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Colloque Sénat-Ubifrance sur l'Afrique du Sud (12 octobre 2006)



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L'Afrique du Sud, une économie en croissance,
un marché prioritaire pour la France

André FERRAND,
Sénateur et Président du groupe interparlementaire France-Afrique du Sud

Je vous souhaite chaleureusement la bienvenue au Sénat et vous dis tout l'intérêt que présente pour moi cette manifestation. L'Afrique du Sud joue, au sein d'un continent important, un rôle clé, tant sur les plans économique que politique. La France, pour sa part, constitue également un protagoniste essentiel en Afrique. Ces deux acteurs capitaux que sont la France et l'Afrique du Sud doivent donc engager un partenariat beaucoup plus actif qu'il n'est, tant politiquement qu'économiquement. La rencontre organisée aujourd'hui devra également attirer l'attention des entreprises françaises encore trop peu présentes en Afrique du Sud. Or ce pays représente en lui-même un marché à la taille critique et une base à partir de laquelle il est possible de rayonner sur l'ensemble de l'Afrique australe et de l'Océan indien. Enfin, l'Afrique du Sud offre un potentiel important de partenaires locaux opérationnels et financiers.

Cette journée doit être l'occasion pour les institutions françaises s'intéressant à la promotion de notre commerce extérieur et les acteurs représentant l'État, les entreprises et organisations professionnelles de notre pays, d'unir leurs efforts et de créer des synergies. Elle devra également contribuer à renforcer les partenariats féconds que nous souhaitons nouer entre l'Afrique du Sud et la France.

Enfin, je vous rappellerai l'existence au Sénat d'un groupe d'amitié parlementaire France-Afrique du Sud, animé de grandes ambitions. A ce titre, nous souhaiterions qu'une entité similaire soit créée en Afrique du Sud, ce qui permettrait de renforcer le spectre de notre action.

Leyya EBRAHIM,
Conseiller Affaires économiques - Ambassade d'Afrique du Sud en France

Dans un premier temps, je vous donnerai un aperçu de la performance économique des secteurs économiques clés et d'investissements et, dans un second temps, je vous présenterai le cadre institutionnel sud-africain.

En 2005, le PIB a considérablement progressé tandis que le taux d'inflation s'est stabilisé à 4 %, quand il atteignait deux chiffres encore récemment. La confiance est au beau fixe et de nombreux emplois ont été créés dans le secteur formel. En 2006, l'Afrique du Sud a été classée au vingt-huitième rang s'agissant de la qualité de l'environnement des affaires, se positionnant par là-même devant la République tchèque et la Pologne. La valeur des fusions-acquisitions a également crû de 63 %. Nombre de sociétés sud-africaines contribuent à placer leur pays à la tête des indexes de croissance. Le secteur secondaire contribue au PIB à hauteur de 23 % et le tertiaire, à hauteur de 63 %.

Je soulignerai la confiance particulière que nous portent les investisseurs internationaux, notamment dans le domaine des véhicules et des pièces détachées. Ainsi, les investissements ont crû de 135 % pour atteindre 8,4 milliards de rands. Les principaux constructeurs produisent en Afrique du Sud. Toyota s'apprête même à y doubler sa production. L'Afrique du Sud est par ailleurs le seul producteur de la Mercedes class C, construite à la fois pour le marché local et pour l'exportation.

Au rang des investissements récents, l'on peut citer le dernier projet de Vodafone pour un montant de 21 milliards de rands dans le secteur des télécommunications ou encore celui de Man Ferrostaal pour la somme de 1,8 milliard de rands dans le secteur minier.

L'Afrique du Sud se montre également très active dans le secteur du bâtiment. Ainsi, le spectaculaire Burj Al Arab Hotel de Dubaï est l'oeuvre d'entreprises d'Afrique du Sud.

L'Afrique du Sud occupe une position géographique stratégique, comme un portail d'entrée du continent africain. Il est à noter que le gouvernement a créé des zones de développement en des lieux stratégiques, qui devraient promouvoir les investissements.

Sur le plan macroéconomique, l'Afrique du Sud vise une expansion accrue, par la poursuite de la croissance économique qui a marqué la dernière décennie. Il convient, à cette fin, de développer les infrastructures, de s'attaquer au chômage et à la pauvreté. Il faudra également mettre en place une révolution des savoirs, qualifier davantage la main d'oeuvre, réduire les coûts de production, diminuer les contraintes réglementaires pour les PME et abaisser les obstacles à la concurrence. Le développement social étant étroitement lié au développement économique, la croissance devra profiter à tous les niveaux de la société.

Ce sont en tout 50 milliards de dollars que le gouvernement a prévu d'investir dans les infrastructures, un montant exceptionnel et jamais vu depuis 1994. Notez enfin que l'organisation de la Coupe du monde de football en 2010 offrira également de nombreuses opportunités d'investir en Afrique du Sud.

Un court film présentant les opportunités offertes par l'Afrique du Sud est projeté.

