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Colloque Sénat-Ubifrance sur la Tunisie - 24 juin 2004


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Questions - Réponses

Agnès GABORIT

Les conditions de réussite exposées par Olivier Pastré paraissent absolument limpide. Mais leur réalisation peut s'avérer plus complexe ! UBIFRANCE s'implique pleinement dans le développement des relations euro-méditerranéennes, comme en témoigne l'organisation d'une semaine technologique à Tunis au début de l'année prochaine.

La parole est à la salle.

Monsieur TAMARZIST, Groupe de l'Avenir

Je suis homme d'affaires tunisien converti au militantisme des droits de l'homme. A cet égard, je suis exilé en France.

Monsieur Rouissi, vous avez insisté sur les crédits dont la Tunisie devrait bénéficier. Cela montre que la Tunisie est en faillite. Monsieur Pastré l'a d'ailleurs, lui aussi, suggéré. Que pouvez-vous nous dire sur ce point ?

Monsieur Aubin de la Messuzière, je regrette le côté « carte postale » de votre intervention, et ce en dépit des interventions d'Amnesty International sur la situation des droits de l'homme en Tunisie.

Agnès GABORIT

Ce n'est pas le sujet de notre colloque. Sur cette question des droits de l'homme chacun a ses opinions, mais l'objet de notre réunion est de favoriser le développement des partenariats économiques entre la France et la Tunisie.

De la salle

Je suis député tunisien, en visite en France dans le cadre d'un déplacement du groupe d'amitié Tunisie-France, à l'invitation du groupe de l'Assemblée nationale française. Je souhaite apporter un complément aux présentations économiques que nous avons entendues, en abordant la question sociale. Le développement économique est en effet indissociable de la paix sociale. C'est pourquoi en Tunisie, des négociations sont organisées régulièrement pour augmenter les salaires des ouvriers. Nous avons ainsi pu assurer une véritable stabilité sociale dans notre pays. C'est la preuve que nous nous préoccupons de la justice sociale.

Par ailleurs, la solidarité est devenue un concept politique fort dans notre pays. Elle est citée dans l'article 3 de notre constitution. C'est, à mon sens, une véritable garantie pour les investisseurs étrangers.

Je citerai enfin la protection des droits de l'enfant et de la place de choix qu'occupe la femme dans la société tunisienne.

La compétitivité tunisienne n'est pas une compétitivité bon marché : elle se fait en respect de la cohésion du système tunisien. Nous favorisons la solidarité et la créativité. Tous ces éléments sont fondamentaux pour comprendre la réussite du modèle tunisien. J'espère qu'à la fin de la journée, vous en serez pleinement convaincus.

Francis GHILES

Je suis consultant et ancien correspondant du Financial Times en Afrique du Nord.

Une étude récente a mis en parallèle l'évolution économique de la Corée du Sud et de la Tunisie. Dans les années 50, la situation de ces deux pays était relativement comparable. Cinquante après, il apparaît que la Tunisie a certes réussi à se développer économiquement, mais si la Corée du Sud a bénéficié d'une croissance bien supérieure au cours de cette période. Il serait intéressant d'actualiser cette comparaison, qui me semble toujours pertinente.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les entrepreneurs décident de leurs investissements en fonction de certaines règles. Le rôle des Etats, dans ce domaine, n'est que très relatif. Regardons ce qui se passe en Chine, par exemple.

Olivier PASTRE

La croissance de la Corée a été largement impulsée par le dynamisme régional. Par ailleurs, tous les paramètres ne sont pas comparables. Un pays, aussi dynamique soit-il, a peu de chances de s'en tirer tout seul s'il ne s'inscrit pas dans un environnement régional solide et intégré. Je citerai ici l'exemple du Japon, dont le développement est aujourd'hui largement tiré par la Chine.

Enfin, ce sont certes les entreprises privées qui feront la croissance de demain, mais l'Etat doit les soutenir autant qu'il peut, notamment en aidant les PME à renforcer leurs fonds propres. L'Etat peut avoir un effet de levier pour créer de la richesse privée.

Jean-Louis GUIGOU, Professeur des universités et ancien délégué à l'Aménagement du territoire

Je crois beaucoup aux relations de bon voisinage pour favoriser le développement économique. Dans ce cadre, en matière d'agriculture, une question se posera nécessairement : ne serait-il pas préférable de produire des fruits et légumes dans les pays du Maghreb plutôt que de faire venir des travailleurs saisonniers dans les pays de l'Union ?

En outre, les délocalisations et le télétravail sont appelés à se généraliser, ce qui devrait constituer une opportunité de développement pour la Tunisie.

Enfin, l'on observe que les pays arabes ne sont pas pleinement impliqués dans le développement de la zone Euro-Méditerranée. C'est pourquoi, si je partage l'idée de création d'une banque euro-méditerranéenne, j'estime qu'elle devrait être en partie financée par le produit de la rente pétrolière. Nous avons mis en place une banque spécialisée pour les pays de l'Est. De la même façon, le développement des relations avec la Méditerranée passe aussi par une alliance financière entre l'Europe et le monde arabe.

Jean-Maurice VERBOIS

Je regrette que vous n'ayez pas cité, au titre des six pistes de réforme, la trans-communication.

Olivier PASTRE

Nos pays ont besoin d'instruments financiers pour favoriser le développement économique du sud de la Méditerranée. Les pouvoirs politiques doivent jouer un véritable rôle de catalyseur dans la création d'une banque euro-méditerranéenne. Sur ce point, il est grand temps de passer des paroles aux actes.

Concernant la communication, il est vrai que les flux de populations doivent être canalisés, organisés, voire dynamisés. Il faut un plan d'urgence en matière de communication des savoirs. Je suis donc très sensible à l'idée de la trans-communication.

Abdessalem AFFES, Député tunisien

La Tunisie connaît aujourd'hui une mutation décisive, passant d'une économie traditionnelle à une économie nouvelle, celle du savoir. Nous passons d'une économie de cols bleus à une économie de cols blancs, avec le développement des emplois à haute technicité et forte rémunération.

Je souhaite enfin dire un mot à cet homme exilé qui a pris la parole tout à l'heure. Si vous avez quitté la Tunisie depuis plusieurs années, vous ne pouvez pas connaître la situation de notre pays aujourd'hui. En effet, les choses ont beaucoup changé depuis quelques années.

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