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Sommet d'affaires franco-roumain du 17 octobre 2002


Table des matières



SOMMET D'AFFAIRES FRANCO-ROUMAIN

 

LE GROUPE INTERPARLEMENTAIRE FRANCE-ROUMANIE




Groupe interparlementaire

France-Roumanie

Sommet d'affaires franco-roumain

Actes du colloque

du 17 octobre 2002

Sous l'égide du groupe interparlementaire France-Roumanie

- SERVICE DES RELATIONS INTERNATIONALES DU SÉNAT -


***

Sommet d'affaires franco-roumain

Ouverture

Luminita HOLBAN,
Directrice éditoriale, Bucharest Business Week

Mesdames, Messieurs,

Ce sommet réunit des personnes qui partagent un intérêt commun : la Roumanie. Certains participants veulent, peut-être, investir dans une usine de production en Roumanie, d'autres recherchent des partenaires locaux pour établir une relation commerciale ; d'autres encore souhaitent, peut-être, participer à un projet important d'infrastructure. Votre présence ici vous permettra d'obtenir des réponses à vos nombreuses questions.

Durant la première partie de la journée, nous aborderons la stratégie politique et économique de la Roumanie pour les années à venir, jusqu'à l'adhésion à l'Union européenne. Dans la partie suivante, les Français ayant travaillé en Roumanie donneront leur opinion. Avant la pause de midi, Bucharest Business Week décernera des prix spéciaux aux investisseurs français en Roumanie.

La première partie de l'après-midi traitera du contexte des affaires en Roumanie, c'est-à-dire des aspects législatifs et autres détails intéressant les investisseurs potentiels en Roumanie. Enfin, des représentants du gouvernement roumain vont présenter leur point de vue sur la privatisation, les infrastructures en Roumanie et sur d'autres domaines nous concernant.

Je vous rappelle que ce sommet est organisé en partenariat par le Sénat français et le Bucharest Business Week, l'unique journal d'affaires de Roumanie.

Introduction

Sean HILLEN
Directeur Général, Bucharest Business Week

Durant ces cinq années d'existence, Bucharest Business Week a toujours apprécié sa relation étroite avec les chefs d'entreprise et les diplomates français et roumains. Aujourd'hui, il entretient des liens avec des personnalités telles que Patrick Gelin, Dan Bedros et Didier Varlot. Ce sommet est le premier évènement organisé, à Paris, par un journal roumain. Il est le symbole de cette relation étroite. Nos buts sont communs : des investissements réussis et des relations bilatérales renforcées grâce à des informations claires et précises comme celles offertes par Bucharest Business Week.

La relation franco-roumaine est ancienne. On en trouve la marque, par exemple, dans la ressemblance des boulevards et des arcs de triomphe des deux capitales, mais le passé appartient au passé. L'avenir nous attend et il faut en détenir la clé. Aujourd'hui, nous allons avoir connaissance de succès dans différents domaines. En dépit des difficultés qui existent encore, le potentiel est immense.

De nombreuses sociétés et personnes méritent des remerciements pour leur soutien à Bucharest Business Week dans l'organisation de cet évènement. Une personne a accompli des miracles en nous réunissant aujourd'hui : une jeune femme dynamique qui a travaillé, parfois jusqu'à l'épuisement, depuis trois mois, pour donner une réalité à cette idée. Aussi, je vous prie de remercier chaleureusement Ingrid Vaileanu Paun.

Ingrid VAILEANU PAUN,
Représentante de Bucharest Business Week à Paris

Je remercie Sean Hillen pour ces belles paroles et je remercie tous les participants. Votre présence aujourd'hui justifie les efforts de Bucharest Business Week et fait de ce sommet le plus grand sommet d'affaires franco-roumain organisé depuis plusieurs années. Je suis honorée d'être la représentante à Paris de Bucharest Business Week, le leader de l'information d'affaires de la communauté internationale en Roumanie. Les publications du journal sont hebdomadaires, mensuelles et annuelles. Le journal participe aussi à l'organisation d'évènements dans toutes les grandes villes de Roumanie.

Je souhaite remercier nos partenaires et, en particulier, le groupe interparlementaire France-Roumanie du Sénat, son Président, Monsieur Henri Revol et toute l'équipe de nos hôtes. Je voudrais remercier aussi ceux qui nous ont soutenus dès le début : l'Ambassade de Roumanie à Paris, les Chambres de Commerce régionales de Toulouse, de Troyes, d'Alsace, de Colmar, de Lyon et d'autres, ainsi que Les Echos, trois grandes écoles françaises -l'Ecole Polytechnique, HEC et ESG- qui accueillent des étudiants roumains. Je remercie aussi nos partenaires traditionnels : Carrefour, Romtelecom, BRD-Groupe Société Générale, Alcatel, Vivendi Water, Alstom, Banca Tiriac, Altheimer and Gray, Cora et Europa FM.

Luminita Holban animera le débat.

Henri REVOL,
Président du Groupe Interparlementaire France-Roumanie
du Sénat français

Tout d'abord, je me félicite de votre présence en ce lieu et me permets de vous saluer au nom du Groupe d'Amitié France-Roumanie du Sénat. Monsieur Christian Poncelet, retenu par d'autres obligations, s'excuse et m'a demandé de vous donner lecture d'un message. Je me réjouis que ce colloque ait pu être organisé par Bucharest Business Week, sous le patronage de notre Groupe d'Amitié, avec le soutien de l'Ambassade de France en Roumanie et de l'Ambassade de Roumanie en France. Le message du Président du Sénat est le suivant.

« Le Sénat est heureux d'accueillir, aujourd'hui, ce Sommet d'Affaires franco-roumain organisé en partenariat avec Bucharest Business Week et placé sous l'égide du Groupe Interparlementaire France-Roumanie. Je tiens, avant toute chose, à rendre hommage à l'action persévérante de ce Groupe d'Amitié et de son président. C'est d'ailleurs le troisième colloque à caractère économique qu'il organise au Sénat. Il nous avait déjà réunis sur ce thème la deuxième fois, il y a un peu plus de deux ans, le 21 juin 2000. J'avais, à cette occasion, invité nos entreprises à nouer des liens et des accords de partenariat avec leurs homologues en Roumanie, pays ami et, largement, francophone, qui leur offre, entre autres atouts, une main d'oeuvre qualifiée et un savoir-faire appréciable. En parcourant les actes de ce colloque sur le site Internet du Sénat, on mesure le chemin accompli. En seulement deux ans, les échanges économiques et commerciaux franco-roumains n'ont cessé de progresser. La France est devenue le premier investisseur étranger en Roumanie, avec près d'un milliard d'euros investis en dix ans. Elle est devenue son troisième partenaire commercial, avec plus d'un milliard et demi d'échanges annuels. Les intervenants qui vont se succéder à la tribune vont, sans doute, vous préciser ces chiffres en détail. Mais d'avance, je sais qu'ils prêcheront des convertis.

Pour ma part, je m'en tiendrai à souligner combien cette rencontre se situe à un moment crucial et propice dans les relations entre la Roumanie, la France et l'Union Européenne. Trois faits marquants en fournissent une illustration de pleine actualité. Il y a eu, d'abord, au début d'octobre, la venue en France du Premier Ministre de la Roumanie, Monsieur Adrian Nastase. Sa visite et les entretiens très constructifs qu'il a eus avec le Premier Ministre, Monsieur Jean-Pierre Raffarin, et notre Ministre de l'Intérieur, Monsieur Nicolas Sarkozy, ont permis de clarifier un certain nombre de dossiers dont quelques-uns risquaient de ternir l'image roumaine dans une fraction des opinions publiques occidentales. Je pense, entre autres, à la délicate question des jeunes Roumains exploités dans nos capitales par des réseaux mafieux de mendicité, de vol et de prostitution. J'espère que les décisions énergiques prise en ce domaine vont permettre d'assainir une situation qui, de toute évidence, n'est plus tolérable. En second lieu, je dois saluer la fréquence et la qualité des relations interparlementaires entre la Roumanie et la France. Des membres des deux assemblées roumaines ont été reçus au Sénat et, en ce qui me concerne, j'accueillerai, la semaine prochaine, le Président du Sénat roumain, Monsieur Nicolae Vãcãroiu.

Enfin, et surtout, il faut replacer ce Sommet d'Affaires dans la perspective de la récente recommandation de la Commission européenne sur l'élargissement de l'Union à l'horizon 2004-2007. Depuis le Conseil de Copenhague, en 1993, les pays d'Europe Centrale et Orientale, candidats à l'accession, ont déployé des efforts considérables pour être à ce rendez-vous majeur. Le temps arrive, pour eux, d'en retirer les premiers dividendes. La Roumanie, il est vrai, ne sera pas dans le train des premières admissions, mais, elle devrait, en principe, nous rejoindre, dans les cinq ans à venir, en 2007. La France a appuyé activement sa candidature à l'Union Européenne et, plus généralement, elle soutient la pleine participation de la Roumanie aux structures euratlantiques et à l'OTAN, en particulier.

Tel est le contexte général de ce Sommet d'Affaires dont, je n'en doute pas, nos entreprises sauront tirer le meilleur parti. Les aléas du calendrier ne me permettent pas de me joindre à vos travaux, mais l'attention que j'y porte et mon soutien n'en sont pas moindres. J'y ajouterai mes compliments adressés aux lauréats que vous avez souhaité distinguer lors de la remise des Prix d'Amitié France-Roumanie. A tous, je souhaite un excellent et studieux sommet, en espérant que vous garderez de votre passage au Sénat, un bon souvenir et que vous y reviendrez. Je vous remercie. »


Je souhaite, à mon tour, plein succès à ce sommet, ainsi que de fructueux travaux. Je tiens, aussi, à remercier et à féliciter, particulièrement, la cheville ouvrière de l'organisation de ce colloque, Madame Ingrid Vaileanu Paun, qui s'est donné beaucoup de mal, depuis plusieurs mois, pour relever ce défi.

La dimension politique
des relations franco-roumaines

Message du Président de la Roumanie,
Monsieur Ion ILIESCU

Oliviu GHERMAN,
Ambassadeur de Roumanie en France

Je vais vous donner lecture de la traduction, non-authentifiée, du message original du Président Iliescu.

« Permettez-moi d'adresser mes remerciements aux organisateurs et aux participants du Sommet d'Affaires franco-roumain, évènement destiné à contribuer au développement des échanges commerciaux et de la coopération économique entre nos deux pays. C'est une occasion particulière de nouer des contacts utiles entre les sociétés de nos pays et d'identifier de nouveaux et intéressants domaines de coopération bilatérale. La présence à cet évènement, de représentants de la communauté d'affaires de nos pays témoigne de l'intérêt de ces derniers pour le développement et la diversification des relations économiques franco-roumaines.

Les mesures politico-économiques mises en oeuvre, ces deux dernières années, en Roumanie ont eu pour but de réaliser une croissance économique saine et durable. Le gouvernement a détaillé un plan d'actions spécifique, à moyen terme, dans ce domaine. Afin d'attirer les investissements étrangers et de mettre en valeur les opportunités qui apparaissent dans les processus de privatisation et d'amélioration du milieu d'affaires, nous avons créé l'Agence Roumaine pour les Investissements Etrangers (ARIS) qui fournit son appui aux investisseurs étrangers souhaitant démarrer rapidement et développer des affaires. Le cadre institutionnel législatif des réformes économiques et sociales, dans notre pays, a connu également une amélioration en ce qui concerne sa fonctionnalité, son efficience, sa stabilité et sa prédictibilité en simplifiant les procédures bureaucratiques et en réduisant une série de réglementations redondantes, tout en augmentant le degré de fonctionnalité du marché et des investissements.

Nous avons pu constater que les progrès obtenus sur le plan économique, au cours des années 2001 et 2002, notamment, le rythme dynamique du développement économique et la réduction de l'inflation, se reflètent dans l'augmentation de l'intérêt de nos partenaires étrangers. Les résultats encourageants, enregistrés dernièrement, dans l'économie nationale, ont conduit, entre autres, à l'amélioration de l'évaluation du pays. D'ailleurs, sur le marché extérieur des capitaux, il existe des signes de confiance dans le processus économique en Roumanie, reflétés à l'occasion des travaux de la réunion annuelle de la BERD, à Bucarest, ainsi que dans le déroulement de la coopération internationale avec de nombreux Etats. Dans le cadre du processus de relance de la croissance économique de la Roumanie, une place particulière revient aux pays membres de l'Union Européenne, qui détiennent plus de 60 % du volume total de notre commerce extérieur.

Le partenariat entre la Roumanie et la France a une longue tradition et couvre un nombre important de domaines, parmi lesquels le domaine économique occupe une place de choix. S'inscrivant dans une dynamique ascendante durant les dix dernières années, le volume des exportations de la Roumanie vers la France, en 2001, a atteint 918,8 millions de dollars et le volume des importations, 978 millions de dollars. En ce qui concerne les sept premiers mois de l'année 2002, la valeur des échanges a été de 606 millions de dollars pour les exportations et de 633 millions de dollars pour les importations, soit une augmentation importante par rapport à 2001. Tout en appréciant la dynamique des échanges commerciaux entre nos deux pays, nous ne pouvons pas ne pas remarquer certains aspects préoccupants. Un premier aspect concerne la nécessité d'assurer, à l'avenir, des échanges commerciaux équilibrés du point de vue du déficit du commerce extérieur de la Roumanie avec la France. Le second aspect est la nécessité d'améliorer la structure des produits échangés afin que la Roumanie puisse exporter des produits à plus haute valeur ajoutée, ce qui aurait des répercussions favorables sur le rapport des échanges commerciaux, c'est-à-dire sur l'augmentation du niveau de prix des produits exportés par la Roumanie. Un domaine économique important des relations franco-roumaines est celui de la coopération concernant les investissements directs. Le volume cumulé du capital social souscrit par des sociétés commerciales à participation française, en Roumanie, a été de 642 millions de dollars, entre 1990 et avril 2002. Les investissements de capital français, en Roumanie, sont importants dans l'industrie du ciment, dans la construction automobile, dans les technologies de l'information et des communications, dans le tourisme et le domaine bancaire. Ceci contribue, certainement, au développement des relations économiques franco-roumaines.

