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Rencontres Ukraine 2006



 

Rencontres Ukraine 2006

Ouverture

Christian PONCELET
Président du Sénat

Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Messieurs les Ambassadeurs, chers collègues, Mesdames et Messieurs,

Il y a presque un an, jour pour jour, j'ouvrais ici même les travaux des « Rencontres Ukraine 2005 », organisées par le Sénat dans le cadre de son partenariat toujours fructueux avec nos amis d'UBIFRANCE.

Il n'est pas usuel que nous réitérions ce type de rencontre à intervalle aussi rapproché : c'est dire l'attention et la sympathie que le Sénat porte à ce pays, en particulier à travers l'action du groupe interparlementaire d'amitié France-Ukraine, présidé par mon collègue et ami le Sénateur Jean-Pierre Plancade.

Actuellement en visite officielle à l'étranger, je lui ai demandé de vous faire part de ce message, et d'exprimer mon cordial souhait de bienvenue à M. Yatseniouk, Ministre de l'Economie d'Ukraine qui a tenu à être des nôtres ce matin ; c'est une marque de considération à laquelle nous sommes très sensibles.

Ce colloque prolonge celui de 2005, mais dans un contexte qui, en un an, a déjà sensiblement évolué. A cette époque, la toute récente « Révolution orange » de l'hiver 2004 et l'engouement qu'elle suscitait sur la scène internationale occupaient les esprits.

Depuis lors, la situation a changé, et nos analyses de l'année dernière, sans être caduques, ne sont déjà plus tout à fait d'actualité ! Elles doivent être, sinon reconsidérées, tout au moins affinées...

Quatre faits marquants doivent en effet être pris en compte : les élections législatives de mars 2006, l'arrivée attendue d'un nouveau Premier Ministre, la mise en oeuvre du Plan d'action entre l'Ukraine et l'Union européenne et, pour ce qui est de nos relations bilatérales, la « feuille de route » franco-ukrainienne adoptée en novembre 2005 : autant d'éléments nouveaux qui, à mon sens, justifient amplement la rencontre d'aujourd'hui.

Sur le plan politique, je ne crois pas nécessaire de revenir sur les élections du mois de mars, à l'organisation desquelles - je le rappelle - la France a apporté un concours actif, avec l'envoi d'une importante délégation d'observateurs.

La communauté internationale a salué la régularité de ce scrutin et je ne peux que m'associer aux propos de notre Ministre des Affaires étrangères devant l'Assemblée nationale : le Gouvernement qui sortira de ces élections « a toute notre confiance et nos encouragements, et nous attendons qu'il poursuive les réformes initiées » depuis lors.

Sur le plan économique, en revanche, les perspectives à court terme, sans être inquiétantes, ne sont peut-être pas aussi enthousiasmantes.

Certes, les grands paramètres devraient porter, a priori, à la confiance : un sous-sol généreux, un pouvoir d'achat en forte hausse, un grand marché, une industrie en pleine restructuration. Pourtant, les résultats ne sont pas tous au rendez-vous : la croissance en 2005 a été finalement modeste, la facture énergétique grève lourdement l'économie ukrainienne et la balance commerciale reste tributaire des cours mondiaux.

Ainsi, comme je l'observais l'an dernier, l'essentiel des exportations ukrainiennes est constitué par les ventes d'acier et de produits chimiques à faible valeur ajoutée. Or, en dépit d'une demande actuellement soutenue, les cours ne sont pas à l'abri de fluctuations rapides et déstabilisatrices.

Par ailleurs, en Ukraine, le secteur financier, boursier et bancaire souffre d'une faiblesse structurelle ; en l'état, il paraît mal armé pour gérer efficacement les grands mouvements de capitaux qu'impliquent aujourd'hui les échanges internationaux.

Enfin, le climat général des affaires n'est pas encore pleinement « sécurisé » et suppose bien sûr la poursuite d'une lutte active contre la corruption.

Tout cela peut - et doit - être amélioré, mais explique aussi pourquoi, aux yeux de certains spécialistes, l'Ukraine n'apparaît pas comme un pays d'opportunités à court terme ; de fait, il se situe encore assez loin dans le « palmarès » des responsables économiques.

Reste que, dans une perspective à plus long terme, nos entreprises auraient grand tort de ne pas s'intéresser à l'Ukraine. Certaines s'y sont déjà engagées, mais ce mouvement gagnerait à s'amplifier, si nous ne voulons pas être distancés par d'autres pays plus réactifs (je pense, en particulier, à nos amis allemands, anglais ou italiens).