Yves de RICAUD,
Chef de la Mission économique de Johannesburg,
Chef des Services économiques pour l'Afrique australe

J'introduirai mon propos en rappelant quelques éléments sur les relations économiques franco-sud africaines. L'Afrique du Sud constitue un partenaire important pour la France, et absorbe le quart de ses ventes en Afrique sub-saharienne et les trois-quarts de ses exportations en Afrique australe. Les échanges commerciaux sont dynamiques. La France constitue le septième fournisseur de l'Afrique du Sud, avec 5 % de parts de marché, et le quatorzième client de ce pays. La Coface indique que le risque pays est faible : la politique de crédit est donc ouverte. Il convient en outre de noter que les exportations françaises en Afrique du Sud ont presque triplé en l'espace de dix ans ; les importations en provenance de ce pays augmentent également régulièrement.

En 2005, les exportations françaises en Afrique du Sud, pour un montant de 1,882 milliard d'euros, étaient composées pour un tiers par les activités aéronautiques et pour un autre tiers par les biens de consommation (l'automobile représentant 50 % des biens de consommation exportés par la France dans ce pays). Les produits pharmaceutiques, cosmétiques et intermédiaires complétaient la gamme des exportations françaises.

En 2004, les importations en provenance d'Afrique du Sud représentaient 1 milliard d'euros et étaient composées de produits intermédiaires et de matières premières.

Hors aéronautique, les exportations françaises ont progressé de 21 % au premier semestre 2006, ce qui dénote une diversification des ventes, reflet de la diversification de l'économie sud-africaine elle-même.

Les investissements français en Afrique du Sud sont évalués à 600 millions d'euros ; personnellement, j'estime le stock total réel à plus d'1 milliard d'euros : ce montant est important mais pourrait l'être plus encore ! Schneider, Valeo, Accor, Lafarge ou encore Peugeot ont réalisé récemment des investissements très importants.

L'Afrique du Sud constitue un poids lourd sur le plan économique en Afrique ; il s'agit d'une véritable plateforme vers laquelle nos concurrents se pressent. L'économie sud-africaine est extrêmement diverse et se base sur deux composantes fortes. D'une part, elle apparaît très sophistiquée : elle repose en effet sur un système bancaire avancé et un système de distribution moderne. D'autre part, la consommation s'accroît fortement : la demande est grandissante ! Aussi les entreprises françaises, et celles du luxe notamment, devraient-elles se montrer plus offensives, le milieu leur étant très favorable.

Parmi les marchés porteurs se trouvent les grandes infrastructures, l'énergie, les transports, la sécurité, l'aéronautique civile et militaire, les technologies de l'information, l'informatique, la biométrie, l'automobile et les équipements, l'équipement médical et les produits pharmaceutiques, la transformation agroalimentaire ou encore le luxe. Notez qu'il se vend 600 000 voitures par an en Afrique du Sud ! Enfin, les partenariats public/privé sont souvent sollicités dans les grands projets d'investissement ; la coopération industrielle offre, quant à elle, des opportunités importantes pour nos entreprises françaises.

Je soulignerai, au nombre des atouts de l'économie sud-africaine, que la diversité des marchés correspond à la diversité de l'appareil de production et de l'offre locale. L'Afrique du Sud présente également un environnement des affaires aux références anglo-saxonnes, très stable. Il conviendra toutefois de signaler la pénurie de main d'oeuvre qualifiée. Le « Black Economic Empowerment » (BEE) ou « capitalisme arc-en-ciel » constitue également un système complexe, élément cependant incontournable que les entreprises françaises doivent intégrer pour se positionner sur le marché sud-africain. Enfin, il convient de noter que les salons professionnels du pays constituent des lieux de rencontre majeurs, auxquels les entreprises françaises devraient davantage participer.

Investisseurs français, vous pouvez compter sur le dispositif d'appui français, constitué des Missions économiques du Cap et de Johannesburg, de la Chambre de commerce franco-sud africaine, de la Maison française du Cap, de l'Agence française de développement et des Conseillers du commerce extérieur, autant d'acteurs qui vous aideront à développer votre réseau en Afrique du Sud.

André FERRAND

S'agissant de la pénurie de main d'oeuvre qualifiée, la formation constitue un axe de coopération à privilégier. Par ailleurs, je m'étonne que, dans un pays où le sport est roi, Décathlon, distributeur original et performant, ne soit pas présent. Enfin, selon moi, nos dispositifs à l'étranger devraient, après identification des secteurs porteurs, interpeller les entreprises françaises à potentiel, pour les inciter à y investir. Le système d'appui au commerce extérieur doit impérativement cibler les entreprises françaises qui, tout naturellement, apparaissent devoir se positionner sur un marché.

Yves de RICAUD

J'espère bien que Décathlon participera au colloque de Johannesburg relatif aux opportunités offertes par la tenue de la Coupe du monde de football. Je signalerai cependant que le système de distribution spécialisé en produits sportifs est assez performant en Afrique du Sud. Actuellement, la Mission économique et le CIAN dressent la liste des entreprises françaises à fort potentiel qui pourraient se positionner sur le marché sud-africain avec toutes les chances de succès.

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