Toutefois, j'estime que l'économie roumaine dispose du potentiel pour attirer un volume beaucoup plus important d'investissements directs français. A cet égard, il revient à la partie roumaine d'améliorer, à l'avenir, le climat des affaires et de rendre la Roumanie plus attractive pour les investisseurs étrangers afin que ces derniers trouvent un terrain propice tant dans le domaine des privatisations et des restructurations entreprises par le gouvernement que dans la mise en oeuvre de nouveaux objectifs d'investissement. La Roumanie souhaite aussi promouvoir un partenariat actif avec la France dans d'autres domaines importants : politiques, culturels, scientifiques, écologiques etc. La coopération bilatérale est importante dans le cadre de la préparation de notre pays à l'adhésion à l'Union Européenne. L'histoire des relations étroites entre la France et la Roumanie, renforcée avec le temps par l'échange permanent de valeurs culturelles, intellectuelles et matérielles, nous conforte dans notre conviction qu'il existe entre nos pays une relation privilégiée fondée sur la similitude de nos intérêts et de notre vision de l'avenir dans le contexte européen et international. J'ai la conviction qu'avec l'avancée des négociations d'adhésion de la Roumanie à l'Union Européenne, le niveau des investissements français dans notre pays augmentera significativement.

En tant que peuple d'origine latine, les liens entre Roumains et Français sont naturels et facilités par l'appartenance de la Roumanie à la francophonie. Je profite de cette occasion pour exprimer ma gratitude à la France pour son appui constant à la Roumanie, à travers les programmes d'assistance destinés à la mise en oeuvre de la réforme et au renforcement des structures démocratiques et à travers son soutien aux efforts d'intégration dans l'Union Européenne. Je suis optimiste sur l'avenir de nos relations bilatérales. Je souhaite un grand succès au Sommet d'Affaires franco-roumain. »

Les opportunités d'affaires en Roumanie

Léonard CAZAN,
Ministre roumain du Développement et des Prévisions

Je suis satisfait de la tenue de cette réunion. Je vous remercie d'y être venus si nombreux. Cet évènement est important pour les relations entre nos deux pays. En effet, pour construire, en Roumanie, un développement durable qui assure les conditions nécessaires au développement de la société, il est important d'établir les bases d'un partenariat constructif avec la France et avantageux pour les deux pays. Il est temps d'accepter, dans la théorie et la pratique de nos relations, que nous vivons dans un seul monde, dans une seule Europe. Je ne veux pas insister sur les aspects sentimentaux et sur la tradition de l'amitié franco-roumaine. Je vais traiter objectivement de ce qu'est la Roumanie, de nos réalisations, des tendances de la vie économique et sociale et des perspectives pour 2005 et 2006.

 

I. Les avancées économiques de la Roumanie

 

Tout va dans le bon sens en Roumanie. Nous sommes passés des désillusions aux succès. La crédibilité des institutions et des législations roumaines s'est accrue. Le gouvernement a présenté à la société roumaine un plan économique et social. Après 600 jours de gouvernement, les résultats sont bons. Certains des participants connaissent bien les réalisations du gouvernement depuis deux ans. Pour les autres, je vais insister sur des chiffres qui rendent compte de la situation exacte.

Pour 2001, la croissance était de 5,3 %, ce qui est la plus forte croissance des pays candidats à l'Union Européenne. Cette année, le taux de croissance sera de 4,5 %. Ainsi, en deux ans, la croissance aura été de près de 10 %, ce qui correspond à une récupération des pertes enregistrées pour la période de 1997 à 1999. Un premier succès a été remporté dans le domaine de la désinflation. L'inflation, en Roumanie, reste importante mais elle est devenue prédictible. L'inflation est maîtrisée. Fin 2000, le taux d'inflation était de 40 %. En 2001, ce chiffre est descendu à 33 %, et, cette année, l'inflation sera d'environ 18 ou 19 %. Ainsi, nous pensons en 2003 ou 2004, entrer dans le rang des pays développés. En 2001, des performances à l`exportation ont aussi été réalisées et le niveau atteint est le plus élevé de l'histoire économique de la Roumanie.

 

II. Les perspectives de développement

 

Pour les quatre à cinq ans à venir, nous avons projeté une croissance supérieure à 5 % basée sur la formation du capital et les progrès continus des exportations qui atteindront, peut-être, 16 milliards de dollars. Nous nous basons sur un développement qui sera, en 2005, de 2,5 %. Il y aura des modifications de la structure industrielle et la production industrielle augmentera de plus de 50 %. Cette perspective se base sur des scenarios objectifs. Elle prend en compte les améliorations des rendements des facteurs de production, la stabilisation de l'inflation, la discipline financière, l'assurance de déficits budgétaires encadrés dans des niveaux normaux pour les candidats à l'entrée dans l'Union Européenne, le développement des exportations, des importations et des services financiers. Les priorités, à long terme, sont la croissance du secteur énergétique, de l'infrastructure et du secteur bancaire, l'entrée dans une zone d'efficience, l'augmentation de la consommation, la retechnologisation des usines dans tous les domaines, l'extension des services à la population.

 

III. Un cadre juridique et institutionnel nouveau

 

Un cadre juridique et institutionnel totalement nouveau facilite désormais les investissements en Roumanie. Des investissements étrangers peuvent intervenir dans tous les secteurs d'activité s'ils remplissent trois conditions :

· le respect de l'environnement ;

· le respect des intérêts de sécurité du pays ;

· le respect de la morale et de la santé publiques.
Les résultats de cette réforme sont des investissements supérieurs à un million de dollars de la part de plus de 110 investisseurs. Les investissements étrangers atteignent presque 1 milliard de dollars, grâce aussi aux investisseurs moyens. L'investissement industriel réalisé en équipement et matériel est exonéré du paiement des terrains sortis du secteur agricole pour former des parcs industriels. Il y a aussi une série de réductions d'impôts et de taxes locales pour attirer les investissements. En Roumanie, il y a deux types de parcs industriels : les Greenfields et les parcs qui se constituent au sein des anciens sites industriels.

Les perspectives de développement du commerce entre la Roumanie et la France

Fabrice Etienne FAVRE,
Conseiller technique et Représentant
du Ministère du Commerce extérieur français

Je note, depuis deux ou trois ans, une montée en puissance des relations franco-roumaines. Le Premier ministre Nastase est venu deux fois, à Paris, en un an, et, à chaque fois, ses visites ont été marquées par une forte occasion économique et commerciale. Le pas franchi, aujourd'hui, est un pas supplémentaire. Je vais centrer mon propos sur les affaires économiques et commerciales. En effet, je représente ici François Loos, le Ministre du Commerce extérieur français, retenu à Bercy pour une importante réunion interministérielle.

Les priorités du Ministère français de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, en ce qui concerne l'élargissement, sont la consolidation de l'environnement des affaires pour les entreprises étrangères, en général, et françaises, en particulier, dans ces marchés de proximité, avec les pays candidats. Du point de vue économique et commerciale, nous concevons notre action avec ces pays partenaires dans la durée. L'année 2004 est une étape mais n'est pas une fin en soi. Nous préparons l'après 2004, pour les pays qui vont intégrer l'Union très probablement à cette date. Nous préparons, aussi, le cheminement, puis, l'entrée dans l'Union Européenne, de l'ensemble des douze pays candidats en cours de négociation, dont fait partie la Roumanie.

Notre objectif est le dialogue et le partenariat. Cet objectif de partenariat comporte plusieurs volets.

 

I. Le partenariat public

 

Tout d'abord, il y a un partenariat public entre les gouvernements et entre les ministres. François Loos a commencé une « tournée » dans les pays candidats et se rendra en Roumanie, au début de l'année prochaine. L'élargissement constitue une de ces trois ou quatre priorités principales. Ce dialogue entre les autorités publiques est un dialogue politique, franc et ouvert sur les manières de faire dans les pays visités. Ce dialogue vise aussi à prendre des initiatives conjointes comme, par exemple, avec la Roumanie, dans la sphère économique et financière, les jumelages et les coopérations, notamment, en matière de trésorerie et de comptabilité publiques, de développement des systèmes financiers. Il s'agit aussi de former des cadres qui puissent, demain, favoriser et nourrir le partenariat franco-roumain et participer à des entreprises conjointes. A ce titre, nous souhaitons multiplier ce que nous appelons les Volontaires à l'International en Entreprise, c'est-à-dire des jeunes qui effectuent leur service militaire dans une entreprise durant une longue période. Ils sont actuellement peu nombreux et leurs destinations sont peu diversifiées. L'envoi de ces jeunes dans les pays de l'élargissement est devenu une priorité.

 

II. Les partenariats privés

 

Les partenariats doivent aussi être privés, entre les entreprises. Si les pouvoirs publics peuvent apporter une aide pour les favoriser, ils le feront. Par exemple, dans un autre pays de l'élargissement, nous avons revitalisé un accord de partenariat pour une coopération entre des PME qui porte sur des millions d'euros. Il s'agit d'un système financier, mais pas seulement, d'aide au développement de partenariats bilatéraux entre PME. Nous souhaiterions que ce type d'outils puisse être développé dans d'autres pays.

 

III. Le partenariat public-privé

 

Enfin, il y a le partenariat public-privé, une formule à laquelle nous croyons beaucoup sur la durée. Dans l'économie roumaine, certains secteurs sont définis comme prioritaires et intéressent les grands groupes et les PME. Nous considérons que l'aide financière accrue dont devrait bénéficier la Roumanie, prochainement et à partir de 2004, doit être mise à profit pour obtenir des partenariats public-privé qui aident au développement du pays en matière d'infrastructures, de services aux collectivités, notamment. Nous sommes prêts à examiner, dans une logique de projets très concrets, ce cadre avec les hommes d'affaires français et la partie roumaine, afin de maximiser l'effet de ces fonds et de leur utilisation sur le développement économique de la Roumanie.

Notre approche est concrète et ouverte sur le fonctionnement de l'économie roumaine et du marché et sur l'environnement des affaires pour nos entreprises. Tous ces aspects seront développés, à Bucarest, par François Loos, au début 2003.

La contribution du Parlement roumain au développement des relations entre la France et la Roumanie dans le domaine des affaires économiques et des investissements directs

Aristide ROIBU,
Président du Groupe d'Amitié Roumanie-France du Sénat roumain

 

 

I. L'évolution du cadre institutionnel et juridique

 

Les transformations structurelles, en Roumanie, en vue de l'édification de l'état de droit et du passage à l'économie de marché, ont créé des conditions favorables aux contacts avec des milieux d'affaires. La France est un des partenaires privilégiés de la Roumanie depuis l'établissement de relations diplomatiques, en février 1880. Entre ces deux pays, il y a de nombreux accords qui couvrent pratiquement tous les domaines. Les relations commerciales se développent principalement sur la base de l'Accord européen instituant une association entre la Roumanie, d'une part, et les communautés européennes et leurs membres, d'autres parts, signé le 1er février 1993. Les investissements se développent sur la base de l'Accord entre le Gouvernement de la Roumanie et le Gouvernement de la République Française concernant la promotion et la protection réciproques des investissements, signé le 21 mars 1995.

De nombreuses sociétés franco-roumaines sont inscrites au Registre du Commerce en Roumanie. Parmi les grands groupes ayant investi dans notre pays ou ayant des projets en cours de développement, il y a Lafarge, Alcatel, Bouygues, France Telecom, Compagnie Générale des Eaux, Vivendi, Gaz de France, Rhône-Poulenc, Matra, Renault, Eurocopter et d'autres. Une Chambre de Commerce et d'Industrie française a été créée à Bucarest. Des banques françaises importantes, comme, par exemple la Société Générale, sont présentes en Roumanie.

 

II. L'Agence Roumaine pour les Investissements Etrangers

 

Conformément au programme du gouvernement pour la période 2001-2004 et afin de favoriser les investissements étrangers, une institution a été créée : l'Agence Roumaine pour les Investissements Etrangers, fondée sur la loi du 13 juin 2002. La première activité de l'agence sera la publication d'un inventaire complet de la législation roumaine en matière d'investissement. Dans le cadre des actions de coopération franco-roumaine, des pièces pour l'industrie automobile, des pièces pour les chemins de fer, des équipements périphériques pour les ordinateurs, du ciment, de l'acier inoxydable, des vaccins, du sucre ont été produits.

 

III. Les lois du 29 juin 2001 et du 11 juillet 2002

 

Le Parlement roumain a voté deux lois importantes pour l'économie roumaine. La loi du 29 juin 2001 sur la promotion des investissements directs concerne les investissements supérieurs à un million de dollars et contribue au développement et à la modernisation de l'infrastructure économique de la Roumanie. Les facilités accordées par cette loi sont, par exemple, l'exemption de taxe douanière sur certains produits, le paiement différé de TVA pour le matériel nouveau nécessaire pour la réalisation de l'investissement jusqu'à sa mise en fonctionnement et, aussi, des avantages fiscaux comme l'utilisation de l'amortissement accéléré.

La loi du 11 juillet 2002 relative à la construction et au fonctionnement des zones industrielles confère des avantages fiscaux spécifiques afin de permettre le développement des parcs industriels. Ce sont des exemples de la contribution du Parlement roumain au développement des relations avec la France dans le domaine des affaires économiques et des investissements directs.

Les perspectives de la Roumanie dans le processus d'adhésion à l'Union Européenne

Monsieur VIGIER,
Conseiller de Madame Noëlle LENOIR,
Ministre délégué aux affaires européennes
auprès du ministre des affaires étrangères

Ce séminaire est une occasion de discuter des opportunités économiques en Roumanie et d'apprécier ses progrès sur la voie de l'intégration européenne. De ce point de vue, un des enjeux est de développer non seulement les investissements des grandes entreprises françaises mais aussi des PME qui ont un rôle à jouer dans l'intégration européenne de la Roumanie. Madame Lenoir n'a pu se libérer aujourd'hui, mais, elle était en Roumanie, le 5 septembre, et a pu apprécier les progrès de la Roumanie.

La Roumanie ne fait pas partie des dix pays jugés prêts, par la Commission, pour conclure leurs négociations avant le Conseil Européen de Copenhague et pour l'adhésion, début 2004. Néanmoins, le contenu du Rapport de Progrès présenté par la Commission, sur la Roumanie, est encourageant. Sur les trois critères retenus, elle remplit pleinement les critères politiques de Copenhague. Elle a progressé, du point de vue économique, vers le statut d'une économie de marché viable. En outre, elle a fait des progrès considérables dans la reprise de l'acquis communautaire même si, à cet égard, elle n'a clos que 13 chapitres des 31 chapitres de la négociation et accuse un certain retard. Sur cette base, la Commission pointe un certain nombre de progrès qui doivent encore être accomplis et, notamment, le renforcement des capacités administratives.