Je ne doute pas que les orateurs qui vont se succéder toute la journée à cette tribune sauront vous démontrer l'intérêt d'une collaboration avec un pays où, dans beaucoup de secteurs, nos entreprises peuvent faire valoir leur expertise.

Je voudrais enfin souligner les enjeux européens de cette coopération.

En décembre 2004, le Conseil européen a exprimé son souhait que l'Union européenne développe « une relation spécifique et renforcée » avec l'Ukraine, dans le cadre d'une politique de voisinage tirant pleinement parti du Plan d'action négocié avec la Commission de Bruxelles et adopté en février 2005.

Parmi différentes mesures, ce plan prévoit en particulier l'approfondissement des relations commerciales et économiques et le soutien européen au processus de rapprochement législatif, à travers l'assistance technique et des actions de jumelage. Surtout, il esquisse la perspective d'un accord renforcé en 2008, remplaçant l'actuel accord de Partenariat et de Coopération.

Ne manquons pas cette échéance de 2008, désormais bien proche ; nous ne pouvons demeurer en retrait d'un dossier où, de toute évidence, plusieurs de nos partenaires européens s'impliquent déjà, à commencer par les trois nouveaux membres de l'Union européenne partageant une frontière commune avec l'Ukraine : la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie.

Mon dernier mot sera pour saluer l'activité du groupe interparlementaire d'amitié France-Ukraine, qui s'emploie au développement de nos échanges avec ce pays, et pour remercier le Sénateur Plancade qui a accepté de vous lire ce message et qui, en un sens, est privé de parole.

L'intervention des groupes d'amitié, en appui des efforts des entreprises et des services d'expansion économique, permet de rappeler que le Sénat considère comme de sa mission de soutenir nos entreprises ; elles sont non seulement des créatrices d'emplois et de prospérité, mais aussi exportent notre savoir-faire et notre culture et renforcent la présence française dans le monde.

Je souhaite à tous d'excellents travaux, en espérant que vous garderez de votre passage au Sénat un très bon souvenir et que vous y reviendrez.

Louis-Michel MORRIS
Direction générale, UBIFRANCE

Je remercie, au nom d'UBIFRANCE, le Sénat d'accueillir ces troisièmes Rencontres Ukraine. Je salue le Ministre Yatseniouk pour sa présence, ainsi que les ambassadeurs Sergeyev et Veziant, Monsieur Igor Zaglada, Directeur du Centre ukrainien pour l'assistance aux investissements étrangers, et Pierre Compagnon. Je remercie également nos partenaires : les banques BNP Paribas, Calyon, la Société Générale, les consultants Abanico, Alest, Avin, Axioma, Beten Ingénierie, Glezol, les cabinets Salans, Loirest et Mazars Ukraine, les transporteurs ABX Logistics et Daher, ainsi que le voyagiste CGTT Voyages, de leur collaboration à l'organisation de ces journées. Je remercie enfin la section française des Conseillers au Commerce Extérieur (CCEF) et l'Ambassade d'Ukraine en France.

UBIFRANCE encourage les sociétés françaises, non seulement à distribuer, mais aussi à investir à l'étranger. Sa vocation est d'informer les entreprises sur la situation sur le terrain et de répondre à leurs questions sur les importateurs et acheteurs potentiels de leurs produits, les conditions réglementaires et leurs concurrents sur ces marchés. Nous organisons quasiment un événement par jour en France ou à l'étranger - qu'il s'agisse d'un salon, d'un colloque ou d'une rencontre acheteurs. Nous gérons, enfin, pour le compte des entreprises, le système des Volontaires Internationaux en Entreprise (VIE), qui permet à 4 000 jeunes de travailler dans des sociétés françaises à l'étranger pour appuyer leur force de vente et les aider à produire.

Le marché ukrainien est actuellement l'une des priorités d'UBIFRANCE. En témoignent les six opérations sectorielles que nous organisons cette année :

- le 20 juin, un colloque à Kiev sur l'environnement ;

- le 21 juin, un colloque à Kiev sur le lait ;

- les 18 et 19 octobre à Kiev, un forum sur l'énergie ;

- du 5 au 9 novembre, la venue d'acheteurs et de prescripteurs ukrainiens au Salon Equip'Hotel à Paris ;

- du 6 au 10 novembre, la venue de décideurs ukrainiens de la filière sucre à Paris ;

au quatrième trimestre, la venue de décideurs ukrainiens de la filière ferroviaire.