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Colloque Sénat-Ubifrance sur l'Afrique du Sud (12 octobre 2006)



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Actes du colloque

« L'Afrique du Sud : l'âge de l'espoir »
Une nouvelle économie entre opportunités et contraintes

Jeudi 12 octobre 2006

 

M. de RICAUD, chef de la mission économique de Johannesburg
S. Exc. Mme SIBANDA-THUSI, ambassadeur d'Afrique du Sud en France
M. PONCELET, président du Sénat
M. SHUENYANE, directeur général délégué de Total Afrique du Sud
M. FERRAND, sénateur, président du groupe interparlementaire d'amitié France-Afrique du Sud
Mme EBRAHIM, conseiller Affaires économiques, ambassade d'Afrique du Sud en France

Rencontre préalable à l'ouverture du colloque (de gauche à droite)

 

 

 

Tribune des intervenants
à l'ouverture du colloque

 

Vue de la salle Clemenceau

Ouverture

Christian PONCELET,
Président du Sénat

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Madame l'Ambassadeur, chers collègues, Mesdames et Messieurs,

Le Sénat est très heureux d'accueillir aujourd'hui ce colloque économique sur l'Afrique du Sud, pays qui a bien entendu beaucoup évolué depuis novembre 1997, date de notre dernière rencontre que nous lui avions consacrée avec UBIFRANCE, à l'époque « Centre français du Commerce extérieur ».

En neuf ans, les choses ont beaucoup avancé dans cet Etat avec lequel le Séant entretient des liens cordiaux, notamment à travers le groupe d'amitié interparlementaire France-Afrique du Sud, que préside mon collègue et ami, le Sénateur André Ferrand.

J'avais aussi eu le grand plaisir d'accueillir, en mars 2000, la Présidente du Conseil national des Provinces - la seconde chambre du Parlement sud-africain - lors de la réunion des Sénats du monde. Depuis lors, cette assemblée est devenue membre fondateur de l'Association des Sénats et Secondes chambres d'Afrique et du Monde arabe, et elle contribue activement à la promotion du bicamérisme et de la démocratie locale en Afrique australe. L'inlassable défenseur du bicamérisme que je suis ne peut que s'en féliciter !

L'Afrique du Sud est aussi, en ce moment, un thème d'actualité : il y a un mois, presque jour pour jour, notre Ministre déléguée à la coopération, Madame Brigitte Girardin, a en effet conclu à Paris avec Monsieur Moleketi, Vice-ministre sud-africain des Finances, un « Document cadre de partenariat » pour la période 2006-2010, qui symbolise la nouvelle et judicieuse approche de la coopération française, inspirée par les notions de contrat et de partenariat.

Par ailleurs, plusieurs opérateurs publics et privés - le Ministère de l'Économie et des Finances, le MEDEF international, le CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique) pour n'en citer que quelques-uns - vont organiser le premier Forum France-Afrique du Sud, qui devrait se tenir à Johannesburg au mois de novembre 2006, en présence de Madame Lagarde, Ministre française déléguée au commerce extérieur, et de son homologue d'Afrique du Sud, Monsieur Mandisi Mpahlwa.

De fait, les relations entre la France et l'Afrique du Sud se sont heureusement développées depuis une dizaine d'années : auparavant axées sur des coopérations ponctuelles, elles sont aujourd'hui fondées sur un dialogue politique soutenu, tant au plan bilatéral que multilatéral. Notre pays, en particulier, salue et appuie les initiatives prises par l'Afrique du Sud en faveur de la paix et du renforcement de l'État de droit sur tout le continent africain.

Que de chemin parcouru en somme toute si peu d'années ! Jadis marginalisée sur la scène internationale, l'Afrique du Sud apparaît aujourd'hui comme un partenaire recherché, qui concourt à la stabilité de toute l'Afrique.

Nos échanges économiques ont accompagné cette remarquable évolution du contexte politique : en dix ans, notre commerce bilatéral a progressé de plus de 120 % et l'Afrique du Sud est aujourd'hui notre premier partenaire commercial en Afrique sub-saharienne.

Nous aurions d'ailleurs encore d'importantes marges de progression dans bien des domaines, pour peu que les entreprises soient plus attentives à ce marché qu'au fond, elles connaissent souvent mal.

Dans l'ensemble, le contexte actuel leur est favorable. L'Afrique du Sud propose en effet un cadre d'activité ouvert et performant, une économie globalement compétitive, et un marché prometteur dans bien des domaines.

On pense, en premier lieu, aux besoins sud-africains en infrastructures de toutes sortes, dans des secteurs où l'expertise française n'est plus à vanter, y compris celle des PME : l'eau et l'assainissement, par exemple, le BTP, la santé, etc.