En ce qui concerne les perspectives de la Roumanie dans le processus d'adhésion à l'Union Européenne, quatre éléments seront proposés, par la Commission, à la Roumanie, à la réunion de Copenhague. Tout d'abord, la Commission a pris note du souhait des autorités roumaines d'adhérer d'ici 2007. Elle n'a pas pris un engagement, mais, la date de 2007 est reconnue comme un objectif réaliste dans la mesure où la Roumanie maintient les efforts qu'elle a engagés. Ensuite, la Roumanie craint, en 2004, des demandes reconventionnelles de la part des dix pays entrant à cette date dans l'Union Européenne. Aussi, la Commission propose l'insertion d'une clause au traité unique d'adhésion des dix nouveaux membres, clause prévoyant que les résultats déjà acquis dans les négociations avec la Bulgarie et la Roumanie ne puissent être remis en cause par les nouveaux entrants. La Roumanie souhaiterait parvenir à la conclusion de ces négociations avant 2004. Le troisième élément proposé par la Commission est une assistance financière accrue. En 2004, les crédits de pré-adhésion, alloués aux dix pays, seront libérés et des marges budgétaires seront disponibles afin d'augmenter l'aide financière de pré-adhésion pour la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie. Enfin, La Commission envisage d'explorer les possibilités d'associer la Roumanie à certaines enceintes de l'Union Européenne avant son adhésion afin qu'elle puisse se familiariser avec les processus de décisions communautaires. 2007 semble un horizon réaliste pour l'entrée de la Roumanie dans l'Union et les autorités françaises feront leur possible pour que cet objectif soit atteint.

Les opportunités de la Roumanie et de la région pour les projets nationaux de développement

Ana-Maria MIHAESCU,
Directrice Générale IFC Roumanie

La Société Financière Internationale (IFC) créée en 1956 afin de financer le secteur privé et dont je suis la chef de mission à Bucarest, est une des quatre institutions de la Banque Mondiale. Le Bureau de Bucarest a été ouvert en 1997. L'activité de cette société consiste en des participations financières sous forme soit de prêts, soit de participations au capital et de mobilisation de ressources pour des émissions d'obligations.

Durant les dernières années, il y a eu une multiplication des projets bancaires et bancables à Bucarest. Une grande partie de ces projets sont liés à des investisseurs français. Le premier projet de la Société Financière Internationale à Bucarest, devenu un succès, était un projet avec Alcatel, à Timiþoara. En 1997, nous avons structuré le plus grand financement privé sans garantie d'Etat pour une société mixte avec France Telecom. Ce projet a aussi été un succès. En 1999, Vivendi a réussi à obtenir la concession du service des eaux de la ville de Bucarest. Ces trois projets illustrent les trois produits de base de l'IFC : la participation au capital et les prêts ainsi que le service de conseil.

Les conditions de réalisation d'investissements en Roumanie se sont améliorées et ont augmenté les possibilités de développement du secteur privé. Un des facteurs nécessaires à ce développement est l'argent. A Bucarest, les financements à long terme existent. Nos bureaux sont à la disposition des porteurs de grands projets, et les intermédiaires financiers que nous avons créés (sociétés de leasing, banques commerciales, des sociétés d'assurance, des fonds d'investissement) sont à la disposition des PME. Je suis optimiste en ce qui concerne le potentiel du marché privé en Roumanie.

Questions-réponses

De la salle

Quels sont les perspectives de financement pour le développement du tourisme en Roumanie ?

Ana-Maria MIHAESCU

Il est possible de discuter de projets liés au tourisme, qui concernent par exemple le développement du réseau hôtelier, des infrastructures et aussi quelques projets de grande envergure. L'IFC n'a pas encore financé de projet de ce type en Roumanie.

De la salle

Une société roumaine privée de construction souhaite trouver un partenaire français ou développer une activité en France. Est-ce qu'il existe un programme permettant de familiariser les PME roumaines aux réglementations françaises en matière de travail, d'environnement et de construction ?

Fabrice Etienne FAVRE

Nous sommes à l'écoute des demandes des sociétés françaises et des autorités roumaines pour composer les délégations et tenir des réunions sur des thèmes précis comme ceux que vous évoquez. Il est ainsi possible d'inclure le secteur du tourisme.

De la salle

Il y a quelques années, une expérience de managers de crise a été tentée dans les grandes entreprises parfois difficiles à privatiser. Cette expérience avait permis d'aider à restructurer des entreprises et de trouver des débouchés. Dans le cadre du programme PHARE, cette expérience n'a pas été renouvelée. Pensez-vous qu'elle puisse être reprise ?

Leonard CAZAN

Les problèmes de la restructuration sont spécifiques et le programme PHARE n'a pas résolu ce problème. C'est un système de partenariats pour les pays candidats afin que des PME puissent atteindre des objectifs. Les financements s'élèvent au plus à 100 000 euros. L'avantage est qu'ils sont nombreux. Ainsi, pour 2001, le nombre de projets est de 1097.

De la salle

Le transport est un aspect important. Notre société de transport est implantée en Roumanie, depuis un an, et nous y rencontrons des difficultés, comme partout. Y a-t-il des projets de modification des lois et des facilités douanières roumaines ?

Aristide ROIBU

Je suis ici pour écouter et prendre en compte les propositions des participants à ce sommet. Les réglementations douanières en Roumanie sont harmonisées avec les réglementations de l'Union Européenne. Dans ce cadre, nous pouvons envisager des améliorations tout en restant en harmonie avec le cadre européen. Vous pouvez faire des propositions que nous étudierons et vous mettre en contact avec la Direction Générale des Douanes.

Clôture de la première partie

Luminita HOLBAN,
Directrice éditoriale, Bucharest Business Week

En Roumanie, il existe une loi qui soutient les investissements étrangers de plus d'un million de dollars et dont bénéficient, entre autres, des sociétés françaises. Une agence ARIS aide aussi les investisseurs étrangers.

La France est le troisième partenaire commercial de la Roumanie. Elle accompagne la Roumanie sur la voie de l'intégration à l'Union Européenne.

Les grands investisseurs en Roumanie

Le système bancaire en Roumanie :
expérience et opportunités

Patrick GELIN,
Directeur Général de BRD-Groupe Société Générale

 

 

I. L'expérience de la Société Générale en Roumanie

 

Il y a quelques années, la Société Générale a pris la décision stratégique d'investir dans la banque de détail dans les pays émergents. En 1999, le premier investissement d'envergure concernait la Roumanie avec l'acquisition de 51 % du capital de la Banque Roumaine de Développement (BRD).

L'expérience est considérée comme très positive pour plusieurs raisons. Tout d'abord, le marché roumain est en pleine expansion. Depuis quelques années, une classe moyenne émerge et accède à la consommation de masse. Les crédits à la consommation se développent dans ce pays. De plus, l'environnement culturel est favorable. Le niveau d'éducation est élevé. Les techniciens et les ingénieurs sont d'un excellent niveau. Malgré les progrès de l'anglais, le français reste une langue largement comprise. L'influence économique, politique et culturelle de la France est forte en Roumanie.

Toutefois, nous avons rencontré des difficultés et il reste certaines réformes, notamment structurelles, à mettre en oeuvre. Nous avons tiré les leçons suivantes des problèmes concrets rencontrés dans cette expérience de post-privatisation. Tout d'abord, quand vous voulez investir en Roumanie, il est nécessaire d'expatrier un grand nombre de cadres français, au moins dans la première phase. Il faut aussi s'entourer d'expertise juridique, comptable et financière compétente et indépendante. Tous les grands cabinets sont représentés en Roumanie. Il est inévitable de procéder à des restructurations afin de moderniser l'outil, former le personnel et introduire une dynamique au service de vos objectifs. Par exemple, la BRD est engagée dans une vingtaine de projets de modernisation. En conséquence, il faut s'inscrire dans la durée et avoir une vue à moyen terme. Avec une communication efficace et des résultats tangibles rapidement, l'adhésion du personnel aux changements n'est pas un problème.

 

II. Comment la Banque Roumaine de Développement peut-elle accompagner une PME française qui souhaite s'implanter en Roumanie ?

 

La BRD est la deuxième banque de Roumanie, avec 20 % de parts de marché et 4 500 personnes. La première banque roumaine est une banque d'Etat, en instance de privatisation. La BRD est une banque locale avec un réseau de 200 agences, 1,2 millions de clients privés et 100 000 clients commerciaux et une excellente image de marque.

De plus, la BRD est totalement intégrée au Groupe Société Générale, tant au niveau des procédures et des méthodes qu'au niveau commercial. Beaucoup de produits ont été développés en Roumanie avec l'assistance de la maison-mère. Les produits et les services sont pratiquement identiques à ceux qui existent en France. La BRD peut vous offrir toute la gamme de financement, en monnaie locale comme en devises, à court terme comme à moyen terme. La Société Générale est aussi la première banque en crédits export en Roumanie, toutes sources de financement confondues. La seule rigidité concerne les taux qui sont tous révisables en monnaie locale étant donnée la forte inflation. Il n'y a pas encore de taux fixes. La BRD propose aussi des produits de cash management pour gérer les trésoreries, un fonds commun de placements pour gérer les excédents de trésorerie et dispose d'une salle des marchés pour les opérations de change et de taux un peu complexes.

Par ailleurs, la BRD a mis en place une organisation spécifique afin d'accueillir les sociétés françaises qui veulent s'implanter en Roumanie. La plupart des grandes sociétés françaises sont suivies de manière centralisée à Bucarest afin de faciliter les relations avec les maisons-mère en France et avec les correspondants commerciaux de la SG. Un Bureau Français traite toutes les demandes d'information et accompagne les premiers pas des sociétés venant en reconnaissance en Roumanie. Le personnel y parle français et plusieurs expatriés sont totalement dédiés à l'action commerciale sur place. Enfin, l'étendue de notre réseau permet de servir les entreprises sur tout le territoire roumain. Nous avons aussi une filiale commune avec la Société Générale, la Corporate Finance qui exerce des fonctions de conseil en fusion et en acquisition.

La Roumanie pâtit d'un déficit d'image à l'extérieur. Toutefois, la réalité est différente. Les grandes sociétés françaises implantées en Roumanie sont nombreuses et interviennent dans différents secteurs. Les PME françaises sont encore sous-représentées, ce qui n'est pas le cas des PME italiennes très présentes dans le nord-ouest du pays, dans les secteurs, par exemple, du textile, du cuir et de la mécanique. Ce sont des exemples à suivre. Sur place, vous trouverez des structures d'accueil extrêmement fortes : Ambassade et Poste d'Expansion Economique, la Chambre de Commerce, les conseillers du Commerce Extérieur et les grandes et moyennes entreprises françaises. La BRD considère qu'elle a un rôle important dans la promotion des investissements français en Roumanie.

Alcatel Romania - Onze ans d'expérience sur le marché roumain des télécommunications

Dan BEDROS,
PDG Alcatel Roumanie

La Roumanie ne mérite pas cette image négative. Ce pays a un problème de transition, de passage du monde communiste au monde capitaliste. Il n'y a pas de recette, c'est un problème que le pays doit résoudre seul. Pour cette raison, la Roumanie a besoin de l'aide et de la compréhension de tous.

Alcatel a été un des premiers groupes français à s'installer en Roumanie, en 1991, en créant une société mixte avec une entreprise roumaine, qui est née en 1968 et a développé l'informatique dans le pays. Alcatel France est devenu l'actionnaire majoritaire de cette société, la Banque Mondiale possède 10 % des actions et Romtelecom 6 %. A cette époque, nous n'avons pas imaginé une telle croissance du marché. Les intentions étaient de créer une société de 100, 150 personnes avec un CA de 15 millions de dollars. La réalité, aujourd'hui, est que la société a atteint un CA de 100 millions de dollars et emploie 1 000 personnes.

La société occupe 40 % du marché de la téléphonie fixe. Une autre croissance importante pour Alcatel est liée à la participation d'Alcatel comme actionnaire de France Telecom et à l'entrée de cette société sur le marché de la téléphonie mobile en Roumanie, en 1996. Cela a doublé l'activité d'Alcatel. Sur les 1 000 employés, 300 travaillent dans le Département « Opération », 400 développent des logiciels, et 200 personnes travaillent dans les activités industrielles. Alcatel a réalisé, au cours des 11 années, des exportations de 700 millions de dollars pour la France et a créé une valeur locale de 200 millions d'euros.

L'activité d'Alcatel s'est développée sur la téléphonie mobile avec 80 % des équipements d'Orange, le chemin de fer, la télévision par câble. Alcatel participe aussi à un appel d'offre pour Transelectrica. Toutes ces activités confèrent à Alcatel le statut de premier fournisseur de télécommunication. Alcatel Romania est aussi responsable de tous les pays des Balkans et développe des activités dans d'autres pays de l'Est. Nous travaillons aussi dans 170 pays du monde pour les équipements Alcatel. L'ingénierie roumaine est présente en Malaisie, en Amérique, en Chine, en Afrique et dans de nombreux pays du monde. Cela prouve que la compétence, en Roumanie, est élevée. Alcatel ne s'est pas seulement implanté pour accéder au marché local, mais, a assuré un développement régional. En raison de la crise mondiale des télécommunications, Alcatel est contraint de réduire sa présence dans tous les pays à l'exception de la Roumanie. Cela montre à quel point le marché se développe en Roumanie.

Alcatel investit beaucoup dans l'éducation et la recherche en Roumanie et s'implante dans des universités roumaines où sont créés des laboratoires Alcatel.

L'investissement du Groupe Hyparlo en Roumanie
et le succès du premier hypermarché
- Projets pour de futurs investissements

Jean ARLAUD,
Coordinateur pour les opérations en Roumanie de Carrefour

Carrefour est le numéro deux mondial de la distribution. Le Groupe Hyparlo est la société qui a créé l'hypermarché en Roumanie. C'est une société familiale dont la majorité du capital est détenu par ma famille et qui reste régionale avec une implantation dans le centre et le sud-est de la France et dans le nord de l'Italie. Hyparlo est côté en bourse sur le second marché. Nous sommes franchisés Carrefour et bénéficions de l'enseigne, de la communication et des centrales d'achat Carrefour. Nous exploitons quinze hypermarchés en France, en Italie et en Roumanie. Le CA est de 1,2 milliards d'euros et nous employons environ 4 000 personnes. La société est une très grosse PME.

