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Colloque Sénat-Ubifrance sur la Tunisie - 24 juin 2004


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II. Les opportunités du marché : créneaux porteurs et grandes priorités sectorielles

Slim CHAKER, Directeur coordonnateur du Fonds d'accès aux marchés d'exportation, Famex

Bonjour. Nous avons préparé un exposé à deux voix. Je vous présenterai le volet relatif aux concessions et aux privatisations. Mon collègue Habib Gaïda vous parlera, lui, des créneaux porteurs.

Une douzaine de projets de concessions sont en cours, pour un coût global estimé à 1 milliard d'euros. Ces projets concernent - pour n'en citer que quelques-uns - la construction d'un nouveau port, la construction d'un port de plaisance à Tunis, la construction d'un terminal pétrolier au port de Gabès, l'extension du quai céréalier du port de Radès, le réaménagement du port de Menzel ou la construction d'un aéroport à proximité de Sous. Les autres projets touchent les domaines des télécommunications ou de l'assainissement.

Par ailleurs, une dizaine de privatisations sont prévues ; elles concerneront la SNDP, la STIP, la STIA, l'AMS, la SACEM, l'ACMG ou encore huit hôtels. Les appels d'offre sont en cours. En Tunisie, les privatisations sont gérées par le Secrétariat d'Etat du Premier Ministère.

Enfin, indépendamment des concessions et des privatisations, plusieurs projets pourraient se révéler très intéressants, comme l'électrification de la ligne ferroviaire de la banlieue sud de Tunis, l'acquisition de rames de métro ou de divers petits projets ferroviaires.

Nous prévoyons en outre la mise en oeuvre du Famex II, pour les entreprises implantées en Tunisie -qu'elles soient tunisiennes ou étrangères. Ce projet relève du Ministère du Commerce et de la Banque mondiale. Le Famex II serait lancé pour une période de cinq ans. Un appel d'offre sera lancé à la fin du mois d'août prochain, pour le recrutement de deux experts internationaux et trois experts nationaux en matière de promotion des exportations et de soutien aux associations intervenant dans le domaine de la promotion des exportations. Leur mandat serait de quatre ans et les postes seraient basés à Tunis. Nous avons enfin besoin d'experts et de consultants à temps partiel, dans tous les domaines, pour aider les PME à pénétrer de nouveaux marchés. L'expertise française serait la bienvenue, ne serait-ce que pour des raisons linguistiques. J'insiste ici sur ce formidable atout qu'est la langue française, patrimoine commun que nous avons en partage. Cet avantage qu'ont les entreprises françaises n'a pas été suffisamment mis en avant ce matin, à mon sens.

Nous aurons besoin d'une forte assistance technique pour accompagner l'évolution et la mise à niveau du secteur du textile, de l'habillement, du cuir et des chaussures. Nous recherchons à cet égard des spécialistes en logistique, en stylisme, en modélisme, en sourcing et en management. Il s'agit, à terme, de passer de la sous-traitance à la co-traitance.

Permettez-moi de dire encore un mot du tourisme. Le Gouvernement vient de mener une étude stratégique, avec la Banque mondiale, pour la mise à niveau de ce secteur. Nous aurons besoin de nombreuses compétences dès l'année 2005. Toutes les actions en matière de tourisme sont éligibles aux aides du Famex.

La Tunisie est un pays méditerranéen et francophone. La proximité et la langue sont des atouts hors prix non négligeables. Nous devons communiquer plus largement sur ce point.

Habib GAIDA, Directeur général de la Chambre tuniso-française de commerce et d'industrie

Mon exposé portera sur les créneaux porteurs de la Tunisie dans les secteurs de l'industrie, des services et de l'agriculture. L'industrie tunisienne compte plus de 15 260 entreprises, qui emploient près de 450 000 personnes.

Dans le secteur agroalimentaire, les exportations françaises de lait et produits dérivés vers la Tunisie ont représenté 15 millions d'euros en 2003, soit une augmentation de 67 % par rapport à 2002. De leur côté, les exportations de sucre ont augmenté de 107 %. La Tunisie importe en moyenne près de 6 millions d'euros par an d'huiles végétales en provenance de la France. Nous importons également des plats cuisinés, à base de poissons notamment. Ce secteur devrait connaître un essor très important dans les années à venir du fait de l'accroissement des ventes de produits cuisinés en Tunisie, le taux d'activité des femmes augmentant régulièrement. Les opportunités en matière d'exportations sont donc bien réelles. Les opportunités en matière d'investissements sont, elles aussi, importantes, dans le domaine du raffinage, de l'emballage d'huile d'olive, de la production de produits fabriqués à base de dattes ou dans celui de la production de repas à base de poissons.

Le secteur de l'industrie du plastique est lui aussi en pleine explosion. La France exporte des matières plastiques de base vers la Tunisie pour 24 millions d'euros par an, pour citer ce seul exemple. Les opportunités d'investissement sont de taille, notamment dans le domaine des pièces techniques pour l'automobile, des gaines de protection des câbles et des pièces pour la connectique.

Concernant les composants automobiles, les exportations représentent environ 200 millions d'euros par an en moyenne. Les trois constructeurs automobiles français sont présents sur notre territoire.

J'en viens au secteur du matériel électrique et électronique. Les exportations françaises vers la Tunisie sont très importantes dans ce domaine. Les opportunités d'investissement concernent essentiellement les fils et les câbles, les circuits intégrés, les bobines et les transformateurs, les connecteurs, les composants passifs, l'électronique grand public et les appareils de télécommunications.

Nos entreprises doivent renouveler leur parc d'équipement industriel. Dès lors, il existe d'importantes opportunités d'exportation dans l'industrie des biens d'équipement. N'hésitez pas à nous contacter afin de vous renseigner. De même, dans le secteur de l'emballage, les possibilités de partenariat sont nombreuses, ne serait-ce que pour le marché local tunisien. Le troisième secteur en croissance est celui des huiles essentielles.

Dans l'industrie des services, les possibilités de partenariat sont nombreuses dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication, à travers les centres d'appels notamment.

Dans le secteur agricole, nous venons d'autoriser l'importation d'élevages bovins. Les possibilités sont également nombreuses concernant les fruits et légumes primeurs, la floriculture et la viticulture.

Pour finir, je vous informe que les cinquièmes journées partenariales franco-tunisiennes se tiendront à Tunis du 25 au 27 novembre 2004.

Norbert de GUILLEBON, Directeur général de Cotusal, Président de la section Tunisie des Conseillers du commerce extérieur

Les cinq piliers qui font la spécificité de la Tunisie sont les suivants :

- la place de la femme dans la société, notamment au niveau professionnel ;
- l'éducation obligatoire jusqu'à 16 ans et le niveau de formation des Tunisiens ;
- l'existence d'une classe moyenne importante, source de stabilité sociale ;
- une politique volontariste d'accès à la propriété privée ;
- la sécurité des biens et des personnes.

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