Mais si l'Afrique du Sud est en pointe dans bien des domaines, elle accuse aussi de gros retards dans plusieurs secteurs, en particulier au plan local.

La structure même de son appareil productif reste encore marquée par l'ancien système, très inégalitaire.

Le pays entend résorber aussi vite que possible les séquelles et les handicaps d'une économie qui, trop longtemps, a fonctionné à deux vitesses, pour ne pas dire à deux couleurs. D'où un arsenal de mesures courageuses et originales mais, qui, pour les opérateurs étrangers, peuvent sembler déroutantes, voire trop contraignantes.

Je pense notamment à ce fameux « Black Economic Empowerment », conçu pour couper court aux funestes habitudes d'un passé heureusement révolu.

Tout cela confère au marché des affaires sud-africain une physionomie singulière, voire expérimentale. Notre chef de mission économique a raison de considérer l'Afrique du Sud comme un « véritable laboratoire de démocratie économique » où les entreprises françaises, pour progresser, ont à se familiariser avec de nouveaux concepts et de nouvelles exigences au dialogue social.

A l'échéance de 2010, l'Afrique du Sud leur a fixé un rendez-vous majeur : la Coupe du monde de football.

En obtenant l'organisation de cet évènement sportif à l'échelle planétaire, l'Afrique du Sud n'a pas seulement remporté une victoire diplomatique : elle a aussi ouvert un vaste chantier mobilisant d'énormes capitaux, des investissements lourds en équipements collectifs et la création de nombreux emplois.

Les responsables économiques français ont tout intérêt à suivre avec attention ce dossier, dont beaucoup de contrats font déjà l'objet de négociations et d'appels d'offres.

Ils peuvent compter, dans l'approche du marché sud-africain, sur plusieurs organismes auxquels je tiens à rendre hommage. Je pense bien sûr à UBIFRANCE et à notre Mission économique, mais aussi à la Chambre de commerce et d'industrie franco-sud-africaine fondée en 1972, à Johannesburg, et qui représente un dynamique réseau de plus de 200 entreprises.

Je pense aussi au concours précieux de nos Conseillers du commerce extérieur de la France, dont le Sénateur André Ferrand assure une des deux vice-présidences...

En d'autres termes, le décor est bien planté pour que les entreprises françaises répondent à l'appel !

Je vous souhaite à tous, chers amis, d'excellents travaux, en espérant que vous garderez de votre passage au Sénat un très bon souvenir et que vous y reviendrez.

Son Excellence Nomasonto Maria SIBANDA-THUSI,
Ambassadeur d'Afrique du Sud en France

Monsieur le Président du Sénat, Monsieur le Directeur général d'UBIFRANCE, Monsieur le Sénateur et Président du groupe d'amitié France-Afrique du Sud du Sénat, Monsieur le Président de la Chambre de commerce et d'industrie franco-sud-africaine, Monsieur le chef de la mission économique en Afrique du Sud, Mesdames et Messieurs,

Je souhaiterais féliciter UBIFRANCE et le Sénat de leur initiative : cette rencontre, qui dénote l'intérêt certain porté à l'Afrique du Sud, nous permettra de mettre en exergue la gamme d'opportunités économiques que représente notre pays. Je soulignerai les excellentes relations politiques qu'entretiennent nos deux États.

Je souhaite vous faire partager la vision du gouvernement sud-africain.

La France constitue bien entendu un pays ami et un partenaire de l'Afrique du Sud ; nos relations bilatérales se développent à un rythme accru. Par ailleurs, la France et l'Afrique du Sud portent un engagement commun envers la paix sur le continent africain : les deux pays travaillent ensemble à la résolution des conflits dans plusieurs zones d'Afrique. Le dialogue régulier entre nos dirigeants se trouve à la base du partenariat stratégique entre les deux pays. Depuis 1997 nous avons instauré un forum de dialogue dans le cadre duquel les Ministres des Affaires étrangères et officiels de haut rang des deux pays se rencontrent régulièrement pour évoquer les problèmes africains et multilatéraux et pour promouvoir les liens entre les deux pays. Je suis convaincue que notre dialogue bilatéral connaîtra un essor dans un monde de plus en plus complexe. A l'occasion de sa dernière visite, la Ministre déléguée à la coopération et au développement, Brigitte Girardin, avait affirmé que la France et l'Afrique du Sud travailleraient étroitement, à l'avenir, à la résolution des problèmes africains et sur des sujets liés à la coopération. Elle avait ajouté que nos deux pays se devaient de parler d'une voix unie sur ce point.