Pourquoi avons-nous décidé d'aller en Roumanie ? Cette décision a été prise en 1997-1998 pour quatre raisons : tout d'abord, la Roumanie est le second pays de l'Est en taille et en population ce qui constitue pour la distribution un fort potentiel. En effet, il faut ouvrir un certain nombre d'hypermarchés dans un pays afin d'atteindre la taille critique. Ensuite, en Roumanie, il n'y avait pas de concurrence. Nous savions que nous serions les premiers à installer des hypermarchés. De plus, la Roumanie est un pays latin. La langue est proche de la nôtre et beaucoup de roumains parlent notre langue. Ceci constitue un avantage dans un métier où la communication est importante. Enfin, le niveau culturel et universitaire est très élevé ce qui permet d'avoir des équipes d'un très bon niveau. Notre encadrement est, aujourd'hui, presque intégralement roumain, seul le directeur est français.

Au départ nous avions une image négative de la Roumanie. Mais, depuis trois ans, ce pays a évolué très rapidement, en particulier, Bucarest qui change de jour en jour avec de nouveaux bâtiments, de nouvelles routes, une plus grande propreté de la ville, un aéroport moderne. De plus, l'inflation diminue, la croissance augmente.

Nous avons réussi notre entrée en Roumanie et le premier hypermarché fonctionne très bien. La Roumanie est un axe important du développement de notre groupe et nous n'avons aucun regret.

François OLIVER,
Directeur hypermarché Carrefour en Roumanie

Le premier hypermarché Carrefour en Roumanie est un succès. Le chiffre d'affaires réalisé en six mois correspond au CA prévu pour la première année. Nous employons 700 collaborateurs et, l'année prochaine, nous pensons employer 2 000 personnes. Nous avons pratiquement 50 000 références de produits qui sont à 98 % roumaines. Le premier hypermarché développé est un centre commercial dans lequel nous avons des partenaires qui ouvrent différents magasins (bricolage, meubles) sur ce site qui fera plus de 35 hectares. Pour la seconde implantation, nous avons écouté nos clients qui souhaitaient davantage de proximité et nous avons acheté un site près de la Gare du Nord qui sera ouvert l'année prochaine. Ce site fait 9 000 mètres carrés et il y aura 8 000 mètres carré de galeries marchandes. L'objectif est d'ouvrir cinq hypermarchés dans la capitale et de nous développer dans les villes de plus de 300 000 habitants.

Les clés de ce succès ont été de favoriser l'approvisionnement et les fournisseurs roumains qui sont de grande qualité ainsi que notre stratégie de formation. En ce qui concerne la formation, nous avons sélectionné une cinquantaine d'étudiants roumains des meilleures universités et nous leur avons fait passer une maîtrise française et un diplôme de chef de rayon en France. A leur retour en Roumanie, ces personnes ont pris en charge la gestion du magasin. Dans les futurs magasins, l'objectif est d'employer uniquement des Roumains. L'Institut Franco-Roumain de Gestion que nous avons créé s'est déplacé à Bucarest dans une des meilleures universités de la ville. Il y a actuellement 120 élèves. Beaucoup de sociétés participent à cet institut : la BRD, Renault, KPMG, Danone, l'Oréal. Nous sommes très satisfaits des personnes formées et, dans notre entreprise en Roumanie, il y a déjà eu 170 promotions internes.

Mon message aux investisseurs est que le pays change très vite. Il possède un fort potentiel avec, notamment, au niveau agricole, des richesses énormes. Dans le secteur agroalimentaire, les possibilités de développer des produits de bonne qualité sont importantes. Aussi, dans ce secteur, des investisseurs devraient s'installer en Roumanie. De plus, ils seraient bien accueillis dans nos structures et dans les structures déjà existantes. L'investissement en Roumanie est très intéressant et génère une grande satisfaction.

L'expérience d'Alstom en Roumanie,
à l'aide de ceux qui désirent investir

Didier VARLOT,
CEO Alstom

Cela fait sept ans que je dirige la filiale d'Alstom en Roumanie et j'ai pu constater les évolutions. Les raisons qui rendent possible une installation en Roumanie sont les suivantes. Tout d'abord, la Roumanie est un pays où existe un marché, notamment, en ce qui concerne les infrastructures. Dans ce domaine, les besoins sont importants et il existe un programme ambitieux du gouvernement qui a reçu le soutien de toutes les institutions financières internationales.

Toutefois, la Roumanie n'est pas un pays dans lequel on part à l'aventure. Il faut se préparer. Dans un premier temps, il faut se renseigner sur le marché, sur sa continuité, sur les concurrents et sur les habitudes des clients. Par exemple, les clients d'Alstom sont des clients d'Etat et nous devons savoir s'ils ont l'habitude de payer. Il est nécessaire, aussi, d'être convaincu pour investir en Roumanie. Ensuite, il faut savoir comment y aller. Il est possible de s'implanter, en Roumanie, de plusieurs manières : en allant en Greenfield, en privatisant, en s'associant. Le conseil qu'Alstom a suivi est d'investir pas à pas, en fonction des projets confiés. En ce qui concerne les infrastructures, les projets sont importants et exigent de gros investissements susceptibles d'être ensuite réutilisés d'où la nécessité de prudence mais aussi de fermeté. Par exemple, en 1999, il y a eu une période noire en Roumanie où tous les indicateurs étaient au rouge. Il faut donc savoir remettre en cause ce que l'on fait en permanence et s'adapter aux nouvelles conditions sans, toutefois, renoncer. Il faut être capable de changer de voies.

En pratique, je vous donnerai les conseils suivants. Il ne faut pas lésiner sur les expatriés. Pour une PME, cela peut constituer un coût important mais il est possible de recruter un VIE, un coopérant pour développer une présence. Ensuite, comme les Italiens, il faudrait « chasser davantage en meute ». Ainsi, sur place, dès le départ, il faut contacter les institutions françaises : les Chambres de Commerce, les Conseillers du Commerce extérieur, les missions économiques, et s'appuyer sur la communauté française. Il ne faut pas aller seul en Roumanie, il faut s'appuyer sur l'expérience des autres. Et surtout, il faut être patient, prudent car la Roumanie n'est pas un pays qui se dévoile facilement et il faut la conquérir.

La confiance de Vivendi Water dans l'économie de marché
roumaine et l'effet des investissements de Vivendi Water
sur les PME locales et françaises

Jean Patrice POIRIER,
Directeur pour l'Europe du Sud-Est et l'Asie Centrale de Vivendi Water

Vivendi Water a de nombreux plans de développement en Roumanie, en particulier, dans le domaine de l'eau et de l'assainissement puisqu'un grand nombre de villes s'apprêtent à ouvrir la participation au secteur privé, dans le cadre de partenariats public-privé. Vivendi est installé de manière durable en Roumanie.

Vivendi Environnement a quatre métiers : énergie, eau, propreté et transport. Ces quatre métiers intéressent la Roumanie et nous sommes intéressés par la Roumanie pour ces quatre métiers. Toutefois, je vais centrer ma présentation sur le secteur de l'eau.

Il y a cinq ans, le groupe Vivendi a décidé de faire des efforts sur ce pays après des succès en République Tchèque et en Hongrie. Au début, les succès ont été modestes. Ensuite, en 2000, notre implantation est devenue durable puisque Vivendi a gagné deux appels d'offre : un pour la gestion de l'eau de Bucarest et un pour une autre ville.

La gestion de ces deux villes représente un CA d'environ 80 millions d'euros et emploie 3 500 personnes. Nous y investissons environ 20 millions d'euros par an et nous allons investir pour une usine d'eau potable, environ 50 millions d'euros au cours des deux prochaines années. Les Roumains attendent de nous des investissements, une réorganisation des services et une amélioration de la qualité des services à la population à un prix acceptable. Enfin, un troisième rôle qui nous est attribué est un rôle de clarté avec les consommateurs, avec la collectivité publique qui nous autorise à faire notre métier et avec l'ensemble de nos fournisseurs. Nous appliquons des règles transparentes dans ces relations, tout doit être écrit. Ceci constitue un réel apport de notre part car les entreprises roumaines ne sont pas habituées à travailler de cette manière. Nous choisissons toujours la meilleure offre, le meilleur rapport qualité-prix. L'intérêt du consommateur final est la seule considération que nous prenons en compte. Nous favorisons aussi un développement local puisque nous investissons et développons des relations avec des PME locales et françaises.

La Roumanie est un pays et un marché attractif. Un de ses points forts est la volonté d'adhérer à l'Union Européenne, volonté politique qui a des conséquences dans d'autres domaines. La Roumanie est en marche vers l'UE, ce qui signifie que les objectifs à atteindre sont clairs, mais ne sont pas encore atteints. La Roumanie a un PIB annuel par habitant de 1 500 euros alors que, dans l'Union, les PIB annuels par habitant sont de l'ordre de 20 000 euros. Un autre point fort de ce pays est la qualité des relations humaines et des ressources humaines. Dans le domaine de l'eau, il y a des ingénieurs et des managers motivés et de qualité. Vivendi Water a dix expatriés pour gérer les 3000 employés et espère réduire encore ce nombre. Enfin, la Roumanie fait de nombreux efforts d'évolutions réglementaires afin de protéger les investissements étrangers.

Parmi les points faibles de ce marché, on note que l'administration roumaine est tatillonne. Il faut en permanence résoudre des problèmes administratifs locaux et cela constitue une perte de temps et un obstacle. Dans ce domaine, des progrès restent à faire. Un autre obstacle pour nous qui travaillons dans le service public, est le fait que la presse ne soit pas toujours objective et à tendance à mettre en avant les détails négatifs. Sur ces deux points, Vivendi Water fait des efforts, à la fois, pour convaincre les autorités roumaines de fournir les autorisations nécessaires et, à la fois, pour expliquer aux médias et faire de la communication afin de ne pas être mal compris. Ce conseil est valable quel que soit le secteur d'activité.

Nous pouvons offrir beaucoup d'opportunités aux PME roumaines et françaises. En ce qui concerne les PME roumaines, un exemple illustre notre philosophie. Pour la gestion des abonnés de la seconde ville où nous travaillons, nous avons changé de système de gestion informatique et avons lancé un appel d'offre. Une société roumaine a été choisie même si elle ne répondait pas à tous les critères techniques. Ce risque a été pris car nous souhaitons faire travailler les entreprises roumaines et nous souhaitons qu'elles se développent elles-même vers plus de technologie. C'est aussi dans notre intérêt car le système choisi sera moins cher que s'il avait été acheté sur le marché international. De plus, si cette PME fonctionne bien, il sera ensuite possible de la faire travailler au niveau international. En ce qui concerne les PME françaises, dans tous nos investissements, nous avons besoin d'équipements technologiques qui ne sont pas encore produits en Roumanie et des appels d'offre sont lancés régulièrement et sont ouverts au marché international.

Investissements pour un développement solide
et pour des services de qualité

Anthony VAN DER HEIJDEN,
Président de Banca Tiriac

Après plusieurs années durant lesquelles les indicateurs économiques étaient mauvais, la Roumanie réalise son potentiel économique. Les facteurs positifs incluent la stabilité politique et la croissance économique. Au niveau politique, le Parti de la Démocratie Sociale contrôle le processus gouvernemental, ce qui lui permet de rester uni malgré les différences de générations. L'opposition ne semble pas pouvoir menacer ce parti aux prochaines élections. Toutefois, les attentes économiques du peuple ne sont pas satisfaites et ne pourront pas l'être sans des investissements étrangers.

Tous les partis politiques en Roumanie souhaitent que le pays entre dans l'OTAN et dans l'Union Européenne. Beaucoup des critères d'entrée dans l'UE ont déjà été remplis par la Roumanie. Le pays a aussi passé des accords avec le FMI et la Banque Mondiale pour une somme de 2 milliards de dollars. C'est le second pays après la Russie. En 2001, le gouvernement a rempli tous les objectifs macro-économiques prescrits par le FMI. Le déficit budgétaire interne et externe est maintenu à un taux inférieur à 3 % du PIB. Le PIB est en hausse pour la troisième année et, en 2001, cette croissance était la plus élevée de la région. La croissance, en 2002, sera, selon les prévisions, de 4,5 % en dépit du ralentissement mondial. Les exportations augmentent plus vite que les importations ce qui indique que les investissements ont des effets sur le niveau des exportations. Les travailleurs contribuent aussi à ce développement des exportations. Les travaux publics sont en forte croissance ce qui permet de faire évoluer les infrastructures. Il reste encore des efforts à faire dans le domaine du tourisme. Le secteur touristique en Roumanie ne pourra se développer que si les hôtels sont privatisés.

Toutefois, il existe aussi des aspects négatifs. La corruption et l'inefficacité bureaucratique sont excessives. Cependant, la Roumanie n'est pas pire que d'autres pays. De plus, le fait que les médias et les cercles officiels évoquent ces problèmes traduit une évolution positive. Il faut ajouter ces deux difficultés aux coûts des affaires. Les investisseurs doivent prendre en considération le poids de l'économie parallèle. Il n'y a pas de donnée officielle, mais, on croit que l'économie informelle représente, environ, 50 % du PIB. Il y a des preuves que l'immobilier, les nouvelles constructions, les rénovations de maisons, les enregistrements de voiture et les restaurants profitent de cette économie parallèle. Seule cette économie peut expliquer, par exemple, le développement de la téléphonie mobile en Roumanie.

Tous les indicateurs montrent que la Roumanie est sur point d'atteindre une croissance économique durable. Une demande de biens et de services est apparue. Notre banque a investi afin d'améliorer le système bancaire, a proposé de nouveaux produits de cash management et a encouragé leur utilisation. Je suis, particulièrement, fier de deux réalisations : la création d'un service de traitement des comptes clients et l'introduction de services aux consommateurs. La Banque Tiriac est la plus grande banque de Roumanie. La taille n'est pas toujours un avantage. Nous avons conscience que notre environnement d'affaires, nos ressources humaines et techniques doivent être renforcées et nous sommes prêts à prendre des mesures dans ce domaine.

