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Colloque Sénat-Ubifrance sur la Tunisie - 24 juin 2004


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La Tunisie, maillon dans la construction
de l'ensemble régional euro-méditerranéen

Olivier PASTRE, Professeur d'économie, Président IM Bank, Membre du Cercle des économistes

Mon intervention consistera en un cadrage général sur les relations entre l'Europe et la Méditerranée. Elle ne sera donc pas uniquement consacrée à la Tunisie. Je parlerai par ailleurs au nom du Cercle des économistes, association créée voilà près de 10 ans. Nous publions régulièrement des cahiers, qui peuvent être consultés sur le site www.cercledeseconomistes.asso.fr.

La situation des relations euro-méditerranéenne est, pour nous, largement perfectible - et c'est peu dire. Ces relations nous paraissent bien trop peu développées. Les pays de la Méditerranée sont quasiment des exclus de l'investissement étranger. Il est pourtant urgent, pour l'Europe, de se préoccuper du Sud de la Méditerranée et non plus seulement de l'Est de l'Europe.

Toutes les théories économiques le montrent, l'intégration entre l'Europe et les pays de la Méditerranée est un processus « gagnant-gagnant », pour utiliser cette expression à la mode. Ce sera particulièrement vrai en termes de croissance pour les deux rives de la Méditerranée.

Renforcer l'intégration passe, à notre sens, par trois idées force et six pistes concrètes de réforme.

Les trois idées force sont les suivantes :

- augmenter les ressources consacrées par l'Europe à la région méditerranéenne : 
730 milliards de dollars ont été consacrés au rapprochement entre les deux Allemagne et 60 milliards au rapprochement entre les nouveaux pays de l'Union. Le rapprochement entre l'Europe et la Méditerranée ne représente, lui, que 15 milliards de dollars. Ce montant doit être doublé.

- donner la priorité absolue au capital privé et aux PME
L'UMA devra au moins se faire au plan économique. C'est l'une des conditions pour que l'investissement étranger se développe rapidement

- traiter les différents dossiers en parallèle :
Il n'existe pas de solution unique. Plusieurs types de réformes sont nécessaires.

Dans ce contexte, nous avons dessiné six pistes de réformes :

- A comme agriculture

Nous devons ouvrir davantage l'Europe sur le plan agricole. Et cette ouverture doit se faire en priorité avec nos partenaires méditerranéens.

- E comme énergie

Beaucoup d'efforts ont été consentis dans ce domaine, mais ils ne sont pas encore suffisants. Une coopération renforcée doit être développée en matière d'infrastructures et de développement durable, avec les énergies renouvelable.

- N comme nouvelles technologies

Les externalisations sont un enjeu majeur pour le secteur des technologies de l'information. Il y a beaucoup à faire en matière d'équipement et de formation. C'est une priorité absolue. UBIFRANCE, à son échelle, doit faire tout son possible pour rapprocher les industries des deux rives de la Méditerranée.

- T comme textile

La concurrence chinoise est de plus en plus dure à supporter. Les deux rives de la Méditerranée ne s'en tireront que si elles coopèrent. Cette coopération devra prendre les traits d'une co-traitance.

- S comme savoir

Le développement n'est possible que s'il est accompagné de savoir. Il faut aider les jeunes à se former, mais aussi à revenir au pays lorsque la formation suivie à l'étranger est terminée.

- F comme finances

Le fonctionnement des systèmes financiers doit être largement amélioré. Nous pensons qu'il convient de créer une banque euro-méditerranéenne, afin de mobiliser toutes les énergies.

Pour s'en tenir à la relation franco-tunisienne, je suis pour ma part très favorable au processus « cinq plus cinq ». Le sommet de Tunis a été un véritable succès. Je m'en félicite. La Tunisie se situe aujourd'hui parmi les pays les plus compétitifs du continent africain et même au-delà.

La Tunisie a désormais trois défis à relever : un défi humain, un défi financier et un défi technologique.

Et si je me réfère à l'intitulé de mon exposé, tel que formulé par les organisateurs de ce colloque, je tiens à préciser que le terme « maillon » doit être entendu, concernant la Tunisie, au sens d'un maillon fort et non d'un maillon faible.

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