La coopération bilatérale constitue également un aspect majeur des relations France/Afrique du Sud. Le 11 septembre dernier, a été signé un contrat cadre de partenariat définissant l'assistance technique apportée par la France à l'Afrique du Sud jusqu'en 2010 ; il se focalise sur les secteurs des infrastructures, de l'eau, du logement et du développement du secteur productif de l'économie. Le DCP inclut également des aspects transversaux de formation à la langue française, de soutien à la bonne gouvernance ou encore de promotion des technologies. Ce sont 400 millions d'euros qui seront alloués à ce projet, des prêts devant par ailleurs être consentis par l'Agence française de développement. La signature du DCP illustre bien la relation étroite nouée entre nos deux pays et l'espoir de voir se renforcer le partenariat entre nos peuples !

L'Afrique du Sud est aujourd'hui une démocratie jeune et moderne, qui présente un environnement dynamique et une économie en forte croissance. Nous faisons toutefois toujours face aux défis économiques hérités du temps de l'apartheid. En 2004, nous avons fièrement fêté nos dix ans de démocratie et avons constaté que les actions accomplies par le gouvernement se reflétaient dans l'amélioration du niveau de vie des Sud-africains. Aujourd'hui, ce sont 75 % des foyers qui sont connectés au réseau d'électricité national. En 2004 encore, 10 millions de Sud-africains avaient accès à l'eau courante. Près de 1,5 million de nouveaux logements ont été construits ainsi que des écoles et des hôpitaux. Du point de vue économique, l'Afrique du Sud offre un environnement économique local stable, ce qui est favorable à la conclusion d'affaires dans le pays. La croissance du pays a été considérable ces dernières années. Ainsi, en 2005, elle a atteint 5 % du PIB. Notre gouvernement s'est engagé à atteindre un taux de 6 %, grâce notamment à des initiatives de développement partagé, comme la construction d'infrastructures, pour vaincre les obstacles techniques et économiques qui subsistent. Le renforcement de ces équipements d'infrastructure constitue en effet un point clé du développement économique.

Notre Vice-président a lancé une initiative de développement, basée sur les atouts du passé tout en favorisant l'« Economic Empowerment ». Le tourisme, l'outsourcing, l'agriculture, les produits chimiques, l'industrie textile, les biens de consommation, la musique, et les films télévisés sont autant de secteurs appelés à se développer. L'audiovisuel pourra être renforcé en partenariat avec la France, et en particulier à l'occasion du Festival de Cannes.

Mesdames et Messieurs, l'Afrique du Sud est ouverte à tous les secteurs d'activités. Nous avons de grandes aspirations et oeuvrons pour que notre pays s'intègre à l'économie mondiale, seule voie pour développer une économie compétitive et productive. Bien entendu, il convient de lutter contre le chômage et d'éradiquer la pauvreté, raisons pour lesquelles nous vous encourageons vivement à explorer la multitude d'opportunités que présente l'économie la plus sophistiquée d'Afrique.

Christian PONCELET

Je vous rappelle que nous sommes sans doute la seule Assemblée parlementaire au monde qui envoie ses élus effectuer des stages en entreprise, ce qui leur permet de s'imprégner de l'univers économique. En retour, les chefs d'entreprise ont la possibilité d'observer le travail des Sénateurs et de prendre la mesure des difficultés auxquelles ils sont confrontés.

Eric ELGHOZI,
Directeur général délégué d'UBIFRANCE

Je remercie le Sénat d'accueillir UBIFRANCE dans ses murs. Merci, Madame l'Ambassadeur d'avoir souligné l'attente exprimée par l'Afrique du Sud envers les investisseurs français. Nous espérons à présent un renforcement de nos relations dans les semaines à venir.

Notez que l'Afrique du Sud a été désignée comme pays cible par Madame Lagarde, Ministre déléguée au commerce extérieur ; à ce titre, il est concerné par les mesures Cap Export. Parmi les objectifs assignés, il conviendra de sensibiliser l'Afrique du Sud aux enjeux et opportunités d'aujourd'hui, d'améliorer l'image de la France et de ses industriels. Les entreprises françaises doivent saisir les opportunités et participer aux grands projets d'infrastructures - notons à cet égard les nombreux marchés en cours de signature à l'occasion de la Coupe du monde de football de 2010 - et se positionner sur les secteurs de l'énergie et des nouvelles technologies.

A cet égard, je vous rappelle qu'UBIFRANCE publie des documents de sensibilisation et d'information sur les pratiques du marché en Afrique du Sud. Je souhaite aux uns et aux autres de conclure de belles affaires dans ce pays !

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