres. Elle emploie trois permanents français et rend des services aux entreprises.

M. Gérard THIERRY (BOUYGUES). En 1988, seul un immeuble de bureau avait été construit en Hongrie par le groupe COLAS. Après les élections de 1994, la demande de bureaux a baissé.

Dans la branche travaux publics, une autoroute a été concédée pour trente-cinq ans moyennant un investissement de 2,4 milliards de francs réalisé avec treize banques.

Une opération de stockage énergétique stratégique pour quatre-vingt-dix jours de consommation a été entreprise en coopération avec la COFACE et des banques.

Il a fallu affronter de gros problèmes dont certains concernent la politique, comme le remplacement du ministre de l'industrie.

La SMAC Etanchéité et TF1 mènent également des négociations en Hongrie. En général, celles-ci ne durent pas moins de deux à trois années.

Il s'agit d'abord d'implanter des Français puis de recruter des Hongrois ; l'encadrement, initialement constitué d'expatriés, est, par la suite, assuré par des Hongrois. Le recours à l'ESCA est précieux. Les personnels effectuent des stages de formation en France.

Les ingénieurs hongrois sont de très bon niveau.

Les normes relatives à l'environnement créent des difficultés aux entreprises, en particulier pour le stockage de pétrole brut car les Hongrois veulent respecter toutes les normes européennes.

M. Gérard LARCHER, Président de la délégation sénatoriale, a souhaité connaître le type d" "effets d'annonce" que les entrepreneurs français espéraient lors de la venue du Président de la République française en Hongrie en janvier 1997. Il leur a demandé de préciser les retombées qu'ils en attendaient.

Il a indiqué qu'il avait pris bonne note à la fois des difficultés des petites et des moyennes entreprises françaises qui avaient du mal à venir sur le terrain, des relations parfois difficiles avec les administrations publiques et du lancement prochain de deux importants appels d'offres sur l'énergie et l'audiovisuel.

M. Michel CANNY (Crédit lyonnais) espère des annonces du Président de la République française sur le financement de grands contrats (quelques centaines de millions de francs), une ligne de crédit pour l'aide aux petites et moyennes entreprises hongroises, des primes de la COFACE - les tarifs 3 et 2 seraient à ses yeux envisageables, comme pour la République tchèque.

Il s'est réjoui de constater que la Hongrie avait su assainir très vite la base de son économie même si elle avait souvent eu le dos au mur. C'est ainsi que le secteur financier a été très vite remis sur pied.

M. Jacques PEYRUSAUBES (EDF) a rappelé qu'en matière d'effets d'annonce politiques, l'Allemagne était experte même si les réalisations concrètes se faisaient souvent attendre.

Les ministres des länders aussi participent à ces effets d'annonce.

Des possibilités existent en Hongrie où les coûts de production sont moins élevés qu'en France même s'ils ont tendance à augmenter.

Il faudrait inciter puissamment les petites et moyennes entreprises françaises à passer la frontière car elles ne le font pas même avec des aides, que ce soit pour aller en Hongrie ou dans quelque pays que ce soit.

Par ailleurs, lors de la privatisation des petites et moyennes entreprises hongroises les acquéreurs sont fréquemment des membres de l'ancienne équipe dirigeante à l'occasion d'appels d'offres où les étrangers n'ont pas la possibilité de se manifester.

Mme Gabriella KOVACS a souligné la difficulté d'informer les chefs d'entreprise en France.

M. Alain HORTION a déploré la difficulté rencontrée par les petites et moyennes entreprises françaises lorsqu'elles désirent mener des négociations en Hongrie. Il est alors nécessaire d'effectuer pendant au moins un an des aller-retour ce qui entraîne un coût non négligeable.

En revanche, les Allemands et les Autrichiens s'implantent très bien.

M. Marcel VIDAL, sénateur, a rappelé l'archaïsme des organismes consulaires et la nécessité de développer les liens avec les universités, les écoles, les facultés pour que les étudiants puissent effectuer des stages validés comme service militaire.

M. Bernard FAIVRET (GDF) a signalé que son entreprise accueillait des stagiaires, une à deux fois par an, sans compter des coopérants.

M. Mehdi OUAZZANI (LESAFFRE) a suggéré de motiver les petites et moyennes entreprises françaises désirant s'implanter à l'étranger, de leur proposer systématiquement l'Europe de l'Est et de leur dire que la Hongrie y représente la meilleure opportunité : elle offre en effet des perspectives de relations douanières favorables avec les pays voisins, elle est plus stable qu'eux, possède une législation plus claire et est un pays plus accueillant.

M. Philippe NACHBAR, sénateur, s'est enquis des projets du secteur de la grande distribution et a souhaité savoir si le groupe BOUYGUES s'était intéressé à la rénovation de l'habitat où de toute évidence beaucoup est à entreprendre d'urgence, peut-être dans le cadre d'un partenariat à trois acteurs : les propriétaires, les municipalités et BOUYGUES.

M. Paul HUNSIGER, conseiller économique et commercial, a souligné la présence très importante du secteur de la pharmacie française en Hongrie et a annoncé que Auchan et Coral ouvriraient de grandes surfaces de vente à Budapest l'an prochain.

M. Gérard THIERRY (BOUYGUES) a reconnu que la rénovation de Budapest pouvait constituer un chantier d'envergure mais qu'il n'existait pas de fonds suffisants pour cela et que l'absence de syndic dans les immeubles compliquerait toute intervention.

Il a rappelé que, jusqu'en 1991, les locataires ont pu acheter leur appartement à bon prix dans des immeubles à rénover pour la plupart.

En conséquence, ce marché a été prospecté. Mais le constat est le suivant : même lorsqu'il s'agit de réunir 200.000 F environ pour les travaux, les nouveaux propriétaires se révèlent incapables de rassembler cette somme.

En revanche, les entreprises locales sont adaptées à ce marché de rénovation où elles pratiquent des prix initiaux très bas.

Il est alors impossible pour une entreprise étrangère de les concurrencer même si, en réalité, les entreprises hongroises achèvent les chantiers après avoir doublé ou triplé leur prix initial.

M. Paul HUNSIGER, conseiller économique et commercial, a complété les observations relatives au malaise administratif et politique en rappelant que les privatisations s'étaient opérées très rapidement même dans les secteurs de l'eau, du gaz et de l'électricité. Que ces opérations avaient causé un choc culturel et politique très important et que la population en était encore traumatisée.

Par ailleurs, les fonctionnaires sont très mal payés ; ils sont les laissés pour compte de l'évolution économique et leur zèle s'en ressent. C'est ainsi, par exemple, que les permis de travail et de séjour dont les entreprises françaises ont besoin pour leurs employés sont de plus en plus difficiles à obtenir.

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