L'expérience du Groupe Lagardère en Roumanie

Alain DUCRAY,
Directeur International de Développement Media, Groupe Lagardère

Jean-Luc Lagardère a une affection particulière pour la Roumanie. Le Groupe est implanté dans ce pays depuis 1996. Je vais présenter quatre investissements réalisés en Roumanie, deux dans le monde des technologies et deux dans le monde des médias.

En 2001, Eurocopter France, filiale de Lagardère, a pris 51 % d'une nouvelle entité, Eurocopter Romania en partenariat avec une société roumaine. Cette création faisait suite à de longues discussions entre le Premier Ministre Adrian Nastase et le Président d'Eurocopter et elle est née de la volonté de restructurer le secteur. Eurocopter Romania où le Groupe Lagardère a investi initialement plusieurs millions de dollars, a plusieurs missions : la fabrication sous licence de l'hélicoptère léger EC135 pour le marché roumain avec un important transfert de technologie, la maintenance des Pumas pour le monde entier et le traitement de contrats export. L'entreprise emploie 230 personnes et projette de fabriquer trente EC135, dans les cinq ans à venir. Les équipes roumaines ont été extrêmement coopératives. Des collaborateurs roumains ont été formés dans une usine allemande d'Eurocopter. Malgré des retards, l'entreprise, aujourd'hui, fonctionne bien.

Phénix est un réseau de radio-communication pour les forces de sécurité roumaines. Le 12 avril 1997, un contrat a été signé avec le service de télécommunications spécial qui dépend directement de la Présidence. Ce contrat concerne la fourniture d'un réseau de radio-télécommunications numérique sécurisé à partir d'une technologie de Matra. D'un montant de 91 millions de dollars, il a bénéficié d'un financement à 100 % mis en place par un groupe de banques françaises et les conventions de crédits ont été signées, du côté roumain, par un organisme dépendant du Ministère de la Défense. Le réseau Phénix couvre l'ensemble du territoire national. Le contrat prévoit l'utilisation de sociétés locales pour la réalisation de prestations et un engagement de coopération technique, économique et industrielle pour une valeur de 18 millions d'euros à réaliser dans les sept ans. Aujourd'hui, le réseau roumain est entièrement déployé et nos engagements de coopération économique et industrielle pratiquement accomplis. Un projet de densification du réseau est en cours.

En 1996, le Groupe Lagardère, avec Europe 1, s'est installé en Roumanie. Entre 1996 et 2000, nous avons tenté de comprendre le fonctionnement du pays et nous avons pris des participations minoritaires dans deux radios : Radio totale et Radio 21. En mai 2000, en réponse à un appel d'offre, Europe 1 a lancé la première radio nationale privée roumaine : Europa FM. Deux ans plus tard, cette radio est devenue la première radio privée du pays, attirant 1,6 millions d'auditeurs quotidiens (8,2 % des Roumains). Elle s'adresse principalement aux Roumains âgés de 25 à 45 ans, elle est la radio de référence en Roumanie. Depuis le début de ces opérations, 10 millions d'euros ont été investis afin d'équiper ces radios de studios modernes, d'installer les 36 émetteurs d'Europa FM et de former des équipes locales aux techniques les plus avancées de la radio, du marketing, de la régie et des ventes. L'ensemble des radios emploie 138 personnes et une trentaine de personnes temporairement. Un gros problème est le sous-développement du marché publicitaire dominé, aujourd'hui, par la télévision qui représente 80 % des investissements globaux.

Un autre exemple d'investissement est le développement du magazine Elle, en Roumanie. Le Groupe Lagardère a trouvé un partenaire pour lancer Elle en Roumanie. L'édition du magazine se maintient à 30 000 exemplaires par mois et comporte une trentaine de publicités, ce qui est important et représente 23 % du marché publicitaire des magazines. L'activité dégage un profit. En conséquence, la licence a été renouvelée pour cinq ans.

Le Groupe Lagardère est plus que jamais attentif aux opportunités de développement offertes par la Roumanie dans le cadre et les limites de sa stratégie globale.

Questions-réponses

De la salle

Quelles sont les stratégies pour conserver les intelligences en Roumanie ? Y a-t-il des structures d'accueil pour utiliser comme expatriés les Roumains étudiant ou travaillant en France ?

Jean-Patrice POIRIER

Nous faisons suivre aux cadres roumains détectés par les managers des cycles de formation dans le monde, afin de comprendre comment nous fonctionnons au niveau global. Ceci est un moyen de les maintenir dans le pays, avec nous, car on constate en Roumanie, dans nos métiers, une fuite des cerveaux.

Nous ne recrutons pas à Paris des Roumains pour les expatrier, ce serait le monde à l'envers. Nous expatrions, contraints et forcés, des cadres performants, connaissant bien les métiers et les manières de travailler, avec l'espoir qu'ils formeront des gens sur place et, ensuite, rentreront. Recruter des Roumains en France pour les expatrier n'est pas l'objectif même si cela se produit exceptionnellement.

Dan BEDROS

Chez Alcatel, en Roumanie, 800 ingénieurs travaillent et, seulement 2 % partent ailleurs car nous offrons un salaire correct et de nombreux avantages à nos employés (assurance, crédits immobiliers...). De plus, pour les ingénieurs qui développent des logiciels, le salaire net est égal au salaire brut.

François OLIVER

Nous avons créé, avec une dizaine d'entreprises, l'Institut Franco-Roumain de Gestion afin de fixer les cerveaux roumains. Tous nos cadres et agents de maîtrise sont issus de cette formation et certains ont triplé leur salaire en un an.

De la salle

Monsieur van der Heijden, il est difficile pour les PME roumaines de trouver des fonds pour garantir leur cash flow. Pourriez-vous demander au gouvernement de considérer le problème qu'ont les petites entreprises à obtenir des capitaux ?

Anthony VAN DER HEIJDEN

Vous n'êtes pas le premier à poser cette question. Dans la transition du communisme à l'économie de marché, il manque un chaînon dans la société. Aussi est-il nécessaire de mettre en place une structure. Des accords et un travail de la Banque Mondiale ont été menés dans ce sens, mais cela ne semble pas un succès. Une banque commerciale considère le risque crédit. Les PME ont souvent un risque crédit important. Le gouvernement devrait promouvoir un système différent où seraient considérés, pour les PME, d'autres critères que le risque crédit comme conditions à l'allocation des crédits.

Patrick GELIN

Le marché du crédit en Roumanie est liquide, c'est-à-dire que les banques recherchent des emplois pour leurs actifs. Cependant, les bons projets, les bons bilans et les bons comptes d'exploitation sont rares. Les sociétés sont sous-capitalisées, les prévisions financières sont inexistantes. Nous avons des règles pour l'analyse des risques et nous les appliquons en Roumanie. Même si nous avons confiance en l'entrepreneur, il doit faire un effort de transparence. Cela concerne rarement les PME liées à un groupe étranger car, en général, nous avons des contacts avec le groupe et un soutien qui nous permet d'accorder les financements. A partir de janvier 2003, un régime de provisions relativement sévère sera mis en oeuvre en Roumanie. Dans ce cadre, nos risques seront jugés selon la situation financière des entreprises et nous serons obligés, pour les cas où la situation n'est pas correcte, de provisionner. Il suffira d'un ou deux ratios négatifs pour que le système de provisions se déclenche.

En ce qui concerne les aspects positifs, la BRD a 800 millions d'euros d'actif de crédit dont la moitié sur des PME. Nous sommes très présents sur ce marché et, aussi, sur les micro-crédits.

De la salle

Nous avons l'impression qu'il y a un paradoxe. Le marché roumain évolue en ce qui concerne les nouvelles technologies, de manière réelle mais, aussi, insuffisante. Un haut niveau de compétence des roumains est constaté. Néanmoins, j'ai l'impression que ce constat est fait à l'étranger mais pas encore en Roumanie.

Dan BEDROS

Je ne crois pas que cela soit un paradoxe. Je pense qu'il s'agit d'un problème de communication, de connaissance des marchés. La Roumanie a une politique très dynamique en matière d'informatique et elle se dirige vers les toutes nouvelles technologies. Les exportations du secteur informatique sont de 200 000 dollars annuels. Il y a beaucoup d'ingénieurs compétents en Roumanie, certains partent à l'étranger mais cela ne me semble pas être un problème.

Cérémonie de remise des Prix
de l'Amitié Franco-Roumaine

Un représentant du Sénat français

Le prix de « L'entreprise la plus admirée en Roumanie » est remis à Alcatel Network System Romania.

Le prix du « Meilleur investissement Greenfield » est remis à Carrefour Romania.

Le représentant du Sénat français remet les deux prix.

Oliviu GHERMAN, Ambassadeur de Roumanie à Paris

Le prix du « Plus ardent supporter de l'économie roumaine » est remis à la BRD-Groupe Société Générale.

Le prix du « Meilleur investissement stratégique en Roumanie » est remis à Michelin Romania.

Oliviu GHERMAN remet les deux prix.

Luminita HOLBAN

Le prix de « L'ami de la Roumanie » est remis à monsieur Pierre Ménard, Directeur des Affaires Européennes, ancien Ambassadeur de France en Roumanie.

Luminita HOLBAN remet le dernier prix.

Le climat d'investissement - Les opportunités du marché roumain pour les entreprises françaises

La Banque Européenne pour la Reconstruction
et le Développement (BERD),
un appui pour les investisseurs français en Roumanie

Philippe LECLERCQ,
Directeur adjoint de la BERD pour la Roumanie

 

 

I. La mission de la BERD

 

La BERD a investi plus de 2 milliards d'euros en Roumanie. La BERD est une institution internationale basée à Londres. Sa mission est de promouvoir la transition vers l'économie de marché par le soutien à l'initiative privée et à l'esprit d'entreprise dans les pays d'Europe Centrale et Orientale. Son capital social, détenu par 62 actionnaires dont la France et la Roumanie, se chiffre à 20 milliards d'euros et sa côte de crédit est de trois ans. Elle finance des projets dans le secteur public et le secteur privé en investissant dans les institutions financières, les infrastructures, l'industrie et le commerce. La BERD opère dans la région, depuis 1991, et a établi des bureaux de représentation dans chacun des vingt-sept pays d'opération.

La BERD est un partenaire financier neutre avec une mission à long terme. Elle fait bénéficier ses partenaires de sa connaissance de l'économie roumaine et de la pratique des affaires dans ce pays. La BERD a été présente en Roumanie durant une décennie, depuis l'ouverture de son bureau de Bucarest en1992. Le bureau compte vingt employés dont dix banquiers. La Banque a, à sa disposition, une gamme d'instruments financiers divers et souples. Elle s'efforce de structurer ses financements pour répondre aux besoins spécifiques d'un projet. Elle accepte de longues maturités et offre des financements à moyen et long terme, jusqu'à douze ans et même quinze ans, parfois. La BERD est prête à partager les risques. Son intervention dans un projet limite, souvent, le risque politique. La banque est un catalyseur permettant d'accéder à des financements complémentaires. Elle jouit du statut de créancier privilégié. Les banques qui participent aux prêts que la BERD accorde à des emprunteurs du secteur privé, bénéficient des mêmes avantages. Enfin, la banque lutte contre la corruption et impose des normes de bonne gouvernance d'entreprise.

 

II. Les interventions directes de la BERD

 

Pour ces interventions directes dans les grandes entreprises, la BERD utilise trois catégories d'instruments financiers.

Tout d'abord, la BERD fait des prêts. Pour un prêt, elle finance jusqu'à 35 % du coût total d'un nouveau projet et 35 % de la capitalisation à long terme d'une entreprise déjà établie. En Roumanie, le montant des investissements de la banque est normalement supérieur à 8 millions d'euros pour une intervention directe. La durée est comprise entre 5 et 8 ans avec un amortissement différé de deux à trois ans pour les projets privés. La Banque exige une contribution en fonds propres du promoteur d'au moins un tiers du coût total du projet. Cet apport ne doit pas être nécessairement en espèces et peut inclure des terrains, des machines et du matériel. La banque peut éventuellement inclure une partie de fonds de roulement dans son investissement.

La BERD effectue aussi des prises de participation. Elle peut devenir un partenaire en souscrivant à des actions ordinaires ou privilégiées ou en prenant des quasi-participations. La Banque ne prend que des participations minoritaires et seulement jusqu'à 20 % du capital social d'une société privée. Elle attend de ses investissements qu'ils soient rentables et élabore toujours une stratégie de sortie claire dès le départ.

La BERD offre aussi des garanties. Elle peut aider les emprunteurs à obtenir un financement en fournissant des garanties. Différents types de garanties sont disponibles allant de garanties tous risques jusqu'à des garanties partielles.

La BERD intervient aussi pour les petites entreprises et les micro-entreprises à travers toute une gamme d'instruments.

Le premier instrument est la prise de participation dans les banques locales comme la BRD, la Banca Transilvania et d'autres. Ces fonds sont, ensuite, rétrocédés aux entreprises. Des lignes de crédits sont aussi offertes à ces banques et à d'autres et sont, ensuite, rétrocédées aux PME. La Banque a aussi pris une participation dans la nouvelle banque roumaine de micro-financements qui s'adresse directement aux besoins des micro-entreprises.

La Banque a aussi investi dans toute une série de fonds de placement dont huit sont régionaux et deux sont basés localement en Roumanie. Ces fonds de placement, à leur tour, prennent des participations dans les entreprises privées.

Enfin, la BERD a lancé un programme de facilitation du commerce dans tous ses pays d'opération. Les programmes facilitent les échanges intra régionaux et internationaux en émettant des garanties de remboursements partiels pour cautionner les opérations reposant sur des instruments commerciaux tels les crédits-documentaires, les lettres de crédit.

Le processus de transformation en Roumanie

Obbie MOORE,
Directeur Altheimer and Gray/Moore, Vartires and Associates

La relation entre la France et la Roumanie est unique. La relation économique bilatérale est importante et doit être développée et utilisée afin de permettre l'entrée de la Roumanie dans l'Europe de l'Ouest. Les Roumains apprécient tout ce qui vient de France. Leur système juridique, par exemple, vient du Code Napoléon. Les structures commerciales sont proches, aussi, les investisseurs français peuvent s'adapter rapidement.

