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Colloque Moyen-Orient



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Comment aborder l'Arabie Saoudite ?

Sont intervenus :

Jean-Claude DAUPEYROUX, Chef de la Mission économique de l'Ambassade de France en Arabie Saoudite
Jean-Christophe CHUNIAUD, Directeur commercial Moyen-Orient, Systra


Les débats étaient animés par Jean-Claude DAUPEYROUX

Jean-Claude DAUPEYROUX

Avec 25 millions d'habitants, l'Arabie Saoudite constitue un grand marché. Il s'agit d'une population très urbanisée dont les habitudes de consommation sont en évolution permanente. La demande intérieure est extrêmement forte, notamment en raison de l'absence quasi-totale de loisirs organisés, qui conduit les Saoudiens à consommer.

En matière de biens d'équipement, l'Arabie Saoudite a engagé un programme de 500 milliards de dollars de projets pour les dix prochaines années, projets qui appellent des interventions étrangères de plus en plus sophistiquées.

Ces réalisations se font sous forme d'appel à l'investissement direct étranger ainsi qu'au partenariat public-privé, la part globale du financement de l'Etat ne dépassant pas 30 %. En outre, la compétitivité de l'offre ne dépend plus de la règle du moins-disant.

Il s'agit donc d'un marché extrêmement ouvert, exigeant et vaste. Il s'organise autour de trois grands centres de consommation :

· la côte Ouest, avec Djeddah, La Mecque et Médine (3,5 millions d'habitants) ;

· Riyad (5 millions d'habitants) ;

· à l'est, la conurbation d'Al-Khobar-Damman-Dhahran (3,5 millions d'habitants).

Ce marché exigeant appelle une approche stratégique à moyen terme. S'agissant des biens de consommation, nos entreprises doivent avoir une approche stratégique similaire à celle qu'elle pourrait conduire sur un grand marché sophistiqué développé. S'agissant des grands projets, nous devons opter pour des solutions de partenariat, avec des grands groupes saoudiens.

Il s'agit par ailleurs d'un marché très solvable, qui ne connaît que de rares litiges, à mettre en partie sur le compte de sociétés françaises.

La France y est attendue, les Saoudiens souhaitant notamment s'émanciper de la prééminence anglo-saxonne. Or force est de constater que nos entreprises ne répondent pas toujours présentes aux sollicitations dont elles font l'objet. Nous sommes pourtant loin d'être absents de ce marché. Nous disposons dans ce pays de près de 60 implantations qui occupent près de 20 000 salariés. Nous avons par ailleurs à notre actif quelques succès dans le domaine des services ainsi que dans les secteurs de pointe.

Actuellement, 4 000 Français sont immatriculés auprès du Consulat et de l'Ambassade, qui met à leur disposition une structure d'accueil et d'appui très active et très disponible, au travers notamment de ses deux missions économiques.

Si Dubaï constitue une plateforme logistique de première importance, elle reste coupée de la réalité du marché. En outre, ses intermédiaires ne permettent pas de mesurer le potentiel que représente l'Arabie Saoudite.

Jean-Christophe CHUNIAUD

En 2001, Systra a obtenu un contrat pour les études d'une ligne ferroviaire en Arabie Saoudite. Je soulignerai à ce titre les difficultés que nous rencontrons parfois à obtenir des visas, qui demandent une procédure relativement longue.

Nous avons également remporté la suite du marché, notamment la supervision des travaux et le management du projet de réalisation. Nous devons ainsi mobiliser plus de 300 personnes à travers toute l'Arabie Saoudite, ce qui implique de prendre en compte un certain nombre d'aspects en matière de sécurité.

Quant à la gestion du marché, nos clients sont très exigeants, notamment quant aux délais de réalisation. Ils sont néanmoins très compréhensifs en ce qui concerne les éventuelles modifications de coût en cours de contrat.

Le cadre juridique en revanche demeure parfois imprécis, ce qui implique d'être convenablement conseillé.

En ce qui nous concerne, nous avons créé une société, dont nous sommes actionnaires, composée à 100 % de capitaux étrangers. Nous devons faire participer les Saoudiens à notre projet et ce, en toute transparence.

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