Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée

Colloque Sénat-Ubifrance sur la Tunisie - 24 juin 2004


retour sommaire suite

3. Exemple de positionnement sur le marché local

Hubert LAURIOT-PREVOST, Président-directeur général, CTRA

La société CTRA a une filiale implantée en Tunisie. Notre métier de base est celui de tuyauteur chaudronnier métallique et plastique. Cette industrie est plutôt en déclin dans les pays occidentaux, en particulier en France. De fait, le programme nucléaire français est en régression, de même que l'industrie chimique.

C'est pourquoi j'ai cherché à trouver des relais de croissance, en développant des niches technologiques ou géographiques, en m'appuyant sur des structures existantes. Je me suis rendu en Tunisie où nous avions déjà des clients et je me suis fait une opinion très rapide, suite à une étude de marché très sommaire. Tout est allé très vite. Nous avons été très bien reçus. Notre société a été ouverte dans des délais très brefs. Nous avons démarré notre première fabrication quatre mois après avoir pris la décision de nous implanter de ce pays.

Depuis 1998, nous avons travaillé pour le groupe chimique tunisien puis l'OCP au Maroc et nous avons internationalisé notre activité depuis la Tunisie. Aujourd'hui, nous rayonnons dans le monde entier. Notre présence en Tunisie ne fait donc pas suite à une délocalisation, mais au développement d'une activité complémentaire.

Grâce au Famex, nous avons développé des activités en Algérie. Notre courant d'affaires est régulier, dans ce pays. Actuellement, nous développons un bureau d'études.

Pour finir, je valide tout ce qui a été dit au cours de cette journée quant à la stabilité de la Tunisie, à la qualité de la main d'oeuvre locale et au bon équilibre entre l'offre et la demande de travail. Le principal point d'amélioration et de simplification concerne, à mon sens, l'accès à la propriété.

Les échanges entre la France et la Tunisie sont des échanges mutuels. Pour le dire ainsi, si c'était à refaire je le referais sans hésitation !

4. Développement de « niches » dans le secteur agroalimentaire

Philippe BIRAUD, Directeur général, Aceria

Nous sommes des spécialistes de la filière produits carnés, produits de la mer et fruits et légumes. Notre usine a été construite en 1996. Elle emploie 160 personnes. Elle constitue, pour nous, une très belle vitrine.

Au total, nous avons effectué 14 investissements divers et variés. Nous venons d'achever la construction d'une charcuterie industrielle, ainsi qu'une étude pour la construction d'une usine de traitement de thons congelés. Des études sont en cours sur des unités d'élaboration de fruits et de légumes, avec un partenaire tunisien.

Nos seuls problèmes concernent, comme le disait l'intervenant précédent, l'accès à la propriété. Mais la situation semble se débloquer progressivement.

Notre domaine d'activité, très varié et en constante évolution, s'inscrit parfaitement dans les propos qui ont été tenus tout au cours de cette journée quant au travail des femmes ou au développement de la grande distribution. Nos usines sont agréées aux normes sanitaires européennes. Le développement de l'agroalimentaire, cela a été dit tout au long de l'après-midi, passe par la grande et moyenne surface et les produits élaborés.

Nous n'avons pas encore franchi le pas de l'implantation sur site, mais nous avons noué des partenariats solides avec des acteurs locaux.

Toutes nos prestations, intellectuelles, font l'objet d'une retenue de 15 % à la source - ce qui ne va pas sans poser certains problèmes de trésorerie. Nous ne bénéficions pas d'assurance de couverture. Les délais de paiement peuvent être de 12 à 15 mois, dans les cas extrêmes, sans que nous n'ayons aucun moyen de pression.

Nous attendons avec impatience l'ouverture d'une ligne de crédits française pour concurrencer les lignes espagnoles et italiennes. Le développement de l'implantation d'entreprises françaises sur place en sortirait renforcé.

Jacques LANXADE

Merci à tous. J'ai été très intéressé par l'ensemble de vos exposés. De nombreux éléments sont favorables à l'investissement, en dépit de quelques points d'achoppement dans le domaine bancaire, immobilier ou des télécommunications.

Norbert de GUILLEBON

J'apprécie particulièrement la notion d'équilibre des échanges, comme elle existe entre la Tunisie et la France. Par ailleurs, jamais aucun pot de vin ne sort de mon entreprise. Je ne dis pas que ces méthodes n'existent pas, mais l'on peut très bien faire sans. Enfin, n'hésitez pas à vous appuyer sur les personnes qui connaissent parfaitement les rouages de la société et de la culture tunisiennes.

Philippe BIRAUD

Dans le domaine agroalimentaire, nous sommes une grande famille. Les liens sont, qui plus est, nombreux entre la Tunisie et la France et ce, de longue date. Nous n'avons donc pas droit à l'échec en Tunisie. Toutes nos entreprises, je l'ai dit, sont aux normes. Par ailleurs, il ne nous est jamais demandé aucun pot de vin. Il est très agréable de travailler en Tunisie.

Ridha ZGUIDANE, Ambassade de Tunisie en France, Conseiller économique

Pour revenir aux télécommunications, il est vrai que nous accusons encore du retard par rapport aux pays européens. Mais des pistes d'amélioration sont en cours. Le système NTIS devrait être disponible dès le début de l'année prochaine. Concernant la défaillance du système bancaire, nous avons pris un retard sensible. Nous souhaitons nous inspirer de l'expérience réussie de privatisation d'UTB. Enfin, nombre d'intervenants n'apprécient pas le terme de délocalisation. Je partage cet avis. Mieux vaut parler de redéploiement que de délocalisation. S'implanter en Tunisie, c'est acquérir des parts de marché local, mais aussi à l'international et, à terme, préserver l'emploi en France.

Synthèse rédigée en temps réel par la société Ubiqus Reporting France

www.ubiqus.fr/ 01 44 14 15 16

retour sommaire suite