Altheimer and Gray est une société internationale d'avocats qui s'occupe des marchés émergents. Elle est la société qui a le plus de bureaux dans les pays émergents, y compris à Bucarest. Nous avons eu la chance d'acquérir, cette année, une société de conseil juridique à Paris qui offre tous les services et s'occupe des opérations en Europe Centrale et de nos Bureaux de Bucarest. Nous avons quinze avocats, à Bucarest, qui font partie du Barreau et s'occupent des procédures multinationales pour des sociétés qui investissent en Roumanie.

Depuis dix ans en Roumanie, je pense qu'il règne un nouvel esprit. La Roumanie doit être considérée d'une manière particulière car elle a une expérience et un héritage unique, étant données les conditions de vie difficiles pour les gens dans les années 80. Cependant, après douze ans, la Roumanie doit être jugée avec les mêmes standards que les autres pays qui aspirent à l'entrée dans l'Union Européenne. Le gouvernement prend les mesures nécessaires pour permettre à la Roumanie d'entrer, non seulement, dans l'OTAN, mais aussi, dans l'Union Européenne. L'adhésion de la Roumanie à l'UE est très importante pour créer les améliorations nécessaires qui permettront que les affaires fleurissent facilement et fonctionnent plus efficacement du point de vue financier. Le coût pour faire des affaires en Roumanie est élevé pour s'adapter à toutes les lois existantes. Des douze pays candidats, la Roumanie a le plus grand pourcentage d'approbation parmi la population (80 %), mais, c'est le pays qui a fait le moins pour réaliser les étapes prévues avant l'adhésion. C'est le douzième pays sur douze. En juillet 2002, la Roumanie était à 48 % sur l'échelle élaborée par l'UE pour mesurer les progrès des pays candidats. Le score de la Lituanie, de la Slovénie et de l'Estonie sont de 88 % alors que leurs populations approuvent moins l'adhésion.

Les investisseurs qui essaient de pénétrer un pays sont sensibles à la facilité d'entrer, de sortir et de fonctionner sur place. La Roumanie possède toutes les garanties constitutionnelles contre les nationalisations et les expropriations, la monnaie est facilement disponible et transférable. Les sociétés étrangères viennent en Roumanie avec beaucoup d'enthousiasme. Toutefois, des opportunités sont parfois perdues et certains investisseurs rentrent chez eux. Le pays travaille beaucoup pour que ces situations ne se reproduisent pas. Le gouvernement est attaché à ce processus. Les institutions françaises peuvent aider à faire émerger une opposition politique en Roumanie. Il n'y a pas réellement de démocratie pluraliste, quand il n'y pas de parti d'opposition qui fonctionne. En Roumanie, il faudrait une opposition. Demander cela n'est pas être anti-roumain ou anti-gouvernement, c'est être soucieux pour son pays.

Des problèmes existent toujours en Roumanie. Dans les efforts pour entrée dans l'UE, des partenariats public-privé se sont multipliés. Les services financiers, l'énergie et les parcs industriels se sont développés. Toutefois, si, par exemple, vous souhaitez faire un parc industriel en Roumanie, vous vous perdez dans les détails. La Roumanie n'a pas les capacités de régulation. Il n'y a pas de règle et de règlement qui peuvent guider clairement. En Roumanie, des lois en accord avec celles de l'UE doivent être écrites et une aide internationale est nécessaire pour y parvenir. Il faudrait fournir une assistance et des formations pour créer de nouvelles règles juridiques. En Roumanie, le système judiciaire reste trop sujet aux influences politiques. Ce n'est pas encore un Etat de droit. Le système de justice est très lent.

Les PME ont été négligées en Roumanie. Des lois adaptées à ce secteur sont nécessaires car il y a des talents et une grande gamme de produits. En ce qui concerne les droits de douane, un des intervenants a expliqué qu'ils sont harmonisés avec ceux de l'UE. C'est certainement vrai en théorie mais ne l'est pas en pratique et cela constitue un problème.

Les investisseurs français ont un grand rôle à jouer en Roumanie. Il y a des associations d'affaires en Roumanie, différentes chambres de commerce. Nous essayons de former une coopération afin d'aider les investisseurs étrangers en Roumanie et de résoudre les différents problèmes.

Comptabilité, fiscalité, et nouvelle législation des marchés de
capital : des avantages pour les investisseurs

Paul-André MICHAUD,
Partenaire exécutif Deloitte and Touche Romania

Sur le plan comptable, les Roumains font des efforts. Auparavant, ils avaient le plan comptable français qui est relativement ancien et incompréhensible. Les Roumains ont décidé de se rapprocher du système international et ont approuvé le plan comptable nommé IAS (International accounting standards), avec une modification, adoptée en 1994. La différence importante est que la règle 29 qui traite des hyper-inflations n'y est pas mentionnée. L'adoption de ce plan comptable est un pas dans la bonne direction.

La fiscalité en Roumanie est très simple. Mais, le problème réside dans les employés qui travaillent à la fiscalité. Ils sont de bonne foi. Cependant, la loi qui domine est d'ennuyer le contribuable et non de l'aider. Ceci doit être un héritage du système communiste. Les lois fiscales sont bonnes et faciles d'interprétation. Les taux fiscaux sont moins élevés qu'en France. Pour les personnes, le taux maximum est de 40 %. L'employeur paie cher, 40 % sur les salaires. La taxe sur les entreprises est raisonnable, elle est de 25 %. Si tout le monde payait ses impôts en Roumanie, le pays serait en mesure d'emprunter sur le marché libre et n'aurait pas besoin de faire appel au FMI. Le problème est que personne ne les paie. Si les entreprises opèrent dans les zones franches, l'impôt est seulement de 5 % et les profits sur les exportations sont taxés à 16 %. Il n'y a pas à se plaindre. Toutefois, un problème d'interprétation demeure car il faut négocier avec les employés. En Roumanie, il y a des pots de vin. Avec les pots de vin, il faut être deux. Les occidentaux donnent des pots de vin aux Roumains. Je crois qu'il faut l'éviter. En ce qui concerne la fuite des cerveaux, le seul moyen est de bien payer ses employés. Il est nécessaire de les former, non pas dans le but d'en faire des Canadiens ou des Français, mais dans le but de changer leurs attitudes. Les Roumains sont un peu machos et les femmes roumaines rivalisent sur le marché du travail, elles sont plus dévouées et leur engagement à l'entreprise est plus important.

Deloitte and Touche Romania est le numéro deux de son secteur dans le monde. Nous sommes 112 000, dont 135 en Roumanie. Nous travaillons pour les plus grands (Alcatel, Procter et Gamble, Société Générale...) et les plus petits. Nous servons aussi des clients locaux. Ce qui nous différencie est un mixte intéressant entre les expatriés et les Roumains. Nous employons 95 % de roumains formés en Roumanie et à l'extérieur. Nos employés roumains sont envoyés dans nos autres bureaux à Paris, Montréal, Toronto... Notre compétence est là. Ce qui distingue notre bureau en Roumanie est le fait que nous prenions soin des gens, pas seulement des clients, de tous les gens.

L'amélioration du cadre législatif applicable
aux investissements

Florentin TUCA,
Directeur adjoint Musat and Asociatii

Notre entreprise est impliquée dans la coopération franco-roumaine en assistant des entreprises françaises, les petites comme les grandes (Société Générale, Alstom, Michelin, France Telecom...). Je vais parler non pas de nos succès mais de la situation législative en Roumanie. Les lois sont bonnes, mauvais sont ceux qui les appliquent. Je vais donc être critique.

La qualité d'un système institutionnel dépend de la qualité du système législatif, des normes constitutionnelles comme des normes moins importantes. Beaucoup de lois sont pertinentes pour les investisseurs. Les investisseurs étrangers sont attirés par les facilités accordées par les lois roumaines. Toutefois, leur préoccupation la plus importante est que ces facilités durent, soient interprétables de manière homogène et soient garanties par des lois constitutionnelles.

Un des critères d'appréciation les plus importants d'un système législatif est la constitutionnalité. De nombreuses ordonnances d'urgence affectent le cadre législatif roumain. Bien que la Constitution roumaine prévoie l'émission d'ordonnances d'urgence dans des cas exceptionnels, au cours des dernières années, une augmentation considérable de ces ordonnances a été constatée. Par exemple, en 1999, 219 ordonnances sont émises, en 2000, ce nombre passe à 297 et en 2001, à 195. Ces chiffres démontrent que la Roumanie, durant ces trois années, était en état d'urgence permanent.

Un autre critère permettant d'apprécier la qualité du système législatif est la stabilité. En Roumanie, depuis 1990, plus de dix lois relatives à l'investissement, y compris l'investissement étranger, ont été adoptées. Des facilités ont été accordées et retirées par la suite. De nombreuses normes ont été, un jour, déclarées immuables et, le lendemain, abrogées. En conséquence, certains investisseurs ont été furieux et avaient raison de l'être dans la mesure où il existait, d'une certaine manière, une convention non écrite entre le gouvernement désireux d'attirer les investissements et les investisseurs, convention qui n'a pas été respectée. Deux théories importantes en droit existent, une qui accorde un pouvoir absolu à l'Etat et une autre qui est favorable aux droits gagnés par les bénéficiaires de la loi. Selon la première interprétation, les citoyens n'ont aucun droit en matière d'impôts, ils n'ont que des obligations. Selon la seconde, si le législateur peut modifier toute loi antérieure c'est parce la règle de droit objectif ne peut pas créer de droit subjectif. Néanmoins, comme c'est la loi elle-même qui a créé un droit subjectif, le législateur ne peut plus l'abroger, mais doit la respecter. Ce sujet risque de préoccuper les investisseurs comme les avocats. Nous espérons que le Parlement roumain va s'intéresser à ce besoin de stabilité en ce qui concerne les facilités accordées par les lois spécifiques.

Un autre sujet est important : l'interprétation cohérente des lois. Par exemple, les nouvelles modifications concernant les modalités de privatisation, dans le secteur énergétique et dans le secteur des utilités, sont actuellement très médiatisées. Une ordonnance concerne le partenariat public-privé. En 1995, j'assistais un client, la Lyonnaise des Eaux, dans un projet local : la concession du réseau de Timi°oara. La préoccupation majeure était qu'il n'y avait pas de loi sur les concessions en Roumanie. Dans ce domaine, une loi moderne, efficace et applicable a été adoptée en 1998. Ensuite, le Parlement et le gouvernement roumains ont adopté des actes normatifs (lois et ordonnances) régissant le domaine des concessions. Nous avons, aujourd'hui, plusieurs actes normatifs pour régir les concessions, susceptibles d'être applicables. Cela sème beaucoup d'incertitudes. Il y a trop de lois, ce qui provoque une grande confusion.

Cluj - environnement favorable
pour les investissements des PME

Vasile SOPORAN,
Préfet du département de Cluj-Napoca

L'objectif est de vous faire découvrir Cluj, sa tradition historique et culturelle et les potentiels économiques et scientifiques qui sont les atouts de Cluj comme région européenne significative.

La ville de Cluj-Napoca est un centre antique de culture roumaine et une des plus grandes villes de Roumanie. Elle a les vertus d'une ville européenne car elle est ouverte à la coopération et à l'association avec des municipalités partout dans le monde. Des instituts de culture et d'art permettent de définir Cluj-Napoca comme un centre spirituel puissant du pays. C'est aussi un des plus grands centres universitaires de Roumanie. 60 000 étudiants y sont formés et représentent une future main d'oeuvre qualifiée. Les universités et les centres de recherche de Cluj participent aux congrès internationaux, contribuant ainsi à la promotion de la science et de la culture roumaines. La preuve de la coopération et du prestige de Cluj à l'étranger est l'existence de plusieurs bibliothèques et centres culturels étrangers. Une autre dimension de la diversité européenne de la ville est représentée par douze cultes religieux et cinq évêques. Tout ceci montre la richesse de notre ville.

Notre objectif principal est d'assurer le développement de notre département grâce à deux moyens : nos ressources propres et les ressources internationales. Des projets importants sont financés par l'Union Européenne. Par exemple, le projet de développement de la zone économique Cluj-Ouest signifie un investissement de 7 millions d'euros dont 3 millions sont fournis par PHARE. La mise en place du centre de marketing agroalimentaire de Cluj qui est un projet de développement interrégional a exigé un investissement de 6 millions d'euros dont 4 millions ont été accordés par PHARE. Des projets de développement des infrastructures existent et concernent la mise en place d'un système de chauffage à base de biomasse dans cinq centres touristiques, la réhabilitation et modernisation de l'alimentation en eau et des canalisations de la région qui est un projet de 60 millions d'euros fourni par PHARE et la Banque Européenne et, enfin, la construction du terminal des cargos de l'aéroport de Cluj et la modernisation du transport aérien, projet de 3 millions d'euros dont 2 millions proviennent de PHARE. Tous ces projets sont cofinancés par le Conseil Général de Cluj et l'UE afin de développer les infrastructures et de faire de Cluj un centre d'affaires. Un grand nombre de sociétés étrangères sont déjà implantées à Cluj. Il existe une coopération entre la région du Nord-Ouest de la Roumanie avec la région Auvergne en France et, plus spécifiquement, une coopération entre le département de Cluj et le département de l'Allier. L'aide économique fournie par les autorités et le milieu des affaires de Vichy est une base solide pour le futur développement de notre département et une garantie, pour vous, que Cluj est un endroit approprié pour investir.

Le Centre d'affaires franco-roumain Cluj-Vichy

Pascal FESNEAU,
Représentant du Centre d'affaires franco-roumain Cluj-Vichy

Je représente le Centre d'affaires franco-roumain Cluj-Vichy qui est financé par la région Auvergne, le département de l'Allier, l'agglomération de Vichy et qui fonctionne, aussi, avec des prestations d'entreprises.

Jusqu'à présent, on a beaucoup parlé de Bucarest et très peu des autres régions de la Roumanie. Dans ce pays, il y a deux grands ensembles différents : la Transylvanie, une très belle région ayant connu l'influence austro-hongroise et la Moldavie et le Sud où a dominé l'influence ottomane. Les mentalités sont très différentes d'une région à l'autre. Il existe plusieurs Roumanie. En France nationalité et citoyenneté signifient la même chose. En Roumanie, ce n'est pas le cas. Plusieurs ethnies sont représentées : les Magyars, les Roms, les Allemands et les Roumains. Les langues hongroises, françaises, anglaises et roumaines y sont parlées couramment. C'est pour cela que la Roumanie représente un potentiel énorme. C'est un pays francophone, latin, qui se situe à deux jours de camion de la France, avec un marché de 22 millions de personnes. Sa position est stratégique. De plus, il n'y pas de risque de contrefaçon en Roumanie. Il est étonnant que les PME n'aient pas entendu parler de la Roumanie auparavant. Aujourd'hui, le train est en marche et il faut se dépêcher pour le rattraper.

Le Centre d'affaires de Cluj est issu d'un partenariat de la région Auvergne, du département de l'Allier et de Vichy. Il est né d'une prise de conscience de la nécessité de développer les entreprises de cette région en leur offrant des opportunités internationales grâce à l'utilisation de réseaux interrégionaux locaux. Cluj ressemble d'ailleurs à l'Auvergne. La mission du centre est de recenser et d'évaluer les besoins des entreprises roumaines, de connaître la région de Cluj et de transmettre ces informations en France et, en particulier, aux PME auvergnates, de rassembler des données économiques et sociales, d'effectuer des missions de prospection et d'accompagner des entrepreneurs français dans leurs premiers pas. Le centre est aussi le relais régional du Poste d'Expansion économique et de la Chambre de Commerce. Notre mission est aussi d'organiser des réunions et des conférences, de fournir une aide à l'import-export, une assistance juridique, des conseils en développement économique et en recrutement.

La Transylvanie est une belle région. Cluj est une ville universitaire (60 000 étudiants), située dans la partie plus occidentalisée de la Roumanie. Elle est un entonnoir regroupant toutes les compétences du Nord du pays. Cluj est une région calme, agréable, loin de l'agitation de la capitale et abordable financièrement.

Bruno PINARD-LEGRY,
Directeur de l'Agence Vichy Développement

Nous sommes une agence de développement économique qui s'adresse tout d'abord à un territoire, à une région, à un département. C'est donc une histoire de PME, de territoires et d'Europe. Nous travaillons avec d'autres régions en Ecosse, en Espagne, en Allemagne et en Roumanie. Cela fait treize ans que nous nous sommes intéressés à la Roumanie et quatre ans que le Centre d'affaires Cluj-Vichy s'est développé. Dans ce cadre, nous travaillons avec une union patronale. Une constante de notre action est l'association avec des entreprises. Le centre d'affaires a un rôle d'animateur, sa mission est de faciliter en France, en Europe, le développement des PME. En effet, l'internationalisation des PME et des TPE (80 % du tissu industriel) doit être un objectif. Certes, les grandes entreprises créent des impulsions aux décisions politiques. Toutefois, derrière, il y a toute l'économie et les territoires qui peuvent donner l'impulsion. Les territoires doivent se prendre en main car l'Etat ne le fera pas. Cela est positif car les territoires ont des particularités économiques. La spécificité de notre région est l'importance de l'agroalimentaire. Nous avons les meilleures vaches du monde et Cluj est le cinquième département dans le domaine du boeuf. Grâce au partenariat, Cluj sera peut-être, un jour, le premier. Nous avons de nombreux chantiers de ce type.

Le centre d'affaires n'est pas une structure juridique, c'est une association de fait entre une agence de développement local et une union patronale de 3 500 sociétés. Des adaptations, des mélanges sont nécessaires. Nos idées françaises ne valent qu'en France. Notre partenariat franco-roumain et européen exige des adaptations, des compréhensions, des connaissances et des confiances. Pascal Fesneau, employé dans le cadre d'un emploi-jeune après une Maîtrise en langues étrangères appliquées, a été envoyé, en Roumanie, pour deux ans, afin de mettre en place un réseau. En fait, il est resté quatre ans et sera bientôt un des responsables d'une société mixte franco-roumaine associant une belle PME de Vichy et un distributeur roumain d'électricité. Un distributeur, un industriel, des clients communs, des donneurs d'ordre, une vision mondiale, de la croissance, des savoirs-faire, des talents, tout cela est le type de mélange que nous réalisons.

Nous avons estimé que les territoires de Transylvanie et, en particulier, Cluj correspondent à la typologie de nos entreprises. Nous nous sentons comme chez nous. Notre intérêt est de nous occuper de l'Europe. D'autres pays font le siège de la Transylvanie. Certes, la France est victime d'une médiatisation négative de la Roumanie. Nous essayons d'y remédier dans notre région. Cette stratégie de partenariat doit durer. Nous devons mener ce projet jusqu'au bout car nous nous sommes engagés et nous avons une responsabilité. Faire du développement signifie se mêler de quelque chose qui ne nous regarde pas et constitue une responsabilité. Un autre défi est la formation de la jeunesse.

Valcea - zone d'intérêt pour le tourisme roumain
et international

Mircea PERPEDEA,
Préfet du département de Valcea

Valcea est un département qui se situe dans le sud-est de la Roumanie, à 170 kilomètres de Bucarest. La surface est de 5 700 kilomètres carrés. La population est de 435 000 habitants répartis dans huit villes et soixante-dix-huit communes. Un réseau départemental de transport routier de 2 500 kilomètres inclut 550 kilomètres de routes nationales, auxquels s'ajoutent 164 kilomètres de voies ferrées.

En ce qui concerne l'économie, les principales branches industrielles sont : l'industrie énergétique (deux hydrocentrales), l'industrie chimique, l'industrie du bois et la construction automobile. Le secteur du tourisme est peu développé mais un fort potentiel existe. En effet, dans notre région, il y a cinq stations balnéo-climatiques, un paysage de montagne et vingt et un monastères du Vème siècle, de style orthodoxe-byzantin, ayant une grande valeur architecturale.

Les points forts de notre département, susceptibles d'attirer les investisseurs, sont : un marché interne, une main d'oeuvre qualifiée, des ressources naturelles (eaux minérales, bois, gaz, pétrole) et une grande ouverture des autorités locales à la collaboration avec le secteur privé. Actuellement, notre département compte vingt et une sociétés commerciales mixtes franco-roumaines dans les secteurs de l'industrie, des services, du commerce, du transport, du tourisme, de l'hôtellerie. Le capital social souscrit par les sociétés françaises est de 5 millions de dollars. De nouvelles opportunités d'investissement pour les sociétés françaises existent, dans notre département, en ce qui concerne le développement du tourisme, les infrastructures touristiques, l'industrie énergétique, l'usinage du bois, la réhabilitation de la culture fruitière et viticole et les services.

La dimension économique
des relations franco-roumaines

La modernisation de l'administration publique, un argument
d'attractivité pour les investissements étrangers

Marius PROFIROIU,
Secrétaire d'Etat au Ministère de l'Administration publique

La réforme de l'administration publique est une priorité pour le gouvernement. En effet, l'adhésion à l'UE dépend en grande partie de cette réforme et de son application dans tous les secteurs de l'administration. Le secteur public doit s'adapter aux changements permanents de l'environnement économique et social. Les décisions des investisseurs étrangers et roumains sont influencées, de plus en plus, par la qualité et la capacité prévisionnelle de l'administration publique. Sur le plan international, elle est devenue un facteur essentiel de la compétitivité d'une nation. L'activité de l'administration en Roumanie est devenue un sujet de critique et de mécontentement pour les citoyens roumains et les partenaires internationaux.

Durant les dix dernières années, des améliorations de l'administration sont intervenues, mais, elles n'ont pas été suffisantes. Des réformes ont été mises en oeuvre pour des situations particulières sans stratégie générale définie. En 2001, notre gouvernement a approuvé la stratégie pour l'accélération de la réforme de l'administration publique.

Les objectifs généraux de la stratégie sont les suivants.

 

I. La restructuration profonde de l'administration publique centrale et locale

 

L'objectif est de moderniser et d'adapter l'administration aux réalités de l'économie et de la société roumaine en cohérence avec les structures similaires des pays membres de l'Union Européenne et des autres pays développés. L'administration publique roumaine doit adopter et mettre en oeuvre les valeurs administratives qui caractérisent l'espace européen : la transparence, la prévisibilité, la responsabilité, l'adaptabilité et l'efficacité. Ces valeurs doivent se retrouver dans les institutions et les processus administratifs à tous les niveaux et leur mise en place doit être vérifiée par un système de contrôle indépendant. En même temps, nous essayons de renforcer, au niveau central, les compétences stratégiques capables de guider l'évolution de l'Etat et de lui permettre de réagir aux changements externes et aux différents intérêts de manière adéquate, simple et au moindre coût.

 

II. Le rapprochement de l'administration publique du citoyen

 

L'administration publique moderne doit être orientée vers la satisfaction des besoins des citoyens. Elle doit assurer une meilleure information des citoyens, coopérer avec eux et renforcer les contrôles. Nous essayons de consolider et d'élargir le cadre de participation de la société civile au processus de prise de décision, d'assurer la transparence des actes administratifs et d'améliorer la communication avec les citoyens.

 

III. La décentralisation des services publics et la consolidation de l'autonomie locale administrative et financière

 

La décentralisation se propose d'augmenter le degré de conscience et d'implication des collectivités locales dans la gestion de la problématique régionale et locale. L'amélioration des relations entre les politiques nationales et les responsabilités locales signifie une meilleure efficacité du service public. Toutefois, l'amélioration des performances financières devra assurer une meilleure réponse aux besoins locaux. Notre objectif est de rendre efficace l'administration publique. Les activités de l'administration doivent suivre des objectifs clairs. Les coûts doivent être réduits et adaptés proportionnellement aux résultats. La rationalisation des procédures administratives, la généralisation du guichet unique, l'efficacité des relations entre l'administration locale et centrale, la création de systèmes informatiques intégrant l'administration locale et centrale sont quelques-unes des mesures envisagées pour atteindre cet objectif.

 

IV. La professionnalisation de la fonction publique

 

Une administration moderne exige un standard professionnel élevé qui doit se retrouver dans la qualité du travail, dans les résultats obtenus, dans les services effectués et dans une culture administrative de stabilité et de neutralité politique des fonctionnaires. La création d'une fonction publique professionnelle et un système de formation continue pour tous les agents publics sont des nécessités pour la professionnalisation.

Une fois ces objectifs atteints, l'administration publique roumaine sera un moyen efficace d'attirer les investisseurs étrangers. Les raisons principales d'inquiétudes évoquées par ces derniers, sont la corruption, la bureaucratie et l'incompétence. En mettant en oeuvre le processus de réforme, nous nous proposons justement de diminuer ces phénomènes. Une des idées véhiculées comme solution pour la prévention et la réduction des effets de la corruption est que les autorités locales fassent la promotion de l'intégrité et de l'honnêteté en adoptant des codes de conduite à partir des modèles européens. Jusqu'à présent, ces codes de conduite n'existaient pas en Roumanie. Une des nécessités dans la lutte contre la corruption est la transparence qui dérive du droit constitutionnel du citoyen à l'information. En ce sens, les autorités publiques sont obligées d'informer les citoyens sur les actions publiques et les problèmes d'intérêt général. Le domaine des marchés publics a aussi une grande importance dans la lutte contre la corruption. Le régime des marchés publics est décrit dans l'ordonnance d'urgence du gouvernement numéro 60/2001. Cette ordonnance a pour but de décrire les principes, le cadre général et les procédures d'attribution des contrats.

Afin de respecter les principes de légalité de l'administration publique, il n'est pas suffisant que l'attribution des différentes fonctions publiques, dans le cadre des structures de l'administration, ait un caractère légal. Il est nécessaire qu'elle soit appliquée légalement par ceux qui l'exercent. Actuellement, en Roumanie, nous avons une loi du statut de la fonction publique. Toutefois, pour le moment, nous n'avons pas pu appliquer complètement cette loi.

Actuellement, au Ministère, nous avons commencé un grand chantier et avons créé une unité centrale pour la réforme, avec l'appui de la France puisque nous avons un projet de jumelage avec le Ministère de la Fonction publique français. Nous avons aussi créé, dans tous les ministères, des modernisateurs. L'unité centrale s'appuie sur ces réseaux de modernisateurs qui ont pour but de diffuser les bonnes pratiques des autres pays dans l'administration roumaine. Il est nécessaire d'avoir de nouvelles attitudes, une nouvelle approche de l'administration publique. Il faut penser en termes de management public. En Roumanie, nous avons la chance de pouvoir construire une fonction publique moderne et c'est dans l'intérêt de notre pays de le faire. Si nous avons une administration publique moderne, flexible et adaptée aux réalités économiques, nous allons attirer davantage d'investisseurs dans notre pays.

Il est important de former une nouvelle génération de managers publics en Roumanie. Nous avons travaillé dans ce sens depuis deux ans. La Commission européenne a constaté notre effort et, à partir de l'année prochaine, plus de 150 jeunes roumains vont faire des stages de formation d'un an dans des collectivités locales et des ministères européens. Puis, à leur retour en Roumanie, ils signeront un contrat de dix ans avec l'Etat. Ce programme est prévu jusqu'en 2007 et cela signifie qu'une masse critique de jeunes vont introduire la nouvelle approche manageriale dans l'administration publique roumaine.

Notre gouvernement est déterminé à faire avancer les choses. La réforme se fait petit à petit mais avec beaucoup de détermination.

Les opportunités d'affaires dans l'infrastructure locale

Marius-Eugen OPRAN,
Secrétaire d'Etat dans le Ministère de l'Administration publique

Actuellement, les services de prestations publiques sont une priorité pour le gouvernement qui a une stratégie de développement des infrastructures, d'accroissement de l'accès de la population aux services publics et de rapprochement de ces services aux besoins des citoyens. Pour que ces services soient cohérents et efficaces, une stratégie nationale a été élaborée. Elle comporte plusieurs aspects importants.

Tout d'abord, en ce qui concerne les infrastructures locales, la Roumanie a des manques aigus dans l'économie rurale et en matière de pollution de l'environnement et des sols. Les techniques existantes ne sont pas adaptées à ce début de millénaire. Le développement des capacités existantes et de nouvelles capacités supposent des coûts très importants qui dépassent substantiellement les ressources dont nous disposons actuellement. Nous avons besoin d'un appui pour le financement de ces projets. Les programmes d'investissement doivent conduire graduellement aux normes imposées par les acquis de l'Union Européenne. Cet aspect fondamental conduit à une hiérarchisation des projets d'investissement. L'extension des services de prestation en eau potable et en épuration des eaux usées, la modernisation des centrales, l'accroissement des capacités des centrales électriques et l'informatisation de l'administration publique sont des domaines prioritaires. Si nous considérons l'évaluation des besoins financiers pour répondre aux exigences des acquis communautaires, entre 2002 et 2016, on atteint environ un milliard quarante millions par an. Les investissements seront répartis de la manière suivante : 48 % pour le chauffage centralisé pour les espaces urbains, 21 % pour l'eau et les canalisations dans les villes, 21 % pour l'eau dans les zones rurales et 9 % pour la salubrité.

Les ressources potentielles pour financer ces investissements sont le partenariat public-privé. 300 millions seront obtenus par les crédits, 400 millions par la participation du secteur privé, 350 millions seront investis par l'Union Européenne et 100 millions proviendront des budgets locaux. Afin de stimuler la participation du capital privé plusieurs méthodes sont envisagées : les contrats de délégation de la gestion, les constructions-opérations-transferts, les opérations de réhabilitation et de renouvellement. En ce qui concerne, les fonds non remboursables, l'UE et les pays membres continueront à financer les administrations publiques et locales puisque la Roumanie est un pays candidat.

Nos projets en matière d'infrastructures sont nombreux. Tout d'abord, nous avons le projet de développer les infrastructures dans les villes petites et moyennes. Cela va couvrir 230 villes qui n'ont bénéficié d'aucun financement jusqu'à maintenant. Il s'agit d'un investissement qui concerne l'eau et les canalisations pour une population de 6,2 millions d'habitants à hauteur de 60 euros par habitant. Les financements proviendront à 60 % du programme PHARE de l'UE et 190 millions viendront de la BERD et de la Banque Europénne d'Investissement et de Développement. Nous travaillons actuellement pour réaliser la structure pour chaque département, constituer des associations, choisir l'opérateur unique et définir les actions de faisabilité. Un autre programme concerne le chauffage urbain. De 2002 à 2017, les besoins dans ce domaine sont évalués à 7,2 milliards d'euros. Il s'agit de grosses sommes.

Comment pouvons-nous utiliser les crédits dans le financement des structures locales ? Nous considérons que l'utilisation des crédits doit être étendue car les allocations de l'Etat sont de plus en plus réduites. Aussi, nous préparons des structures de cofinancement par la Banque Mondiale, la BERD et des financements locaux.

La mise en place d'une structure nationale de modernisation de l'infrastructure locale va conduire à la décentralisation des responsabilités dans de nombreux domaines. Un projet important en matière d'infrastructure concerne l'informatisation de l'administration publique et, notamment, la mise en place d'une carte d'identité électronique et d'un système Intranet.

L'industrie roumaine - de nombreuses offres et opportunités
pour les investissements étrangers

Mihai BERINDE,
Secrétaire d'Etat au Ministère de l'Industrie et des Ressources

J'ai couru le risque de poser, à votre place, cinq questions et d'y répondre.

 

I. La politique économique de la Roumanie encourage-t-elle la coopération internationale ?

 

La Roumanie est membre de l'OMC, ce qui constitue pour les investisseurs français la garantie que les mécanismes de la politique économique et commerciale roumaine sont identiques à ceux de la France. De plus, la Roumanie s'est associée à l'Union Européenne. Cela signifie que les produits réalisés conjointement peuvent être commercialisés sur l'ensemble du marché européen sans obstacle tarifaire ou non tarifaire. La Roumanie participe, aussi, à la coopération régionale et intra régionale en Europe. Des accords de libre-échange ont été conclus avec des régions de l'Europe. Finalement, sur le plan international, la Roumanie bénéficie d'un certain nombre de facilités douanières. Il est donc possible pour les investisseurs en Roumanie de consolider un marché international.

 

II. Quelles sont les évolutions importantes dans l'économie roumaine et quel est le rôle de l'industrie dans le tissu économique de la Roumanie ?

 

L'économie roumaine est dynamique et en pleine croissante. L'industrie est la branche la plus importante de l'économie. Elle participe à un tiers du PIB, représente 97 % des exportations et plus de 55 % des investissements étrangers sont destinés à ce secteur.

 

III. Est-ce que la Roumanie et la France dispose d'une tradition de coopération bilatérale ?

 

Des investissements directs français en Roumanie d'une valeur de 700 millions de dollars placent la France à la 5ème position dans ce domaine. Presque 3 000 entreprises fonctionnent en Roumanie avec un capital français. Les domaines de coopération avec des investisseurs français sont traditionnellement : l'aéronautique, l'automobile, les matériaux de construction, les télécommunications, le textile.

 

IV. L'industrie, en général, et l'industrie énergétique, en particulier, représentent-elles des domaines pour notre coopération ?

 

Plus de 70 % des projets de privatisation à venir sont gérés par le Ministère de l'Industrie et des Ressources. Aussi, une institution spécialisée a été créée afin de réaliser les privatisations dans le domaine énergétique et dans certaines branches de l'industrie. Des mesures ont été prises pour restructurer et privatiser le secteur énergétique. À moyen terme, les besoins d'investissements dans ce domaine sont évalués à 4 milliards de dollars. Nous avons créé des structures commerciales susceptibles d'être privatisées en répartissant le système énergétique en sociétés de production, de transport et de distribution. La production et la distribution seront privatisées et le transport restera le monopole de l'Etat. Nous avons des projets intéressants de modernisation des centrales thermiques et de construction de nouvelles centrales hydrauliques (21 projets lancés). Le réseau de transport de l'énergie électrique doit aussi être modernisé. La distribution de l'électricité et du gaz naturel a commencé à être privatisée.

 

V. Est-ce que la Roumanie est bien avancée dans le processus d'intégration européen afin de donner les garanties d'une coopération réciproque ?

 

La Roumanie est bien avancée dans ce processus. Le Ministère de l'Industrie a trois chapitres importants : la politique industrielle, l'énergie et la libre circulation des marchandises. Notre objectif est de finaliser les négociations en 2004 et la Roumanie deviendra, de facto, membre de l'UE en 2004, avant de le devenir officiellement en 2007.

Investir en Roumanie n'est pas une question de courage mais d'opportunités car nous avons de nombreux projets.

L'offre de privatisation APAS -
des opportunités pour des affaires de succès

Popa STAN,
Directeur Général de l'Autorité pour la Privatisation
et l'Administration des Participations d'Etat (APAS)

L'automne 2002 est important dans l'histoire de la Roumanie en raison la réunion à Prague où sera discutée l'adhésion à l'OTAN d'un groupe de pays de l'ancien bloc socialiste. L'adhésion à l'UE est un processus plus complexe en raison des contraintes économiques et législatives. Aussi, le gouvernement roumain souhaite accélérer les processus économiques, comme la privatisation, et l'harmonisation législative.

La France est un supporter fervent des efforts de la Roumanie pour entrer dans l'UE et constitue un partenaire sérieux d'affaires. Depuis 1993, l'APAPS a reçu 300 propositions de la part de sociétés françaises. Nous avons signé onze contrats de vente avec la France, des contrats qui prévoient des engagements d'investissements colossaux. Le volume des investissements français en Roumanie est de 500 millions de dollars.

La privatisation est un objectif politique fondamental du gouvernement roumain. Le gouvernement Nastase a donné une nouvelle dimension au concept de privatisation afin de ne pas enregistrer les mêmes échecs et problèmes que ceux qui se sont manifestés durant le gouvernement précédent. 11 000 procès concernent les privatisations du gouvernement précédent alors que, depuis 2001, aucun procès dans ce domaine n'a été enregistré.

Une nouvelle législation (la loi 137 et d'autres décisions) a été mise en place dans le domaine des privatisations. Elle est basée sur des principes flexibles et exigeants qui assurent l'accélération du processus et, par ailleurs, le rendent plus efficaces. La nouvelle conception de transfert de la propriété se base sur l'introduction d'une administration spéciale, durant la période de la privatisation. Cela présuppose qu'un mandat d'administration et de gestion des sociétés est accordé par l'institution publique. Ce mandat peut comprendre des mesures exceptionnelles à prendre durant la période de privatisation. Cette loi prévoit que l'APAPS pourra accorder des facilités comme, par exemple, l'exonération totale ou partielle des obligations restantes au 31 décembre 2001.

Cette nouvelle conception de la privatisation suscite une grande adhésion de la part de toutes les forces politiques démocratiques. Nos objectifs sont de privatiser, dans le cadre de programmes internationaux, d'abord treize entreprises, puis ensuite dix-huit grandes sociétés, entre fin 2002 et début 2003. Enfin, trente entreprises seront privatisées dans le cadre d'un programme développé par nos propres moyens.

Il faut que les investisseurs français comprennent que c'est le moment d'investir en Roumanie car de nombreuses opportunités existent dans plusieurs secteurs. Nous vous invitons en Roumanie afin de participer au développement de tous nos projets.

Questions-réponses

De la salle

Y a-t-il en Roumanie une politique de recherche industrielle, ou la Roumanie va-t-elle se baser uniquement sur l'importation de savoir-faire ?

Marius-Eugen OPRAN

La recherche roumaine existe toujours, même si ce n'est pas dans les mêmes conditions qu'auparavant. La modernisation et l'introduction de technologies étrangères ont, parfois, réduit les ressources allouées au développement de la recherche propre. Ce n'est pas le cas uniquement de la Roumanie. Toutefois, le développement de la recherche reste une priorité et les institutions de recherche roumaines ne sont pas soumises à la privatisation. Nous songeons à une stratégie pour les privatiser et nous cherchons des moyens adaptés pour transférer ce patrimoine humain et matériel sans le faire disparaître. Le management de la recherche doit être transféré au secteur privé comme c'est le cas dans le monde entier.

De la salle

Avant d'investir, il faut s'assurer de l'avenir de ses investissements. En juillet 2002, le gouvernement a voté une loi qui interdit à une société étrangère de détenir la majorité du capital d'une société roumaine dans les transports maritimes et fluviaux. Si les grands groupes étrangers peuvent exiger des conditions du gouvernement roumain, qu'en est-il des PME ?

Marius-Eugen OPRAN

Les grands groupes ont des accords de partenariat public-privé mais cela n'a rien à voir avec les autorités de l'Etat.

Mihai BERINDE

La Législation roumaine prévoit des dispositions spécifiques en ce qui concerne les PME. Des facilités et des garanties leur sont offertes (parcs industriels, avantages fiscaux...) dans un cadre juridique en harmonie avec la législation européenne. Des facilités locales, dans les zones défavorisées, peuvent aussi être accordées aux investisseurs.

De la salle

Avez-vous discuté de la privatisation énergétique avec les entreprises françaises ?

Mihai BERINDE

La privatisation des utilités énergétiques est réalisée selon des procédures complexes avec l'organisation d'appels d'offre menée par un consultant. En ce qui concerne les deux premières utilités de distribution, le consultant choisi est une banque française. Des entreprises françaises souhaitent aussi participer comme consultant dans d'autres projets de privatisation de la distribution du gaz et des entreprises pétrolières.

De la salle

Les législations en Roumanie en matière d'investissement sont-elles stables et sont-elles appliquées car auparavant elles ne l'étaient pas ?

Mihai BERINDE

La législation roumaine a progressé et a été alignée sur les normes européennes. Des difficultés existent encore en matière d'application. Toutefois, la situation est différente par rapport à 1994. Si vous rencontrez des difficultés ponctuelles dans votre travail en Roumanie, il est nécessaire de nous en faire une liste détaillée afin que nos travaux soient plus efficaces. Une telle liste sera bien accueillie et je m'engage à tous mettre en oeuvre pour résoudre ces difficultés.

Synthèse réalisée par Ubiqus Reporting (ex-Hors Ligne)
01 44 14 15 00, www.ubiqus-reporting.com


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Le groupe interparlementaire
France-Roumanie

Le groupe sénatorial interparlementaire d'amitié France-Roumanie, présidé par M. Henri REVOL, a pour objectif de développer des contacts, des relations d'information, de travail et d'amitié avec les autorités politiques et économiques roumaines. Il contribue à renforcer le rôle culturel, économique et politique de la France en Roumanie et à développer la coopération décentralisée et la coopération interparlementaire avec ce pays.


Le groupe sénatorial d'amitié France-Roumanie poursuit également ses activités propres en soutenant, en collaboration avec le Service des Relations internationales du Sénat, des colloques ayant la Roumanie pour thème (environ un tous les deux ans), en recevant des personnalités roumaines et en effectuant des déplacements en Roumanie, lui permettant de recueillir des informations directes et précises sur la situation de la Roumanie. Les relations franco-roumaines sont particulièrement denses et le groupe sénatorial d'amitié en constitue un partenaire privilégié (il est associé à toutes les manifestations liées à la Roumanie).

Le Bureau du groupe, renouvelé le 9 janvier 2002, est ainsi composé :





Président :

M. . M. Henri REVOL (RI - Côte-d'Or)

Président d'honneur :

M. Jean PUECH (RI - Aveyron)


Vice-présidents :

 
 

M. André FERRAND (RI - Français établis hors de France)

 

M. Yann GAILLARD (RPR App. - Aube)

 

M. Louis MOINARD (UC - Vendée)

 

M. André VANTOMME (Soc. - Oise)

 

M. Aymeri de MONTESQUIOU (RDSE - Gers)

 

Mme Danielle BIDARD-REYDET (CRC - Seine-Saint-Denis)

 

M. Philippe ADNOT (NI - Aube)

 
 

Secrétaires :

M. Bernard SAUGEY (RI - Isère)

 

M. Hilaire FLANDRE (RPR - Ardennes)

 

M. Claude BIWER (UC - Meuse)

 

M. Jean BESSON (Soc. - Drôme)

 

M. François FORTASSIN (RDSE - Hautes-Pyrénées)

 

M. Paul LORIDANT (CRC - Essonne)

 

M. Bernard SEILLIER (NI - Aveyron)

 
 

Membre du Bureau :

Mme Françoise FÉRAT (UC - Marne)

Secrétaire exécutif :


M. Daniel SANTOT

Tél. : 01.42.34.23.56

Fax : 01.42.34.20.93

Courrier électronique : d.santot@senat.fr

Colloque organisé sous l'égide du groupe interparlementaire France-Roumanie,
par la Direction des Relations internationales du Sénat
et le « Bucharest Business News »
Pour toute information sur les colloques du Sénat, vous pouvez contacter
le Service des Relations internationales du Sénat :
M. Michel LAFLANDRE, Conseiller
Tél : 01.42.34.20.47 - Fax : 01.42.34.27.99 - Courrier électronique : m.laflandre@senat.fr
ou consulter le site internet du Sénat : www.senat.fr/international